samedi 22 février 2014

En remontant l'escalier du passé avec les élèves du collège de Bidache







































Texte intégral d'une brochure non datée, achetée auprès d'un bouquiniste.

Les maires de Bidache de 1793 à nos jours

A nos lecteurs

Cette brochure est le résultat d'un travail collectif des filles et garçons de notre collège.

Chacun a participé selon ses possibilités à la rédaction,à l'illustration,à la composition ou au tirage.

Tous nos renseignements ont été tirés des archives municipales de Bidache.

Nous avons entrepris ce travail avec de faibles moyens financiers et matériels afin d'occuper utilement nos élèves pendant les heures de travail manuel et dans l'espoir que les Bidachots et amis de Bidache aimeraient remonter avec nous l'escalier du passé.

Les deux francs,prix de notre brochure,nous permettront de moderniser notre équipement et de vous présenter des opuscules à l'impression plus soignée.
Sont actuellement en préparation:
-Bidache,ville indépendante et les Gramont
-Marchés,foires et fêtes
-L'enseignement à Bidache
-L'église de Bidache

Nous ne doutons pas que vous jugerez avec indulgence le travail de nos élèves_vos enfants_et que vous nous permettrez de conclure en empruntant sa devise au Chevalier de Béla:
Lehen hala
Orai hola
Gero ez jakin nola

J.G

A
Monsieur Vincent Pochelu
Maire de Bidache
Respectueux hommage
Les élèves du collège

Liste des maires

Révolution.
Antoine Duclercq
Henry Laplante ou Delaplante
Jean Savalette ou Sanglar
Jean Verno
Louis Despoueits

Consulat, Premier Empire.
Marin Samanos
Louis Despoueits
Jean Lauserail ou Lauseraille
Pierre Guiroy

Restauration et Monarchie de Juillet.
François Dabbadie
Antonin Dirrassen
Bernard Lapébie

Second Empire.
Lucien Dieudonné Picot 1855-1860
Jean Jacques Zéphirin Lapébie 1860-1869
Nicolas Philippe Vionnois 1869-1878

Epoque contemporaine.
Prosper Durruthy 1878-1884
Louis Larroquette 1884-1888
Pierre Jacques Bédora 1888-1892
Joseph Mendiondo 1892-1935
Arnaud Pochelu 1935-1945
Ernest Couture 1945-1947
Arnaud Pochelu 1947-1955
Vincent Pochelu 1955

La première municipalité

 - Élue le 20 mai 1790 -

Maire:Antoine Duclercq,notaire.
Procureur:Jean Savalette.
(Jean-Bertrand Sanglar) notaire.

Officiers municipaux.
Jean Baraii
Jean-Pierre Bidau
Vincent Garatin
Pierre Guiroy
Pierre Pétrissans

Notables.
Arnaud Bautèze
Joseph Bautèze
Jean Bedora
François Bérard chanoine
Louis Perret avocat
......Pétrissans
Jean Léon Sallenave chanoine
Martin Samanos médecin
Antoine Péant
Secrétaire-greffier
Arnaud Forgues

Antoine Duclercq

1790-1792

Notaire à Bayonne,il résidera à Bidache à partir de 1774.
Il sera élu maire par l'assemblée des citoyens actifs réunis en l'église Saint-Jacques ,le 20 mai 1790.
Sitôt élu il prête serment à la première Constitution écrite de notre pays _ celle de 1790_
"Je jure de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution du Royaume,d’être fidèle à la Nation,à la Loi et au Roi et de remplir avec zèle et impartialité les fonctions de mon office."
Nous connaissons son signalement;"Taille de 5 pieds,4 pouces,visage rond,cheveux châtains,yeux fendus,sourcils et barbe noire et grisailles,nez aquilin,bouche moyenne,menton rond."

Il décèdera à Bidache,maison de Barthe,en ville,le 22 ventôse An VI (1798),à l'âge de 78 ans.

Henry Laplante

1792-1793

Élu le 13 décembre 1792,il sera destitué pour incivisme en mai 1793 par le Directoire du district de Saint-Palais.

Pourtant,Henry Laplante,ancien juge à la Cour Souveraine de la Principauté de Bidache,s'était rallié au nouveau régime.

Le jour de son élection il a prêté serment à un régime qui,le 10 aout 1792 ne reconnait plus en fait,le Roi.

En voici les termes"Je jure de maintenir de tout mon pouvoir la liberté et l'égalité ou de mourir en les défendant et de bien et fidèlement remplir les fonctions de mon office"

Que s'est il passé?

La municipalité de Bidache a reçu une lettre de celle de Bardos,elle même avisée par celle de Cambo et lui annonçait que 20.000 soldats espagnols ont franchi la frontière à Sare.

Réunie à la mairie,la municipalité ,refuse de faire sonner l'alarme,et de faire partir sur le champ les gardes nationaux.

Quelles raisons sont invoquées?

"On ne saurait où envoyer les gardes nationaux et les fusils sont non seulement en mauvais état mais encore nous n'avons ici ni poudre ni balles......et il est dans tous les cas plus prudent d'en informer de suite les citoyens administrateurs du Directoire de Saint-Palais."

Une délégation composée des citoyens Despoueits,officier municipal,Péant,procureur de la commune et Perret juge de paix partit sur le champ pour Saint-Palais.
"Le résultat de cette députation a été l'arrestation du citoyen maire le lendemain dans son lit à quatre heures du matin sans considérer ses infirmités et son âge de 78 ans."

Le citoyen Laplante sera détenu à la maison d'arrêt de Saint-Palais pendant huit jours.

Il sera remis en liberté sur ordre du représentant du peuple des départements des Basses-Pyrénées,Hautes-Pyrénées et Landes.A son retour le citoyen maire réunira la Municipalité et le Conseil général de la commune et déclarera "qu'il vient d'essuyer un événement sensible et humiliant par l'effet sans doute d'un ennemi public et de la communauté dans laquelle il jette le trouble par le rapport des faits au moyen desquels il surprend la religion du Directoire de Saint-Palais...qu'il ne peut plus longtemps supporter l'humiliation qui l'accable et pour n’être plus exposé à de pareils événements il prie l'assemblée d'accepter sa démission."

Démissionnaire et révoqué Henry Laplante devra se présenter chaque jour à la mairie pour y faire sa déclaration de présence.H.Laplante ou Delaplante décèdera,en ville,le 12 octobre 1806.

Jean-Bertrand Sanglar

(dit Jean Savalette)

1793-1794

Procureur de la Commune dans la municipalité Duclercq,il remplace provisoirement Laplante,avant d’être confirmé dans ses fonctions de maire.
Nous n'avons retrouvé à son sujet que la déclaration suivante faite en l'An III,
"En Assemblée du Corps Municipal le citoyen Maire a dit que dans sa jeunesse ses parents lui firent prendre le nom de Savalette qui est celui de la maison natale et comme la loi du 6 fructidor porte qu'aucun citoyen ne pourra porter de nom ni de prénom autre que ceux exprimés dans son acte de naissance il déclare que son véritable nom de naissance est Jean Bertrand Sanglar."

A partir du jour de cette déclaration ,le nom de Sanglar remplace celui de Savalette sur les divers registres officiels.

Jean Verno

1795


Nommé  le 30 ventôse An III,il démissionnera le 23 germinal An III.Il ne sera donc maire que pendant 23 jours.

L’arrêté du Directoire de Mont-Bidouze (Saint-Palais)du 23 germinal An III nous donne les raisons de cette brusque démission.

Oui,la pétition du Citoyen Verno de la Commune de Bidache où il expose que se trouvant atteint de surdité,ayant la vue très courte et habitant continuellement à la campagne il se trouve dans l'impossibilité de remplir les fonctions de maire qui viennent de lui être confiées.

Le Directoire du District,oui l'agent national considérant que le bien du service exige que par rapport à la situation de la commune de Bidache,le Maire....jouisse des facultés physiques que nécessitent soit le service de l'hospice militaire,soit les autres fonctions de la municipalité;arrêté que le Citoyen Verno sera remplacé par le Citoyen Despoeits;charge le Citoyen Perret commissaire à ces fins nommé de l'installer et de recevoir son serment.

Jean Verno était né le 14 décembre 1740 à Bayonne.Son père était maître-perruquier.

Il vécut un grand nombre d'années en Espagne à Cadix,où il exerçait la profession de négociant.

Il fut expulsé au commencement des hostilités franco-espagnoles,en vertu d'une cédule de Charles IV.

Il débarqua à Marseille ,le 25 avril 1793.Nous avons retrouvé son itinéraire.Le 3 mai il est à Aix;le 6 à Nîmes;le 8 à Montpellier;le 9 à Pézénas;le 10 à Béziers et à Narbonne;le 11 à Carcassonne;le 14 à Toulouse;le 17 à Auch;le 19 à Pau.

Il séjourne à Bayonne jusqu'au 11 juillet ,à Bordeaux jusqu'au 2 octobre pour se fixer définitivement à Bidache le 11 pluviôse.

Il est évident que Charles IV d'Espagne ne pouvait tolérer dans son royaume celui qui deviendra Président de la Société populaire régénérée de Bidache et adressera des discours patriotiques aux Bidachots.
Nous avons retrouvé son signalement.
"Taille:5 pieds,2 pouces.Cheveux et sourcils châtains,yeux bleus,nez ordinaire,bouche moyenne,menton rond,front grand et large,visage ovale,corps effilé."

Jean décédera le 13 janvier 1806,maison Baron,section des Bordes.

Martin Samanos

1800-1802

Le préfet des Basses-Pyrénées nomme,le 27 floréal An 8 (1800),Martin Samanos,docteur en médecine,maire de Bidache.

Il le restera jusqu'au 6 Brumaire An 10 (1802).Démissionnaires il sera à cette date remplacé par Louis Despouets.

Le serment qu'il prêtera est bref:"Je promets fidélité à la Constitution de l'An VIII."Martin Samanos a déjà participé à la vie municipale de Bidache.En 1790,il est notable dans la municipalité Duclercq.
Le gouvernement de la République ayant installé un hôpital militaire au château de Bidache,Martin Samanos sera l'un des codirecteurs;l'autre étant Rocher -Lorière,officier de santé.Un extrait d'une délibération du Conseil Municipal en date du 7 aout 1791,que nous transcrivons ,nous apprend comment la médecine était dispensée à Bidache.
"Le Citoyen Samanos,docteur en médecine,qui est abonné par la commune depuis quelque temps est sollicité de se retirer à Bayonne,pour y exercer sa profession et qu'il est disposé à y déférer pour deux raisons..
La première ,que son abonnement de 500 livres par est insuffisant attendu la cherté des denrées;

La deuxième qu'il se pourrait que l'on vint par la suite à le remercier pour mettre à sa place un autre sujet par l'effet de la brigue et de la cabale."

Pour apaiser les inquiétudes du Docteur Samanos,le Conseil Municipal décide "une augmentation de 100 livres par an, indépendamment de ses visites qui seront réglées 3 sols en ville et 6 sols à la campagne."
Le 24 ventôse de l'An II de la République française une et indivisible la municipalité est invitée par le citoyen Caillavet agent national de Mont-Bidouze,à choisir et à nommer un agent pour l'exploitation du salpêtre.
Voici sa décision.
"La municipalité considérant que l'homme le plus propre soit par ses connaissances,soit par son désir de servir la chose publique est le citoyen Samanos,médecin,qui par son état ,doit connaitre la chimie et par conséquent le plus propre à Nive-Franche (St Jean Pied de Port),le nomme pour agent aux fins de se rendre à Nive-Franche pour y apprendre à lessiver les terres salpêtrées et à faire évaporer les lessives."

Martin Nicolas Samanos était né à Bayonne le 10 septembre 1767,d'un père médecin,originaire d'Urt.Il eut comme parrain de baptême son oncle paternel Martin Samanos prêtre et docteur en théologie.
Il s'était marié avec Catherine Eléonore Duclercq,fille du premier maire.
Il mourut le 22 mars 1828 à Bayonne en la maison n°12 sise rue Argenterie.
Conformément à son désir il sera inhumé à Bidache.

Jean Lauserail

1807-1809

Nommé le 6 juin 1807 par le préfet des Basses-Pyrénées,il sera installé le 16 juin après serment prêté en mains du sieur Despoueits,maire démissionnaire.

La gendarmerie impériale ayant quitté le canton de Bidache ,celui-ci devient le théâtre des délits les plus graves.

Le 10 janvier 1808,le maire est attaqué par deux individus.

Le rédacteur des registres municipaux intitulera,un peu hâtivement "tentative d'assassinat",ce qui se réduira à quelques cailloux lancés,évidemment avec une certaine vivacité.

Mais,laissons lui la parole car son écrit ne manque pas de pittoresque.

"Ayant été souper chez Monsieur Miremont,Curé,et se retirant vers les 9 heures dans l'intention de se convaincre si après la retraite les cabarets étaient tranquilles et passant entre le cimetière et les maisons de Fenouil et Espremont,ruelle entre deux,ayant dépassé ce point,il entendit quelqu'un dans cette ruelle,en sabots,courant vers lui et aussitôt ,un coup de pierre lui fut lancé,mais qu'il n'en fut pas atteint s'étant tourné du coté où il avait entendu courir.Il distingua à la clarté de la lune à une distance d'environ dix pas,son agresseur,lequel lui en lança deux autres si rapidement et avec tant de force que l'une l'atteignit sur la tête qui fut ensanglantée et lui enleva son chapeau, que l'autre succédant comme un éclair porta sur la poitrine,qu'alors s'apercevant que le but de l'assassin étant de le priver de la vie,il crut afin de la garantir devoir crier à l'assassin.Les cris répétés de toute sa force,éloignèrent de lui ce féroce meurtrier,aussitôt des voisins se présentèrent et il se réfugia chez Monsieur Péant,notaire impérial d'où il fut conduit chez Monsieur Lorière,officier de santé."
Jean Lauserail renoncera vite après à gouverner les Bidachots.

Pour en davantage:
CharnéGroupe composé de chercheurs bénévoles qui mettent gratuitement et en libre accès les données généalogiques.La seule réserve étant de ne pas publier sur internet sans vérification des données,afin d'éviter la propagation d'une erreur de lecture ou de saisie.

L'offre pédagogique des archives départementales des Pyrénées-Atlantiques

Les archives de la commune de Bidache consultables au Pôle de Bayonne et du Pays Basque
AD 64 sont antérieures à 1790: