dimanche 31 août 2014

Un champion basque au feu

"Chaque jour nous parvient du théâtre de la guerre l'écho d'un acte de dévouement  de l’héroïsme accompli par nos champions sportifs avec un entrain joyeux  ils supportent la lourde besogne quotidienne de la guerre et,pour eux ,l'heure de la bataille est souvent l'heure du sacrifice suprême.Leur force généreuse,leur ardeur patriotique les poussent aux endroits dangereux  et les font solliciter les missions les plus périlleuses.Parfois,là tombent,nobles victimes d'un devoir sacré .Nous n'applaudirons plus aux exploits sportifs  des Bouin,des Lane,des Iguinitz,mais,pieusement nous irons nous agenouiller à l'ombre du mausolée que la Patrie élèvera à ses héros dont ils étaient la fleur.
Ces actes d’héroïsme couronnés par la plus belle belle des morts,les journaux prennent le soin pieux de les porter à la connaissance du public,mais ils sont nombreux autant qu'ignorés ceux qui,ayant eu une issue plus heureuse,n'en révèlent pas moins chez leurs auteurs  les mêmes qualités de vigueur,de dévouement,de sacrifice joyeux.
Les témoins admiratifs de l'un de ces actes heureux peuvent-ils le  relater ,l'offrir en hommage  à celui pour lequel ils ont frémi ,les donner en exemple à ceux qui luttent aujourd'hui pour la grandeur et la gloire de la Patrie.
Sur un plateau balayé par la mitraille,une compagnie résiste aux attaques désespérées  des allemands.Une section lutte séparée du reste  de la compagnie;sa position devient critique;il faut à faire connaitre au commandant de l'unité.Mais pour parvenir au capitaine,la route à suivre est un espace découvert sur lequel pleuvent les obus et la mitraille.Celui qui sera chargé de cette mission reviendra-t-il?Le chef de section hésite dans le choix qu'il doit faire,mais un homme se présente et dit "J'irai".
Les instructions données, l'homme d'un bond s'élance;la mitraille fait rage, mais lui, impassible, poursuit sa route sans dévier de la ligne qu'il s'est tracée.Par quelle miracle,par quelle merveille de sang-froid échappe-t-il aux dangers multiples sous ses pas!Il reparait enfin devant son chef ,à sa bouche tombent ces simples mots:"Ordre à capitaine tenir jusqu'au dernier". Puis il rentre dans le rang et recommence le coup de feu.
Le soir,le héros de cette aventure ne comprenait rien aux félicitations de ses camarades et à ses chefs.Il est vrai qu’être brave est naturel aux Basques.Quand ce basque est Chiquito de Cambo.roi de la pelote,faut -il s'étonner que la bravoure se change en héroïsme? "


Article publié par La Semaine de Bayonne
Chronique politique,religieuse,maritime,agricole et commerciale.
Samedi 31 octobre 1914
Collection Médiathèque de Bayonne.
Cote J 36 Année 1914

Article du blog associé:
6 septembre 2014 :Hommage militaire aux 18ème de Pau et 49ème de Bayonne
Janvier 1915:le troupier français est gai,brave et débrouillard

dimanche 24 août 2014

Le registre d'écrou de la maison d'arrêt de Bayonne au commencement de la guerre en 1914.

En 1914, au commencement de la guerre, des femmes, des hommes qui demeuraient à  Bayonne, Biarritz, Anglet,Bidart, Hendaye... ont été inquiétés,amenés et détenus à la maison d’arrêt de Bayonne.Les uns,comparaitront devant un conseil de guerre à Bordeaux .D'autres seront transférés vers les camps de concentration à Lannemezan, Périgueux.
Les archives du tribunal de Bayonne sur cette période sont malheureusement lacunaires.En l'absence de renseignements sur une condamnation ou non,je ne mentionne pas le nom du prévenu .Une exception : Caussarieux Frédéric (16 août 1914 N°199) dont la fiche matricule est en ligne sur le site des AD 40.




4 Août 1914
N°188
Ce jourd'hui 4 août 1914 s'est présenté au greffe de la maison d’arrêt de Bayonne le sieur Jxxxxx Paul
porteur d'une pièce délivrée par Mr le juge d'instruction de Bayonne sous la date du 4 aout 1914 en vertu duquel  il m'a été fait la remise du nommé Jxxxxx Paul prévenu d'espionnage
Etc.
Homme,28 ans,célibataire, journaliste publiciste,
18 septembre 1914,transféré à Bordeaux pour comparaître devant le conseil de guerre
Complément du blog retours-vers-les-basses-pyrenees.fr/:L'acte de naissance en ligne du prévenu, mentionne:
qu'il était fils d'un notaire de Bayonne,
un mariage à Beauvais (Oise) le 11 juin 1921
un décès le 3 juin 1977 à Saint-Jean-de-Luz.
Source:e-Archives AD 64 état civil de Bayonne ,naissances.....

5 Août 1914
N°189
Pxxxxxxx  Mathilde ,
Femme,28 ans née à Valence (Espagne) demeurant à San Sébastian-Bayonne,mariée ,une fille
Prévenue d'espionnage.
18 septembre 1914,transféré à Bordeaux pour comparaître devant le conseil de guerre

6 Aout 1914
N°193
Pxxxxxxx Lurain ,
Homme46 ans né à _illisible_demeurant à Baden-Baden-Bidart,célibataire

Prévenu d'espionnage
10 novembre 1914,par ordre de Monsieur le Préfet des Basses-Pyrénées,transfèrement pour le camp de concentration de Lannemezan

6 Août 1914
N°194
Pxxxxx Jeanne,
Femme,35 ans,née à Bruxelles ,demeurant à Paris -Béhobie,veuve,artiste lyrique
Prévenue d'espionnage 
10 aout 1914 ,mise en liberté par ordre de Mr le Procureur de la République


6 Août 1914
N°195
Kxxxxx Hermann,
Homme,38 ans , né en Allemagne,demeurant à Bruxelles-Bayonne,célibataire,artiste lyrique
Prévenu d'espionnage 
21 septembre 1914, transféré à Bordeaux pour comparaître devant le conseil de guerre

Caussarieu Frédéric

16 Août 1914
N°199
Caussarieu Frédéric ,
Homme,28 ans,né à Arengosse (Landes),demeurant à Hendaye,célibataire,employé à la Compagnie du Midi.
Prévenus de cris séditieux et excitation de militaires à la désobéissance
11 septembre 1914, transféré à Bordeaux pour comparaitre devant le conseil de guerre
Complément du blog retours-vers-les-basses-pyrenees.fr/ Décédé le 31 aout 1932 à Arengosse.
Condamné le 18 décembre 1912 par le Tribunal de Mont de Marsan pour délit d'outrage à la gendarmerie.
Pas de mention du conseil de guerre.
Source AD 40 Registres matricules (Mont de Marsan) 1906 168 W 38.Numéro de matricule 569
Vue 91/646

20 Août 1914
N°200
Bxxxx Pierre,
Homme,44 ans ,né au Luxembourg,demeurant à Anglet,marié deux enfants,chauffeur mécanicien

Infraction à expulsion et espionnage
3 octobre 1914,transféré à Pau comme appelant d'un jugement de 6 mois

19 septembre 1914
N°218
Mxxxxx Camille ,
Homme,50 ans,né en Gironde,demeurant à Biarritz,marié cinq enfants,rentier.
Colportage de fausses nouvelles
21 septembre 1914 ,transféré à Bordeaux pour comparaître devant le conseil de guerre

21 septembre 1914
N°219
Wxxxxxxx Frédéric,
Homme,31 ans,né en Autriche,demeurant à Paris-Hendaye,célibataire,représentant de commerce

29 septembre 1914,transféré à Bazas pour être mis à disposition de l'autorité militaire.

21 septembre 1914:8 marins prévenus pour désobéissance avec injures et menaces avec complot contre l'autorité du capitaine et des officiers de bord

N°220
Cxxxx Eugène
Homme,18 ans,né à Alger ,demeurant à Bayonne,célibataire,marin
Désobéissance avec injures et menaces avec complot contre l'autorité du capitaine et des officiers de bord.
3 octobre 1914, transféré à Bordeaux pour comparaître devant le conseil de guerre
Complément du blog retours-vers-les-basses-pyrenees.fr/ Acte de naissance d'Eugène non trouvé sur le site ANOM Archives d'outre mer.


N°221
Bxxxxx Mustafa
Homme,25 ans,né à Alger,demeurant à Bayonne,veuf,marin
Désobéissance avec injures et menaces avec complot contre l'autorité du capitaine et des officiers de bord.
3 octobre 1914, transféré à Bordeaux pour comparaître devant le conseil de guerre


N°222
Dxxx-Sxxx Ali
Homme,26 ans ,né à Dilis Alger,demeurant à Bayonne,célibataire,marin.
Désobéissance avec injures et menaces avec complot contre l'autorité du capitaine et des officiers de bord.
3 octobre 1914, transféré à Bordeaux pour comparaître devant le conseil de guerre


N°223
Sxxxxx Augustin
Homme,17 ans né en Algérie, demeurant à Bayonne,célibataire,marin.
Désobéissance avec injures et menaces avec complot contre l'autorité du capitaine et des officiers de bord.
3 octobre 1914, transféré à Bordeaux pour comparaître devant le conseil de guerre


N°224
Rxxxxxx Henri Louis
Homme,41 ans né à Morlaix,demeurant à Bayonne,marié,marin.
Désobéissance avec injures et menaces avec complot contre l'autorité du capitaine et des officiers de bord.
3 octobre 1914, transféré à Bordeaux pour comparaître devant le conseil de guerre


N°225
Txxxxx Félix
Homme,36 ans né à Saint Mamé (?) demeurant à Bayonne,célibataire,marin
Désobéissance avec injures et menaces avec complot contre l'autorité du capitaine et des officiers de bord.
3 octobre 1914, transféré à Bordeaux pour comparaître devant le conseil de guerre


N°226
Vxxxxx Jules Auguste Charles
Homme,19 ans né à Arzew Algérie ,demeurant à Bayonne,célibataire,marin
Désobéissance avec injures et menaces avec complot contre l'autorité du capitaine et des officiers de bord.
3 octobre 1914, transféré à Bordeaux pour comparaître devant le conseil de guerre
Complément du blog retours-vers-les-basses-pyrenees.fr/ L'acte de naissance sur le site ANOM Archives d'outre mer indique un premier mariage le 10 06 1916,un deuxième le 20 04 1921 et un décès à Alicante (Espagne) le 28 mai 1966.


N°227
Lxxxxx Richard (Ricard,Tomas)
Homme,18 ans né à Oran Algérie ,demeurant à Bayonne,célibataire,marin
Désobéissance avec injures et menaces avec complot contre l'autorité du capitaine et des officiers de bord.
3 octobre 1914, transféré à Bordeaux pour comparaitre devant le conseil de guerre
Complément du blog retours-vers-les-basses-pyrenees.fr/ L'acte de naissance sur le site ANOM Archives d'outre mer indique un mariage à Oran le 7 avril 1920




26 septembre 1914
N°228
Pxxxxx Louis André
Homme,21 ans né à St Laurent d'xxx,demeurant à Bayonne,célibataire,tailleur
Vol et désertion 
3 octobre 1914, transféré à Bordeaux pour comparaître devant le conseil de guerre

12 octobre 1914
N°237
Femme ,46 ans née en Bohème,demeurant à Paris -Bayonne,mariée ,sans profession

prévenue d'infraction à un arrêté d'expulsion ,mise en liberté le 13 octobre par le Procureur de la République
N°238
Femme,51 ans née à Prague,demeurant à Paris -Bayonne,divorcée,domestique
prévenue d'infraction à un arrêté d'expulsion ,mise en liberté le 13 octobre par le Procureur de la République
N°239
Homme,52 ans né à Prague, demeurant à Paris -Bayonne,marié, ingénieur
prévenu d'infraction à un arrêté d'expulsion ,mis en liberté le 13 octobre par le Procureur de la République

12 octobre 1914
N°240
Homme,37 ans né en Bohème,demeurant à Paris -Bayonne,célibataire,tailleur pour dame
prévenu d'infraction à un arrêté d'expulsion,transféré le 3 décembre au camp de concentration à Garaison (Lannemezan )
N°241
Homme,26 ans né en Bohème,demeurant à Paris -Bayonne,célibataire,tailleur
prévenu d'infraction à un arrêté d'expulsion,transféré le 3 décembre au camp de concentration à Garaison (Lannemezan )
N°242
Homme,34 ans né en Allemagne,demeurant à Paris-Bayonne,marié ingénieur
prévenu d'infraction à un arrêté d'expulsion,transféré le 3 décembre au camp de concentration  (Lannemezan ) .Ordre du Préfet des Basses-Pyrénées.

13 octobre 1914
N°243
Homme,32 ans ,demeurant à Paris-Bayonne,célibataire,fourreur.
prévenu d'infraction à un arrêté d'expulsion,transféré le 3 décembre au camp de concentration à Garaison (Lannemezan )

.... ordonnance de non lieu délivrée par le Procureur de la République et maintenue comme détenue administrative par le Sous-Préfet.

14 octobre 1914
N°244
Femme ,34 ans ,demeurant à Paris-Bayonne,célibataire,sans profession
prévenue d'infraction à un arrêté d'expulsion,22 octobre 1914 ,ordonnance de non lieu délivrée par Monsieur le Procureur de la République et maintenue comme détenue administrative par monsieur le Sous-Préfet. 
N°245
Femme,30 ans née à Budapest,demeurant à Paris-Bayonne,célibataire,sans profession
prévenue d'infraction à un arrêté d'expulsion,22 octobre 1914 ,ordonnance de non lieu délivrée par Monsieur le Procureur de la République et maintenue comme détenue administrative par monsieur le Sous-Préfet.  


15 octobre 1914
N°248
Homme,25 ans,né à San Sébastien,demeurant à San-Sébastian-Hendaye,célibataire,garçon d’hôtel
prévenu d'espionnage,26 novembre ordonnance de non lieu,arrêté d'expulsion de monsieur le ministre de l'intérieur du 30 octobre 1914

20 octobre 1914
N°252
Femme,34 ans,née en Allemagne,demeurant à San Sébastian-Hendaye,célibataire,institutrice
prévenue à un arrêté d'expulsion,15 novembre 1914,mutation légale.

25 octobre 1914
N°255
Homme,34 ans né à Nice,demeurant à Biarritz-Bayonne,marié,négociant
Espionnage,11 novembre 1914,ordre de mise en liberté ordonné par le Général commandant la 18 e région (Bordeaux) et transmis par Monsieur le Procureur de la République.

27 octobre 1914
N°257
Homme,24 ans né à Paris 19e,SDF-Bayonne,célibataire,mécanicien
Espionnage,10 novembre 1914,ordre de transfèrement pour Bordeaux délivré par Monsieur le Procureur de la République
N°258
Femme,28 ans né en Autriche,demeurant à Paris-Hendaye,célibataire,cuisinière
prévenue à un arrêté d'expulsion,23 novembre 1914,mutation légale.
N°259
Homme,61 ans né en France,SDF-Hendaye,marié,sans profession
Accaparement de denrées,8 novembre 1914 transféré à Bordeaux
N°260
Homme,60 ans né dans les Landes,demeurant à Hendaye,veuf,négociant.
prévenu de complicité d'accaparement de denrées,8 novembre 1914 transféré à Bordeaux


29 octobre 1914
N°261
Femme,37 ans,Biarritz,mariée,rentière
prévenue à un arrêté général d'expulsion ,3 décembre 1914 transférée au camp de concentration à Garaison
Mention complémentaire:objet d'une ordonnance de non lieu en date du 9 novembre 1914 et maintenue à disposition-Préfet des Basses-Pyrénées.
N°264
Homme,55 ans,né en Allemagne,Biarritz,marié,rentier
prévenu à un arrêté général d'expulsion ,3 décembre 1914 transféré au camp de concentration à Garaison
Mention complémentaire:objet d'une ordonnance de non lieu en date du 9 novembre 1914 et maintenu à disposition-Préfet des Basses-Pyrénées.

Biarritz:une fille soumise prévenue de complicité d'abandon d'effets militaire 

4 novembre 1914
N°268
Femme,26 ans,demeurant à Biarritz,mariée,fille soumise
prévenue de complicité d'abandon d'effets militaires,12 novembre 1914,ordre de Monsieur le Général à la 18e région pour être transférée à la prison militaire de Bordeaux
N°269
Homme,34 ans,SDF-Biarritz,célibataire,cordonnier
prévenu de complicité d'abandon d'effets militaires,12 novembre 1914,ordre de Monsieur le Général à la 18e région pour être transféré à la prison militaire de Bordeaux

Hendaye: prévenu de tentative d'accaparement et d'exportation d’œufs

6 novembre 1914
N°270
Homme,21 ans,demeurant à Hendaye,célibataire,marchand de volailles
Prévenu de tentative d'accaparement et d'exportation d’œufs,8 novembre 1914,transféré à Bordeaux.


15 novembre 1914
N°273
Homme,44 ans,né en Hongrie,demeurant à Biarritz,marié,rentier
Étranger suspect,6 décembre 1914 transféré au camp de concentration de Périgueux
N°274
Femme,43 ans,demeurant à Biarritz,mariée,rentière
Étrangère suspecte,6 décembre 1914 transférée au camp de concentration de Périgueux
N°275
Femme,19 ans née à Paris,demeurant à Biarritz
Étrangère suspecte,6 décembre 1914 transférée au camp de concentration de Périgueux

18 novembre 1914
N°280
Femme,67 ans née en Allemagne,demeurant à St-Pé-Hendaye,célibataire
Étrangère suspecte,3 décembre 1914 transférée au camp de concentration de Garaison


21 novembre 1914
N°282
Femme,42 ans,née en Allemagne,demeurant à Paris-Bayonne,célibataire,ménagère
Étrangère suspecte,28 novembre 1914,ordre de mise en liberté délivré par monsieur le Procureur de la République.

24 novembre 1914
N°285
Homme,25 ans né à Orléans,demeurant à Bayonne,célibataire
Insoumission,30 novembre 1914 transféré à Bordeaux.Escorté comme passager militaire  le 22 novembre  sous le numéro 236 du registre des passagers

26 novembre 1914
N°286
Homme,26 ans,Béhobie,célibataire,commissionnaire
Infraction à un arrêté d'expulsion,4 décembre 1914,peine _illisible_ 
N°287
Femme,22 ans née à Bucarest,demeurant à Paris -Bayonne,célibataire,artiste chorégraphique.
Étrangère suspecte,3 décembre 1914,ordonnance de non lieu.

1er décembre 1914
N°292
Homme,37 ans né au Danemark,célibataire,matelot
Faux certificats et usages de faux certificats,30 décembre 1914,mutation légale.
N°293
Femme,65 ans ,SDF-Bayonne,
Étrangère suspecte,3 décembre 1914 ordonnance de non lieu

4 décembre 1914
N°295
Homme,28 ans,SDF-Bayonne,célibataire,cultivateur
Vol _illisible_ aux régiments relatif à l'état de siège .Dernière page du registre des écrous 1914

6 décembre 1914
N°297
Homme,28 ans ,SDF Saint-Jean-de-Luz,célibataire
Vagabondage et infraction à arrêté d'expulsion.Dernière page du registre des écrous 1914

Pour en savoir davantage

Le registre d'écrou de la Maison d’arrêt de Bayonne couvrant  le commencement de la guerre en 1914 est consultable au Pôle de Bayonne et du Pays Basque AD 64,39 avenue Duvergier de Hauranne 64100 Bayonne.Cote:2 Y 1 art 71

Le site crimino corpus:

Aux éditions Economica:
373 pages,39€
ISBN : 978-2-7178-2788-0

Articles du blog :Passeports refusés à des parents d'insoumis 1915-1919 Première partie : accès direct aux portraits photographiques : Passeports refusés à des parents d'insoumis.1915-1920

jeudi 21 août 2014

Plaquette du SHD Pau

 Archives militaires à Pau -Service Historique de la Défense

Plaquette de présentation

Avant tout déplacement,renseignez-vous préalablement auprès du SHD Pau




Article associé
...à se repérer à travers différents sites d'archives militaires disséminés en France.Présentation photographique.



mercredi 20 août 2014

Compte-rendu des combats survenus à Gozée les 21,22 et 23 aout 1914

Compte-rendu des combats survenus à Gozée (Belgique) les 21,22 et 23 aout 1914
"Papiers" de l'abbé Durquet.
E Dépôt Bayonne 5 S art.3 -Pôle de Bayonne et du Pays Basque

Texte dactylographié, non signé, non daté, postérieur à 1921.Texte intégral
Réveil du passé
Journées des 21,22 et 23 août 1914
Il est des choses que nous n'avons pas le droit de laisser ensevelir dans le passé et que nous devons replacer par instants sous nos yeux pour en extraire des leçons ineffaçables.

A l'aide de renseignements dont l'exactitude ne saurait être mise en doute,nous possédons de précieuses indications ,des récits de témoins oculaires (et entre autre de l'adjudant CARESSE et de plusieurs sergents du 49e Régiment d'infanterie française) nous permettant de relier certains faits et de coordonner certains actes qui se sont passés ,à Gozée,pendant les journées des 21,22,et 23 août 1914.Depuis quelques jours,et entre les lignes des articles des journaux régionaux,nous avions fini par nous rendre compte que les Allemands,par une attaque inopinée de notre pays,dans la nuit du 3 août 1914,entamait la guerre mondiale.Les mauvais jours approchaient.Les évènements allaient se précipiter avec la rapidité des fleuves gonflés aux jours d'orage et bientôt ce serait l'invasion.
Dans la matinée du 21 août,une grave nouvelle vint bouleverser l'esprit de la population.Un coup de téléphone de Charleroi nous prévint que les Allemands,après avoir traversé Louvain,étaient entrés la veille,c'est à dire le 20,à Bruxelles;que là,leurs armées se scindant en deux tronçons,se dirigeaient en même temps sur Mons et Charleroi.
Et nous apprîmes aussi que les Alliées n'avaient même pas 100.000 hommes à jeter sur cette superbe tranchée,La Meuse,où on eût pu tenir des forces de l'Allemagne,en attendant des renforts.
Ce jour-là,21 août,vers 11 heures du matin,sur la chaussée de Thuillies à Gozée,le régiment d'infanterie N°49 ,commandé par le Major NICOLAS,échelonnait la file des fantassins surchargés de leurs objets d'équipement.
Déjà la colonne débouchait dans Gozée,alors que des cris d'enthousiasme partaient de tous cotés de la Place Communale où la foule s'était ruée pour saluer la France,tandis que,fatigué et ruisselant de sueurs,le visage des soldats s'éclairaient d'une joie.....Et tout de suite la distribution des boissons et des vivres de toutes sortes commençait.A cette heure,il n'y avait pas de miséreux au village.Tout le monde voulait donner.
Du reste,tous les carnets de route du 49e retrouvés sur nos campagnes,après le combat du 23 août,se font un devoir de constater avec reconnaissance,l'accueil admirable et touchant des populations belges à l'égard des soldats français.
Dès l'arrivée du dernier fantassin sur la place communale,un ordre avait vibré:le 1 er bataillon venait d'être détaché sur la route de Gozée à Thuin,tandis que les autres fractions du régiment avaient reçu pour consigne d'aménager les positions de la Couronne à la Ferme de Baudribut et du hameau de Bout-la-Haut.
Le même jour,le 18e était parvenu à Marbaix-la-Tour et le 34e avait atteint Thuin.
Pour s'opposer à la marche des Allemands,ces trois régiments avaient organisé leurs positions comme ci-après:
           A Ham-sur-Heure le 1 er bataillon à Beignée
le 18e  A Marbeix            le 2e bataillon au Chateau de la Pasture
           A Gozée               le 3e bataillon à la ferme de Zone

le 49e à Gozée le 1er bataillon ,au Clicotia
                        le 2e bataillon à la ferme de Baudribut
                        le 3e bataillon à la Couronne

A Thuin,le 34e avait également organisé la défense de cette ville et la résistance était couverte par le 10 e Régiment de Hussards assisté de l'escadron divisionnaire vers Leernes,Fontaine l'Eveque,Anderlues et Buvrinnes.A l'ouest,des éléments de la 5e brigade de Cavalerie Anglaise apparaissait à Binche et,dans ces mêmes parages,le général SORDET présidait de façon très étendue,au décrochage de son corps de cavalerie.
Le 28e avait pris position en oblique à droite par Fontaine-l'Eveque-Leernes et jusqu'à la Sambre et,dans l'après-midi du 22 août, le 2e Bataillon de ce Régiment était aux prises avec l'ennemi,dans les dépendances de la ferme de l'Espinette.
Tandis qu'une colonne allemande descendait de Trazegnies vers Monceau (Hameau) une batterie et 2 bataillons des Régiments Allemands N°15 apparaissait à Goutroux et commençait l'attaque à la lisière du bois du Han.
Après avoir paré et riposté,le 28e français qui n'avait pas d'artillerie pour répondre aux obus allemands,se retire vers l'orée du bois de Leernes et,le soir,se replie sur Thuin.Cet engagement lui avait coûté 250 tués,dont 1 commandant et 9 officiers.
Quant aux avant-postes du 34e français,ils séjournèrent le 22,jusqu'au crépuscule,sur la ligne Hourpes,les Bonniers,Trou des Loups.A leur droite,les escadrons du 10e Hussard essaimèrent de l'Abbaye d'Aulne à Marchiennes avec soutien de deux compagnies du 49e:la 12e à Landelies,la 11e à Montigny-le-Tilleul.Diverses rencontres eurent lieu,dont la plus plus importante aux ponts de Marchiennes;leur défense était confiée:
1°) à la 12e brigade de la 4e Compagnie du 119e:le gros au Charbonnage de Forte-Taille;les postes aux ponts de la Vielle Rue et du chemin de fer de l'Etat-Belge;
2°) au 1er escadron du 10e Hussards;une section de mitrailleuses tient la barricade du pont de la rue Neuve.
Le 22,de 8h45 à 10h30,les Hanovriens (Régiment 19 et une batterie)peinent devant ces obstacles;ils parviennent finalement à le tourner par le pont du chemin de fer et par celui des laminoirs reliant les aciéries aux hauts fourneaux Goffart de Monceau.Force est à l'escadron du 10e Hussards de détaler vers la cote de Montigny-le-Tilleul,recule vers Gozée,puis bivouaque à Thuillies,où le Général Jouannic garde en réserve le 12e Régiment (1er et 3 e Bataillons ) pour aménager une position de soutien entre Thuillies et Ragnies.La 4 e compagnie du 119e,décomprimée marque un temps d'arrêt sur la hauteur (Est) de la Gare de St.Martin (Briqueterie Letroye) et ne rompt que prise d'enfilade par une fraction parvenue de Hameau aux Carrières du bois du Han;touche Montigny-le-Tilleul;organise une résistance à la lisière du bois Croquet,mais renonce à ouvrir le feu sur la colonne allemande poussant devant elle un troupeau de civils;retraite sur Bomerée par le Bois Picard.
A Montigny-le-Tilleul,la 11e Compagnie du 49e s'apprêtait à recevoir l'ennemi.Le Capitaine LAMBERT préférera,lui aussi ,se replier plutôt que de massacrer des civils servant de plastron aux Allemands.Des hauteurs qui couronnent Landelies (rive droite de la Sambre) elle assiste ,vers 15h30,à la scène finale du combat de Leernes;elle cherche même à intervenir,par des salves,sans autre résultat que d'attirer sur elle quelques rafales de mitrailleuses;repli sur Gozée vers 18 heures.
Les Allemands se retranchèrent pendant la nuit à Montigny.Le lendemain devait s'engager le violent combat de Gozée.

Le dimanche 23 août,vers quatre heures,une blancheur ouvrit le ciel et fit les ténèbres.L'aube était là.....Puis l'aurore déchirant ses voiles roses fit tout-à_coup place au soleil qui se leva dans un ciel immaculé et radieux.
C'est à Gozée que,ce jour-là,le 49e R.I. cueillera ses premiers lauriers.Un choc de la colonne allemande provenant de Montigny-le-Tilleul à travers le Bois du Prince se prononce vers 9 heures.
De ce coté du bois se trouvaient 3000 hommes du 18 e d'infanterie et 1.000 hommes du 3e bataillon du 49e ainsi qu'une Compagnie du génie et deux batteries du 24e d'Artillerie.Ils soutinrent héroïquement l'attaque d'une division d'infanterie avec artillerie et cavalerie.
Après avoir été arrosé par un tir des mieux réglé,intensifié à 11 heures,le 3e bataillon du 49e subit vers midi,un si fort choc qu'il doit reculer.Les allemands débouchent,en masses serrées,des routes de Charleroi et de Marchiennes,dans nos champs de blé et d'avoine:c'étaient les régiments 55 et 77 allemands qui commençaient l'attaque de Gozée.
Vers midi,les Français reculent lentement vers Gozée,couvrant leur retraite d'un feu d'artillerie si terrible et si précis que les Allemands reculent à leur tour devant une pluie d'obus.
Profitant de ce mouvement de recul,les Français reprennent pied et ordre est donné au Commandant NICOLAS de ramener ses compagnies à l'attaque.
Une colonne double:la 12e (BURGALAT),ayant derrière elle un peloton de la 11e (Lieutenant DERNAT) entrera dans Gozée,mais (ce qui hélàs ! n'était que trop à prévoir) ne ressortira pas de la fournaise;à gauche,l'autre peloton de la 11e compagnie (Capitaine LAMBERT);la 10e compagnie (Capitaine COURNET);un peloton de la 9e compagnie (sergent-major CASTAING) objectivent la briqueterie;chemin faisant,les 6e et 8e compagnies (Capitaine MELIANDE et GLOR) ainsi qu'un peleton du génie cortègent l'attaque.
Vers 13h 1/2 ,Gozée est de nouveau aux Français.
Les Allemands ne tardent pas à réagir sous la menace d'une poussée des compagnies ROZE des ORDONS (1ere) et CLOR (8e) qui tentent de récupérer les positions du matin.Les compagnies BOURON  et DIBAR (3e et 7e) avec la section de mitrailleuses CARRERE,se maintiennent encore dans les tranchées,mais les rangs ravagés (Commandant NICOLAS,Capitaines CLOR,LAMBERT,BURGULAT ,tués;Lieutenant DORNAT,Capitaine ALBERT du génie,bléssés) s'abiment en d'infructueux efforts .....et la défense court risque d'être tournée à droite du coté de Marbaix.
Vers 18 heures,Gozée était de rechef perdu.
A 18h30,ordre général de retraite.Le groupe de la Briqueterie (près de la Jonquière) dénouant la rude étreinte,se replie sous la conduite du Capitaine COURNET,sur la 5e Compagnie (Capitaine BERGER-ANDREU).
Le Capitaine LABAT (7e Compagnie) constitue le dernier échelon de couverture .-Retraite sur Thuillies.
Au 18e,la plus lourde charge pèse sur les 5e,6e et 8e compagnies,à la lisière Nord du parc du Château de la Pasture,qui ne sera évacué que sur l'intervention du Général de Brigade (15h30) Retraite par échelons sur la ferme de Fleurenchamps,pénible,notamment pour la 8e compagnie (Capitaine de GAUPIAC blessé). La résistance du 2e Bataillon sous un feu concentré d'artillerie,d'infanterie et de mitrailleuse,avait été des plus résolues,mais aussi fort onéreuse;ses pertes montaient à environ 300 tués,blessés ou disparus:les lieutenants CECILE et DUFFAU tués,le Lieutenant MOTAIS,blessé.
La 7e compagnie (Capitaine MALIRE) alors que le 3e bataillon du 49e abandonnait Goée,avait été postée par le Commandant du 2e Bataillon (Capitaine CHALLE) en surveillance sur la cote 183.
Plus tard,le Général de Brigade prescrira au Chef de bataillon COSTEDOUT  de faire participer deux de ses compagnies:9e,Capitaine OLIVARI et 11e,Capitaine JEANNOT,au retour offensif du 49e;elles n'arrivent pas à temps pour intervenir et s'immobilisent:;la 9e sur la face Sud de Gozéé,la 11e à droite (vers Marbaix ).L'ordre de retraite leur fut transmis à 15 heures;démarrage difficultueux,néanmoins effectué en bon ordre par échelons successifs et sous la protection de la 10e compagnie dressée à la ferme de Fleurenchamps (17h30).-
Le 1er Bataillon,Commandant PRAVAZ,stationne jusque 13h30 à Beignée.Le Général TRINITE-SCHILLEMANS lui fera prendre position d'abord au cimetière de Ham-sur-Heure,puis à la Ferme de Fleurenchamps,non loin de l'Artillerie Divisionnaire,à laquelle la 12e compagnie sert de section.-De ce coté,lente infiltration de l'ennemi qui ne talonne pas et n'explore la ferme que vers 18h30.
Le régiment se retire sans gêne de la Ferme de Fleurenchamps (19 heures)^pour aller cantonner à Ossogne (20 heures).

Les pertes ont été sensibles de part et d'autres;574 allemands et 474 Français (18e,28e et 49e).Elles ne sont pas loin d'atteindre,pour nos alliés,le chiffre de celles du régiment utilisé,en mai 1916,pendant la bataille de Verdun (secteur de Douamont).
En outre ,les Allemands firent 150 prisonniers à Gozée et brulèrent 36 de nos demeures.
En comptant 3 blessés pour un tué,le combat de Gozée-Marbaix-Monceau-sur-Sambre aurait fait 4192 victimes dont:1048 tués et 3144 blessés.-
Les soldats tués ont été déposés,religieusement,en terre par les Allemands,les prisonniers français et les Gozéens restés au village.Après cette lugubre besogne,on compta les tertres;il y en avait 46,dont un contenant 150 cadavre et un autre 102.Les autres ne renfermaient que de un à 15 cadavres.
En 1915,des pourparlers s'engagèrent entre l'Autorité Allemande et la Commune de Goée qui céda u emplacement d'un hectare,pour réunir soldats Français et Allemands,tués le 23 aout 1914.
Le transfert des corps,commencé le 10 novembre 1915,était terminé le 25 janvier 1916,dans le nouveau cimetière militaire dit "de la pépinière".
Mais en 1922,le Gouvernement Français fit exhumer les corps des 474 soldats français qui furent transférés au cimetière de la Belle-Motte à Aiseau,à coté de leurs collègues tués dans la région de Charleroi et de la Basse-Sambre. 



Complément du Blog Retours vers les Basses-Pyrénées

Liste (non exhaustive) des militaires du 49e tués ou disparus 

le 23 août 1914  à Gozée

Extraits de "Historique du 49e Régiment d'Infanterie pendant la guerre 1914-1918"
Imprimerie Berger-Levrault
Nancy-Paris-Strasbourg
8 août 1919
Ce document ne figure pas dans les fonds des AD 64

Chef de bataillon

Nicolas (Roger-Marie-Joseph)

Capitaines

Burgalat (Henri-Jean)
Clor (Georges)
Lambert (Maurice-Louis)

Lieutenants

Carrère (Alphonse-Lucien)

Adjudant

Lafourcade (Jean-Emile)

Sergents

Seygos (Jean)
Courtiau (Pierre-Girard)
Dubos (Gérard-René )
Fayard (Paulin)
Haban (André-William)
Rambeau (Jean-Robert)

Caporaux

Biran (Pierre-Marcel)
Cazenave (Joseph-Fabien)
Chassin (Jean-Marie)
Eyriaud (Pierre)
Hou (Louis-Robert)
Maestre (Joseph)
Maleplate (Jean-Marie)
Lapègue (Mathieu-Marie)
Laclabère (Emile-André)
Ressayne (Firmin -Alfred)
Saint-Martin (Gabriel)
Vigneau (Dominique-Raymond)

Soldats de 1 ere classe

Bezineau (Jacques-Fernand)
Mathieu (Léopold)
Serrate (Cyriaque)
Sorreguiéta (Jean)

Soldats de 2 e classe

Amestoy (Jean)
Arnoult (René)
Bertrand (René-Léon)
Berc (Pierre)
Brethes (Pierre)
Bourriaud (Sylvère-Gabriel)
Campet (Jean)
Caubet (Jean)
Cazaux (Henri)
Comets (Antoine)
Dabrin (Pierre)
Darengosse (Jean)
Desbials (Jean-Baptiste)
Dubern (Gabriel)
Filloles (Jean )
Fleuranseau (Yvan)
Guimberteau (Richard-Joseph)
Harispe (Jean-Marie)
Jean (Henri)
Labadie (Pierre)
Labat (Arnaud)
Lacoste (Jean)
Laffitte (Jean)
Lajus (Bernard)
Lalanne (Albert)
Laluque (Lucien)
Lamarche (Blaise)
Lamazou (Félix)
Lamic (Jean-Fernand)
Lamanette (Pierre-Albert)
Lansalot (Jean)
Lapeyre (Jean)
Lapios (Jean)
Lasserre (Joseph)
Lauçada (Henri-Dominique)
Laussauguette (Elisée)
Lavaud (Pierre)
Lavielle (Jean-Joseph)
Lissalde (Jean-André)
Loubère (Clément)
Mange (Célestin)
Mesnard (Gontrand)
Mivielle (Pierre)
Mongis (André)
Paris (Bertrand)
Pomarede (Justin)
Poublan (Hubert)
Poudenx (André-Alexandre)
Ragues (Guillaume)
Réquédor (Jacques)
Roquebert (Pierre)
Sallamart (Jean)
Septz (Pierre)
Souharrat (Dominique)
Tauzin (René)
Vergez (Jean)


Liste des militaires du 49e disparus

Sergent

Guimberteau (Albert-Pierre)

Caporaux

Bodin (Jean)
Charlavoine (Jean-Roger)
Cursol (Pierre)
Dupuch (Jean)
Labat (Armand)
Lartigue (Bernard)
Rouzière (Aloise)

Soldats de 2 e classe

Adoue (Jules)
Argain (Charles)
Aubinat (Emile-Jean)
Boudinault (Raymond)
Baudouin (Pierre-Abel)
Baziet (Pierre)
Boucau (Bernard)
Brout (Jean-Elie)
Campet (Martin)
Cabassus (François)
Cazeaux (Jean-Pierre)
Cassiaux (Numas-Paul)
Casteignau (Michel)
Caussègue (Justin)
Caze-Gouronon (Pierre)
Cazemayor (Martin)
Darricarrère (J-B)
Dolhare (Maerin)
Doussang (Bertrand)
Dubarbier (Joseph)
Dubroca (Pierre)
Dulucq (Vincent)
Dumas (Jean-Elie)
Dupin (Pierre)
Duprat (Jean-Léon)
Elies (Jean-Georges)
Forgue (Jean-Pierre)
Fradet (Jean-Louis)
Gendre (Dominique)
Haurat (Pierre-Paul)
Hibarbide (Nicolas)
Hidondo (Pierre)
Labat (Armand-Jean)
Labatue (Fernand-Firmin)
Labarrère (Pierre-Alfred)
Lacoste (Fernand)
Lacoste (Jean)
Kafaurie (J-B)
Lafitte (Charles)
Lagarde (Jean)
Lagunegrand (Bernard)
Lahary (François)
Lahore (Jean-Remi)
Lalanne (Georges)
Lamolie (Joseph)
Lannes (Pierre)
Laporte (Pierre)
Larregain (François)
Larrieu (Raymond)
Larronde (Léon)
Lavigne (Laurent)
Malartie (Jean)
Marsan (Fernand)
Marty (Jean-Edmond)
Mirassou-Minville
Morin (Adonis)
Pariès (Noel)
Pascalin (Henri)
Pefau (Emile)
Périssère-Millet
Petreau (Noel)
Saint-Germain (Jean)
Sarthes (Jules)
Soubarret (Dominique)
Tauzia (Jean)
Vignolles (Jean)

En librairie L'affaire oubliée de Charleroi ,Gozée aout 1914

Philippe Wille 

14X20.5
244 Pages, 90 photos,20€ 
ISBN 978-2-930582-17-7

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Octobre 1928:lettre de l'abbé Durquet à Monsieur l'instituteur retraité
Le monument des basques ou mémorial de la 36e Division d'Infanterie
Rechercher la transcription d'un acte de décès d'un poilu
Archives du 49 eme Régiment d'Infanterie de Bayonne-1914-1972
Les registres matricules des Basses-Pyrénées sont en ligne 

lundi 18 août 2014

1917: des Alsaciens-Lorrains du dépôt de Lourdes à Bayonne


Emploi de main d’œuvre militaire pour éxécution de travaux de voirie (notamment Alsaciens-Lorrains) 1916-1917
Ville de Bayonne

Extrait des registres des délibérations du conseil municipal
Séance du 4 mai 1917
Le Conseil Municipal réuni sur convocation du 30 avril 1917
Présents:MMJ.Garat,Maire,Président,Lacombe,Legrand,Duran,Rouffet,Pariès,Favier,Bouteille,Ordoquy,Dupéré.
Excusés:MM.Dolhats,Croste,Etchepare,Elissalde et Desquerre
Mobilisés:MM.Frois,Dubos,Simonet,Pennes,Pauty,Berrogain,Weiller,Molia,Piet.

M.le Maire dit:
Messieurs,

Par suite de pénurie de la main d’œuvre civile le Service de la Voirie a été obligé de faire appel au concours des Alsaciens-Lorrains et à la main d’œuvre militaire pour divers travaux de voirie reconnus indispensables pour la propreté de la Ville.
Ces hommes sont payés au tarif fixé par les règlements mais comme la composition du groupe que nous employons varie journellement,il est nécessaire que ces hommes soient réglés chaque jour par un régisseur responsable qui justifie ensuite l'emploi des fonds dans un délai de 15 jours,suivant les règles de la comptabilité publique.
J'ai en conséquence ,l'honneur de vous proposer de prendre la délibération suivante;
Le Conseil Municipal,
Considérant que par suite de l'état de guerre les travaux d'entretien ne peuvent plus,en raison du manque de personnel,être exécutés par les entrepreneurs et que la Ville de Bayonne se trouve dans la nécessité de faire appel pour les besoins urgents,à des corvées militaires;
Considérant qu'en raison de la composition variable de ces corvées,il importe que les hommes soient payés tous les jours et que ce paiement ne peut,dès lors être effectué que par un régisseur de dépenses;
délibère
1°)-il est institué une régie pour l’exécution et le paiement des travaux d'entretien de la voirie.
2°)-Monsieur l'Agent voyer de la voirie est nommé régisseur;
3°)-des avances qui ne pourront excéder 2.000 francs lui seront faites avec l'obligation d'en justifier l'emploi dans un délai de 15 jours,suivant les règles de la Comptabilité publique.
4°)-La présente délibération ne sera exécutoire qu'après approbation de M.le Préfet.

Le Conseil Municipal ouï le rapport qui précède délibère en adopter les conclusions
Signés au registre les membres présents

Pour aller plus loin

Les AD 64 ( Pôle de Bayonne et du Pays Basque ) ne disposent pas d'archives complémentaires susceptibles de fournir de plus amples renseignements sur les Alsaciens-Lorrains du dépôt de Lourdes.

Archives départementales des Hautes-Pyrénées AD 65

5 rue des Ursulines
BP 1343
65013 TARBES cedex 9
Téléphone : 05 62 56 78 65
Mail : archives@cg65.fr

1914-1918. Les Alsaciens-Lorrains du côté français. Site de l'Association Historique de Kalhausen

Mémorial d'Alsace-Moselle de Schirmeck fichier pdf 25 pages (1870-1950)


samedi 16 août 2014

Journal Sud-Ouest du jeudi 16 aout 1945

Sud-Ouest -16 août 1945-Édition des Basses-Pyrénées-Recto

L’arrêt motivé

Concernant l'activité de Pétain de 1934 à 1940 ,la cour retient les campagnes plébiscitaires menées autour de Pétain.En mars 1940,Pétain,annonçaient que les évènements obligeraient à l'appeler.
En juin 1940,Pétain adressait à l'Allemagne une demande d'armistice et empêchait par son message aux français la poursuite de la lutte.Il s'opposait au départ du gouvernement en Afrique.Après le 10 juillet,Pétain adaptait en France les régimes fascistes.
En octobre 1940,Pétain allait à Montoire et annonçait la collaboration.Les abandons se succédaient alors,économiques,et politiques.En 1941,une sorte de collaboration militaire s'instituait ,notamment en Syrie.Des avantages étaient donnés à l'Allemagne en Afrique du Nord.
Pétain instituait ensuite des cours spéciales pour juger les patriotes.Il encourageait la L.V.F.,recevait Doriot et le colonel Labonne de la L.V.F.
En avril 1943 ,Pétain rappelait Laval,qui déclarait ,d'accord avec lui:"Je souhaite la victoire de l'Allemagne".
En novembre 1942,Pétain donnait l'ordre aux troupes de résister aux Alliés en Afrique.Pétain est également responsable du sabordage de la flotte.
En 43,Pétain prenait dans son cabinet Philippe Henriot et aggravait la propagande contre les Alliés et les résistants.
Pétain n'a élevé aucune protestation contre les déportations.
Darnand devenait chef du maintien de l'ordre sur l'appel de Pétain.Presse,cinéma,radio invectivaient nos alliés sans réaction de Pétain.Il n'avait pas protesté contre l'invasion de la zone libre .Pétain a soutenu que sa politique avait pour but d'aider indirectement les Alliés.La cour rejette ce point de vue;cette politique a égaré des Français,qui ont cru aux messages et aux actes publiés de Pétain.
Celui-ci est responsable des actes accomplis sous son autorité.
Il n'est pas prouvé que Pétain ait comploté contre le régime avant 40,mais il a profité de son pouvoir pour l'abattre.

La condamnation

En conséquence,la cour condamne Pétain à la peine de mort,à l'indignité nationale ,à la confiscation de ses biens.En raison du grand âge de l'accusé ,la Haute Cour de justice demande que la sentence ne soit pas exécuté.

Sud-Ouest -16 août 1945-Édition des Basses-Pyrénées-Verso










jeudi 14 août 2014

Le rôle de l'argent dans les guerres modernes par Edmond Théry

Au hasard d'une brocante à Bayonne, j'ai déniché le texte d'une  conférence faite début 1917 aux élèves de l'École Militaire de l'Artillerie.Le conférencier , le lieutenant colonel Edmond Théry, économiste ,rédacteur en chef de la revue L’Économiste européen, s'intéresse au rôle de l'argent dans les guerres modernes.


Lithographie de l’École Militaire d'Artillerie-18 pages-Texte intégral


1

Exorde.Ce que les guerres ont coûté à l'Europe de 1800 à 1913

La guerre actuelle soulève de nombreuses questions,parmi lesquelles celle des ressources financières dont les nations belligérantes peuvent disposer vient,par rang d'importance,immédiatement après la question des effectifs.
En effet,pour vaincre l'ennemi,il faut d'abord concentrer des armées nombreuses;mais ce premier avantage ne serait pas suffisant pour dominer l'adversaire,si les soldats en ligne étaient mal nourris,mal équipés,mal armés,et surtout mal approvisionnés en munitions.
Le vieux proverbe "L'argent est le nerf de la guerre" est d'une vérité plus rigoureuse aujourd'hui qu'à l'époque où les armées pouvaient vivre sur le pays conquis,où le soldat portait dans sa giberne des cartouches pour plusieurs jours de bataille.On fabriquait alors de la poudre et on fondait des balles un peu partout.Quant à la solde,on la réglait avec des réquisitions imposées aux villes conquises.
La situation est bien différente aujourd'hui et pour vous permettre d'apprécier l'importance des sommes que les belligérants dépensent actuellement ,il est nécessaire de vous donner quelques indications sur le coût des grandes guerres auxquelles la France a été mêlées,d'une manière plus ou moins directe depuis le commencement du 19e siècle.
Du 23 septembre 1800,date à laquelle la dette française moderne a été reconstituée,jusqu'au 1 er juin 1815,le capital nominal de cette dette est passé de 714 millions de frcs à 1 milliard 272 millions.
Cela revient à dire que pendant les 15 années de guerre que Napoléon 1er a soutenues contre l'Europe,la dette publique de la France ne s'est augmentée que de 558 millions de frcs,soit à peu près ce que nous dépensons en ce moment en six jours.
Par contre,l'Angleterre au cours des guerres de la République et du Premier Empire,a majoré sa propre dette de 15,535 millions de Frcs;mais chacun sait que pendant cette période,nos amis et alliés actuels commanditèrent toute l'Europe contre nous.
Pour faire face à ses énormes dépenses,la Grande Bretagne fut obligée d'établir le cours forcé en faveur de billets de la Banque d'Angleterre, et la valeur de ces billets sur le continent ,perdait 24% au mois de mai 1815,c'est à dire à la veille de la bataille de Waterloo.
En effet ,pour ces besoins intérieurs,le Gouvernement anglais émit des emprunts et se servit des billets de la Banque d'Angleterre ;mais pour soutenir sa politique extérieure il dut utiliser ses souverains d'or et comme les souverains d'or anglais portent,sur leur revers,un Saint-Georges à cheval,ils furent baptisés au nom de "cavalerie de Saint-Georges" qu'on leur donne encore aujourd'hui.
Les temps ont bien changé,car l'Angleterre a mis toute sa fortune au service des nations alliées,et il ne s'agit plus cette fois seulement de la "cavalerie de St-Georges",mais de toutes ses ressources en hommes,en capital et en énergie.Soyez d'ailleurs convaincus qu'en défendant la cause du droit et de la justice,l'Angleterre sert encore ses intérêts.
Les guerres de 1812 à 1815 contre la France ne coûtèrent à la Russie que 2 milliards 400 millions de Frcs environ.Mais le perfectionnement de l'armement et lr développement des effectifs survenus vers le milieu du 19 eme siècle eurent pour conséquence de relever les dépenses de guerre.
Une première preuve de ce fait nous est fournie par la guerre de Crimée (1854-1855) dont les charges atteignirent 4 milliards 500 millions de Frcs pour les Alliés,ainsi décomposés:1 milliard 855 millions pour l'Angleterre,1milliard 660 millions pour la France,343 millions pour l'Autriche et 642 millions pour la Sardaigne et la Turquie réunies.Pour sa part,la Russie eut à supporter plus de milliards de dépenses.
La guerre d'Autriche de 1859 qui ne fut,au vrai sens du mot,qu'une expédition,n'a majoré notre dette publique que de 853 millions de Frcs;la guerre du Mexique nous a coûté a peu près 650 millions.La guerre de 1864 déclarée par la Prusse au Danemark,guerre qui fut le premier acte de la politique Bismarkienne,et la guerre contre l'Autriche en 1866,qui en a été la conséquence directe,coûtèrent dans l'ensemble 2 milliards de francs dont les 3/4 à la charge de la Prusse;mais celle-ci y gagna l'annexion du Hanovre,de la Heisse électorale,de Nasseau, Francfort-sur-Mein,du Sleswig-Holstein....et l'Autriche-Hongrie devint son humble vassale.
La guerre de 1870-1871 a augmenté ,par les emprunts qu'elle a nécessités ,notre dette publique de 8 milliards 498 millions:mais ce dernier chiffre ne constitue pas la totalité des pertes que la France a subies en cette circonstance.
Mr Léon SAY en estimait le montant à 11 milliards 1/2 et Mr MATHIEU-BODET à 13 milliards:ce dernier chiffre est encore au-dessous de la vérité car en tenant compte de tous les éléments de dépenses que la guerre de 1870-1871 à imposés à notre pays,on peut admettre le chiffre de 15 milliards comprenant,bien entendu,l'indemnité de guerre de 5 milliards payés à l'Allemagne et toutes les pertes individuelles que l’État n'a pu compenser.
Si on ajoute aux guerres que je viens d'énumérer,la guerre Russo-Turcque de 1875-1876,la guerre Hispano-Américaine de 1899,la guerre du Transwaal de 1899-1900,la guerre Russo Japonaise de 1904 et les deux guerres balkaniques de 1912,1913,on arrive à un total général de 65 milliards de Frcs environ.Mais ce chiffre ne vise que des dépenses de guerre proprement dites,sans compter des dépenses d'ordre militaire du temps de paix dont le chiffre est infiniment plus élevé.

II

La paix armée.

La guerre actuelle ,voulue et déclenchée par le militarisme prussien est la conséquence logique de la politique bismarkienne intensifiée par Guillaume II.
Il ne sera jamais possible d'établir ce que la politique allemande dont le caporalisme de Frédéric II et l'orgueil des intellectuels modernes sont l'alpha et l'oméga a coûté à l'Europe.Car jamais aucune statistique ne pourra évaluer ,même approximativement,les pertes effroyables de toute nature qu'elle a fait subir aux États qui en ont été et qui en seront encore aujourd'hui les victimes.Mais ce que l'on peut additionner,comparer et produire avec certitude de vérité,ce sont les dépenses d'ordre militaire que les grandes nations de l'Europe ,obligés de suivre l'exemple de l'Allemagne,ont du inscrire dans leurs budgets de paix pendant les 30 années qui ont précédé la guerre de 1914.
Dépenses militaires (Guerre et Marine)
Pays                                                            1883     1913    Augmentation millions                 %
Allemagne                                                   504     2.282             1.778                                      351
Autriche-Hongrie                                        318        598                280                                        88
Angleterre                                                   702     1.827              1.125                                     160
France                                                         789     1.472                 683                                      86
Italie                                                            311        681                 370                                    119
Russie                                                         994     2.078              1.184                                     132

TOTAL                                                      3.518  8.938               5.420                                     154

Sans entrer dans le détail de ces dépenses,il me suffira de vous dire que l'Allemagne entre 1883 et 1913 a augmenté son budget de la guerre et de la marine de 1 milliard 778 millions,soit 351% alors que l'accroissement de l'Angleterre n'a été que de 160%,celui de la Russie de 132%,celui de l'Italie de 119% et celui de la France de seulement 86%.
Si les dépenses militaires des 6 grandes nations de l'Europe étaient restées au niveau de l'année 1883,la somme totale des charges d'ordre militaire que ces pays auraient subi pendant cette période de 30 années aurait été exactement de 105 milliards de Frcs;alors qu'en réalité sous l'influence des armements de l'Allemagne,les nations obligées de subir,malgré elles,le régime de la paix armée,ont doublé l'importance de ces dépenses.
Ces explications  préliminaires données ,nous allons aborder les dépenses de la guerre actuelle et procéder à l'examen des charges financières qui en résultent pour les grands états belligérants.

III

La guerre actuelle-Dépenses par pays

S'il fallait démontrer que l'Allemagne a réellement voulu la guerre,et qu'elle l'a déclenchée à l'heure choisie par elle,il suffirait de constater que de toutes les nations actuellement engagées dans la lutte,elle seule avait préparé une mobilisation financière.
En effet,indépendamment des 300 millions de francs d'or enfermés dans la tour Julius à la forteresse de Spandau et des 800 millions que le Trésor impérial avait encore à encaisser sur la fameuse contribution de guerre votée par le Reichtag en 1913 en vue d'accroître l'armée permanente,le Grand Etat-Major allemand avait calculé qu'un emprunt de 5 à 6 milliards de frcs contracté après ses premiers succès,suffirait à l'Allemagne pour terminer la guerre.
Notre victoire de la Marne bouleversa ces beaux calculs,car à l'heure actuelle,c'est à dire après deux ans et demi de lutte,l'Empire d'Allemagne a engouffré près de 85 milliards de francs.Il est vrai que l'Empire allemand est obligé de soutenir ses alliés au point de vue financier,comme il les soutient au point de vue militaire.
Il convient d'abord de reconnaître que pendant la période de 1900 à à 1913 la puissance industrielle ,commerciale et financière de l'Allemagne s'est considérablement développée;je peux même dire que ce développement prenait des proportions inquiétantes pour les autres pays producteurs de l'Europe car le commis-voyageur allemand pénétrait partout apportant avec lui une camelote spéciale ,qui détournait la clientèle indigène de la production nationale.
En observant les énormes progrès des exportations boches entre 1900 et 1913,on se demande pourquoi les pangermanistes ont voulu la guerre puisque leurs camelotiers étaient en train de s'emparer de tous les grands marchés commerciaux sans tirer un seul coup de canon?
Ils ont évidemment trouvé que la conquête était trop lente et qu'une guerre brusquée,dans laquelle ils mettraient tous les atouts dans leur jeu-y compris la violation des traités et l'emploi de méthodes de combat absolument barbares-leur donnerait plus vite et sans grands risques matériels,la maîtrise du monde.
Ayant manqué leur mauvais coup,ils ont déjà mis au jeu 85 milliards de frcs;or soyez persuadés que ce n'est là qu'un simple commencement.
A la fin de l'année 1916 les dépenses de guerre de l'Allemagne,de l'Autriche-Hongrie et de leurs complices s'élevaient à 118 milliards de francs;celles de l'Angleterre,de la France,de la Russie,de l'Italie et des autres alliés à 179 milliards.Soit pour les deux groupes de belligérants un total de 297 milliards de frcs pour vingt neuf mois de guerre.
Sur cette dernière somme la part de l'Angleterre atteignait 72 milliards ,celle de la France 45 milliards et celles des autres alliés réunis 62 milliards environ.
La moyenne mensuelle des dépenses de guerre de tous les belligérants a été de 10.241millions ce qui représente à peu près une moyenne quotidienne de 341.300.000 frcs,c'est à dire à peu près 4000 francs par seconde.
Mais il ne s'agit là que de moyennes établies sur toute la durée de la guerre;or pour rester dans le cadre de la vérité ,je dois constater que les dépenses militaires ,relativement faibles au début des hostilités ,se sont progressivement élevées,de mois en mois,pour trois causes principales:
1° Augmentation des effectifs mis en ligne;
2° Intensification des industries de guerre;armements,munitions,habillement et équipements;
3° Augmentation générale du prix des denrées nécessaires à l'alimentation des troupes et des matières premières employées dans les usines de guerre,etc...
D'après mes calculs les dépenses du mois de décembre 1916,pour toutes les puissances belligérantes,ont dû  dépasser d'environ 60%  la moyenne mensuelle générale dont je viens de vous parler.On se trouverait donc en présence d'un total mensuel de près de 16 milliards et demi au lieu de 10.241 millions ,portant la dépense quotidienne de 341 millions à 550 millions,et la dépense par seconde de 4000 à 6.400frcs environ.

IV

Comment les nations belligérantes se procurent les capitaux nécessaires 

à la guerre.

Les sommes dépensées par les nations belligérantes pendant la dernière année de guerre,année 1916,représentent cinq fois leurs dépenses budgétaires normales de l'année 1913:comment ces nations peuvent-elles s'y prendre pour recueillir des sommes aussi considérables?C'est un problème très délicat dont il convient de poser les termes avec beaucoup de précision.
Les dépenses des nations belligérantes sont de deux catégories:
1°) Les dépenses intérieures destinées à payer tout ce que le gouvernement achète ou fait fabriquer à l'intérieur du territoire,dépenses auxquelles il faut ajouter la solde des troupes,les allocations aux familles des mobilisés,les intérêts de la Dette et les diverses charges de l’administration civile.
2°) Les dépenses extérieures permettant à la Nation de se procurer sur les marchés étrangers tous les produits que son industrie ,son sol et sous-sol ne lui fournissent pas en quantités suffisantes.
Pour la première catégorie de dépenses les gouvernements font aujourd'hui ce que le Gouvernement Britannique faisait pendant les guerres de la Révolution et de l'Empire.Ce qui revient à dire qu'ils font face à leurs dépenses intérieures avec des billets de banque investis du cours forcé,que leurs banques d'émission leur prêtent à titre d'avances,ou qu'ils se procurent à l'aide d’impôts et d'emprunts intérieurs.
Le capitaliste ,gros ou petit,qui souscrit 100.000 frcs ou 100 frcs d'emprunt nouveau ou de bons de la Défense,verse au Trésor le montant de sa souscription en billets de banque.L'état,pour solder ses dépenses intérieures,remet ces billets en circulation et au bout d'un certain temps,ces mêmes billets reviennent au Trésor sous forme d’impôts,ou d'emprunts nouveaux.
La vérité c'est que les dépenses de guerre qui s'effectuent sur le territoire national ne sont pas des pertes dans le sens absolu du mot;elles ne représentent,à vrai dire,qu'un déplacement de capital mais ce déplacement est quand même regrettable car il a pour conséquence d'accroître le capital de la Dette Publique et,par cela même,le montant des impôts à payer par le pays.
Donc le devoir de tout bon citoyen,officier ou civil,est d'éviter au trésor toute dépense inutile.
Pour les dépenses d'ordre extérieur,c'est à dire les règlements de l’État doit faire à l'étranger pour importer les produits et marchandises qu'il ne trouve pas sur le marché naturel,la question est beaucoup plus délicate.
Vous savez en effet,que tous les règlements internationaux ont la monnaie d'or pour base.Cela signifie que lorsqu'un pays a payé à l'étranger toutes ses dépenses d'ordre extérieur:déficit commercial,déficit sur les transports maritimes,économies des ouvriers étrangers travaillant à l'intérieur du territoire ,dépenses des nationaux voyageant à l'étranger,etc...et lorsque le même pays a,au contraire,reçu  de l’Étranger tout ce qui lui était dû,la différence doit être réglée en or.
Si le pays considéré est créditeur,c'est à dire si ses dépenses d'ordre extérieur sont inférieures aux recettes de même nature,ce pays aura le change en sa faveur car il devra recevoir son excédent en monnaie d'or ,à moins qu'il n'accepte ,en compensation de cet excédent,une contre-partie en valeurs étrangères.
S'il est ,au contraire,débiteur,c'est à dire s'il doit payer à l'étranger plus qu'il n'a à recevoir,le change sera contre lui et il sera tenu de liquider ses comptes en envoyant de l'or dans le pays créditeur à moins que ce pays lui consente un prêt de même importance.
C'est en somme ce qui arrive en ce moment entre la France et les États-Unis.Ce dernier pays nous fournit ,vous ne l'ignorez pas des quantités considérables de produits alimentaires et de matières premières destinés à nos industries de guerre:blé ,farine,salaisons,acier,cuivre,coton,laine,corps gras,explosif etc...et comme nos exportations sont notablement inférieures à ces importations,nous sommes débiteurs,à l'égard de la grande République Américaine,de sommes considérables que nous avons jusqu'ici réglées avec de l'or ou avec du crédit.
Ce qui se passe en France,se passe aussi,mais à des degrés divers ,dans toutes les nations belligérantes sans exception.
Les grandes puissances alliées:Angleterre,France,Russie et Italie-grâce à des ententes financières intervenues entre elles-ont assez facilement fait face aux charges qui leurs incombaient ,mais le Docteur Helfferich Ministre des Finances de l'Empire Allemand a eu beaucoup plus de peine pour se procurer les 85 milliards que l'Allemagne a déjà engagés dans la lutte.
Il est manifeste, cependant,que les charges financières que la guerre fait peser sur les nations belligérantes sont plus lourdes pour le Groupe Allié que pour le Groupe Austro-Allemand;mais il faut observer que les ressources économiques et financières dont les nations Alliées peuvent disposer sont infiniment supérieures à celles de l'Allemagne,de l'Autriche-Hongrie,de la Bulgarie et de la Turquie.
La puissance économique et financière d'un pays quelconque peut être sommairement exprimée par les quatre éléments suivants:
1° Le chiffre de la population,indiquant à la fois les facultés de travail du pays considéré et l'ampleur de son marché de consommation;
2° Chemins de fer en exploitation,toujours en rapport avec le développement industriel ,agricole et commercial du pays;
3° Marine marchande à vapeur ,servant généralement de trait d'union entre la production nationale,les besoins du marché intérieur et les demandes des marchés d'outre-mer;
4° Commerce extérieur,importations et exportations donnant la mesure de valeur des échanges entre le marché intérieur et les marchés étrangers.
Si nous comparons ces quatre éléments entre les deux groupes de belligérants,nous obtenons les résultats suivants:



Ainsi,en nous plaçant sur le terrain exclusivement économique,le Groupe des Nations Alliées se présente avec une supériorité énorme sur sur le groupe ennemi,comprenant l'Allemagne,l'Autriche-Hongrie,la Bulgarie et la Turquie.
En effet,en 1913,la population du groupe allié était à la population de nos adversaires comme 85 est à 16;nos chemins de fer en exploitation comme 76 à 24;notre marine marchande à vapeur comme 81 à 19;enfin,la valeur de notre commerce extérieur est à celle du groupe ennemi comme 76 est à 25.
Voilà une comparaison décisive,mais la statistique monétaire des mêmes pays nous donne un exemple encore plus satisfaisant.

Puissance monétaire des deux groupes


Ainsi que l'ai déjà expliqué,le crédit extérieur d'un pays,c'est à dire sa puissance d'achat à l'étranger a pour base essentielle le stock d'or dont il peut disposer.Eh bien:tous comptes balancés,et malgré l'accroissement de nos dépenses d'ordre extérieur,le stock d'or de la Banque de France ,qui n'était que de 3.976 millions de frcs à la fin du mois de juin 1914,s'élevait à 5.086 millions au commencement de janvier 1917,soit une augmentation nette de 1.110 millions de francs.
Pendant la même période la Banque d'Angleterre a augmenté son encaisse-or de 360 millions de frcs et la Banque de Roumanie,que nous devons placer dans le groupe des Nations alliées,a accru ses réserves d'or de 337 millions.
Au contraire,la Banque d'Italie et la Banque de Russie ont subi une diminution de 206 millions pour la première et de 367 millions pour la seconde.
Mais quand on fait le total des cinq nations alliées,qui se prêtent d'ailleurs un mutuel appui financier,on constate que le stock d'or de leurs banques d'émission qui n'était que 10.530 millions de frcs juin 1914,s'élevait à la somme totale de 11.764 millions à la fin de décembre dernier.
Je vous ferai observer en passant que la totalité de l'or constituant l'encaisse de toutes les banques d'émission du monde était à peine à la fin de juin 1914,de 21.364 millions de frcs.
Ainsi,malgré l'énormité de leurs dépenses d'ordre extérieur les réserves d'or visibles et disponibles des cinq grandes nations alliées sont à l'heure actuelle ,supérieures de 1.234 millions de frcs à ce qu'elles étaient avant la guerre.Une comparaison de cette situation,avec celle du groupe ennemi,vous intéressera sûrement.



A la fin de juin 1914 l'encaisse-or de la Banque de l'Empire allemand,la Reichsbank,comme on l'appelle ordinairement ,s'élevait à 1633 millions de frcs:l'encaisse de la Banque d'Autriche-Hongrie à 1.318 millions,celle de la Banque de Bulgarie à 56 millions,et enfin celle de la Banque Impériale Ottomane à 78 millions;soit au total pour,les quatre banques,3.085 millions,contre 10.530 millions pour les banques des cinq grandes Nations Alliées.
Vous connaissez les moyens violents auxquels les gouvernements Allemand et Austro-Hongrois se sont livrés pour faire verser à leur banque d'émission l'or existant dans leur pays,non seulement à titre de monnaies,mais aussi sous forme de bijoux et d'objets artistiques.
Grâce aux procédés coercitifs employés par l'autorité civile et militaire,l'encaisse-or de la Reichsbank
a augmenté ,de la fin de juin 1914 à la fin de décembre 1916,de 1.516 millions de frcs,mais nous n'avons pas la certitude que cette augmentation soit réelle car,par une loi du 4 août 1914,le Reichsbank a été autorisée à compter des espèces d'or,les obligations et les traites du Gouvernement impérial qu'elle reçoit contre des avances.
Il est donc parfaitement possible que les bilans de la Reichsbank soient falsifiés comme l'ont été les listes de pertes militaires,et les statistiques de la production agricole allemandes;mais même en admettant la vérité des bilans publiés,le stock d'or de la Reichsbank qui a absorbé depuis le commencement de la guerre l'encaisse des Banques d'Autriche,de Bulgarie et de Turquie ne présente qu'une augmentation de 64 millions de frcs,contre 1.234 millions en faveur des cinq Banques Alliées et le stock d'or total de nos ennemis n'atteignait à peine que 3.149 millions de frcs à la fin de l'année 1916 alors que les réserves visibles des cinq Banques Alliées s'élevaient à la somme formidable de 11.764 millions.
Et ce qui prouve bien que les neutres eux-mêmes n'ont pas une grande confiance dans la valeur des chiffres mis en ligne par les Allemands,c'est que le change de l'Allemagne sur les grands marchés neutres,c'est à dire la valeur du mark mesurée en monnaie américaine,hollandaise ou suisse,perd à l'heure actuelle près de 33% ,alors que la perte sur le franc se maintient aux environs de 13%.J'ajouterai ,à titre de simple renseignement,que la perte au change de la couronne autrichienne est supérieure à 50%.
En résumé,à la fin du mois de décembre 1916 le stock d'or visible et disponible du groupe austro-allemand s'élevait à peine au chiffre de 3.149 millions de frcs,alors que le stock d'or visible et disponible des banques des cinq grandes Nations Alliées atteignait le total formidable de 11.764 millions.
Ce simple rapprochement donne une idée très précise de la puissance financière respective des deux groupes et permet de conserver une confiance absolue dans l'issue de la guerre.

VI

Conclusions-La France après la guerre

Le groupe des Nations Alliées a donc les moyens financiers de poursuivre la lutte contre les Empires du Centre jusqu'à la victoire finale.Il nous reste maintenant à examiner rapidement comment la France pourra se relever des pertes que la guerre lui aura causées.
On s'imagine ,avec raison,que si nous sommes victorieux la solution du problème sera relativement aisée.Évidemment,si nous pouvons imposer à l'Allemagne,et à ses complices,une formidable indemnité de guerre,la liquidation de nos dettes s'en trouvera facilitée;mais il ne faut pas perdre de vue que,quoiqu'il advienne l'Allemagne et son groupe sortiront de la guerre complètement ruinés,et que les engagements qu'ils devront contracter à l'égard des Nations Alliées seront peut-être sans valeur pratique en vertu de ce vieux proverbe toujours vrai:"Là où il n'y a rien le roi perd ses droits".
En effet pour grouper les 85 milliards que l'Empire a déjà mis au jeu,le Dr Helfferich a dû soutirer les capitaux disponibles et toutes les réserves des particuliers,des caisses d'épargne et d'assurances,des banques,des établissements hypothécaires,etc....,et ces capitaux et réserves ont été convertis en papier d’État,n'ayant pour garantie qu'une masse d'autres titres sans valeur effective.
Mais la guerre n'est pas encore finie et on se demande avec inquiétude en Allemagne,sur qui pèsera,après la signature de la paix,la charge effroyable de cette dette.
Le Dr Helfferich,lors de la discussion du 2 eme emprunt de guerre allemand en février 1915,affirma que ce seraient les Nations Alliées qui auraient à supporter tout le poids des dépenses militaires de l'Empire:or,les propositions de paix que l'Allemagne vient de faire aux mêmes Nations Alliées nous portent à croire que les idées du Dr Helfferich,sur l'issue de la guerre,ne sont plus,au commencement de 1917,ce qu'elles étaient il y a deux années.
Il faut donc admettre-tout en exigeant des Empires du Centre la plus grosse indemnité de guerre possible-que notre cher pays ne pourra compter que sur lui-même pour cicatriser ses blessures de guerre,et pour reprendre la situation morale et matérielle qu'il occupait dans le monde avant l'ouverture des hostilités.
Lorsqu'en 1871 les Allemands vainqueurs nous imposèrent une rançon de 5 milliards,ils pensaient que nous mettrions de vingt à vingt cinq ans pour nous remettre de cette saignée.Dès l'année 1875 les Allemands comprirent qu'ils s'étaient trompés sur la puissance économique de la France,et ils auraient sans doute recommencé la guerre,sans l'opposition formelle du tsar Alexandre II.
Au point de vue financier,la France s'est donc très rapidement relevée de l'année terrible parce que les circonstances lui ont permis de mieux profiter que par le passé des avantages particuliers dont la nature l' a dotée.
Notre pays ne peut devenir un centre de grande industrie-comme le sont les Etats-Unis,l'Allemagne ou l'Angleterre-et cela tient à ce que le charbon ,les minerais et certaines grandes matières premières lui font défaut;mais il jouit d'un climat tempéré et possède des terres fertiles se prêtant à tous les genres de culture.Enfin,au point de vue industriel,il utilise à merveille les aptitudes artistiques de ses nationaux.
La France,qui se suffit presque à elle-même pour sa consommation alimentaire,fournit à l'univers entier ces articles de luxe que son génie invente,et c'est chez elle que tous les intellectuels du monde cherchent à faire consacrer leur talent.
Cela se traduit par des rentrées d'or et pour vous montrer la force attractive de notre pays,il me suffira de vous rappeler qu'au début de la guerre notre Banque de France en possédait pour 3.976 millions de frcs qu'elle s'est empressée de mettre au service de l’État.
C'était une somme énorme mais elle aurait été insuffisante si le public,qui possédait,de son coté,une quantité d'or à peu près équivalente à l'encaisse or de la Banque de France,n'était venu spontanément mettre son métal précieux à la disposition de la Défense Nationale en l'échangeant contre des billets de banque.

Les versements que le public français a ainsi effectués du 1 er aout 1914 au 31 décembre 1916,ont atteint 2 milliards de francs et c'est grâce à ces apports,et aux liquidations de valeurs étrangères dont je vous parlerai tout à l'heure,que le Gouvernement a pu payer ses achats en Angleterre et dans les pays neutres,et gager les emprunts qu'il a dû contracter au dehors.
D'ailleurs ,du 1 er janvier 1903 au 31 juillet 1914,le solde de la balance extérieure de la France-c'est à dire la différence entre ses recettes et ses dépenses de même nature-s'est traduit par un excédent en sa faveur ,de plus de 25 milliards de frcs,qui sont entrés dans la poche des français sous forme de 4.700 millions de métal or et de 20.300 millions de frcs environ de valeurs mobilières et de fonds d’États étrangers.
Sur les 4.700 millions de francs d'or 1.274 millions ont été employés par l’orfèvrerie et la bijouterie,et le surplus a été converti en monnaie ou versé à la Banque de France.
Les 20.300 millions de valeurs étrangères nouvelles ont servi à augmenter les revenus du portefeuille français et notre Gouvernement les emplois aujourd'hui pour se faire ouvrir des crédits sur les marchés neutres.
Dans ces dernières années,la fortune publique s'est considérablement développée sur tous les points du globe,et vous savez,que ce développement a augmenté dans des proportions énormes,les relations financières et commerciales entre l'Europe et les pays d'outre-mer récemment enrichis.
La France a été la première à bénéficier de ce grand phénomène économique parce que,indépendamment de ses souvenirs historiques,de ses beautés artistiques et des agréments variés que ses visiteurs savent trouver chez elle,sa position géographique,au seuil de l'Europe et son climat
tempéré,donnent tout naturellement le prétexte aux voyageurs étrangers d'y venir en toutes saisons,de s'y arrêter et d'y faire de nombreux achats.
C'est cet ensemble de choses uniques au monde-que les allemands n'emporteront pas dans leur prochaine retraite-qui s'ajoutent aux facultés de travail de nos nationaux,constituent les principaux éléments de notre puissance financière et amènent ,à larges flots,l'or étranger sur notre territoire.
Avec la paix victorieuse,la France plus fortement trempée que par le passé,délivrée de l'oppression allemande,et mieux en possession de tous ses moyens d'action,la France deviendra la plus grande France:et c'est surtout à vous,à votre courage et à votre patriotisme que nous devrons ce grandiose résultat.


Pour aller plus loin

          Résumé des services_Vue 30



Léon Say sur Wikipédia ,député de la première circonscription de Pau.
Et une  longue notice biographique dans le dictionnaire Annuaire et Album Basses-Pyrénées.Ouvrage disponible à la bibliothèque des AD 64
Archives départementales Pau ;livre ,section bibliothèque historique,cote BIB U1351
Archives départementales Pôle de Bayonne;livre,fond professionnel AD,cote BIB FPMB15






Pierre Mathieu-Bodet sur Wikipédia


De Kurt Heining ,le prix des guerres
Wenn die soldaten...
Traduit de l'allemand par L.Jumel

N° d'édition :8715
Dépôt légal:1 er trimestre 1962-9484