mardi 28 novembre 2017

Concession des frais de passage de cultivateurs européens engagés pour les Antilles Françaises.

Concession des frais de passage de Cultivateurs européens aux Colonies

 L'orthographe de l'époque a été respectée

Pau,le 6 décembre 1845

Le Maitre des Requêtes au Conseil d’État,Préfet des 
Basses-Pyrénées,Officier de l'ordre Royal de la Légion-d'Honneur

A Messieurs les Maires du Département
MONSIEUR LE MAIRE

Dans le but de se livrer aux essais de travail libre à faire dans les Colonies,une loi du 19 juillet 1845 a alloué à M.le Ministre de la marine,un crédit de 120.000fr. destiné à favoriser l'introduction de cultivateurs européens à la Martinique et à la Guadeloupe.
Il a été décidé ,quant à présent,que les encouragemens à accorder à ces émigrations auraient lieu exclusivement par voie d'allocation des frais de passage pour le départ,et,s'il a lieu,pour le rapatriement,allocation payable entre les mains du colon avec lequel seront passés les contrats d'engagements et de transport.
M.le Ministre de la marine a fait établir pour être communiquée à tous les intéressés,une note que j'ai fait réimprimer à la suite de cette lettre;elle fait connaitre les formalités auxquelles il a dû subordonner ces sortes de concessions.
Je vous invite,Monsieur le Maire,à donner la plus grande publicité à ce document,et à seconder,autant qu'il pourra prétendre de vous,les vues du Gouvernement.
Agréez,Monsieur le Maire,l'assurance de ma considération très-distinguée.

Jules AZEVEDO

Conditions auxquelles peuvent être accordés les frais de passage des travailleurs européens engagés pour les Antilles Françaises.


Le Ministre de la Marine et des Colonies a arrêté les dispositions suivantes pour l'application de l'article 1.er de la loi du 19 juillet ,qui met à la disposition du Gouvernement,sur les exercices 1845 et 1846,une somme de 120.000 fr.destinée à favoriser l'introduction de travailleurs libres aux Antilles Françaises.
Les frais de passage des ouvriers cultivateurs,seuls ou accompagnés de leurs femmes et de leurs enfans,seront accordés à bord des navires du commerce,à raison de 300 fr. pour les individus adultes,et de 200 fr.pour les enfants,lorsqu'il existera un contrat d'engagement (authentique ou sous seing privé) entre le travailleur européen et un planteur des Colonies.Ce contrat signé,c'est le planteur ou son fondé de pouvoirs qui devra demander au Gouvernement la concession de passage et qui en touchera le prix;c'est,par conséquent,avec l'un ou l'autre que le travailleur qui voudra se rendre aux Colonies doit se mettre en rapport.A cet effet,il doit s'adresser aux planteurs ou à leurs correspondants,soit directement,soit en employant l'intermédiaire de MM.les délégués des Colonies résidant à Paris.L'allocation des frais de passage sera accordée aux colons contractans par décision du Ministre,après examen de l'engagement qui lui sera communiqué,et le payement aura lieu lorsque le départ aura été constaté par l'administration maritime du port d'embarquement.
Les dispositions qui précèdent seront exclusivement applicables aux engagements contractés pour le travail rural ou pour celui des usines coloniales,à la Martinique et à la Guadeloupe.
Les frais de passage pour le retour des travailleurs en France seront alloués de la mème manière,quand les administrations coloniales,après avoir apprécié les causes de la rupture de l'engagement,reconnaitront que le rapatriement est dû.
Le département de la Marine se réserve d'envoyer lui-même aux Colonies des travailleurs engagés directement pour le compte de l'administration.Les conditions de ces engagemens seront incessamment fixées par des dispositions particulières.

Source:
Recueil des actes administratifs du département des Basses-Pyrénées
Année 1845
Pages 297 et 298
Collection personnelle

samedi 25 novembre 2017

Vitesse limitée à 12 kilomètres à l'heure sur le territoire de la commune de Bidart

Vitesse limitée à 12 kilomètres à l'heure sur le territoire de la commune de  Bidart (Basses-Pyrénées)


2 juillet 1911
Le Conseil municipal
Considérant que les habitants de la commune de Bidart se plaignent de la vitesse excessive des automobiles;
que durant l'été le passage des autos est vraiment considérable;

que ces voitures se croisent à toute minute,soulevant une poussière nuageuse qui empêche de voir l'arrivée subite d'autres véhicules;
que plusieurs accidents se sont déjà produits;qu'un grand nombre de chiens et de têtes de volailles ont été tués par ces autos;
que les routes présentent de nombreux tournants brusques et dangereux,à pentes rapides;
que les routes sont journellement fréquentées par les enfants des écoles,ce qui cause beaucoup d'inquiétudes aux parents.,
Décide que la vitesse maximum des automobiles et de tout véhicule à traction mécanique sur le territoire de Bidart sera de douze kilomètres à l'heure.
Fait et délibéré le 2 juillet 1911


Source:
E Dépôt Bidart 1 D 9
Trouvaille partagée de Nathalie Rebena,assistante qualifiée de conservation aux Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques,annexe de Bayonne.
39 Avenue Duvergier de Hauranne,
64100 Bayonne

jeudi 23 novembre 2017

Lignes télégraphiques et téléphoniques.- Bris d'isolateurs

Lignes télégraphiques et téléphoniques.- Bris d'isolateurs


Pau,le 23 juin 1914

Le Préfet des Basses-Pyrénées,
à Messieurs les Sous-Préfets,Maires et Instituteurs du département

M.le Directeur des Postes me signale les bris d'isolateurs de plus en plus nombreux,qui se commettent sur les lignes télégraphiques et téléphoniques situées sur route.
Ces dégâts,commis le plus souvent par des enfants qui lancent des pierres sur les dits objets,ne sont pas sans gêner considérablement le service des transmissions.
D'autre part,la remise en état des lignes entraine des dépenses relativement élevées tant pour le remplacement du matériel brisé  que pour les déplacements du personnel ouvrier envoyé sur les lieux.
En présence de cette situation,je vous prie de bien vouloir bien appeler l'attention de vos administrés et des enfants fréquentant les écoles sur les conséquences graves qui peuvent résulter de la destruction du matériel télégraphique ou téléphonique de l’État,en insistant d'une façon spéciale sur les peines très sévères auxquelles s'exposent les délinquants ou leurs parents responsables.
(Décret-loi du 27 décembre 1851,articles 2 et 3)

Le Préfet,COGGIA
Source:
Recueil des actes administratifs de la préfecture des Basses-Pyrénées
Année 1914
Page 168
Collection personnelle

mardi 14 novembre 2017

En ligne sur le site internet des Archives départementales de l'Indre la fiche matricule militaire d'Etienne Balsan

Etienne Balsan promoteur d'un terrain de sport équestre et d'un lotissement  quartier Beyris à Bayonne est né à Paris dans le 8 e arrondissement,le 11 février 1878.Son père un riche fabricant de draps a été un homme politique domicilié à Châteauroux .

La fiche matricule militaire militaire d'Etienne Balsan qui est en ligne sur le site internet des Archives départementales de l'Indre
nous apprend qu'il a été "détaché au centre d'aviation de Bayonne le 29/7/1917".

 Le parcours militaire d’Étienne Balsan avant la Première Guerre mondiale

Engagé volontaire pour 3 ans le 12 novembre 1898 à la mairie de Châteauroux pour le 90 e Régiment d'Infanterie avec faculté d'envoi en congé après un an de service conformément à la loi du 11 juillet 1892.

Arrivé au corps le 12 novembre 1898.Soldat de 2 e classe
Caporal le 20 septembre 1899
Envoyé en disponibilité le 20 septembre 1899
Devant le colonel commandant le Recrutement de la Seine le 27 décembre 1900 a déclaré renoncer au bénéfice de la dispense qu'il a obtenu du conseil de révision comme étudiant en droit en vertu de l'article 23 de la loi du 15 juillet 1889 pour accomplir trois années de services dans les mêmes conditions que les jeunes gens inscrits sur la 1 ere partie de la liste de recrutement.
Incorporé au 5 e Régiment de chasseurs d'Afrique à compter du 27 décembre 1900.Arrivé au corps le 1 décembre 1900.Cavalier de 2 e classe.
Brigadier le 18 juillet 1901.
Campagne en Algérie du 30 décembre 1900 au 18 octobre 901
Passé au 10 e Régiment de chasseurs à cheval en date du 18 octobre 1901.
Maréchal  des logis le 20 septembre 1902
Passé dans la Réserve le 12 décembre 1902

Le parcours militaire d’Étienne Balsan pendant la Première Guerre mondiale

Arrivé au corps le 3 août 1914
Affecté comme interprète à la mission française auprès de l'armée anglaise en date du 27 décembre 1914.
Passé au 1 er groupe d'aviation le 12 janvier 1916
Parti à l'école de Châteauroux le 30 janvier 1916
Passé à l’école d'aviation d’Étampes le 23 mars 1916
Avord
Parti à Cazaux le 4 octobre 1916
Détaché au centre d'aviation de Bayonne _Complément du blog;base d'hydravions à Blancpignon_
le 29 juillet 1917
Passé au 3 e groupe d'aviation le 9 juin 1918
Campagnes contre l'Allemagne du 3 août 1914 au 5 février 1919

Pour consulter en ligne la fiche matricule militaire d’Étienne Balsan 

2 vues

Châteauroux - 1898 - R 2362 : Matricules numéro 1001-1500
Numéro matricule 1295 _Classe de mobilisation 1897_
Vues 426 et 427 /715 
Capture écran des Archives départementales de l'Indre_Registres matricules militaires 1898























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Réutilisation des données publiques aux Archives départementales de l'Indre


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Base d'hydravions de Bayonne (Blancpignon)

Changement de dénomination de l'esplanade Balsan à Bayonne

Conseil municipal de Bayonne ;séance du jeudi 6 avril 2017
Rapport N°51 Toponymie _Dénomination d'un lieu (Y.UGALDE)_
Séquence vidéo:05:26:00

Articles du blog consacrés à Étienne Balsan

Divers documents relatifs au quartier Beyris ;1938 -1943
Transcription de l'acte de décès de Etienne Fulcrand Balsan  
Balsan contre Jacob à propos de la propriété de Brindos à Anglet  
Le domaine de Brindos (Anglet) et la villa Belza (Biarritz)  

vendredi 10 novembre 2017

Quelle visibilité des modifications horaires des salles de recherches de Pau et de Bayonne des AD 64?

L'exercice 2017 se caractérise pour les Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques par des modifications à répétition des horaires  des salles de recherches de Pau et de Bayonne.La raison?Une "situation temporaire des effectifs" qui traine depuis plusieurs mois et dont la durée n'est pas encore précisée à ce jour.
La dernière modification remonte au 9 novembre et concerne seulement la salle de lecture de Bayonne :
Mardi  21 novembre :

ouverture au public de 15 h à 17h 15 au lieu de 13h30 à 17h15.
Vendredi 24 novembre :

fermeture avancée à 12h30 au lieu de 17h15
Vendredi 1 er décembre :

fermeture avancée à 12h30 au lieu de 17h15.

D'une manière générale,l'information sur place est bien faite:affichages,rappels relayés oralement  par le personnel des Archives départementales.Parfois,un courriel est adressé aux lecteurs.En revanche, l'information conjoncturelle sur le site internet des AD 64 est franchement bancale.Les modifications horaires sont uniquement portées à la connaissance des internautes qui ont la curiosité de consulter la partie institutionnelle du site internet des AD 64.
La partie institutionnelle des AD 64 accessible depuis l'adresse:http://archives.le64.fr/accueil.html









Pour accéder aux actualités des AD64,en haut à droite du bandeau 
de la partie institutionnelle ,cliquez sur le bouton ACTUALITÉS

http://archives.le64.fr/articles/actualites/salle-de-lecture-de-bayonne.html



















 Il serait vivement souhaitable d'intégrer sur earchives.le64.fr
les modifications apportées aux horaires des salles de recherches de Pau et de Bayonne .Cette partie du site , est nettement plus consultée que la partie institutionnelle.
Capture d'écran http://earchives.le64.fr/

Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques
Cité administrative
Boulevard Tourasse
64000 Pau
Tél. : 05 59 84 97 60

archives@le64.fr

Pôle d'archives de Bayonne et du Pays basque
39 avenue Duvergier de Hauranne
64100 Bayonne
Tél. : 05 59 03 93 93

arch-bay@le64.fr


samedi 4 novembre 2017

Internement à Pampelune et Saragosse de prisonniers allemands provenant du Cameroun

En 1916 et 1917,des civils et des militaires  en provenance du Cameroun alors colonie allemande,ont été internés à Pampelune et Saragosse.


Google maps_données cartographiques  2017

Oloron-Ste-Marie le 9 mai 1916
Le Sous-Préfet d'Oloron
à Monsieur le Préfet des Basses-Pyrénées

Je suis informé et j'ai l'honneur de vous faire connaître à toutes fins utiles,qu'un contingent important de soldats allemands,réfugiés en Guinée espagnole,ont été transférés à Pampelune et à Saragosse


Hendaye le 18 mai 1916
Le Commissaire spécial de Hendaye
à Monsieur le Préfet des Basses-Pyrénées
Renseignements sur les Allemands internés à Pampelune


En réponse à votre demande de renseignements en date du 11 courant,j'ai l'honneur de vous rendre compte qu'il existe en effet à Pampelune un groupe de prisonniers et réfugiés allemands venus du Cameroun.Leur arrivée dans cette ville,il y a une quinzaine de jours,s'est effectuée sans incidents notables.
Il est à remarquer cependant que la population,en majeure partie carliste et germanophile,leur a fait un accueil cordial.L’évêque de Pampelune s'était rendu à la gare pour leur souhaiter la bienvenue,et il a pris dans sa voiture le chef du détachement.

Le groupe comprend:
12 officiers-1 commandant chef de détachement-2 capitaines-9 lieutenants et s/lieutenants (active et réserve)
157 sous-officiers,caporaux et soldats
70 civils:ingénieurs,architectes,commerçants,colons etc.

Les officiers et civils ,logés dans les divers hôtels de Pampelune,paient eux-mêmes leurs frais de séjour;ils ont traité à raison de 12 francs par jour,à condition qu'à l'occasion des fêtes de la San Fermin qui amènent à Pampelune une affluence considérable,les prix consentis restent les mêmes.
Quelques patrons ou garçons d'hôtel qui se refusaient à recevoir ou servir ces nouveaux pensionnaires ont été mis en demeure de s’exécuter;les garçons récalcitrants ont été remplacés par un personnel allemand venu de Barcelone.
Les 157 hommes de troupe touchent du gouvernement espagnol,pour compte du gouvernement allemand,un franc par jour comme indemnité de vivres,750 grammes de pain et un prêt individuel et journalier de 0.25 centimes.Ils sont logés et hébergés à la citadelle.
Le Gouverneur militaire de Pampelune et le chef de détachement allemand ont établi un règlement de police auquel sont soumis civils et militaires.Ils doivent ,par exemple,répondre chaque jours à divers appels-rejoindre leur campement à dix heures du soir-circuler dans un périmètre n'excédant pas TROIS kilomètres.
Pour l'instant aucun d'eux ne travaille,mais les médecins,ingénieurs et architectes chercheront à s'employer dès qu'ils se seront familiarisés avec la langue espagnole.
Ils ont en ce moment de l'argent,car,lors de leur débarquement à Cadix,l'ambassade allemande leur fit remettre la solde de neuf mois d'arriéré.Les commerçants et colons qui avaient des fonds dans la Banque du Cameroun purent également rentrer en possession de leur argent.Tous font à Pampelune,au grand contentement de la population,de nombreux achats,sans marchander.
Les officiers sont très fêtes par les officiers espagnols;ils font l'éloge de l'armée espagnole,et de le garnison de Pampelune en particulier et de grandes conversations amicales s'engagent journellement dans les divers cafés de la ville.
En dehors de toute complicité de la part des autorités espagnoles,il sera difficile à ces divers éléments de se livrer à des actes hostiles à la cause des alliés,si on excepte la propagande intensive qu'ils feront près de la population de Pampelune.
Jusqu'à ce jour le gouvernement espagnol s'est montré décidé à réprimer tous abus qui pourraient être commis;on dit même que les villes éloignées du littoral ont été choisies à dessein comme lieux d'internement ;par ailleurs on ne doit pas s'étonner si des prisonniers ont été amenés à Pampelune,ville très proche de la frontière française,car Pampelune est une place forte possédant des bâtiments libres et propres à l'internement de nombreuses unités.
Aussitôt que j'aurai pu me les procurer je vous transmettrai tous renseignements sur les allemands internés à Zaragoza.
Le Commissaire spécial


Hendaye le 28 mai 1916
Le Commissaire spécial de Hendaye
à Monsieur le Préfet des Basses-Pyrénées
Les allemands réfugiés à internés à Saragosse (Suite à rapport du 11 mai 1916)


En réponse à votre demande de renseignements du 11 courant,et comme suite à mon rapport du 18 mai,j'ai l'honneur de vous rendre compte qu'il existe à Saragosse un groupe de prisonniers et réfugiés allemands venus du Cameroun.Leur arrivée dans la ville n'a donné lieu à aucun incident,et la population ne s'est livré à aucune manifestation.
Le groupe comprend approximativement:
30 officiers
150 sous-officiers et soldats
200 civils.
Le mode d'internement est à peu près le même qu'à Pampelune;les officiers et civils sont répartis dans les divers hôtels et pensions de famille de la ville-les soldats sont internés à l'hôpital militaire San Lazare.
Les officiers touchent leur solde habituelle;les sous-officiers et soldats sont payés à raison de 1.50 et de 1 fr. par jour.L'autorité militaire espagnole a créé une trésorerie spéciale pour les dépenses effectuées qui lui seront d'ailleurs remboursées par le Gouvernement allemand.
Le Gouverneur militaire de Saragosse et le Chef de détachement allemand ont établi un règlement de police pour militaires et civils;ces derniers sont considérés comme des réfugiés_pour changer de résidence et voyager,ils sont tenus d'en référer à l'autorité militaire espagnole compétent.
Les militaires sont soumis à peu de chose près aux mêmes règlements que les soldats espagnols.
Pour l'instant aucun d'eux ne travaille,mais les médecins,ingénieurs,architectes etc.chercheront à s'employer dès qu'ils seront familiarisés avec la langue espagnole.
Comme les allemands de Pampelune,ils ont en ce moment de l'argent,car,lors de leur débarquement à Cadix,le gouvernement allemand fit remettre aux militaires et fonctionnaires la solde de neuf mois d'arriéré;par ailleurs les commerçants et colons qui avaient des fonds dans la Banque du Cameroun purent rentrer en possession de leur argent,et l'un d'eux,dès son arrivée à Saragosse,aurait déposé à la Banque Hispano Américaine 500.000 francs.
On ignore les raisons qui ont amené le gouvernement espagnol à interner des allemands à Saragosse;il semble pourtant qu'on s'est appliqué à les éloigner du littoral pour rendre leur évasion plus difficile,et à cet effet d'autres groupes ont été amenés à Pampelune,Teruel,Alcala de Henares,Madrid.
Jusqu'à ce jour les allemands de Saragosse se sont montrés d'une parfaite correction;ils éludent toutes conversations sur la guerre avec les espagnols,civils et militaires;leurs relations avec les officiers espagnols sont rares,et ils paraissent devoir fusionner davantage avec l'élément civil,dans les cafés et au cercle Mercantil qui leur a ouvert ses salons.
L'université de Saragosse a mis à leur disposition sa bibliothèque et a ouvert pour eux des cours de langue espagnole.Les professeurs qui se sont offerts pour leur donner des leçons,sont:
M.M.Miral,doctor
Jimenez Soler,professeur de Philosophie et de Lettres
Lopez Diego Madrazo,professeur d'allemand à l'école de commerce
Moyo Barandiaman,professeur auxiliaire d'allemand à la meme école
Ramos Loscertales,professeur à la faculté de Lettres
Galindo,professeur de Philosophie et de Lettres
Gomez De Segura
Magno,et quelques autres.
Je ne connais pas les sentiments de ces professeurs à l'égard de notre pays,mais M.Barandiaran qui a voyagé et fait ses études en Allemagne où le surprit la guerre doit être nettement germanophile,et ses considérations pour les allemands réfugiés à Saragosse font croire à des sympathies véritables ;il s'est offert pour leur servir d'interprète partout et en toute circonstance.
Néanmoins en dehors de toute complicité de la part des autorités espagnoles il sera difficile à ces divers éléments de se livrer à des actes hostiles à la cause des alliés.
Le Commissaire Spécial

Mauléon,le 15 juillet 1916
Le Sous-Préfet de Mauléon
à Monsieur le Préfet des Basses-Pyrénées.


J'ai l'honneur de vous adresser ,ci-dessous,copie d'un rapport de M.l'Inspecteur de police de St-Jean-Pied-de-Port.
"Nous signalons à M.le Sous-Préfet de Mauléon le fait suivant qui nous semble d'un très grand intérêt pour sauvegarder notre défense nationale.
"Nous avons appris qu'il y à Pampelune (Espagne) des internés Allemands,provenant du Cameroun.
"Ces internés fort nombreux parait-il,quoiqu'il leur soit défendu de dépasser les limites de la ville de 3 kilomètres (décret du Gouverneur,Marquis de Palmerola,qui a déjà fait l'objet de plusieurs rapports de notre agent de Police Spéciale Jaureguiber)le dit décret cependant ratifié par ordonnance royale,ne serait pas du tout observé,car nombre de ces internés,la plupart (officiers) viennent en automobile jusqu'à ZUBIRI (petit pays situé à 10 ou 15 kilomètres au plus de notre frontière).
"Il y aurait lieu,il nous semble de rappeler au Gouvernement Espagnol,que ses règlements et décrets royaux sont bien mal observés !!......"



Mauléon le 11 aout 1916
Le Sous-Préfet de Mauléon
à Monsieur le Préfet des Basses-Pyrénées.


J'ai l'honneur de vous adresser,à toutes fins utiles,un rapport de l'agent de police auxiliaire JAUREGUIBER au sujet d'un interné allemand qui parcourraient en ce moment les communes de la frontière espagnole pour y acheter de la vieille ferraille.
Cet interné aurait expédié de Burgette un chargement de 5.000 kilos environ pour Pampelune.
Il y aurait intérêt à savoir dans quel but ce sujet allemand se procure ces matériaux et la destination qu'ils doivent avoir.
En ce qui me concerne,j'ai donné  à l'Inspecteur de police de St-Jean-Pied-de-Port des ordres en vue de me procurer tous renseignements utiles sur cette affaire.

Le Sous-Préfet

Centralisation de renseignements
N°28
Allemands aperçus à la frontière espagnole dans divers points de la région
Transmis à M.le Sous-Préfet de Mauléon à toutes fins utiles et sous toutes réserves à à Saint-Jean-Pied-de-Port,le 3 août 1916


1° Allemands auraient été vus à Valcarlos (Espagne) par intermittence et de préférence face Ondarolle (on parle de 3 officiers internés du Cameroun)

2° Allemands auraient été vus sur les montagnes d'Amaillor près Les Aldudes prenant des photographies et relevant plans sur terrain

3° D'une personne désirant garder l'anonymat:
Coup de force pourrait être tenté par un groupement d'Allemands qui auraient dernièrement acheté armes en quantité dans fabriques et chez armuriers.
Lieutenant commandant 142 e territorial également prévenu alla trouvé son chef direct capitaine commandant la place de St-Jean-Pied-de-Port et lieutenant de gendarmerie qui ne prirent nullement au sérieux ces renseignements.
Crois cependant de mon devoir,de vous les transmettre sous les plus expresses réserves,mais vous déclare,redoubler de vigilance,et vous demande de bien vouloir armer nous et nos agents pouvant dans un cas urgent et grave partir de nuit à n'importe quelle heure.On peut logiquement entre ces renseignements et ceux de la Sûreté générale au sujet d'un sous-marin porteur de médicaments plus que suspects un rapprochement.

4° Des allemands nous sont signalés ayant été vu à Altobiscar (hauteurs de Roncevaux) regardant longtemps avec des longues vues la frontière française (On parle toujours d'Allemands internés au Cameroun).

Conclusions

Attendu que ces renseignements provenant de sources différentes et qui ont été à nous confiés,sous le caractère de l'anonymat,quoiqu'ils soient démontrent que les Allemands pour la plupart officiers sont des internés du Cameroun à Pampelune a qui toute liberté est laissée de se promener.
Attendu qu'il y a nécessité de s'assurer d'une façon certaine si les internés allemands de Pampelune sortent comme ils veulent du camp en question.
Par ces motifs:
Proposons qu'une enquête soit faite très discrètement auprès de notre Consul Français qui pourra confirmer ou infirmer ces bruits qui méritent dans la période que nous traversons d 'être sévèrement contrôles.
Et de tout ce que dessus nous avons dressé le présent rapport de centralisation pour servir et valoir ce que de droit
L'Inspecteur de la Sûreté Générale
Commissariat spécial de St-Jean-Pied-de-Port
Vallat

Centralisation de renseignements
N°30
Allemands aperçus à la frontière Espagnol sur divers points de la Région
L'Inspecteur de la Sûreté Générale Vallat Édouard

à Mr le Sous-Préfet de Mauléon à toutes fins utiles et sous les plus expresses réserves

J'ai eu aujourd'hui confirmation de l'information que je vous ai donnée relative aux allées et venues d'Allemands aux alentours de notre région frontière.
Leur centre d'action doit être d'une façon à peu près certaine Elizondo.
Quatre de ces boches qui doivent avoir certainement rang d'officier ont été aperçus explorant les collines et montagnes avoisinant Elizondo.
Il faut retenir ceci surtout:
Ils ont été au sommet du Mont Hauza,situé tout près de la frontière,en face et à l'ouest de Banca.
Par son altitude 1304 mètres,cette montagne domine toute la région et a vue,non seulement sur la région avoisinante mais jusqu'à Bayonne et le Boucau..
Il paraîtrait que les 4 allemands déjà signalés tant à Valcarlos qu'à Roncevaux (hauteurs de Altobisca) seraient comme tout le fait supposer des internés du Cameroun qui jouiraient ainsi de beaucoup d'avantages entre autre celui de ne pas être soumis à l'appel ,comme leurs compatriotes.
Je vais m'efforcer de connaître si possible par un de mes informateurs secrets l'emploi du temps de ces louches personnages qui font de brusques apparitions sur différents points de notre région,mais il me semble que notre Consul à St Sébastien ou à Pampelune  serait à même de vous fournir toutes explications à ce sujet.
En effet c'est presque un acte inamical de la part de l'Espagne à notre égard que d'interner des militaires allemands si près de la frontière Française.
Enfin,je dois vous dire aussi que depuis quelques temps les carabiniers Espagnols sont d'une rigueur excessive dans la surveillance de l'importation des mulets en France.
Je ne m'explique cette rigueur que par la présence d'allemands près la frontière qui sûrement doivent allouer des gratifications aux carabiniers,pour entraver le commerce avec la France.
Et de tout ce que dessus nous avons dressé le présent rapport de centralisation pour servir et valoir ce que de droit.
Vallat

Hendaye,28 aout 1916
Deux officiers allemands du Cameroun,internés à Saragosse,seraient partis mardi dernier pour la France.
Un lieutenant,petit,blond,blessé à trois endroits de la main droite,le majeur complètement décharné,parlant mal le français.Un capitaine portant une cicatrice à la joue gauche.Ils se seraient rendus à Madrid en auto lundi dernier,appelés par le Gouverneur Général du Cameroun et en seraient revenus mardi toujours en auto,et se seraient dirigés sur la frontière française.On ne peut pas préciser le point.
Ces renseignements proviendraient de la maîtresse du lieutenant,une française,nommée Amélie Cxxxxxxxxx*_nom masqué par l'auteur de ce blog _,originaire d'Agen,qui attendait la nouvelle de l'arrivée à Berlin pour l'y rejoindre.On doit donner les noms et de nouveaux détails.

Bayonne le 12 mars 1917
Le Sous-Préfet de Bayonne
à Monsieur le Préfet


J'ai l'honneur de vous transmettre ci-joint,une lettre qui m'a été remise par Mr.le Sénateur Forsans et provenant du sieur Miguel Mendiboure demeurant à Pampelune.Ce dernier signale les agissements des allemands internés dans cette ville et qui en réalité se livreraient contre nous à un espionnage pour lequel ils trouveraient toute facilité.
J'estime avec Mr.Forsans qu'il conviendrait de faire part à M.le Ministre des Affaires Étrangères de la situation dont il s'agit.

Copie
6 mars 1917
Monsieur Forsans Sénateur Maire
Biarritz


On parle maintenant d'envoyer à Pampelune un autre convoi de 75 boches venant du Cameroun,ça fait que maintenant nous avons une affaire de 300 boches au moins,car tous les jours on voit des g......nouvelles excuser-moi l'expression car je trouve très drôle de la part du Gouvernement français,c'est qu'il ne fasse pas des réclamations pour les envoyer ailleurs,car tous ces internés qui sont ici font l'espionnage,ils ont deux autos,des motos,des bicyclettes,et ils sont tout le temps à courir d'un coté et de l'autre et les autorités ne font rien pour le leur défendre,quoique maintenant depuis le 1 er mars,ils sont obligés de rester en ville car avant ils habitaient les alentours,beaucoup d'entre eux et voyez comme ils se conforment aux lois militaires dimanche matin on a arrêté deux officiers dans un village qu'on appelle Larascana,montés en bicyclette à cinq heures du matin,c'est la route de France en passant par Burguete,on les a questionnés et eux de répondre qu'ils se promenaient,surement qu'ils ne diront jamais la vérité une jolie promenade,partir de Pampelune à deux heures du matin,sans permission,ce n'est pas la première fois qu'ils font des excursions de ce coté là j'en ai fait plusieurs fois la remarque à mon frère Jean Mendiboure car c'est honteux ce qu'ils font ici,ils devraient être comme des agneaux,mais pas du tout,ils se portent comme en pays conquis,que doivent-ils faire sur notre sol qu'ils souillent Ah!les pauvres g _mot illisible_
Je finis cette lettre car j'en aurais long à conter sur leurs faits et gestes et espérant qu'avant longtemps on terrassera cette bande d'assassins,voleurs etc..etc...pour délivrer de ce cauchemar le monde entier et nous puissions crier Vive le Droit et la Justice.
Veuillez agréer....

Signé:Michel Mendiboure

Source:
Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques
Site de Pau
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