mardi 10 septembre 2019

L'inventaire des archives (1790-1940) déposées par la commune de Bayonne aux AD64 est enfin en ligne !

L'inventaire des archives (1790-1940) déposées par la 

commune de Bayonne aux AD 64 est enfin en ligne !

 
Deux nouveautés qui ne manqueront pas de réjouir les généalogistes et chercheurs qui s’intéressent à l'histoire de Bayonne:
  • La mise en ligne sur le site internet des AD 64 de l'inventaire des archives (1790-1940) déposées par la commune de Bayonne.Les instruments de recherche des archives antérieures à 1790 et  postérieures à 1940 sont accessibles seulement en libre service dans la salle de lecture.
Les archives  sont consultables en salle de lecture du Pôle d'archives de Bayonne et du Pays basque.(AD 64) 39 avenue Duvergier de Hauranne. 64100 Bayonne. .
Ouverture de la salle de lecture :
du mardi au jeudi
8h45-12h30 / 13h30-17h15
Fermeture le lundi et le vendredi

A retenir

  • L'incendie du 31 décembre 1889 a détruit une partie des archives de la ville de Bayonne
  • La commune de Saint-Esprit rattachée à Bayonne en 1857,était avant cette date,la plus peuplée du département des Landes.

Capture d'écran e-archives SOMMAIRE DES FONDS

Chemin d'accès à l'inventaire des archives (1790-1940) déposées 

par la commune de Bayonne 

A droite,cliquez sur l'onglet SOMMAIRE DES FONDS 
Puis BAYONNE/ARCHIVES MODERNES

Dont  Listes nominatives des habitants 1886-1936
  • 1886 E DÉPÔT BAYONNE 1 F 4-1
  • 1886 E DÉPÔT BAYONNE 1 F 4-2
  • 1891 E DÉPÔT BAYONNE 1 F 5
  • 1896 E DÉPÔT BAYONNE 1 F 6
  • 1901 E DÉPÔT BAYONNE 1 F 7
  • 1906 E DÉPÔT BAYONNE 1 F 8-1
  • 1906 E DÉPÔT BAYONNE 1 F 8-2
  • 1911 E DÉPÔT BAYONNE 1 F 9
  • 1921 E DÉPÔT BAYONNE 1 F 10-1
  • 1921 E DÉPÔT BAYONNE 1 F 10-2
  • 1926 E DÉPÔT BAYONNE 1 F 11-1
  • 1926 E DÉPÔT BAYONNE 1 F 11-2
  • 1931 E DÉPÔT BAYONNE 1 F 12
  • 1936 E DÉPÔT BAYONNE 1 F 13
 Dont Tableaux de recensement de tous les jeunes gens
  • 1900 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 39
  • 1901 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 40
  • 1903 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 41
  • 1904 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 42
  • 1905 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 43
  • 1906 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 44
  • 1907 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 45
  • 1908 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 46
  • 1909 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 47
  • 1910 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 48
  • 1911 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 49
  • 1912 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 50
  • 1915 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 51
  • 1916 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 52
  • 1917 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 53
  • 1919 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 54
  • 1920 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 55
  • 1921 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 56
  • 1922 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 57
  • 1923 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 58
  • 1924 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 59
  • 1925 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 60
  • 1926 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 61
  • 1927 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 62
  • 1928 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 63
  • 1929 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 64
  • 1930 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 65
  • 1931 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 66
  • 1932 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 67
  • 1933 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 68
  • 1934 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 69
  • 1935 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 70
  • 1936 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 71
  • 1937 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 72
  • 1938 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 73
  • 1939 E DÉPÔT BAYONNE 1 H 74

dont



 Pour compléter vos recherches


lundi 9 septembre 2019

Evacuation de fonds de la Banque de France depuis des ports bretons vers Bayonne ,Oloron-Sainte-Marie,Auch

Les maigres archives de la succursale d'Oloron-Sainte-Marie de la Banque de France,déposées à Pau aux AD64,apportent quelques renseignements sur l'évacuation des espèces et des valeurs en juin 1940.


BANQUE DE FRANCE
CAISSE GÉNÉRALE

Paris le 17 juin 1941

NOTE pour OLORON-Ste-MARIE

La succursale de Bayonne nous informe qu'elle vous a transmis le 26 juin 1940:
                    112 sacs de billets venant de BREST,
                        6 sacoches d'espèces
                        1 colis de valeurs
qui avaient été évacués sur le chalutier"Hardi-les-Gars" et débarqués à Bayonne.
Nous vous serions obligés,en nous confirmant que vous avez bien reçu ces valeurs,de nous en indiquer la contre-valeur et si ce n'est fait de les prendre en charge.Vous voudrez bien également nous en détailler la décomposition.
Le Directeur

Banque de France OLORON Ste  MARIE le 23 juin 1941

Note pour la CAISSE GÉNÉRALE PARIS

En réponse à votre note du 17 juin,nous avons l'honneur de vous informer que la succursale de Bayonne nous a bien transmis les 23 et 24 juin 1940:
1°) 1 sac de billets anglais,américains et suisses;


2°)48 sacoches dont 40 de Livres anglaises en argent,
49 sacs de billets belges
1 sac du Service Bancaire étranger;(convoi de M.des Longchamps - Office des Changes)
 

3°) 6 sacoches espèces,
1 sac valeurs (Colis de Concarneau par le bateau "Hardi-les-Gars")
 

4°) 575 sacs de billets provenant :
a) de M.CLEMENT, Directeur de Strasbourg 96 sacs,
de M.CLEMENT, Directeur de Strasbourg 259 sacs;
b) probablement de Quimper par Concarneau par le bateau "Miss Marguerite" 108 sacs
c) de Brest par Concarneau par le bateau "Hardi-les-Gars" 112 sacs
 

Le tout a été transporté par ses soins à la succursale d'AUCH le 5 juillet 1940 par camions conformément aux instructions du Secrétariat Général.
Nous ne pouvons vous indiquer la contre-valeur par provenance du contenu des sacs de billets,nous ne sommes pas en possession que de prises en charges qui ne donnent pas ces renseignements,mais les bordereaux d'envoi soit des comptoirs expéditeurs ou de transit ont été remis à AUCH;en outre cette dernière succursale a été mise en possession de la liste des numéros des alphabets établis à Oloron.
Nous vous donnons ci-dessous la décomposition des 575 sacs:
1 sac de 15 paquets de 1.000 frs                                                         15.000Mfrs
79 sacs de 25 paquets de 1000 frs                                                 1.975.000 Mfrs
16 sacs de 25 paquets de 500 frs                                                      200.000 Mfrs
429 sacs de 50 paquets de 100 frs  (dont 236 sacs type "Sully")  2 145.000 Mfrs
50 sacs de 50 paquets de 50 francs                                                   125.000 Mfrs
                                                                                             Total 4.460.000 Mfrs
Le Chef de Bureau

Oloron-Sainte-Marie le 7 juillet 1940


Note pour le SECRÉTARIAT GÉNÉRAL
Conformément à vos instructions par téléphone du 4 juillet,nous avons l'honneur de vous confirmer que nous avons transporté à la Succursale d'AUCH le 5 juillet courant les colis suivants reçus de Bayonne les 23 et 24 juin:
575 sacs de billets (Réserve de M.le Gouverneur
(...)
Ce transport a été effectué les 5 et 6 juillet sous la conduite de M.DEMARQUAY*,Chef du Bureau d'Oloron à l'aide de 5 camions alors disponibles au Comptoir.
Nous devons toutefois vous signaler que le conducteur BARBARO ESTAQUIE *,sujet espagnol,qui a assuré l'évacuation de la Succursale d'AUXERRE,repliée à Oloron,a été l'auteur d'un accident ,qui parait etre sans gravité ,à la sortie de TARBES,vers 17 heures et demie;alors qu'il croisait de nombreux cyclistes,l'un de ceux-ci,sourd et âgé,en mettant pied à terre,aurait été blessé légèrement à la main par une poignée de la portière du camion et serait tombé la tête sur un pavé;il s'agit d'un sieur TOUJAS,9 rue du cimetière de la Cède à TARBES,Nous n'avons eu connaissance de ce fait à notre arrivée à AUCH vers 22 heures;nous nous trouvions alors dans un garage de la ville pour faire réparer les freins d'un autre camion,nous avions laissé le convoi poursuivre sa route vers AUCH en compagnie de CIALVADINI et de LECORNU,sapeurs de la BANQUE CENTRALE.A la suite de l'accident,la foule s'était amassée et menaçait de faire un mauvais parti au chauffeur qui présentait ses pièces d'identité aux gendarmes.Survenant opportunément ,CIALVADINI se fit connaitre de ceux-ci et attira leur attention sur l'importance du chargement qu'il convoyait;grâce à son calme et à sa présence d'esprit,il réussit à faire libérer rapidement le chauffeur,remit une somme de 50 frs pour faire transporter le blessé à l’hôpital et le camion put continuer sa route.
Le lendemain à notre passage à TARBES,nous nous sommes rendu à la Gendarmerie pour nous procurer des renseignements sur les suites possibles de l'accident.Il nous a été indiqué que l'état de santé de la victime ne semblait pas présenter un caractère de gravité,mais qu'il y avait lieu de faire quelque réserve en raison de son age;aucune plainte n'avait été encore déposée.
Le Chef de Bureau


Compléments du blog :
DEMARQUAY* Pierre né le 27 septembre 1888 à Flers (Somme)
BARBARO ESTAQUIE * Chauffeur aux Docks de l'Union Française à TROYES,conduisant en qualité de requis


Source:
Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques
Site de Pau
1 ETP 2 Article 17 Banque de France Succursale d'Oloron-Sainte-Marie




Banque de France

Allocations de recherche

Règlement des allocations de recherche -fichier pdf à télécharger

Source:la lettre du Centre Georges Chevrier (Bourgogne)- n° 77 - septembre 2019

vendredi 6 septembre 2019

Une autoroute dans les recherches généalogiques :le livret de famille

Des livrets de famille,on en trouve parfois, aux archives départementales,dans les brocantes ou auprès de bouquinistes.Ici,un livret de famille déniché dans la boutique de Gilbert Arragon à Bayonne ,et concernant un couple de la commune d'Athos-Aspis.
Les informations figurant sur les feuillets du livret,complétées le cas échéant, par quelques clics sur internet,permettent d'enrichir les connaissances relatives à une famille.
Livret de famille 1892 commune d'Athos-Aspis
 

Mariage 

du 26 novembre MIL HUIT CENT quatre vingt douze
Entre Laffitte Pierre
né le 18 juin 1862 à Athos-Aspis
arrondissement d'Orthez département des Basses-Pyrénées
profession de jardinier
Fils de Jean et de Anne Mongay mariés

Et Marie Campagne
née le 4 avril 1871 à Oraàs
arrondissement d'Orthez département des Basses-Pyrénées
domiciliée à  Oraàs
Fille de Campagne Pierre et Marie Agest

Contrat de mariage passé devant Me Cabannes le vingt trois novembre mil huit cent quatre vingt douze

Epoux

Laffitte Pierre
décédé le 17 juillet 1929 à 13h à Athos-Aspis

Enfants

1-Laffitte Jean Laurent 
né le 22 décembre 1893 à Athos-Aspis
Son acte de naissance en ligne  ATHOS-ASPIS_N_1893-1899
FRAD064018_2MIECB_R11_0290.jpg

Sa fiche matricule militaire en ligne  consultarchives.le64.fr 64 1R859 -2 vues
 

2-Laffitte Jean Baptiste né le 9 9bre _novembre_ 1896 à 5h matin à Athos-Aspis
Son acte de naissance en ligne  ATHOS-ASPIS_N_1893-1899
FRAD064018_2MIECB_R11_0302.jpg


Sa fiche matricule militaire en ligne  consultarchives.le64.fr 64 1R887
 

3-Laffitte Suzanne née le 12 janvier 1900 à Athos-Aspis

4-Laffitte Félix né le 1 er avril 1902 7h du soir à Athos-Aspis
décédé le 21 octobre 1902  à Athos-Aspis

5-Laffitte Léonie née le 22 decembre 1903 10h du soir  à Athos-Aspis
décédée le 11 novembre 1906  à Athos-Aspis

6-Laffitte Lucien né le 9 juillet 1905 à Athos-Aspis

7-Laffitte Madeleine Charlotte née le 14 juillet 1907 à Athos-Aspis
décédée le 24 novembre 1915  à Athos-Aspis

8-Laffitte Rosalie Jeanne née le 29 avril 1910 à Athos-Aspis
Décédée le 30 juillet 1912  à Athos-Aspis

Livret de famille 1892 commune d'Athos-Aspis

En salle de lecture des AD 64 à Pau 

se renseigner préalablement sur la communicabilité des documents

 

Articles du blog 

12 livrets de famille dans les archives de la commune d'Ostabat-Asme 

Les livrets de famille archivés par la commune de Bardos  

Inventaire des livrets de famille archivés par la commune de Saint-Palais

jeudi 5 septembre 2019

Une brève et nouvelle panne de l'ascenseur à Pau des AD 64

 Une brève et nouvelle panne de l'ascenseur  à Pau des AD 64


Début de la panne: courant de l'après-midi du mardi 3 septembre
Fin de la panne:début d'après-midi du mercredi 4 septembre
Note affichée brièvement à la porte d'entrée du site de Pau des AD 64


Note au public des archives

Les Archives départementales;site de Pau,informent leur public d'une nouvelle panne de l'unique ascenseur qui dessert les magasins d'archives.Les équipes de maintenance sont mobilisées mais aucune date effective de réparation n'est connue à ce jour.
Aussi,et ce jusqu'à nouvel ordre,la communication des documents sera réduite de la manière suivante:
suspension pour les documents conservés du 3e au 8 e étage
-pour les documents conservés au 2 e étage,réduction de la communication aux seuls documents dont la taille et le volume permettent d'emprunter l'escalier ( cela pour garantir la sécurité des personnes et le bon état des documents)

Nous vous prions de bien vouloir nous excuser pour ce dérangement et nous vous remercions d'avance pour votre compréhension.



Recommandation
Avant de vous déplacer vers le site de Pau des AD 64, il est vivement recommandé de  vous renseigner sur la communicabilité des documents.En effet,cette brève et nouvelle panne de l'ascenseur, n'a pas fait l'objet d'une alerte sur le site internet des AD 64 ou d'un envoi de courriel.
En revanche,je tiens à saluer le dévouement du personnel en salle de lecture .
Tél. : 05 59 84 97 60
Courriel:archives@le64.fr

Petit historique des pannes de l'ascenseur à Pau







vendredi 30 août 2019

Mariage


Mariage

Union légitime d’un homme et d’une femme.
Au point de vue moral, comme au point de vue social, le mariage a dû être entouré par la loi des garanties les plus sérieuses, et le Code civil dans ses articles 144 et suivants, énumère les qualités et conditions requises pour pouvoir contracter mariage.

L’homme avant 18 ans révolus, la femme avant 15 ans révolus ne peuvent contracter mariage.(C.C.,art.144.) Néanmoins, il est loisible au Président de la République d’accorder des dispenses d’âge pour des motifs graves.(C.C.,art145.)

Il n’y a pas de mariage lorsqu’il n’y a point de consentement.(C.C,art.146.).On ne peut contacter un second mariage avant la dissolution du premier(C.C.,art147.)

Le fils qui n’a pas atteint l’âge de 25 ans accomplis ; la fille qui n’a pas atteint l’âge de 21 ans accomplis, ne peuvent contracter mariage sans le consentement de leur père et mère : en cas de dissentiment, le consentement du père suffit.(C.C.?ART.148.) Si l’un des deux est mort,ou s’il est dans l’impossibilité de manifester sa volonté, le consentement de l’autre suffit.(C.C.art.149). Si le père et la mère sont morts,ou s'ils sont dans l’impossibilité de manifester leur volonté, les aïeuls et aïeules les remplacent ; s’il y a dissentiment entre l’aïeul et l’aïeule de la même ligne il suffit du consentement de l’aïeul ; s’il y a dissentiment entre les deux lignes,ce partage emportera consentement.(C.C,art.150)

Les enfants de famille ayant atteint la majorité fixée par l’article 148 sont tenus, avant de contracter mariage, de demander, par un acte respectueux et formel, le conseil de leur père et de leur mère, ou celui de leurs aïeuls et aïeules,lorsque leur père et leurs pères sont décédés ou dans l’impossibilité de manifester leur volonté.

Il pourra être, à défaut de consentement sur l’acte respectueux, passé outre, un mois après, après la célébration du mariage.(C.C.art.151 modifié par la loi du 20 juin 1896.)

S’il y a dissentiment entre des parents divorcés ou séparés de corps, le consentement de celui des deux époux au profit duquel le divorce ou la séparation a été prononcée et qui aura obtenu la garde de l’enfant suffira.(C.C.art152 modifié par la loi du 20 juin 1896)

L’enfant naturel qui n’a pas été reconnu et celui qui, après l’avoir été, a perdu ses pères et mère ou dont les pères et mères ne peuvent manifester leur volonté, ne pourra, avant l’âge de 21 ans révolus, se marier qu’après avoir obtenu le consentement d’un tuteur ad hoc qui lui sera nommé.(C.C.,art.159.
S’il y a ni père ni mère, ni aïeul ni aïeule, ou s’ils se trouvent tous dans l’impossibilité de manifester leur volonté, les fils ou fille mineures de 21 ans ne peuvent contracter mariage sans le consentement du conseil de famille.(C.C.,art.160.)

En ligne directe, le mariage est prohibé entre tous les ascendants et descendants légitimes ou naturels, et les alliés dans la même ligne.(C.C.,art.161)

En ligne collatérale, le mariage prohibé entre le frère et la sœur légitimes ou naturels et les alliés au même degré.(C.C.,art.162.)

Le mariage est encore prohibé entre l'oncle et  la nièce, la tante et le neveu.(C.C.,art.163.)
Néanmoins, il est loisible au Président de la République de lever, pour des causes graves, les prohibitions portées par l’article 162 au mariage entre beaux-frères et belles-sœurs, et par l’article 163 au mariage entre l'oncle et la nièce, la tante et  le neveu.(C.C.,art.164.,;loi du 16 avril 1832.)
 
Sont déclarés nuls des mariages contactés :
1° sans le consentement des époux ;
2° en  cas d’erreur sur la personne ;
3° si l’un des époux est déjà marié ;
4° quand le mariage a été fait sans publicité ;
5° entre parents devraient au degré prohibé.

Les sous-officiers, brigadiers et gendarmes ne peut se marier sans en avoir obtenu la permission du conseil d’admiration de la compagnie à laquelle ils appartiennent, approuvée par le chef de légion,. Indépendamment des garanties de moralité exigées en pareil cas, le conseil d’administration doit s’assurer que la future possède des ressources suffisantes pour ne pas être à la charge du militaire qui désire l’épouser.

Dans le cas où le conseil d'administration croit devoir refuser son consentement, il est tenu de faire connaître le motif de son refus au chef de  légion ou de corps, qui en réfère au Ministre.

Si le chef de légion ou de corps refuse son approbation, il est tenu d'en rendre compte au Ministre.
Une circulaire du 21 août 1854, rappelée par la note du 30 août 1860, explique que la quotité de la dot que doit apporter la jeune fille qui veut épouser un gendarme n’a pas été précisée par le décret, parce que cette dot peut varier suivant les localités, suivant les circonstances et suivant les espérances d’avenir ; mais elle prescrit au conseil d’administration de s’assurer, avant de délivrer la permission de mariage, que la future possède des ressources suffisantes pour ne pas être à la charge du militaire qui désire l’épouser.

Les pièces à fournir pour ces sortes de demandes sont  à peu près les mêmes dans toutes les légions ; et elles doivent faire ressortir clairement et véridiquement les ressources et l’honorabilité de la future et de sa famille et la convenance de l’union projetée.

Les gendarmes coloniaux, en congé en France, qui désirent se marier, doivent en demander  l’autorisation aux conseils d'administration des compagnies des départements dans lesquels il se trouve. Les conseils accordent ou refusent l’autorisation et rendent compte de leur décision au Ministre de la marine. Il n’est fait d’exception que pour les gendarmes coloniaux qui se trouvent dans les dépôts de Brest ou de Toulon ; l’autorisation de se marier est accordée à  ces militaires par les conseils d'administration de ces dépôts.(Circ.des 17 février 1866 et 28 mars 1883,et note min.du 21 octobre 1887.)

La date de célébration du mariage militaire de la gendarmerie doit être inscrite sur les contrôles (Circ.du 2 juin 1860.)

Il en est également fait inscription au folio mobile individuel et au folio de l’homme (Règlement du 10 juillet 1897,art 40.)

Les certificats constatant cette célébration sont transmis au Ministre par les chefs de  légion, du 1er au 5  de chaque mois.


Officiers

Les officiers de tout grade de la gendarmerie ne peuvent se  marier sans en avoir préalablement obtenu l’autorisation du général commandant le corps d'armée.(Circ.du 18 juillet 1887.)
Toute demande d’un officier de gendarmerie tendant à obtenir l’autorisation de se marier doit être transmise au général avec les pièces à l’appui par le chef de légion, qui fait connaître son avis motivé sur la moralité de la personne que l’officier se propose d’épouser, sur la constitution de la dot et sur la convenance de l’union projetée. Si la future n’habite pas dans la circonscription de la légion, le colonel prend ces renseignements près du chef de la légion où elle réside. Les conditions de dot sont les mêmes que celles qui sont exigées pour les officiers de l'armée. Un officier supérieur ou un capitaine peut être autorisé à épouser la fille d’un  officier de la Légion d’honneur, alors que cette même personne n’apporterait pas en dot le  revenu réglementaires de 1200 francs.(Décis.minist.du 17 juin 1847._V.la note minist.du 8 juillet 1892 relative aux déclarations d'apport dotal.).

Un arrêté ministériel en date du 26 juin 1888 autorise les officiers et assimilés dont la solde réglementaire est de 5000 francs. à se marier sans que leur future ait à justifier d’un apport dotal.

Les officiers qui viennent de se marier doivent transmettre au Ministre par la voie hiérarchique, dans le délai d’un mois, leur certificat de mariage et l’extrait du contrat.(Décis.du 19 avril 1844.)Ceux qui  se trouvent dans les conditions visées par l’arrêté du 26 juin 1888 sont dispensés d’envoyer l’extrait du contrat (Note minist.du 28 mai 1889.). Si le mariage n’a pas été célébré dans le délai de six mois, le titulaire devra en demander le renouvellement, s’il y a lieu, par la voie hiérarchique. (Circ.du 17 décembre 1843.). Les officiers en instance de retraite ne peuvent pas se marier sans autorisation.(Décis.minist.du 20 août 1872.)

Les officiers en retraite employés dans les services de l’armée  (loi du 13 mars 1875) sont tenus, lorsqu’ils veulent contracter mariage, de faire connaître à l’autorité militaire sous les ordres de laquelle ils sont placés, le nom et le domicile de la personne qu'ils veulent épouser ; et si l’alliance ne présente pas les conditions d’honorabilité désirables, l’autorité militaire peut demander que l’officier soit privé de son emploi.(Note minist.du 27 janvier 1876.) Il en est de même des officiers de réserve et de l’armée territoriale (Instr.du 28 décembre 1879.)

Les militaires qui auront  contacté mariage sans autorisation du Ministre encourront  la perte de leurs droits, tant pour eux que pour leurs veuves et leurs enfants, à toute pension ou récompense militaire. Les officiers pourront encourir la destitution.

La mission de recueillir des renseignements au sujet des mariages des officiers ne doit  jamais être confiée qu’à des officiers ou à des sous-officiers qui, par leur instruction, par leur éducation et par la connaissance qu’ils ont des localités où ils sont employées, offrent toutes les garanties voulues de réserve et  de discrétion..(Circ.minist du 25 juin 1863.)
 
Pièces à fournir pour contracter mariage :
1° les actes  de naissance des futurs époux, pour établir leur identité et afin de s’assurer qu’ils ont l’âge requis par la loi ;
2° les actes authentiques du consentement de leurs parents, quand eux-ci ne sont pas présents à la cérémonie, ou bien, en cas de non- consentement, les procès-verbaux ou copies des  actes respectueux qu'on leur a faits;
3° les actes  de décès des parents, quand ils sont morts ;
4° les certificats de non- imposition délivrés par les maires des communes où les publication ont eu lieu, ;
5° la mainlevée des oppositions au mariage s’il y en a eu, c’est-à-dire un acte qui annule cette opposition ;
6° la déclaration du notaire qui a reçu le contrat si l’on en a fait un ;
7° si le futur n'a pas 30 ans, un certificat constatant qu’il a satisfait à la loi du recrutement
8° les dispenses, si l'on en  sollicite ;
9° une permission si le futur est militaire.
(...)

Source:
Dictionnaire des connaissances générales utiles à la gendarmerie
par M.le Général Amade 
Ancien inspecteur général de gendarmerie,officier de la Légion d'Honneur,officier d'académie commandeur du Nichan-Iftikhar

et pour la partie administrative
par M.le Chef d'escadron Corsin

12 e édition
Paris
Henri Charles-Lavauzelle
Editeur militaire
118,Boulevard Saint-Germain,Rue Danton,10
(Meme maison à Limoges)
1899

Collection particulière (Bouquiniste Gilbert Arragon Bayonne)

Ouvrage également accessible  sur Gallica



mercredi 21 août 2019

Georges Despaux :du Parti Populaire Français de Bayonne au triangle rouge de déporté politique à Buchenwald

Georges Despaux :du Parti Populaire Français de Bayonne

au triangle rouge de déporté politique à Buchenwald


La renommée artistique de Georges Despaux est postérieure à son décès survenu le 19 décembre 1969 à Salies-de-Béarn.Depuis peu d'années,les dessins qu'il avait réalisés clandestinement à Buchenwald ont été exposés en divers lieux ,dont le Bureau d'information en France du Parlement européen (2016) et publiés dans des livres en 2006 et 2017.Le sens de la présentation de ces dessins au public,est de ne pas jamais oublier les horreurs d'un camp de concentration nazi.
La singularité de Despaux,est d'avoir partagé à Buchenwald les souffrances aux cotés de juifs,gaullistes,communistes et biens d'autres,contre qui, il avait été  en guerre avant d’être déporté.En effet,entre 1942 et 1943 il a été un collaborateur intermittent de L'Assaut, un hebdomadaire  régional, violent ,du Parti Populaire Français de Jacques Doriot.Un exemple parmi d'autres de la brutalité de ce journal;en réaction aux bombardements anglo-américains sur les villes françaises,l'édition du 17 avril 1943  suggérait "Les camps de concentration juifs ne pourraient-ils être installés aux points menacés par les bombardements?".
A son retour de déportation ,Georges Despaux a été inquiété par la Cour de Justice des Basses-Pyrénées.Son dossier d'instruction est librement  communicable ,aux Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques,en salle de lecture à Pau sous la cote:30W 42.
dont nous publions ci-après quelques extraits
  

Bayonne ,le 3 mai 1945

18e Région Militaire
Antenne de ST JEAN DE LUZ
Poste de Bayonne

Monsieur le Chef du Poste de Bayonne
à
Monsieur le Procureur de la République
BAYONNE


J'ai l'honneur de vous envoyer ci-joint une fiche de renseignement concernant Despaux Georges,rentré d'Allemagne le 2 mai 1945.
La rumeur publique accuse Despaux assez violemment et il est possible que certains lui fassent un mauvais parti.Il y aurait donc lieu de régler cette affaire légalement en faisant passer son affaire en justice par vos soins.(...)


Extraits d'une lettre  de Georges Despaux adressée 

à  Mr Hoebeke Léon

Bayonne 21 aout 1945

(...)Comme toi je suis rentré de Buchenwald assez mal en point,et d'autant plus que j'ai été arrêté ici à mon retour et suis toujours en prison,pour des accusations aussi ridicules que fausses...Il y a ici de ces comédies sous couvert de la justice,dont tu ne peux avoir idée.Comme les manœuvres politiques réclament des coupables  on les choisit parmi ceux dont le portefeuille est déficient ce qui est mon cas avec mes cinq gosses qui m'attendent à la maison.
Auschwitz,Buchenwald,la Résistance,tout ça est passé de mode et ne sert de rien.
Il vaut mieux ne pas continuer ce chapitre écœurant.
D'après ce que tu me dis ,je vois que pour ta part ,tu as encaissé aussi de bons coups.J'espère que tu vas vite te retaper au sein de ta famille et c'est avec le plus grand plaisir que je te verrai ,car je me rendrai certainement à Paris quand je serai libéré  d'ici j'aurai à faire éditer mon album de dessins sur Buchenwald et les délices nazis.

(...)


Hoebeke Léon est le co-fondateur de l’Amicale des Déportés Tatoués du 27 Avril 1944
Hoebeke Léon


7 janvier 1941: Gérant d'affaires juives

                                                   PV 3 Mai 1945 Déposition de Despaux
" c'est sur l'entremise de la Chambre de Commerce,que j'ai été en date du 7 janvier 1941,nommé par un gérant du sous-préfet Commissaire Gérant des affaires juives.
J'ai été chargé de m'occuper des affaires Hernera_Herrera?_de Saint-Esprit,et de Berhouete St André de Bayonne.
Je me suis occupé de ces deux affaires qui ont été liquidées.
N'ayant plus d'autres gérances,mon activité au sein des affaires juives s'est bornée à cela."

Sur cette période, les archives du tribunal de commerce de Bayonne sont quasiment inexistantes .Du moins aux AD 64.
Je n'ai pas encore effectué de recherches approfondies dans les éventuelles archives de la Sous-Préfecture de Bayonne relatives aux affaires juives susceptibles d’être conservées à Mont-de-Marsan aux AD 40.



Photographie de 11 militants en uniforme

Photographie non datée, prise depuis une petite terrasse en ville.En arrière plan,coté gauche ,on distingue une façade d'immeuble, claire, comprenant au moins 4 étages.
11 hommes en uniforme posent:
  • 6 hommes debout.Au dessus de leur tête,a été ajouté à la main sur le cliché,un numéro de 1 à 6.
  • 5 hommes accroupis,numérotés de 7 à 11
Le verso du cliché comporte les numéros et les noms associés,dont plusieurs renvoient à des militants PPF de la Cote Basque.Des recherches d'archives  sont actuellement entreprises  pour plusieurs d'entre eux.
Sur la photographie, Despaux est  associé au numéro 4.Il pose à la gauche du secrétaire de section de Bayonne du PPF.
Les hommes sur le cliché sont têtes nues.L'uniforme paramilitaire ,se compose notamment ,d'une chemise ,foncée pour 9 d'entre eux,cravate foncée,pattes d'épaule,ceinturon ,et un brassard porté bras gauche pour plusieurs d'entre-eux.Pas d'arme visible sur le cliché.


Le numéro 7 correspond à Lesgourgues,qui  sur le cliché porte  des galons.Ce bayonnais a été chef du Service d'Ordre de Bayonne  puis du Service d'Ordre fédéral du P.P.F..Son nom figure dans l'ouvrage  d'Olvier Pigoreau "Sanglante randonnée.Les français de la division "Brandebourg"et des formations de chasse SS._Éditeur :Histoire et Collections_ISBN 978-2-35250-266-1 .Une unité  allemande dédiée à la lutte contre les résistants isolés et maquis.Elle était composée de volontaires français,dont plusieurs militants du P.P.F.Ces volontaires ont été entraînés à Moumour puis aux Eaux Bonnes près d'Oloron-Sainte-Marie.
 

Despaux, militant du P.P.F.Bayonne 

ou agent de renseignement pour la Résistance?

Réquisitoire définitif
Bayonne,le 11 septembre 1945
Extraits
(...) En octobre 1942,il entre au P.P.F.Il y a rempli les fonctions de"délégué fédéral à l'information" ,et en cette qualité ,a signé dans l'Assaut les articles qu'on devine.
Il centralisait les renseignements de tous ordre recueillis par le P.P.F et tenait pour la région de Bayonne la liste et les dossiers des communistes et gaullistes notoires.En liaison directe avec le Service de l'Information P.P.F.central ,il s'est livré à une active propagande.L'agent de la résistance Hosteins,détaché au P.P.F affirme qu'il était en relation avec la SICHERHEITZ DIENTZ de Bayonne.D'ailleurs ,de multiples témoignages apportent la preuve que sa fréquentation assidue des cafés n'avait d'autre but que le mouchardage pour lequel il était redouté de ses concitoyens.
Enfin,d'après Hosteins,il aurait participé à des opérations de police conjointement avec la police allemande.
On doit noter que le 8 novembre 1943,il a adressé sa démission au bureau,tout en mentionnant qu'il continuerait ses missions de renseignements.
Il s'efforce ,pour sa défense ,de faire voir dans ce geste un changement de doctrine et prétend qu'en rapport avec un nommé Frager,fusillé à Buchenwald,il aurait espionné le P.P.F au profit de l'Intelligence Service.De fait,emprisonné pour trafic par les Allemands eux-mêmes.Il aurait été déporté et interné au Camp de Buchenwald jusqu'en mai 1945.Naturellement,aucune justification de ces faits ne figure au dossier.
En tout état de cause,il reconnaît avoir adhéré au P.P.F.avant d’être en rapport avec Frager.
Les plus mauvais renseignements sont recueillis sur son compte;il est mêlé à plusieurs affaires de vol,d'escroquerie et de trafic tous expédients qui lui permettait de vivre sans effort.Il a la charge de 5 enfants nés du premier lit de sa femme.Toutefois,il semble avoir aidé un réfractaire."



Compléments du blog Retours vers les Basses-Pyrénées
La première trace écrite de Despaux dans L'Assaut hebdomadaire régional du P.P.F est datée du 2 mai 1942.Son premier article,le 4 juillet 1942.

Les petites fiches cartonnées consultées en salle de lecture du SHD Caen mentionnent:
  • Motif résistance:War Office Groupe Paul (Guerchon)
  • A la rubrique "Dernière affectation militaire en France" Rien au 2 eme bureau


Henri Frager _Biographie détaillée sur Wikipedia

Musée de la Résistance en ligne


Henri Guerchon-Bailly_Fondation de la Résistance

 

Déposition Despaux Georges
23 aout 1945

(...)
Vous avez reconnu avoir appartenu au P.P.F d'où vous auriez démissionné en octobre 1943.Vous auriez eu au sein de ce parti une activité certaine et certains témoins ont déclaré que vous étiez en liaison directe avec le service de l'information du P.P.F de Paris.Vous auriez été également en liaison avec le S.D de Bayonne et chargé de rechercher les lieux de réunion clandestines et les milieux communistes.
Vous auriez participé avec la Gestapo à des opérations de police,de même vous écriviez dans le journal L'Assaut,organe du parti P.P.F.Sans nier avoir eu une certaine activité au P.P.F vous prétendez y avoir adhéré sur les conseils d'un certain Frager qui travaillait pour le deuxième bureau et avoir fourni à ce dernier des renseignements utiles à la Résistance.Vous prétendez avoir été arrêté pour cette activité clandestine par la Gestapo et avoir fait un an à Buchenwald d'où vous avez été libéré par les troupes américaines.
Vous avez prétendu avoir rencontré à nouveau Frager à Buchenwald qui vous aurait alors indiqué que c'était pour l'Intelligence Service qu'il travaillait.
Malheureusement vos dires n'ont pu être vérifiés Frager ayant été fusillé à Buchenwald le 5 octobre 1944.Toutefois il est établi que celui-ci ait appartenu à l'Intelligence Service.Des pièces versées au dossier semble ressortir que vous avez été déporté à titre politique.Par ailleurs vous êtes accusé par votre beau-frère le nommé Bxxx de l'avoir dénoncé à la Gestapo pour vol d'appareils de photos.
Bxxxx a fait douze jours de prison.L’enquête allemande aurait révélé que c'était vous l'auteur de ce vol.Bxxx prétend qu'un officier allemand de la Maison Blanche lui aurait déclaré que la dénonciation le visant était votre œuvre.Le témoin Rxxx Paulette confirme ces dires.Vous avez affirmé que tout ceci était faux et que c'était par hostilité envers vous qu'ils portaient cette accusation.L’enquête a en effet établi qu'une inimité ancienne et tenace vous divisait des membres de votre famille
.
Réponse:C'est exact


Despaux arrêté le 1 er février 1944 à Bayonne

pour quel motif

A l'issue de l'instruction de la Cour de Justice des Basses-Pyrénées ,les raisons de l'arrestation et de la déportation politique de Despaux demeurent obscures.Toutefois,deux éléments pris séparément ou combinés, pourraient expliquer l'arrestation du 1er février 1944
  • Affaires d'abus de confiance;appareils photos et sommes d'argent non restitués au détriment de français et de militaires allemands.2 jugements rendus coup sur coup le 3 février 1944 par le Tribunal de Grande Instance de Bayonne_Baudet syndic de faillite et veuve Barenot
  • Règlement de compte du P.P.F  et de la police allemande de Bayonne


24 octobre 1945
Audition de Mr Hoebeke  Léon,18 ans,directeur commercial domicilié à Le Raincy (93)

"Despaux Georges faisait partie de mon convoi qui a quitté Compiègne le 27 avril 1944 pour Auschwitz puis Buchenwald.C'est là que je l'ai connu et lui ai parlé pour la première fois.Il faisait des portraits au crayon,des caricatures (....).
J'ignore pourquoi il a été arrêté par les Allemands.
(...)
Comme parmi nous,déportés,il y avait en grande partie des communistes,des raciaux,des travailleurs pour l'Allemagne,des "droits communs" mais très peu de vrais résistants ayant appartenu à un service secret,nous nous méfions les uns des autres du fait que parmi nous il y avait des traites.Nous bavardions donc rarement sur les vrais motifs de notre arrestation."

(...)

Déposition 21 novembre 1945
Rouy Emile 45 ans métallurgiste aux forges de l'Adour au Boucau

J'ai connu DESPEAUX au fort du Ha lorsqu'il a été incarcéré.Je me trouvais déjà détenu lorsqu'il est arrivé.J'étais dans la même catégorie que lui_carte rouge_délit politique.
DESPEAUX nous avait raconté que le motif de son arrestation était le suivant.Il était mécanicien réparateur d'appareils photographiques et bien qu'il soit interdit de trafiquer sur ces appareils pendant la guerre il était entré en relation avec un monsieur de La Rochelle pour vendre et acheter des appareils.
Comme il craignait d'éveiller des soupçons dans les lettres quand ils parlait d'appareils photographiques ils employaient pour en parler l'expression "marchandise ou camelote".Les allemands s'étaient imaginer qu'il s'agissait de trafic d'armes.Ils ont fait une perquisition chez lui et ils l'ont arrêté.
Il m'avait dit également qu'il appartenait au parti P.P.F qu'il en avait donné sa démission et que c'était peut être ce parti à la suite de sa démission qui l'avait fait partir pour empêcher de parler.


Déposition 26 octobre 1945 Yxxxx Bxxxx
Un mois avant environ que Despaux ne soit envoyé par les Allemands en Allemagne pour vols d'appareils photographiques,il avait dénoncé Hostein au G.A du P.P.F. comme agent de la Résistance,il avait fourni des renseignements précis sur l'activité qu'avait pu avoir Hostein.
Tout avait été organisé pour descendre Hostein mais je fus prévenu à temps et je réussis par l'intermédiaire d'une tierce personne  que je ne peux pas nommer aujourd'hui parce qu'elle travaille  encore dans un service de renseignements,faire détourner les soupçons pesant sur Hosteins sur une autre personne.
Par la suite Hostein a pu se rattraper et l'affaire n'a pas eu de suites pour lui.
Despaux a été envoyé en Allemagne dans les circonstances suivantes:
Un officier allemand lui avait remis une caméra à vendre,Despaux avait vendu l'appareil à un autre officier allemand à Pau,mais il avait gardé l'argent pour lui et ne put le restituer à l'officier qui lui avait porté l'appareil pour la vente.
En plus de cela,à la suite de l'affaire d'Hosteins il était discrédité au P.P.F.,en outre il s'était livré à quelques escroqueries à l'égard de certains P.P.F notamment Cxxxxx et Pxxxx.C'est à la suite de cela que le P.P.F et le S.D ont été d'accord pour le faire partir en Allemagne
.
CONFRONTATION Bxxxx/DESPAUX
Nous donnons connaissance à l'inculpé de la déposition de M.Bxxxx
L'inculpé déclare:je proteste énergiquement contre les déclarations du témoin.Tout ceci est faux.J'affirme n'avoir fait jamais quoi que ce soit contre Hosteins,et si j'ai été déporté en Allemagne ce n'est nullement pour une question d'appareil photographique.


Le témoin déclare:Je maintiens intégralement mes déclarations.

18 septembre (?) 1945 Déposition de Lxxxx Pxxxx détenu à la Villa Chagrin
Vers 1943,un mois a peu près avant son départ en Allemagne,Despaux était venu me trouver ,il m'avait déclaré qu'il avait des ennuis avec les allemands et la Justice Française au sujet d'appareils photographique.Je n'ai jamais su exactement de quoi il s'agissait,j'ai cru comprendre  toutefois que Despaux qui faisait la réparation d'appareil photographique avait vendu des appareils appartenant à des allemands et n'avait pu ni restituer l'argent ni les appareils.Despaux m'a expliqué qu'il ne voulait pas que le Parti pu être entaché par des poursuites exercées contre lui et qu'il préférait donner sa démission..Je l'ai revu quelques jours plus tard,et comme il craignait de partir en Allemagne ,je lui ai demandé s'il ne pensait pas pouvoir éviter ce départ en revenant au Parti.Il me répondit qu'il ne voulait pas et qu'il adviendrait ce qui pourrait.Je n'ai pas eu l'impression que le départ de Despaux en Allemagne ai eu des raisons politiques;j'ignore s'il a été suspect à certains de nos camarades,mais personnellement je n'ai aucun doute sur son attitude.


Interrogatoire de Georges Despaux
02 juin 1945

(...) je donnais ma démission du P.P.F,le 2 octobre 1943 avec le prétexte que j'allais être traduit en justice pour une somme que je ne pouvais rembourser.
Une partie de cette somme ayant été employée à payer divers frais devait m'etre par Henri Frager que je ne puis joindre à temps.Malgré mes efforts et la garantie en appareils photo et cinéma que j'offris,bien supérieure à la somme due ,je fus traduis en Correctionnelle.
Ne pouvant donner la vraie explication qui m'aurait fait arrêter immédiatement par les allemands,je ne pus me défendre n'y prendre d'avocat.Je fis bien d'ailleurs car à l' audience se trouvait Lesgourgues du P.P.F avec deux agents de la Gestapo et je sentais la cabane montée contre moi.Je fus condamné à 6 mois de prison avec sursis.
Quelques temps après,vers le 25 ou 26 janvier 1944,je fus convoqué à la Villa "Mont Carmel" route de Biarritz.(...)
Le lendemain ou le surlendemain je reçus chez moi une nouvelle convocation  pour le 1 er février au matin.
Je m'y rendis et fus accusé d'un tas de choses:complicité de trafic d'armes,de passages clandestins en Espagne,d'avoir caché des réfractaires,d'avoir employé de l'argent contre les allemands.Je fus questionné et battu toute la journée (...).Je fus incarcéré à la "Villa Chagrin" le 1 er février 1944.J'y restais jusqu'au 5 mars et fus transféré au Fort du Ha à Bordeaux.De là à Compiègne du 1 er au 24 avril .Un convoi d'environ 2.000 hommes fut formé dont je fis partie et fus envoyé à Auschwitz (Pologne). C’était un convoi de représailles destiné à être exterminé.Nous fumes très mal traités et tatoués pour passer au four crématoire.Au dernier moment nous fumes sauvés par des menaces de représailles du Gouvernement Anglais.
On nous envoya à Buchenwald où nous souffrîmes les pires tortures et avons été délivrés le 11 avril 1945 par les Américains,encore une fois in extrémis."


Conclusion

La déportation à Buchenwald et le fait que Despaux  avait la charge de 5 enfants, ont sans aucun doute influencé la décision de la Cour de Justice des Basses-Pyrénées.Laquelle a soigneusement ignoré le contenu de ses articles publiés sous le nom de plume Hilh de Gay dans l'Assaut hebdomadaire régional du P.P.F.
Article associé du blog Retours vers les Basses-Pyrénées:
HILH DE GAY nom de plume de Georges Despaux dans l'Assaut (1942-1943) journal du P.P.F.

Sources


Parlement Européen
Bureau de liaison en France
Exposition « Une mémoire contre l’oubli » - portraits réalisés à Buchenwald en 1944 -1945 par le rescapé Georges Despaux

Georges Despaux à Buchenwald - Des dessins pour l’histoire Éditions Cairn
ISBN : 9782350685557 112 pages
Prix de vente 29€
Ouvrage publié sous la direction de Laurent Jalabert, avec la participation de Philippe Chareyre, Sabine Forero-Mendoza  de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour et Henrik Vanmolkot.



Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques
AD 64 Pau 1089 W Art 13
AD 64 Pau 77 W Art .94 Préfecture: camps d'internement
AD 64 Pau 30W Art 42 Cour de justice des Basses-Pyrénées.DESPAUX

AD 64 Pau 1257 W Art 9 Cour d'Appel de Pau _N°236 Arrêt du 6 décembre 1945
AD 64 Bayonne 1027 W art.256 Tribunal de Grande Instance de Bayonne_Audience du 3 février 1944,2 jugements_Baudet syndic de faillite et veuve Barenot
AD 64 Bayonne 3 Q5 Art 1441 Enregistrement de Bayonne
7 juin 1943-10 octobre 1944
AD 64 Bayonne 1378 W Art 160 Tribunal de Grande Instance de Bayonne _Résumés  dactylographiés après jugement et appel du 12 février 1944_N°318_ Baudet et dame Barenot
AD 64 Bayonne 1763 W Tribunal de Grande Instance de Bayonne.Registre des audiences correctionnelles.Audiences du 3 février 1944.
AD 64 Bayonne 1338 W Art 70 Maison d’Arrêt de Bayonne_Parloirs octobre,novembre 1945

Pour en savoir davantage 

Le site internet de l'association française Buchenwald Dora et Kommandos et sa rubrique lectures

 
Arolsen Archives_5748546 Georges Despaux
16 images dont une photographie d'identité

 

Remerciements 

Cette recherche doit beaucoup à une personne qui souhaite conserver l'anonymat.Qu'il me soit permis de la remercier encore du fond du cœur.

HILH DE GAY nom de plume de Georges Despaux dans l'Assaut (1942-1943) journal du P.P.F.


Entre 1942 et 1943,Georges Despaux ,a rédigé plusieurs articles  pour L'Assaut,un hebdomadaire régional du Parti Populaire Français de Jacques Doriot.

Photo extraite du blog alimenté par les travaux des élèves de 3° du collège Jacques Prévert de Bourg sur Gironde, avec leur professeur M. Jurie.


L'Assaut,a été un hebdomadaire imprimé à Bordeaux et diffusé dans les département de Charente, Charente -maritime,Gironde,Landes,et Basses-Pyrénées limitées à la Côte Basque.Le premier numéro est daté du dimanche 15 septembre 1940,et le dernier , du samedi 19 août 1944.Un titre qui a vécu le temps de l'occupation allemande.
La pagination variait de la feuille recto-verso à quatre pages.
Les articles s’enfonçaient dans une idolâtrie à Jacques Doriot ,un soutient au Maréchal Pétain et aux Allemands,une violence inouïe à l'encontre des juifs, une opposition aux gaullistes, communistes, Anglais,Américains et Russes etc.


Les écrits de Despaux dans l'Assaut, apparaissent sous trois formes :
  • Une Lettre de lecteur ,dont les détails ne laissent pas de place au doute quant à l'identité du rédacteur,L'Assaut N° 77 du 2 mai 1942.
  • Un article,publié en page 1 sous son nom propre L'Assaut N° 95 du 12 septembre 1942
  • Les articles signés sous son nom de plume HILH DE GAY :
L'Assaut N° 86 du 4 juillet 1942
L'Assaut N° 94 du 5 septembre 1942
L'Assaut N°101 du 31 octobre 1942
Interruption de publication de l'Assaut durant le mois de  novembre 1942
L'Assaut N°102 du 5 décembre 1942
L'Assaut N° 107 du 16 janvier 1943
L'Assaut N° 115 du 20 mars 1943
L'Assaut N° 116 du 27 mars 1943
L'Assaut N° 118 du10 avril 1943
L'Assaut N° 123 du 15 mai 1943
L'Assaut N° 124 du 22 mai 1943
L'Assaut N° 130 du 3 juillet 1943
L'Assaut N° 131 du 10 juillet 1943
L'Assaut N° 132 du 17 juillet 1943
L'Assaut N° 138 du 11 septembre 1943
L'Assaut N°139 du18 septembre 1943
L'Assaut N° 142 du 9 octobre 1943


On ne peut pas exclure la possibilité d'autres articles écrits par Despaux et publiés anonymement par l'Assaut.Je laisse aux spécialistes le soin de confirmer ou d'invalider cette hypothèse.


Despaux a été  sensible aux difficultés du ravitaillement dans la mesure où son activité professionnelle,artisan réparateur d'appareils photos,ne semble pas avoir été florissante et  qu'il avait quatre enfants ,en bas âge,à charge.


Collection privée

L'Assaut

N°77 Samedi 2 mai 1942

L'assaut des Basses-Pyrénées (Page 4)

Comment on encourage la famille

Nous recevons d'un de nos amis la lettre suivante:
"Travaillant à Paris,dans une usine,je me suis fiancé  avec une femme divorcée ayant deux enfants à charge,et ai subvenu à leurs besoins sans avoir droit à aucun secours.J'ai eu un enfant avec elle que j'ai reconnu ,mais je n'ai pas eu droit à la prime de la première naissance puisque pas marié à ce moment .
En juin 1940,évacué,je suis rentré à Bayonne avec mes trois enfants et me suis marié en octobre 1940 et établi comme artisan dans cette ville.
Le 1 er avril 1942,je viens d'avoir un autre enfant,je n'ai pas davantage droit à la prime de la première naissance parce que j'ai un enfant avant celui-là.
Je n'ai pas eu droit davantage à aucun secours d'allaitement ni de couches.
J'ai déclaré mon enfant au médecin de l'état civil qui,par l'entremise de sa bonne et sans me voir,a délivré les papiers nécessaires (Docteur Garat)
De précédentes démarches à la mairie m'avaient valu l'assurance d'un bon de charbon à la naissance de mon enfant.Il m'a été refusé le 2 avril ,la distribution ayant cessé le 1 er avril ,parait-il.
J'ai touché le mois dernier,70 francs d'allocations familiales pour le mois de mars 1941,soit:
Allocation:270 fr.,cotisations du trimestre :200fr.Reste 70fr.
Pour l'année en retard ,pas question pour le moment,on attend des instructions.
J'ai quatre enfants à ma charge et suis bien content d'avoir touché ces 70 francs de l'année dernière.J'ai lu beaucoup de discours et vois tous les jours de belles promesses et des pensées bien profondes pour la famille.
Je tiens tous documents et preuves à l'appui à la disposition de qui que ce soit au sujet de ceci,ainsi qu'une cargaison de coups de pied quelque part que je me chargerai de distribuer un jour à qui de droit avec les intérêts d'usage.
C'est le cas ou jamais d'appliquer ici les Directives du Maréchal sur la famille,et non de susciter des difficultés qui frisent le sabotage."

Complément du blog Retours vers les Basses-Pyrénées
Georges Maximilien Despaux s'est marié à Bayonne le 8 octobre 1940 avec une femme divorcée.
Archives départementales des P-A. Site de Bayonne.Mariages Bayonne 1940 Cote 4 E Article 102-254 Acte N°181.

Naissance à Bayonne le 1 er avril 1942 d'une enfant nommée Despaux
Archives départementales des P-A Site de Bayonne Naissances Bayonne 4E art.102.247 Acte N°149

L'Assaut

N°86 Samedi 4 juillet 1942

L'assaut des Basses-Pyrénées (Page 4)

Tout va très bien,Madame la Marquise (Air connu) .Quelques jours après la magnifique journée des Mères dont tout le monde se félicite (quelques discours,affiches,etc....,de plus) il convient de reconnaître qu'une ère nouvelle commence pour la France.
Regardons autour de nous,tout s'organise,les queues disparaissent,les gens ont stabilisé leur ligne,les commerçants redeviennent polis avec les Français,etc,etc.
Mon épicier n'a rien dans sa boutique,mais on se croirait au confessionnal,les gens entrent,susurrent deux mots à son oreille,et,hop....mine de rien.Pour vous seulement,300 francs.A la prochaine.Et,tout d'un coup,un grand coup de gueule:"Non madame,la margarine de février n'est pas encore arrivée".
Au bistro,rien à boire,si ce n'est des mixtures à faire trembler un cobaye,et qui prouveront aux générations à venir combien nous avons la vie dure..A moins que vous ne désiriez un verre de vin du pays (12 au litre),à 8 francs.Au prix où est le sulfate de cuivre,n'est ce pas?.
Mais tout cela est fait pour l'avenir de notre race.La France était une "Bistrocratie". Aujourd'hui,c'est changé.On sort tous les jours des affiches de plus en plus grandes:Faites des enfants!La famille est la base de la société!Faites du sport!
On dépense des millions pour faire des stades.Mes gosses n'ont plus rien à se mettre aux pieds,car,à l'école on joue au football.Le dimanche,quatre mille sportifs s'écrasent pour voir un match de rugby,et leurs moutards savent mieux les performances de tel cycliste que la date de la bataille de Bouvines.
Il est vrai que réussir dans la vie,le tout est de tomber sur l'occasion.
Que dire de l'Administration?Après tant de compressions,d'interdiction de cumuls,et de suppression d'emplois,avez-vous jamais tant vu de fonctionnaires,de bureaux,de comités,de tampons et de papiers,de flics et de contrôleurs,de tickets et de cartes?Vraiment on est gâté,gâté!
Et ce beau truc!Tout le monde à la terre!Il y en a tellement,que c'est à croire qu'ils bouffent tout.Allez faire un tour aux Halles ,on se croirait chez un marchand de paniers en gros.
Je sais bien que des mauvaises langues diront que sur 100 paysans,il y en a 99 qui sont loin de s'imaginer les réactions chimiques ou autres d'une poignée d'engrais dans le sol,mais d'administration a compensé cela en taxant les produits à un prix tel que les imprudents qui se risquent au marché comprennent du premier coup.
Et puis c'est toujours pour le sport.Songez à tous ces Bayonnais qu'on ne pouvait sortir des arceaux,et,qui maintenant,connaissent les environs jusqu'aux fermes les plus reculées.
Je termine mon article plein d'optimisme pour la France de demain.Telle qu'elle s'annonce ,si ça dure,elle sera belle,vraiment belle et forte,comme la bastonnade qu'elle se prépare.
HILH DE GAY

L'Assaut

N°94  Samedi 5 septembre  1942 

 Page 1

 Retour à la terre

Le Maréchal a préconisé le retour à la terre.L'idée est magnifique en théorie.
De tous temps,les poètes ont chanté la nature,les médecins,les vertus de l'air pur et les ministres,les mamelles de la France.
Au point de vue qui nous intéresse,la terre est la portion du sol cultivée par les paysans.
Le paysan par définition ,est un être qui ne connaît pas son métier,à de très rares exceptions près.On naît paysan,quelquefois on le reste,mais,comme tout le monde le sait,on peut aussi le devenir d'un seul coup.C'est le seul métier en France qui ne demande pas d'apprentissage,la preuve en est qu'on trouve tous les jours des gens qui achètent des propriétés,à coup de millions et contient l'exploitation du sol à des gens qui sont bien loin de savoir les réactions chimiques ou autres d'une poignée d'engrais dans le soleil,mais qui ont, si ça ne réussit pas des alibis avec la lune,le soleil,le brouillard,la grêle et tous les météores.
Pour faire un cordonnier,un horloger,un électricien,n'importe quoi,enfin,il faut faire un apprentissage,apprendre à connaître et façonner les matériaux pour livrer un travail propre et sérieux.
Pour faire un paysan,point n'est besoin de tout cela .Il suffit de savoir que la terre se trouve sous les pieds,qu'on met autant que possible  les racines d'un chou en terre plutôt que les feuilles,les bœufs avant la charrue et que si les pommes sont véreuses,les gens des villes les mangent quand même.
Les paysans parvenus à maturité ajoutent à ce bagage la connaissance des lunaisons favorables aux semis ou à la procréation des bestiaux,quelques recettes d'emplâtres pour les entorses et l'adresse de celui qui vous obtient en un rien de temps le Mérite agricole.
De tous temps le paysan a été considéré comme un être taillable et corvéable à merci,le réservoir de l'infanterie et celui des voix électorales.
Aujourd'hui,vu la raréfaction des bons matières,l'ouvrier des villes qui vit son triomphe en 36 avec allocations familiales,congés payés et tout,et tout,est supplanté par le paysan.
C'est à celui qu'on vient passer la main dans le dos,because restrictions,ceinture,marché noir et tickets.
"Tout le monde à la terre !!!"On revoit le geste auguste du semeur ,des miches de pain blanc sur les affiches,on joue la Symphonie Pastorale,et de vieux birbes moustachus et barbus vous sortent des statistiques telles que si ça continue,on fera comme au Brésil ,on se chauffera cet hiver avec du blé!!!
Quelle est la réaction du paysan devant tout cela?Il commence à trouver pour la première fois dans son histoire que le métier a du bon.Il n'a jamais été tant peloté de sa vie.
Le Ravitaillement,pour lui éviter toute fatigue,taxe ses produits de façon à le dégoûter de se rendre au marché et aussi les gens et aussi les gens viennent à domicile et payent mieux.Les quatre pattes de son cochon valent plus que le cochon tout entier et les œufs font 100 fr. la douzaine dans le pays où les Parisiens ont loué jusqu'aux greniers et gardent ses vaches en shorts et en maillots de bain.
Le Gouvernement troque du pinard contre du cuivre pour les sulfatages et mande les gosses avec les instituteurs à la chasse au doryphore;on en a déjà les allocations familiales et on parle de congés payés.
L'ordre du Maréchal a été entendu,et le paysan français,conscient de la grandeur de son rôle,de sa valeur,sera la base de la Révolution Nationale qui fera la France de demain
HILH DE GAY

Note de la Rédaction.
Au moment de mettre sous presse,on nous avertit que le correspondant qui nous a envoyé cet article est complètement fou.Nous nous en excusons et tacherons de faire mieux la prochaine fois.Pas d'histoires;nous sommes en période électorale_oh,pardon!de Révolution nationale._Nous ferons réparer le vase et qu'on n'en parle plus.

L'Assaut

N°95 Samedi 12 septembre 1942 

Page 1

 ILS ONT TOUT OUBLIÉ

"Français ,vous avez la mémoire courte..."a dit le Maréchal.
Cette parole immense tinte comme un lancinant reproche où se mêle un grand désespoir.
Comme la tache doit paraître surhumaine à cet homme qui se trouve,à chaque pas devant le mur d'incompréhension de ce ramassis de gens,que tant de siècles de civilisation n’ont pu dégrossir.
Ce sont d'ailleurs les mêmes ce sont-là qui,fiers de leur crasse démocratique,levaient le poing en 36,qu'on retrouve aujourd'hui ,tournicotant le bouton de la radio gaulliste,colportant les bobards,plaignant les juifs et regrettant le temps des combines parlementaires et des orateurs de Moscou,sous l’œil de l'Intelligence Service.
Ils ont tout oublié,beaucoup même ne se sont pas rendu compte qu'ils étaient le jouet,le tremplin et la proie des plus ignobles calculs.
Comme autrefois,c'est de l'étranger qu'ils attendent les ordres,de ceux-là même qui les ont trahis,abandonnés,et ils persévèrent dans les mêmes errements qui nous ont conduits à une défaite sans précédent.
Ils ont tout oublié....dans remonter bien loin;ils ne savent plus que nous avons perdu la guerre,que 1.200.000 Français captifs,pleins de jeunesse et de force;ont les yeux anxieusement tournés vers eux,et que 200.000 autres doivent se tourner et retourner dans leurs tombeaux,en se demandant pour qui ils sont tombés...
Ils ont tout oublié ...même de fusiller les responsables du massacre,qui ricanent de tant de bêtise,et les fuyards ,les paniquards,les francs-maçons et les traites,les saboteurs et les députés.Ils vont jusqu'à plaindre les juifs ,auxquels ils doivent toutes nos infortunes et nos ruines.
Ils ont tout oublié ,comme ils oublieront demain les mercantis du marché noir qui édifient des fortunes scandaleuses sur l'estomac de leurs enfants.
Ils ont tout oublié...et ils n'ont rien appris.Ils sont là,inertes et lâches,incapables,de tirer une leçon de leur défaite ,recevant encore sans broncher les pires insultes et avanies de leurs mauvais bergers.Ils assistent d'un oeil atone au plus grandiose bouleversement de l'Histoire.
Demain,peut-être,s'étonneront-ils du peu de place dans l'édifice qui se construit ,et qui sera le juste salaire de tant d'incompréhension.
La tache est immense,mais elle n'en est que plus belle et plus méritoire.
Il faut secouer cette masse ,lui donner un enthousiasme,la faire vibrer et l'orienter vers l'aurore nouvelle.
Ce labeur revient de droit à l'élite,à ceux qui fiers de leur passé chargé d'honneur,veulent un avenir à sa mesure.
C'est à nous P.P.F. de donner un mâle exemple à ceux qui veulent vivre et espérer ,et de brandir  notre étendard sur la route que le Maréchal nous a indiquée.
G.DESPAUX

L'Assaut

N°101 31 octobre 1942

L'Assaut des Basses-Pyrénées

Pourriture&Cie

(Suite)

L'histoire des cochons fantômes destinés en principe à la population bayonnaise,et escamotées par nos huiles charcutières locales préposées à la répartition  à eu son petit succès.
Les uns trouvaient que c'était enfin un signe des temps nouveaux qu'on se mette à désigner  des coupables d'autres ne parlaient de rien de moins que de manger du charcutier,beaucoup d'autres,il faut le dire,serraient les fesses,avec raison,en pensant que ce n'était pas qu'un commencement_Quant à nos charcutiers oncques ne les vit jamais tant se démener,courir d'un confrère à l'autre,alertant tout le ban et l'arrière des copains pour la tactique à employer et pour la plupart décidant de rester tranquilles ,car ces histoires,on sait quelquefois comment cela commence,on ne sait jamais comment ça peut finir.
Cependant,M.Lissarague est venu nous voir,en personne,pour remettre les choses au point.
Et voici ce que cela a donné:
M.Lissarague est chef de la Répartition pour la viande morte.Il était là,quand même pour les cochons bien vivants,oh!vous savez des enfants de cochon si petits que cela ne vaut même pas la peine d'en parler.D'ailleurs,M.Lissarague n'en a pas eu,il les a simplement demandés pour un copain qui est M.Notary,garde -champêtre!
M.Lafitte,délégué administratif,n'en a pas eu non plus,il les a demandés pour lui mais ne les a pas obtenus,c'est presque incroyable,c'est M.Dufour ,cuisinier aux cantines scolaires qui les a obtenus.Sans doute que ces messieurs,pour si blasé qu'on soit en histoire de cumul,ont dû trouver que c'était assez,car il faut dire que M.Lafitte touche une bonne retraite de l'armée ,et puis aussi une autre comme ancien percepteur et puis aussi un bon traitement comme délégué administratif au Ravitaillement ,et puis ...ah! mais ça je ne sais pas s'il a les congés payés,la retraite des vieux et tout et tout !...
Quant à M.Lahirigoyen,pas de cochon non plus,il les a obtenus pour M.Darmendrail,qui est gendarme en retraite et ne peut pas se débrouiller aussi bien qu'un gendarme en activité!...On se croirait en pleine Semaine de Bonté!
Pour les autres:MM Claveres,Peyré,Larre et Hourqebie,le compte y est avec quatre disparus retrouvés à l’hôpital!
Soucieux de la vérité ,nous avons fait à chacun sa part qui lui revient et félicitons MM.Lissarague,Laffitte et Lahirigoyen d'avoir échappé au pilori des charcutiers pour cette fois.M.Lissarague a fait plaisir au garde-champêtre,M.Lahirigoyen a fait plaisir au gendarme et M.Lafitte reste blanc comme neige,puisqu'il a demandé les cochons mais qu'il ne les pas eus.
Vous allez voir que d'ici peu,les autres charcutiers vont aussi trouver des excuses,ils sont foutus de se faire inscrire à la Société Protectrice des animaux...Mais,qui nous rendra les cochons ?...
Je suis aussi têtu que M.le Commissaire de Police de Bayonne qui,maintenant qu'il est lancé ,est capable d’arrêter toute la ville pour être sur d'attraper un communiste.Je n'aurai de cesse que si je le revois ce qui aurait dû être,c'est à dire la répartition des cochons à la population bayonnaise et non cette petite cuisine  entre copains qui montre bien clairement comment ils ont compris la Révolution Nationale et la façon de se servir.
HILH DE GAY

L'Assaut

N°102 Samedi 5 décembre 1942

L'assaut des Basses-Pyrénées (Page 4)

POURRITURE ET CIE 

La Municipalité bayonnaise a tenté un louable effort pour essayer de régulariser le marché aux légumes.Malheureusement,comme de beaucoup de bonnes intentions actuelles,cela tourne au désastre quand on sait que le marché noir est bien mieux organisé que le marché officiel.
La Municipalité a décidé de faire un marché de première main pour que les paysans vendent  d'abord leurs légumes aux revendeurs.
L'heure de ces marchés passée,les clients ordinaires ont le droit d'acheter aux revendeurs les légumes dont ils ont besoin.En théorie  c'est parfait,mais en pratique ,quand les clients se présentent aux halles,les étals sont vides ou à peu près.Il faut reconnaître que ,devant cet état de de choses désastreux,la municipalité ne dispose d'aucun pouvoir pour réprimer les abus qui se produisent et dont tout le monde supporte les conséquences pour le plus grand profit de MM.les revendeurs.Voici donc succinctement ce qui se passe:
1° Les prix de la taxe sont trop bas pour la paysan,alors que les cours officiels laissent une marge d'environ 80% entre le cours d'achat et le prix de vente,ce qui permet au revendeur de payer plus cher que le cours officiel.
2° Les flics chargés du service de surveillance sont sourds,muets et aveugles,sauf quand ils vont chercher leur petit paquet en réserve sous le comptoir.
3° Le revendeur vend aux Halles quelques légumes,tout juste ce qu'il faut pour paraître en vendre au prix de la taxe.Le vrai marché se passe chez lui où la marchandise  est transportée.De cette façon,la ménagère qui ne trouve rien au marché est forcée de payer au domicile du vendeur les légumes à des prix sérieusement majorés si elle veut nourrir sa famille.
Et voilà comment la qualité de revendeur de légumes avec patente et papiers réguliers est une solide couverture du marché noir.
Tout cela existe au vu et au su de tout le monde,sauf bien entendu de ceux qui sont payés pour faire un travail de salubrité.
Est ce que cela va durer?Qui est responsable?Je crois qu'il va faire s'occuper de la question vite et fort.
Attention devant!
P.P.F.vaincra!
HILH DE GAY

L'Assaut

N°107 Samedi 16 janvier 1943 

Page 1

 Vae Victis !

Il faut avouer que pour les quelques vrais Français que nous restons,il faut avoir une âme d'apôtre pour ne point toucher le fond de la désespérance  quand on considère ce qu'il est advenu de notre malheureux pays.Celui qu'on appelait le flambeau de l'Univers est devenu la lanterne rouge de tous les peuples.Les lèpres les plus abjectes se sont acharnées et ont claironné leurs victoires,tout est détruit,pourri,perdu,même l'honneur.
Il ne nous reste rien que la gueule!La gueule pour bâfrer à n'importe quel prix,la gueule pour s'étourdir,crier à l'injustice,la gueule pour mentir,saborder les navires,les colonies,les serments et la parole d'honneur,la gueule pour faire rire le monde entière de notre déchéance !...
Quel lamentable chaos !...Vainement nous levons les yeux vers un espoir miraculeux,on ne veut plus rien croire ,on ne sait plus !...
Le malheur est une arme nouvelle pour les esprits forts qu'il trempe,mais c'est aussi la décrépitude pour les faibles,les timorés.
Notre avachissement est le fruit du long travail de sape de toutes les forces mauvaises:judaïsme,franc-maçonnerie,capitalisme,bourgeoisie,communisme,parlementarisme,etc,etc.
Notre Histoire,faite de tant d'enthousiasmes,de tant de sacrifices,de tant d'honneur et de gloire,peut elle sombrer par suite de quelques reniements,de quelques lâcheté?
Non ,mes camarades,mes amis,ces traites,ces gaullistes qui se réjouissent de voir dépecer notre Empire cimenté du sang le plus pur de nos pères,ces Juifs qui souillent encore l'air que nous respirons,ces francs-maçons toujours en place,ces trafiquants éhontés,ces bourgeois égoïstes,ces capitalistes sans vergogne,ce n'est pas la France,ce n'est pas toute la France !
A coté de ceux qui ne vivent que pour leurs tripes ou leur portefeuille,il y a encore ceux qui sont prêts à mourir parce qu'ils veulent vivre!
Camarades,parlons moins,agissons davantage.En ce moment s'opère en France comme dans le monde une sélection.Les masques tombent,les étoiles jaunes sont légion,les traites se repèrent ou rejoignent ceux qui les payent.Nous serons moins nombreux,mais nous risquerons moins que si l'on nous tire dans le dos...
Camarades,soyons forts,soyons prêts,des temps nouveaux vont venir,l'heure du règlement des comptes approche,et si d'autres ont perdu leur honneur,n'êtes vous point jaloux du votre?
Autour de notre Chef,formons le dernier carré indomptable et fier d'un sang qui ne ment pas,car le knout n'est pas fait pour nous.
Attention devant !P.P.F vaincra.
HILH DE GAY

L'Assaut

N°115 Samedi 20 mars 1943

Page 1

ÇA VA TROP BIEN !...

Il des gens qui se lamentent à propos de tout,des insatisfaits ,des vicieux,qui ont toujours quelque chose en plus ou en moins.Moi je trouve que ça va encore trop bien.Il n'est besoin que de regarder autour de soi.
Il en est qui se réjouissent quand les Anglais ou les Américains nous barbotent quelques colonies,coulent les navires ou bombardent nos villes et étripent des femmes et des enfants .Moi je trouve qu'ils ne nous tuent pas assez de monde puisque 90% des Français n'ont pas encore compris.
Il en est qui plaignent les Juifs parce qu'on a poussé la persécution jusqu'à leur coller une étoile,moi je trouve que les Juifs,malgré 200.000 morts de la dernière,1.200.000 prisonniers et la pagaie actuelle n'en ont pas encore fait assez puisqu'il en est encore pour s'apitoyer sur leur sort.
Il en est qui se réjouissaient parce que les Russes avançaient quelque peu ou reprenaient Stalingrad,moi,je leur souhaite de les avoir seulement 48 heures dans nos rues et on rigolera un peu.
Il en est qui rouspètent parce qu'ils n'ont rien à manger,,moi je trouve qu'ils en ont même trop,puisqu'ils n'ont pas encore assez faim pour démolir quelques restaurants  sans tickets ou pendre quelques contrôleurs du ravitaillement.
Il en est qui se lamentent de ce que les Allemands ne nous rendent pas davantage de prisonniers,moi je trouve qu'ils sont bien où ils sont puisque les milliers qui sont rentrés n'ont pas été encore capables de faire fusiller Blum,Mandel,Daladier ,Reynaud et Cie.
Il en est qui se font des cheveux à cause de leurs capitaux à Londres ou à New-York,moi je trouve comique de voir tant de couillons qui n'ont rien du tout se joindre à eux pour partager les espoirs chimériques de la B.B.C.
Il en est qui disent que les Allemands nous prennent tout,moi je les trouve bien discrets puisqu'ils en reste assez pour que le marché noir resplendisse comme jamais.
Bref,malgré tant de jérémiades ,je trouve que tout va très bien,trop bien même...et si les gens étaient sincères,ils seraient de mon avis,car j'en sais tellement qui voudraient que ça dure,qui n'ont jamais tant  gagné d'argent,jamais bu tant de bonnes bouteilles ou mangé tant de jambons.
Nous sommes si bien ici,n'est ce pas,pendant que d'autres sont au casse-pipe réfrigéré de Russie!Ces Allemands et ces Révolutionnaires Français,quels dégoûtants!Voilà qu'ils veulent maintenant  que tout le monde travaille même ceux qui n'ont jamais rien foutu,c'est une vraie honte!
Dire qu'il y a encore des gens au P.P.F.qui ont des démangeaisons dans les poings et les pieds,des petits batailleurs qui ne rêvent que plaies et bosses,alors qu'on est choyé,dorloté,que la police est si bien nourrie,que les contrôleurs du ravitaillement font bonne garde,afin que rien ne leur échappe et que nous sommes comblés de bureaux,de tampons,de tickets,de cartes et de paperasses!...
Vraiment ,tout va bien,que cela dure ,c'est la grâce que je souhaite.
HILH DE GAY

Collection privée

N°116 Samedi 27 mars 1943

L'Assaut des Basses-Pyrénées

RÉVOLUTION NATIONALE

Plein d'une ardeur de missionnaire,j'ai voulu essayer de garnir une page d'élucubrations destinées à mes concitoyens pour leur faire part de mes très humbles idées.Et voici que j'ai accouché lentement d'un article  effroyable où il était question d'un chambardement comme  _onques_ on n'en vit jamais.
Des amis ,beaucoup plus au courant que moi des ménagements nécessaires,des susceptibilités rancunières,des planques à respecter,des margoulinages en cours,etc,etc...,me firent comprendre que je n'étais qu'un ahuri qui n'avait rien compris à la Révolution Nationale.
Il parait que la Révolution Nationale doit se faire sans bruit,sans rien casser,quelque chose de doux,avec du sucre,avec des fleurs,des discours,des affiches,etc,etc...,
J'ai réfléchi,j'ai regardé autour de moi et j'ai été forcé de me rendre compte que c'est ainsi que cela se passe.On ne casse rien,on ne change rien,au contraire,cela empire.On n'a fusillé ni Blum,ni Herriot,ni Sarraut,ni Daladier,ni Reynaud,ni tant d'autres qui m'avaient semblé y avoir droit avec carte de priorité.
Dans la vie ordinaire,le cumul fleurit,la vénalité resplendit et le marché noir étincelle !...Les bobards nous divisent,les traites se multiplient ,de nouveaux fonctionnaires s'ajoutent à ceux que nous avions déjà et on est en train de nous soustraire ce qui reste.Il est vrai qu'en compensation on nous gâte tous les jours de nouveaux bureaux,comités,directions,contrôleurs,tampons,tickets,décrets,arrêtés,etc,etc...où le plus mariolle y perd son latin.
Il n'y a pas à dire ,la Révolution s'organise,on la sent monter en puissance,elle sent même mauvais.
Je pourrais vous en citer mille exemples,car à Bayonne,d'où je vous écris,nous sommes choyés et tenons à conserver la réputation du pays ne serait-ce que pour qu'on n'oublie pas Stavisky.On ne fait plus si bien,mais on le fait davantage.Voulez-vous un timide exemple.?
Les Services du Ravitaillement organisent à l'occasion de la Noël un petit divertissement entre complices.Tout le monde y était,sauf bien entendu les quelques membres de la Corporation retenus pour des raisons indépendantes de leur volonté dans les prisons de la ville.Donc,discours,congratulations,félicitations,et d'attribution de flacons et victuailles,une vraie nouba d'avant-guerre en mieux.
Le lendemain,compte rendu aux journaux locaux avec précisions-alibis concernant la provenance de toutes ces mangeailles:"Cadeaux offerts par les commerçants de la ville".
Dans ma candeur,j'avais pensé qu'un épicier ,par exemple,ne pouvait disposer  exactement que de marchandises remises en échange de tickets.Or,il y eut jusqu'à des bidons de 5 kilos de confitures qui s'égarèrent.
De même pour la boucherie,la charcuterie,on ne comprend plus...
Il est vrai que les Français ont la mémoire courte...,les Bayonnais ,eux,sont allés jusqu'à oublier 19 cochons au Ravitaillement ...on n'en parle plus.
Le plus fort de l'histoire ,ce n'est pas que les Contrôleurs du Ravitaillement fassent bombance au vu et au su de tout le monde,cela n'est pas pour épater qui que  ce soit quand on connaît leur ordinaire...Mais ,se dire que cette distribution s'est faite au grand jour,avec des huiles en tète,et que personne n'a eu l'idée de s'inquiéter de la provenance de ces produits qui ne pouvaient provenir que du marché noir,c'est un comble !...c'est une histoire de fous!...Il y a de quoi se taper le cul par terre jusqu'à ce que ça fasse des étincelles à en faire siffler un chef d'îlot.
La voilà la Révolution Nationale dans un de ses exemples et j'en passe des meilleurs!Nos bons youpins se frottent les mains et jubilent,car leur microbe a porté ses fruits.La race soi-disant française est pourrie,vérolée,gangrenée,prête à tout.Le premier beau-discoureur venu les emballera encore,la radio de Londres a gagné de bien belles batailles,le Maréchal est suivi à rebrousse poil et moi,je perds une belle occasion d'économiser du papier.
S'il est vrai que mes amis du P.P.F. sont fixés sur ce point,je n'en entends pas moins les ricanements de ceux qui veulent que cet état de choses dure.
Comme dit le proverbe "Rira bien qui rira le dernier".Si nous nous n'avons rien à Londres,rien en banque,nous avons le trésor d'un espoir magnifique,nous avons un Chef que nous aimons et de qui nous attendons un signe,un petit geste de rien du tout qui déclenchera une petite fête,dont on parlera longtemps après nous qui avons fait le sacrifice de notre  peau,pour que ladite fête soit belle,juste et complète.
Attention devant!
P.P.F. vaincra !
HILH DE GAY



L'Assaut

N°118 Samedi 10 avril 1943

L'Assaut des Basses-Pyrénées

TEMPS NOIR et MARCHE NOIR

O,misère du temps,égoïsme sordide,
Qui fait les gens gavés auprès d'estomacs vides!
Ces trafiquants sans nom et ces enfants mi-nus
Qui tendent leurs deux mains sous des yeux ingénus!
Lamentable vision d'un peuple en décadence
Qui ne sait à quel saint confier son espérance!
Plus de cœur ni d'amour,plus de pitié ou d'âme
Le veau d'or revenu!L'entendez-vous qui brame?
Le marché noir est roi,protégé,tout puissant.
Spéculant sans pudeur sur la faim d'innocents.
Gagner et se goinfrer...,qu'importe la manière
Dont on aura acquis la divine matière...
Cependant que bien loin,mornes et désolés
Derrière le rideau de tristes barbelés
Soufrant du mal des leurs,d'autres sont sans comprendre
Il faudra mes amis bientôt se mette à pendre
HILH DE GAY

L'Assaut

N°123 Samedi 15 mai 1943

Page 1

Ça Tourne

Chaque fois qu'un homme d'état prend la parole après un bon banquet inévitable,qui,dit=on,scelle un traité ou marque la fin d'une transaction quelconque dont d'autres paieront les conséquences ,il est d'usage d'entendre ceci:"Nous sommes à un tournant de l'Histoire!".
C'est une phrase grandiloquente qui est bien dans le ton qui faisait ruisseler une bave d'admiration le long des barbes démocratiques et républicaines.C'est la phrase passe-partout qui évite de dire :"Nous allons changer de veste",ou bien "Nous allons tomber sur un bec de gaz",etc...etc.
Dieu sait si nous en avons eu de ces tournants ,tous de sales virages,nous avons tellement tourné que nous tournons en rond.
Ça ressemble à l'histoire de fous du poisson rouge dans un bocal.Lui aussi il tourne en rond depuis plusieurs années et il demande à son compagnon de captivité qui fait la même chose:"Qu'est ce que tu fais mercredi?".
La France tourne,les prisonniers tournent autour des barbelés,les Juifs se tournent les pouces,d'autres tournent autour du pot qui se fait de plus en plus maigre.Nos ex-députés tournent autour du Gouvernement,les règlements nous font tourner en bourrique et les espoirs Gaullistes tournent au ridicule.
Nous tournons en rond,on nous a dit ça va changer ,ça va barder,on va faire la lessive,nettoyer les écuries et on refait la même chose.C'est le style Léon Blum qui jurait de ne pas faire de dévaluation,il faisait un "alignement",il y avait une nuance comme qui dirait du pareil au même.On a balancé des Juifs,des francs-maçons,des généraux et on les a remplacés par d'autres trafiquants,d'autres saboteurs et d'autres traites.
Tournez-vous,retournez-vous,regardez autour de vous les quelques juifs qui ont oublié de retirer leur étoile et tant de si  catholiques qui pourraient en porter trois;comparez le combinard pistonné d'avant-guerre ou l'agent électoral dans un fromage avec un contrôleur du Ravitaillement;comparez le communiste d'autrefois qui vantait le paradis de l'U.R.S.S. et sabotait dans les usines avec un Gaulliste de nos jours !...
Et tout ça tourne,gravite dans une ronde nauséabonde sous une grande banderole rose candide :"Révolution Nationale"
Quelle trouvaille!Quel grand titre pour si peu de chose:un soupçon de Révolution qui pourrait mal finir.Car cependant que nous vivotons à grand renfort de marché noir,les tickets légaux étaient insuffisants ,peu honorés et non comestibles,il en est d'autres qui tournent autour de nous comme une nuée de corbeaux attirés par la charogne.
Oui,mes gras petits bourgeois,mes intelligents petits gaullistes,pendant que vous faites des rêves oses en vous endormant le soir bercés par le dernier bobard judéo-londonien,il en est d'autres qui préparent clandestinement une autre Révolution qui ne sera ni nationale  ni en sucre.Ce sera un bon petit carnage dans lequel vous serez le gibier.
(Suite page 2) HILH DE GAY
Suite de la 1 ere page
Réfléchissez une minute,il n'y a que deux alternatives:l'Europe dressée contre le bloc judéo-bolchévick gagnera ou perdra la partie,mais ce qui est inévitable,c'est que vous verrez sortir les saboteurs,les tueurs rouges,ceux qui veulent bâtir le bonheur de l'humanité sur des fleuves de sang et de feu.
Je connais les objections gaullistes:"Ils ne viendraient pas jusqu'ici",et avec ça on dort tranquille.C'est peut être parce qu'ils n'auraient pas de passeport qu'ils n'oseraient pas franchir le Rhin n'est ce pas,Peut être parce que les bons petits Juifs que vous plaignez vous feront un rempart de leur poitrine avec vos amis de Londres et les gangsters de Chicago!...
Semblables aux cateblepas qui se mangeait les pieds en mangeant de l'herbe,vous serez les aides des Huns qui déferleront sur l'Europe pour vous apporter le petit trou dans la nuque et étripailler vos femmes et vos enfants.
Vous êtes là avachis et hypocrites à vous voler entre Français ,à écrire des lettres anonymes pour vous tuer entre vous,cependant que la fleur de la jeunesse européenne se fait tuer pour essayer de vous sauver la peau,et vous croyez que ça va durer longtemps?
Vous faites la queue des heures entières devant quelque cinéma et vous vous battez à la porte où doit chevroter Tino Rossi,combien d'entre-vous êtes allés dans quelque permanence P.P.F. pour vous documenter sur votre mal et les remèdes que nous voulons y appliquer?
Il s'agit de votre peau,entendez-vous,.
Pour nous ,librement et joyeusement,nous avons fait le sacrifice de la notre pour notre chef qui se bat en Russie.Jusqu'au bout,nous serons là pour empêcher qu'on ne tire dans le dos de ceux qui veulent vivre dans l'honneur,la propreté et la joie.
Attention devant!
P.P.F. vaincra.
HILH DE GAY


L'Assaut

N°124 Samedi 22 mai 1943

L'Assaut des Basses-Pyrénées

La maladie de la médecine

Ainsi que nous l'avons annoncé dans notre dernier numéro,l'Assaut publiera une série d'enquêtes sommaires sur les différents corps de métier.Nous commençons aujourd'hui par la Médecine,car le problème est des plus urgents,du moins à notre avis qui ne semble pas être celui des autorités.
A l'heure où tant de gens manquent du nécessaire,il nous a paru de première importance d'apporter  notre attention à la lutte livrée tous les jours à la maladie par les médecins et principalement aux facilités qu'ils avaient d'exercer au mieux des intérêts des malades leur sacerdoce.Nous avons vu pas mal de praticiens et partout c'est le même refrain :"Comment voulez-vous que nous fassions"
L'un d'eux me disait combien ,principalement les classes laborieuses étaient déficientes.Des gens sous-alimentés et malgré cela à un surcroît de travail qui se trouvent être un terrain des plus propices pour toutes sortes de maladies et je pensais en serrant les poings à tout ce qui gâte chaque jour par la faute de nos dirigeants.
Un autre me disait les difficultés de transport pour aller voir les malades.Tous les docteurs ne sont pas des jeunes gens et ne peuvent enfourcher leur vélo à longueur de journée.Presque tous avaient leur auto avant guerre,aujourd'hui ,la quantité d'essence allouée est insignifiante,alors que tant de trafiquants circulent à longueur de journée.
A ce propos,je veux citer ce qui est arrivé pas plus tard que cette semaine à un de mes amis.
Mardi 6 mai,à 11 heures du soir il fit appeler son docteur pour qu'il vienne en toute hâte voir sa femme alitée depuis plusieurs jours et qui avait une violente hémorragie.Le docteur préconisa le transport immédiat dans une clinique pour opération.Aussitôt de téléphoner pour obtenir une ambulance.A Saint-Esprit,ambulance pas libre,en course à Pau.Il téléphone alors aux Pompes Funèbres qui ont un service à cet effet.Les Pompes Funèbres ne répondent pas.Force fut de s'adresser à Biarritz.L'ambulance arrive enfin,et à 3 heures du matin,la femme put être sauvée in-extremis.
Je sais bien que le cas des Pompes Funèbres de Bayonne relève d'un cas particulier.Son contingent d'essence est maigre,mais son directeur qui ne répond pas pas au téléphone quand il s'agit de sauver la vie de quelqu'un,sait que les véhicules de son administration servent au transport de la viande débitée pour le marché noir.
Mais ce qui est inconcevable c'est qu'une ville comme Bayonne qui a environ 30.000 habitants,se préoccupe si peu de la vie de ses administrés.On tremble à l'idée de ce qui se passerait à l'occasion d'une catastrophe.Un pauvre bougre peut crever,se vider de son sang faute de soins immédiats,personne n'est responsable,personne ne fait rien.
Celui qui aurait fait quelque chose s'il était arrivé malheur à sa femme c'est le mari de la dame en question,mère de 4 enfants.Je crois que le monsieur des Pompes Funèbres aurait eu les oreilles tirées jusqu'à ce que les doigts de pied lui en saignent.Ça n'aurait pas été un enterrement de première classe,comme pour la viande de bœuf.
Mais revenons à nos moutons.Je me suis demandé ce qui était prévu en cas de bombardement par exemple,chose déjà vue ailleurs et très possible pour peu que nos grands amis Anglais et Américains se préoccupent de nous libérer comme ils disent.
Je me suis adressé à un chirurgien en renom qui dispose d'une clinique et de tous les aménagements les plus modernes auquel on ne manquerait pas de s'adresser en l'occurrence.
"C'est bien simple,m'a-t'il déclaré.Supposez la ville bombardée.L'eau,le gaz,l'électricité coupés,je puis opérer quelques temps avec un service d'accus pour la lumière,mais je ne dispose que de trois jeux d'instruments stérilisés pour mes opérations.Ceux-ci utilisés,comment chauffer un autoclave?Rien n'est prévu ni gaz,ni alcool,ni essence,ni d'assez médicaments de prévus et naturellement pas d'auto ni d'ambulance...
Il y a bien la défense passive qui pourrait bien disposer de quelques camions,mais quand à Bayonne,on sait que le Docteur Garat était quelque chose là dedans,on peut se dire que tout doit être prévu et qu'avec ça on n'est pas fauché.
Je pourrais garnir tout le journal de cas pénibles que l'on m'a cités.Je pourrais garnir des colonnes entières avec des noms de gens qui auraient pu être sauvés ou voir leurs souffrances atténuées,s'il y avait un peu plus de compréhension et d'humanité élémentaire dans les décisions administratives.A quoi sert l'admirable dévouement de nos médecins,de nos infirmières,à quoi servent les progrès de la science,les belles promesses à la famille,si on ne donne pas à ceux qui peuvent soulager le mal les moyens de pouvoir utiliser leur bonne volonté?
Tout se passe presque comme si cela était voulu car si chaque médecin ne peut avoir son auto,ne pourrait-on pas en laisser quelques-uns à la disposition de tous?N'est-ce pas possible de reporter à leur service l'essence allouée à un trafiquant du marché noir pris en faute?A l'heure où j'écris ces lignes,il y a eu au vélodrome une course cycliste derrière motos.Est-ce que l'essence qu'on y brûle vaut plus que quelques vies humaines?J'entends,c'est pour le sport,c'est beaucoup plus spectaculaire,et ça rapporte davantage.
La Révolution Nationale rapporte aussi sans doute à beaucoup trop.
HILH DE GAY


L'Assaut

N°130 Samedi 3 juillet 1943

L'Assaut des Basses-Pyrénées

BAYONNE

Il y a quelques six mois,nous avions signalé dans l'Assaut le petit trafic de nos charognards bayonnais,ne serait ce que pour démontrer que nos gangsters locaux n'ont pas de spécialité bien définie comme Stavisky,Fantomas,Ravachol ou Al Capone,mais se trouvent au contraire dans le pays rêvé pour réussir dans tous les genres.
Nous disions donc que les viandes impropres  à la consommation,et que vous savez ce que parier veut dire en période de tickets,étaient dirigés de l'abattoir vers le four crématoire.Nous avions signalé la disparition durant ce court trajet de superbes quartiers destinés à faire les délices du marché noir.
On nous a traité de menteurs,presque de Marseillais,et voici que la police bayonnaise,aiguillonnée par celle de Bordeaux vient de coffrer les deux bouchers amateurs qui se livraient à ce fructueux commerce.
Nous sommes à vrai dire partagés entre le désir de féliciter ces vaillants limiers et celui de déplorer qu'il faille six mois pour mettre au clair une telle honte que tout le monde connaissait,sauf bien entendu la police (alibi:ne lit pas l'Assaut).On pourrait continuer longtemps cette histoire,se demander si le vétérinaire est bien sur de son affaire,si les gens dans ce cas ont la vie si dure que ça,combien en sont morts,ce qu'on va faire des bons petits restaurateurs sans tickets qui étaient les clients des charognards,ce qu'en pensent les les clients des restaurateurs et ainsi de suite,mais il vaut mieux m'arrêter,car je risquerais de trouver au bout certains légumes de notre douce ville qui saborderaient mon article.
§
Puisque nous en sommes au chapitre des charognards,il est peut être opportun de reparler de ce M.Funèbre,notre célèbre croque mort,qui fait des extras avec son corbillard et transporte des bœufs destinés au marché noir.
Que croyez-vous qu'il arriva?J'ai entendu dire que le Tribunal avait distribué 1 mois de prison.Procédons par déductions,comme Sherlock Holmès:M.Funèbre est en liberté.Le conducteur se promène dans les rues.Donc c'est le corbillard qui a attrapé un mois de prison!...
Il est vrai que si l'on mettait à punir les coupables ,où irions-nous,Le conducteur l'avait bien dit qu'on oserait rien lui faire avec ce personnage haut placé dans sa clientèle la plus assidue...
§
Ne soyons pas mauvaises langues et marquons ce jour d'une pierre blanche.La police a arrêté deux charognards,mettons que ce sont des agents qui ont voulu se singulariser,le fait n'en est pas moins là.Je retrouve un peu d'espoir en attendant de retrouver les 19 cochons subtilisés par la Commission de répartition.Les victimes sont sans doute un peu dispersées à l'heure actuelle,mais les charcutiers sont toujours là et moi aussi malgré que beaucoup voudraient me voir ailleurs.

HILH DE GAY

L'Assaut

N°131 Samedi 10 juillet 1943

Page 1 Histoire de Fadas

A Marseille,on appelle fadas des gens qui ne pensent pas comme tout le monde.
Le nombre en augmente terriblement.Comme les pédérastes ils se multiplient,bien que ne se reproduisant pas entre eux,exemple de génération spontanée comme dirait Pasteur.Peut être aussi un héritage de la République démocratique se traduisant par une dégénérescence génératrice de zazous,mercantis,gaullistes,fonctionnaires,etc....,etc...,enfin vous me comprenez.
Hé oui!on en arrive à regretter le bon temps où l'on savait au moins ce qu'on voulait ;l'un criait vive Blum,l'autre La Rocque,l'autre Cachin;il n'y en avait pas deux qui s'entendaient ,sauf ceux qui passaient à la caisse,mais tout allait bien.De temps en temps on devait vaincre parce qu'on était les plus forts,et ça nous faisait brailler la Marseillaise.A propos,je trouve ça aussi un peu fada ce truc là,ça commence en disant que le jour de gloire est arrivé!Vous vous rendez compte du jour de gloire !...Il est vrai que ça ne veut pas dire grand chose.Les communistes le serinaient à pleine gueule en levant le poing;les gaullistes aussi en ont fait leur hymne national.Avant eux,les marins du "Bouvet" la chantaient en s'enfonçant dans la mer.De même aussi,nos amiraux la chantaient-ils en sabordant nos derniers navires devant Toulon.Dans la marine on respecte les traditions,et puis on ne peut tout de même pas chanter "Maréchal nous voilà"en foutant le camp comme Darlan.
Enfin pour en revenir à Marseille,cette "Marseillaise" est une chanson du Nord.On nous a,Dieu merci,attribué pas mal d'histoires ,on a même failli dire qu'on était des menteurs.Regardez autour de vous le nombre de fadas.
Et quand on voit les épiciers,les revendeurs et les contrôleurs gagner quatre fois plus que les couillons susnommés qui font pousser la camelote au prix de mille douleurs d'échine,encore une histoire de fadas.
A propos de contrôleurs,ces messieurs ont été nommés par l’État Français et payés pour combattre le marché noir;c'est à s'en taper le derrière par terre;mais si si je racontais  que je connais un contrôleur qui ne touche pas la plus petite commission,le plus petit paquet,qui ne rentre pas dans les magasins comme les aveugles en fermant les yeux et en tendant la main,vous diriez que je suis fada moi-même.
Page 4
Histoire de Fadas
(suite de la 1 ere page)
Quand un type qui ne fume pas va déclarer au bureau de tabac qu'il ne veut pas être forcé à prendre sa ration,c'est une histoire de fadas.
Quand un autre plaint les pauvres bouchers et les charcutiers qui ne travaillent qu'un jour par semaine,on dit;"Encore un fada";mais quand tout le monde sait comment ça se passe,et que personne ne dit rien,vous voyez d'ici l'épidémie ?....
Quand un jeune homme devrait partir travailler en Allemagne et qu'il risque d'être descendu en traversant la frontière,tout ça parce qu'il veut essayer d'aller faire un mort en Afrique pour faire plaisir aux Anglais,vous ne croyez pas qu'il est un peu fada ,
Quand un bon bourgeois trouve de bon ton d'admirer les beautés du paradis des Soviets,sous prétexte que c'est la mode à Londres et qu'il ferait n'importe quoi pour lui arriver plus vite ceux qui lui porteront un petit trou de balle supplémentaire ,vous ne croyez pas qu'il est un peu fada?
Quand un type qui vole des millions risque à peine quelques mois de prison,vous ne trouvez pas que celui qui risque presque le bagne pour transport de 2 kg.de haricots est un peu fada,
Je pourrais continuer longtemps ce petit jeu,mais je sens que ma Muse est complètement fada.A propos,comment ça fait fada au féminin?Ça ne doit pas exister;le bon Dieu,n'a jamais accepter les femmes au paradis,il a promis le Royaume des Cieux aux fadas et aux anges,et on dit que c'est parce que les femmes ont toujours leur raison,je ne veux pas d'histoires en ce moment,je dirai donc qu'elles ont toujours raison,mais je sais qu'elles sont un peu menteuses cette année!...
Le fada de service:
HILH DE GAY


L'Assaut des Basses-Pyrénées

BAYONNE

La vie du Parti

Jeudi s'est tenue ,dans les  locaux de la nouvelle permanence fédérale,14 rue Albert-1er,la réunion générale de la Section Bayonnaise ,sous la Présidence du Secrétaire Chaumeron.
Le Secrétaire fédéral Lasterrades,assistait à la séance.
D'importantes mesures d'organisations intérieures ont été prises,notamment la désignation  de divers responsables ,dans le cadre de la Section de Bayonne.
§
Contrôle,contrôle...
Que de contrôleurs!On en crée tous les jours...par centaines,par milliers...,ceux-ci viennent ajouter aux terribles menaces des Comités,Offices,Bureaux divers,auprès desquels il n'est jamais question que de menaces,toujours des menaces,sanctions,punitions,etc...Tout cela évidemment au regard du commerçant honnête,celui qui est soumis à toutes les lois et à tous les contrôles fiscaux,qui tient une comptabilité régulière,celui -là est vraiment menacé,il n'ose plus bouger le petit doigt et vit dans une véritable obsession.Un retard dans la remise d'un des multiples états à fournir un texte mal interprété,une erreur ou une omission involontaire:fraude,fraude partout,on ne voit que de la fraude.Cela devient maladif et intolérable.C'est une vraie épée de Damoclès. suspendue sur votre tète.Mais le gros trafiquant de marché noir,qui traite par millions de la main à la main,hors de tout contrôle,on le devine bien,mais pour l'inquiéter c'est autre chose,chez lui pas de traces,pas de livres,pas de Comités ou Organismes divers...
Mais si le contrôle est aisé,l'art est souvent difficile...Si de nombreux délinquants se trouvent du coté des commerçants,un gros chiffre se trouve du coté de ceux qui ont pour mission de contrôler.
Ne tirez pas trop sur la corde,Messieurs qui avez le beau rôle,elle pourrait casser...
§
Vive la Révolution nationale !
On nous assure qu'une demoiselle D...de notre ville,renvoyée des services du ravitaillement pour détournement de tickets,vient d'être nommée employée à la mairie de Bayonne...
Félicitations pour cet avancement et vive la Révolution Nationale !
§
M.Suzenet,qui avait quitté les rives de l'Adour un peu malgré lui à cause de ses sentiments trop peu collaborationnistes,vient d'avoir une belle compensation.Il est nommé chef des renseignements généraux près la Préfecture de Tulle.
§
M.Etcheverry Ainchart,maire de Baïgorry et conseiller départemental,s'est joint à ses collègues pour envoyer une motion de loyalisme et de fidélité au Maréchal.On nous assure d'autre part ,que le fils du dit conseiller est en fuite en Espagne ,pour échapper à son devoir de Français.Ce doit être une calomnie!...En attendant,tous en chœur:"Vive la Révolution Nationale".
§
Une perquisition au "Bar des Bouchers" a fait découvrir 6 sacs de mais,2 sacs de haricots,3 sacs de blé et 14 jambons.Comme par hasard lesdits jambons appartiennent à un membre de la commission de répartition célèbre par l'escamotage des 19 cochons.Ça continue et vive la Révolution Nationale.
On a arrêté deux charognards qui vendaient la viande destinée au four crématoire.Mais comme les histoires de Fantomas,ça ne finit jamais,on croit que tout s'enterre et ça recommence.
Une mauvaise langue nous assure que la loi oblige l'accompagnement de la viande par un agent dans son transport de l'abattoir au four crématoire.Comme les agents faisaient ce service à tour de rôle nous hésitons à croire une telle calomnie qui mettrait beaucoup de monde dans le bain.
Il faut donc plutôt croire à une autre information qui nous assure que ces vaches étaient de belles et bonnes bêtes,et que ce trafic qui dure depuis plus d'un an,ne se faisait pas avec de la viande avariée.Cela nous rassure un peu et minimise le délit,tout au plus s'agirait-il donc de quelques bêtes détournées du ravitaillement et revendues à un prix rémunérateur par des bouchers qui se sont fait une bonne petite situation.
Et quand nous voyons que les agents,les bouchers,les clients,le ravitaillement ,restent muets et que personne ne dit rien,nous espérons que l'affaire sera vite étouffée et que tout le monde criera en chœur:"Vive la Révolution Nationale"
§
Monsieur funèbre va toujours aussi bien que M.le Sous-Préfet,et nous nous demandons quel est le farceur qui avait envoyé  une information à la presse reproduite par "La Gazette","Le Sud-Ouest","La Petite Gironde","La France",etc...disant que des sanctions seraient prises dans cette sombre histoire où à part le bœuf et le corbillard il n'y eut pas de victimes.
§
Si vous voulez rire ou pleurer,allez au marché de Bayonne avant 8h30.La municipalité autorise l'achat de légumes pour tout le monde et jusqu'à cette heure nos braves flics interdisent toute transaction orale.Les acheteurs et les vendeurs sont séparés par la largeur de la rue mais ont la possibilité de faire des signes cabalistiques que tout le monde comprend.On croirait voir un régiment de sourds-muets et quand l'heure du marché arrive,tout est retenu et vendu,et je vous prie de croire que ce n'est pas à la taxe.A quoi donc sert cette vaste fumisterie?

HILL DE GAY



L'Assaut

N°132 Samedi 17 juillet 1943

L'Assaut des Basses-Pyrénées

Chronique de Bayonne et d'ailleurs

Quelques amis me reprochent de ne parler que de Bayonne dans nos chroniques.Seraient-ils jaloux de nos intrépides gangsters?Tous vont bien et continuent ,et nos autorités locales sont toujours là pour veiller à ce qu'il ne leur arrive rien de fâcheux.Donc à la semaine prochaine la suite de leurs exploits.
Nous avons eu des gentillesses pour nos amis palois;nous leur avons envoyé Cluchague*,le fameux entraîneur de Rugby de Biarritz-Olympique,ancien instituteur communiste qui fit son voyage de noce en Russie.Actuellement il dresse au Rugby ou a autre chose les jeunes de la section paloise.
Également ils ont accueilli en toute naïveté ce cher M.Liparot qui doit continuer le bon petit travail qu'il fit en notre sous préfecture.
Les Palois sont vraiment comblés.Oyez,plutôt:
M.René,Marcel Ribière,est le fils du conseiller d’État Ribière,ancien préfet de Nice.
Il a été nommé chef de cabinet du Préfet des Basses-Pyrénées à Pau en février 1943.Comme titres,une licence en droit.
Il y a quelques jours se rendant à Dax,soi-disant pour y chercher sa mère,il fut arrêté par des agents des douanes allemandes et écroué à la prison de Bayonne.Au moment de son arrestation il était porteur de 80 francs suisses et de 2 cartes d'identité.Une portait son âge véritable,soit 1 ans,l'autre  établie de sa main était fausse et l'inscrivait comme né en 1918,lui donnant donc 25 ans.
La fausse carte portait la signature de M.Fabre,secrétaire général des Basses-Pyrénées ,mais Ribière déclara avoir contrefait lui-même la signature de M.Fabre,afin d'avoir une pièce lui permettant d'échapper au service du Travail en Allemagne.
Il est invraisemblable qu'un jeune homme de 21 ans ne présentant aucune qualité nécessaire pour cet emploi,ait pu être nommé  au poste de chef de cabinet d'un préfet,si ce n'est pour lui éviter les devoirs qui incombent à tous les Français de son âge.
Des démarches seraient faites en haut lieu pour obtenir la libération de Ribière.
Pour qu'il n'y ait pas de jaloux,parlons un peu des Biarrots.Ils sont très fiers du Biarritz-Olympique,et il y a de quoi.
Ce club fameux chez les amateurs de rugby,a comme président M.Lacour.C'est un employé des P.T.T.,arriviste s'il en est,qui est tout ce qui se fait de mieux en socialaliste-marxiste et qui présida pas mal de manifestations du front populaire en tète de toute la racaille crassouillarde et braillarde.Il fut délégué aux finances dans la municipalité Hirigoyen et assez lamentable puisque sa surveillance n'empêcha pas 4 ou 500.000 francs d'escroqueries sur les concessions des cimetières par u des employés municipaux.Un des vice-présidents est M.Roumier,Franc-Maçon,dont nous avons parlé,révoqué des contributions ,ami de Darlan,gaulliste,et tout et tout,et qui est syndic des biens anglais et américains.
Un autre vice-président est M.Lartigue,ancien danseur mondain,ancien directeur des casinos de Pau et de Biarritz,etc...,etc.Ce Lartigue est d'ailleurs là pour la frime,car depuis 5 ou 6 ans qu'il a quitté Biarritz;il n'assiste pas aux réunions du Conseil.
Il est vrai que M.Lacour n'a pas jugé utile de  rendre des comptes aux membres sociétaires du B.O qui n'ont pas été réunis depuis 5 ans.
M.Hourcade,pharmacien,et le Dr Matton,bien qu'arrivés en tète du scrutin,ont été démissionnés alors que des membres comme Rumeau,Fauthoux,Lenoir,n'ont jamais assisté à une réunion générale...
La marraine du Biarritz-Olympique est la Comtesse de Beudern,épouse du juif spéculateur de ce nom,qui lui même le fils naturel du Banquier Hirsch qui fit une fortune évaluée à 18 ou 20 milliards,aux dépens des épargnants français,notamment avec les bons ottomans.
Ce comte de Beudern,beau-père du fameux Borotra,séjourna en Belgique,en Autriche,en Angleterre,en France,et est actuellement en Suisse.
C'est lui qui offrit à Daladier 1 million pour la défense nationale en échange d'un passeport permanent pendant la guerre pour se rendre en Suisse et y continuer ses spéculations.
S'il acheta son titre nobiliaire au Lichtenstein,ça n'empêcha pas sa digne épouse de continuer son beau petit travail,et sous le couvert de largesses sans pareilles,faire oublier la petite combine politique des administrateurs de ce club où les athlètes sont soit de petits naïfs,soit rendus en Espagne ou plus loin comme c'est le cas pour la plupart.
Pas de commentaires n'est ce pas?
Tous en choeur:"Vive la Révolution Nationale !"
HILH DE GAY

Complément du blog Retours vers les basses-Pyrénées

*Cluchague voir sa notice biographique dans le Maitron en ligne.

Despaux,qui œuvrait au sein du P.P.F Bayonne,semble bien renseigné sur la localisation de  Cluchague .Ce dernier, instituteur à Biarritz (Thermes-Salins) ,suspecté par les polices allemandes et françaises de sympathies communistes,a pour des raisons de sécurité, quitté après le 1 er juin 1942, la  côte basque pour le Béarn .Cluchague fut membre du  Comité départemental de Libération .

Les renseignements sur Cluchague sont dus à l'historien Jacky Tronel que je remercie chaleureusement.




L'Assaut

N°138 Samedi 11 septembre 1943

L'Assaut des Basses-Pyrénées

Scène bayonnaise ...ou d'ailleurs

(Un vieux bayonnais est assis sur un banc,et,bien tranquille,autopaie des mégots dans l'espoir de reconstituer une cigarette.Survient un bourgeois bien vêtu qui s'assied près de lui et cherche visiblement à entamer la conversation.)
Le Bourgeois._Quelle chaleur !...(il s'éponge).
Le Bayonnais._Que voulez-vous ,c'est la saison...
Le Bourgeois._Je ne sais pas si vous avez remarqué,mais depuis que nous avons les Allemands par ici,il fait plus chaud qu'avant la guerre!...
Le Bayonnais._Quelle guerre ?...
Le Bourgeois._Comment !Vous ne savez pas qu'il y a la guerre ?
Le Bayonnais._J'ai entendu parler de ça il y a trois ou quatre ans,mais je croyais que c'était fini pour nous depuis longtemps !...
Le Bourgeois._Fini ?...Oh !bien sur ,ça ne va pas tarder,ils sont foutus et même les japonais se sont fait encercler à Guadalcanar !...
Le Bayonnais._De quel canard parlez-vous?
Le Bourgeois._J'ai dit Guadalcanr,bien sur vous ne connaissez-pas,c'est un peu loin en effet,mais c'est tout de même un signe que ça va changer.
Le Bayonnais._Si c'est loin que ça et que vous vouliez changer quelque chose,je puis vous dire qu'il y a à faire par ici,et que tout est à changer.Vous auriez de quoi vous amuser avec les huiles,l'administration,les flics,les contrôleurs,etc...etc...
Le Bourgeois._Pensez-vous!Monsieur,mais c'est de la médisance.Ce sont les Allemands qui prennent tout!Mais oui... au^point qu'on est forcé de cacher la viande dans les corbillards,de faire croire que les bonnes vaches sont de la charogne,de faire disparaître les cochons avant qu'ils nous les prennent....et d'envoyer nos fils en Espagne pour qu'on ne les fasse mourir de faim aux travaux forcés en Allemagne !...
Le Bayonnais._Je reconnais que pour manger,ça devient difficile !...
Le Bourgeois._Tranquillisez-vous,Monsieur,c'est bientôt fini,les Anglais et les Américains vont arriver et nous enverront des jambons par parachute.Qu'est qu'on va se mettre derrière la cravate !...
Le Bayonnais._Vous croyez vraiment qu'ils jetteront des sandwiches?
En attendant,vous m'avez dit tout à l'heure qu'on cachait la viande dans les corbillards,les beefsteacks au four crématoire et les cochons je ne sais où...Il y a bien quelqu'un qui les mange ?...
Le Bourgeois._De bons Français,Monsieur ,qui préfèrent se forcer à manger le plus possible plutôt que de le laisser prendre par ces sauvages !...
Le Bayonnais._Si c'était de si bons Français que ça,ça se saurait dans mon quartier où les gens sont maigres comme des coucous !...
Le Bourgeois._Parce que vous ne connaissez pas les adresses!...Je vais vous en donner de bonnes où vous mangerez mieux qu'avant la guerre !...
Le Bayonnais._C'est cher là-dedans?
Le Bourgeois._Non,pas trop,mais enfin,vous comprenez,il y a quelque-uns de ces cocos qui se déguisent en civils,et alors le restaurateur leur flanque un de ces coups de fusil !...Mais comme il ne connaît pas tout le monde,il fait payer à tous pareil;comme ça s'il y en a un dans le tas,il est forcé d'etr bien salé !...
Le Bayonnais._Ils faisaient ce coup-là autrefois à Biarritz aux Anglais et aux Américains,mais,tout de même,ils ne tiraient pas sur les Français !...
Le Bourgeois._Eh oui,mon ami,c'était le bon temps,celui de Blum,de Mandel,de Rotschild qu'on persécute maintenant !...
Le Bayonnais._C'est pas des noms de par ici ça,je ne les connais pas...
Le Bourgeois._C'étaient de braves juifs,de vrais patriotes.
Le Bayonnais._Des juifs?De ça j'en ai vu.A Saint-Esprit il n'y avait que ça,et qu'est ce qu'on leur a fait?
Le Bourgeois._On les a chassés,on leur a mis une étoile et on les a empêchés de travailler!...
Le Bayonnais._J'en ai jamais vu beaucoup qui travaillaient!et vous dites qu'on leur a mis une étoile?C'est donc ça que j'ai vu,moi qui croyais que c'était la mode,tellement il y en avait...il est vrai qu'on voit tant de choses bizarres en ce moment!...Tenez,vous auriez été ici tout à l'heure,que vous auriez vu passer une gamine avec aux pieds des sabots comme des échasses,une robe qu'on lui lui voyait presque le,ce que je pense,et un chapeau comme une gamelle que j'ai bien cru qu'il allait tomber ,sans doute parce qu'elle avait les cheveux dressés sur la tète comme s'il y avait de l'amidon !...
Le Bourgeois._Mais c'est très zazou ça!...
Le Bayonnais._Ah!c'était des étrangers!...
Le Bourgeois._Mais non,zazou ça veut dire:à la mode!...
Le Bayonnais._Oh!alors je dois pas être zazou moi,c'est des vieilles frusques que je finis.Figurez-vous que j'ai été assez bête de donner les autres au Secours National pour des pauvres types qui n'en avaient pas.Et maintenant il parait qu'il faut deux vieux costumes pour en avoir un neuf.Comme quoi,ceux qui ont rien donné sont moins couillons que moi !...Oh !pardon!...
(A ce moment une dame s'approche,salue le bourgeois qu'elle semble connaître.Ils prennent tous place sur le banc).
Les mêmes,plus la dame:
Le Bourgeois._Monsieur,je vous présente Madame qui est de mes amies.
(A la dame).Voici un Monsieur dont je viens de faire la connaissance et que j'étais en train de réconforter.
La Dame._Ce Monsieur est donc bien désespéré?
Le Bayonnais._Non pas désespéré,je disais seulement que ça n'allait pas fort.
La dame._Ça ne va pas fort pour eux.Je puis même vous dire à l'oreille que je suis bien placée pour savoir que les Anglais et les Américains vont débarquer la semaine prochaine !...
Le Bayonnais._Et qui vous a dit ça?
La dame._Mais,c'est la radio de Londres...
Le Bayonnais._Ah! oui,la radio.Moi,j'aime pas,c'est comme un coup de téléphone anonyme,on ne sait jamais qui vous parle...
Le Bourgeois._Mais ce sont des Français qui nous réconfortent de Londres,qui nous donnent des consignes pour résister à l'envahisseur en attendant la libération...
Le Bayonnais._Et c'est le Maréchal qui les paye pour ça ?...
Le Bourgeois._Mais non,voyons,le Maréchal est prisonnier,le vrai gouvernement c'est celui du général de Gaulle
Le Bayonnais._Mais...qui les paye alors?
Le Bourgeois._Les Anglais,sans doute.
Le Bayonnais._Alors,ils travaillent pour les Anglais?
La dame._Pour la France,Monsieur,voyons,les Anglais sont nos amis!...
Le Bayonnais._Pourtant j'ai entendu dire qu'ils avaient beaucoup bombardé et tué pas mal de Français.Si c'est ça vos amis!...
Le Bourgeois._Oui,ils ont tué quelques Français,bien sur.C'est la guerre,c'est inévitable.Il n'y a pas d'omelette sans casser des oeufs.Mais comme les Allemands se cachent parmi les civils,il n'y a que le résultat qui compte.
Le Bayonnais._Ce doit être encore un coup comme celui du restaurant dont je parlais tout à l'heure avec Monsieur.Pour un qu'on attrape il y a cinq cents imbéciles qui payent!Dites ?Vous ne vous payez pas ma tète par hasard?
Le Bourgeois et la dame en choeur._Il n'a rien compris !...
Le Bayonnais._Si!J'ai compris quelque chose,que vous êtes une paire de Jean-Foutre!...
La Dame._Insolent!...
Le Bourgeois._Et vous un mauvais Français!...
Le Bayonnais._Répète un peu ça,salopard!...Quoi,je suis bien tranquille ici à prendre mon soleil,et ce branquignolle vient me raconter une histoire de canards,de vaches,de zazous et de débarquement.Il me parle de ses amis les Anglais qui viennent chez nous détruire et assassiner,et c'est moi qui suis traité de mauvais français?Un mot de plus ,et je te lui allonge un de ces coups de pied quelque part qui te l'envoie jusqu'à Moscou!
La Dame (en extase)._Moscou!Moscou!Il a dit Moscou!Mais vous ne savez pas que les Bolchévicks sont aussi en route pour nous libérer avec leur rouleau compresseur...
Le Bayonnais._J'ai comme une idée que s'ils viennent jusqu'ici ils n'attendront pas que vos Anglais débarquent pour vous libérer de ce qui vous monte à la tète!...
Le Bourgeois._Malotru!...Venez chère amie,j'ai pour vous une petite affaire de deux wagons de sucre...et vous serez couverte...
Le Bayonnais._C'est ça!...et faites des petits...
(Le bourgeois et la dame s'en vont,et le bayonnais reprend la dissection de ses mégots
HILH DE GAY

L'Assaut

N°139 Samedi 18 septembre 1943

L'Assaut des Basses-Pyrénées

BAYONNE

Nous avons entendu,mardi,_NDLR Théâtre Municipal de Bayonne_M.Philippe Henriot qui,d'une façon magistrale a fait blêmir ou verdir quelques gaullistes venus pour chahuter,mais qui ont préféré rester bien sages,vu le nombre des camarades du P.P.F.,enthousiastes,qui assistaient à la réunion.Quelle merveilleuse soirée ,quel lumineux exposé !Est-il possible qu'une pareille voix se fasse entendre depuis si longtemps et que nous en soyons encore aux discours !...J'ai comme une vague idée que si les Juifs ou les Bolchévicks étaient au pouvoir on ne prendrait pas autant de ménagement avec nous.
§
J'ai rencontré un jeune crétin qui paradais dans un café,en racontant que le bombardement de Paris était à un seul avion qui,touché par la D.C.A. avait été obligé de lâcher ses bombes au hasard,cependant que la foule enthousiasmée criait "Vive de Gaulle !"Et le cercle des Ballandards de trouver admirable  ce trait,mais on n'a pas pu me dire combien de moteurs avait cet avion qui avait semé quelque cent cinquante bombes sur Paris.Pas davantage je n'ai pu savoir si les Anglais criaient "Vive Hitler" quand il leur arrive de recevoir quelque chose sur la gueule !
Inutile d'ajouter que quand je suis parti,on a aussitôt me faire une belle réputation de salopard.
§
Nos braves paysans gaullistes apprennent tous les jours le bombardement des villes avec une apathie toute bovine.Mais si pour plaire à Radio-Londres,on met le feu aux récoltes,ça n'est plus du jeu.
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Une permanence à Paris a été attaquée à la grenade,les vitres de celle de Biarritz ont volé en morceaux,quelques camarades ont été encore descendus....
Si nous n'avons pas de bons de textiles pour acheter des cordes de chanvre,il parait qu'on peut arriver à fêler le crane à quelqu'un à force de coups de pied dans les fesses.Que les amateurs ne se pressent pas,nous prenons des notes,et le jour de la distribution,nous prendrons bien garde de n'oublier personne.
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Les bourgeois se réjouissent de l'avance Russe les Bolchévicks auraient-ils annoncé qu'ils se battaient pour les bourgeois?La chose ne me parait pas impossible vu les monumentales âneries qu'un Gaulliste est capable de digérer.
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On nous annonce le départ de M.le Sous-Préfet et nous regrettons beaucoup de le voir partir si loin.Nous espérons que son successeur sera vite au courant des habitudes du pays.

HILH DE GAY

L'Assaut

N°142 Samedi 9 octobre 1943

L'assaut des Basses-Pyrénées

Histoire de France et Paradoxes

 

Au moyen âge les rois de France avaient chassé les Juifs.Cinq cents après,les Juifs avaient chassé les Français du gouvernement,de la radio,de l'enseignement,de la médecine,etc...,etc...,.La seule astuce qu'on ait trouvée,c'est de leur prendre un peu de l'argent qu'ils nous avaient volé.Je crois que c'est là le seul moyen de les faire rester,car tant qu'on ne leur rendra pas ils ne voudront pas partir....!
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Henri IV voulait que chaque paysan mit sa poule au pot tous les dimanches.Les paysans ont la tète dure et la comprenette difficile.Au bout de 300 ans ils ont enfin compris.Celui qui n'est pas paysan et qui veut une poule dans son pot sait ce que ça lui coûte.....
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Jeanne d'Arc a été condamnée à mort par l’évêque Cauchon.Les rites de l'Église sont parait-il immuables.Les évêques d'aujourd'hui sont toujours les amis des Anglais malgré les petites taquineries qu'ils nous ont faites depuis ,mais c'est peu être des bobards...
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¨Pendant des siècles,les Anglais nous ont fait la guerre pour nous prendre nos colonies.Aujourd'hui ils nous la font pour nous les rendre à tout prix.C'est à croire qu'ils ne savent pas ce qu'ils veulent...
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Du temps de Napoléon,les français voulaient débarquer en Angleterre.Maintenant,ce sont les Anglais qui veulent débarquer en France.Cambronne savait parler aux Anglais,les Français ne parlent que de Churchill.
Napoléon était parti tout seul pour se faire emprisonner par les Anglais.Ils ont su le garder avec de bons geôliers.De nos jours on leur livre Mussolini tout ficelé et ils se le laissent barboter.C'est à n'y rien comprendre.
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De tous temps les Français sont partis en guerre pour défendre les opprimés et punir les atteintes à notre honneur.Un coup d'éventail à un ambassadeur a suffi pour qu'on aille conquérir l'Algérie.
De nos jours ,c'est différent.Les descendants de ceux qui ont été libérés par La Fayette et Rochambeau ,viennent libérer les Français en les étripaillant,et le gouvernement venge ses administrés à grands coups de condoléances émues et attristées et c'est tout.
Ne dites à personne qu'on devrait fusiller quelques milliers d'Anglais,d'Américains ou de Juifs que nous avons ici,à titre d'expérience ou pour les libérer du joug allemands en échange de bons procédés...
Ce n'est pas étonnant d'entendre dire que la politesse française se perd...
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Si un commerçant voulait s'établir marchand de pendules et qu'il les fasse faire à un cordonnier,j'ai comme une vague idée qu'il n'y en aurait pas beaucoup qui sauraient l'heure qu'il est..
De nos jours,l’État Français organise la Révolution Nationale sans révolutionnaires,et un coiffeur peut très bien être nommé contrôleur des céréales sans que personne s'en étonne.
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Ce ne sont pas les Anglais qui ont bombardé Paris,Nantes ou Montluçon.Ce sont les Allemands qui survolent les bombardiers pour les toucher avec des bombes qu'ils laissent tomber dessus.Comme ils les les manquent régulièrement,attendu que les pilotes américains sont élevés au wisky et qu'ils zigzaguent un peu,ça fait du bruit en bas et quelque fois des dégâts.
Ça apprendra aux Allemands à s'en tenir aux vielles méthodes,puisque quand j'étais petit on m'enseignait déjà qu'on attrapait les oiseaux en leur mettant du sel sur la queue.
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Une délégation bayonnaise s'en va trouver le Maréchal Pétain.Parmi les célébrités qui vont représenter la région,on trouve Monsieur Etcheverry-Ainciart qui portera sans doute le drapeau pu la motion de fidélité.Il aura droit à toutes les félicitations de Vichy,car son fils est passé en Espagne pour remplir ses devoirs de bon Français.
Comme délégation,ils auront bonne mine.
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M.l'Ingénieur de la ville de Bayonne se servait d'une Simca pour accaparer toute l'essence allouée à la ville et économiser ses bons de chaussures.Nous avons eu le malheur de signaler la chose dans l'"Assaut",depuis ce jour-là M.l'Ingénieur se sert d'une Peugeot et aurait pris un tank pur nous narguer si les troupes d'occupation ne faisaient bonne garde...
Dans ce coup-là,c'est nous qui avons bonne mine!...
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Avant la guerre,la République bouffait du curé tous les jours et naturellement les curés étaient anti-républicains.Depuis que la République est morte,Dieu seul sait tous les mimacs qu'ils font pour son retour...

Pour les camarades qui n'auraient pas écouté la radio anglaise cette semaine,ni l'année dernière,ni l'année avant,nous leur dirons que le disque est toujours le même :"Éloignez-vous des cotes,dans huit jours nous arrivons".
Ceux qui n'ont pas prévu une fausse carte d'identité sont priés de ne pas s'adresser à la police de Biarritz,ils y seraient mal reçus...
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Dans les mondanités,nous relevons le nom de M.Harnegaray,actuellement en villégiature.Pour lui,à force d'attendre,le jour J et l'heure H sont enfin arrivés.
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Il parait que le roi d'Italie a refusé de se rendre dans son empire d'Abyssinie à une invitation à souper du Négus.Entre alliés ce sont des choses qui ne se font pas...
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Dans le but de coloniser toutes les terres incultes,suivant l'ordre du Maréchal,la municipalité de Bayonne,ne reculant devant aucun sacrifice,a décidé de transformer la place qui va de la poste à la gare du B.A.B. en prairie naturelle.
L'expérience a dépassé toutes les espérances et les autorités allemandes ont très bien compris ce geste de collaboration,puisque leur travail défensif au moyen de barbelés,se trouve entièrement complété par la majestueuse végétation qui cachera bientôt la poste aux regards des Anglais qui arriveraient de Blancpignon.

HILH DE GAY

Sources:

Editions Cairn


Bibliothèque des Archives départementales à Pau(Pas de prêt)
Georges Despaux à Buchenwald - Des dessins pour l’histoire
Cote BIB UM Article 780

Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques
Site de Pau
Dossier d'instruction Despaux_30 W Article 42 Cour de Justice des Basses-Pyrénéees.

L'Assaut 
La quasi totalité de la collection est consultable à la Bibliothèque nationale de France

Site François-Mitterrand, Bibliothèque de recherche. Sur papier, cote : GR FOL-JO-2743 : a. 1, n° 1 (1940, 15 sept.)-a. 5, n° 183 (1944, 19 août) <inc.> ; lac. : 1941, n° 49


La collection légèrement lacunaire,conservée par les Archives départementales de la Gironde est non communicable jusqu'à restauration et numérisation.



Collection privée

Article associé du blog Retours vers les Basses-Pyrénées

Georges Despaux :du Parti Populaire Français de Bayonne au triangle rouge de déporté politique à Buchenwald

Pour aller plus loin 

La propagande en France pendant la Seconde Guerre Mondiale
Une exposition permanente des élèves de 3° du collège Jacques Prévert de Bourg sur Gironde
Professeur M.JURIE
Coordonnées
Collège Jacques Prévert
2 Rue des Écoles
B.P. 58
33710 BOURG SUR GIRONDE

Une initiative du Défenseur des droits pour faire face au racisme

Egalité contre le racisme 

Ressources