samedi 29 novembre 2014

Nos sénégalais pendant la Grande Guerre .....et la suivante

A la vitrine d'un bouquiniste bayonnais  "Nos sénégalais pendant la Grande Guerre".
Le chapitre IX intitulé Les calomnies aborde la campagne  de propagande raciste contre  l'occupation de la rive gauche du Rhin par des troupes "noires" françaises. 
Cette campagne connue sous le nom  « Honte noire » «Schwarze Schmach» aura des conséquences lors  de la Seconde Guerre mondiale.En effet ,les allemands renvoyèrent  les soldats  africains de l'armée française  dans des camps de prisonniers de la zone occupée appelés Frontstalag.


Achevé d'imprimer le 30 juin 1922 par l'imprimerie spéciale des "Voix Lorraines" 21 rue du Maréchal Franchet d'Esperey à Metz.
196 pages, 6 illustrations










De quoi les boches les accusent-ils?
1°D être un danger de contamination par la tuberculose,la syphilis et la maladie du sommeil;
2°De commettre des attentats de toutes sortes,vols,coups et blessures,viols et assassinats.
Insister sur le premier point serait chose vaine;le professeur Bovrel ayant déclaré (Annales de l'Institut Pasteur,tome mars 1920),que les Européens ne peuvent gagner la tuberculose des noirs.Cette maladie est d'ailleurs combattue avec acharnement.Les noirs sévèrement atteints,sont rapatriés,les autres reçoivent des soins dévoués à l’hôpital 67 (Fréjus).
D'autre part ,la vaccination a réduit à 75 pour cent la mortalité due aux pneumonies;les quelques dysenteries constatées en cours de route ont disparu devant un traitement énergique.
En ce qui concerne la maladie du sommeil et la peste,pas un seul cas n'en fut constaté.
Quant à la syphilis,elle est tellement répandus de l'autre coté de la frontière,que les autorités rhénanes (et nous devons les en remercier)ont,dès le premier jour de notre occupation,mis notre service de santé en garde contre elle.
Bref,les statistiques (basées sur les constatations du médecin inspecteur des troupes coloniales) prouvent qu'en Rhénanie l'état sanitaire des troupes noires s'est montré légèrement supérieur à celui des troupes blanches.
Voici donc le premier point réduit à néant.
Reste le second,infiniment plus important,car c'est en lui que prirent les attaques les plus violentes.
Sa réfutation est aussi facile.
Considérons d'abord les adversaires,ceux qui,par tous les moyens possibles répandent les calomnies contre nous:aux journalistes allemands quelques "alliés" se sont mêlés,observent certains.Soit,mais voyons les garanties qu'ils offrent.Parmi eux,disons le de suite,on ne trouve que ceux-là dont les idées dites "internationales"coïncident toujours,par un étrange hasard,avec les intérêts,les besoins des désidérata allemands.
On trouve parmi eux des hommes comme cet Edwin Emerson,qui depuis 1917,se consacre à la propagande antialliée dans le "Continental Herald",et des français comme Longuet et Barbusse.Il n'y a pas lieu d'insister sur de telles personnalités.
Par contre,les réfutations émanent de personnes les plus dignes de foi.
Les plaintes,d'ailleurs,sont aussi peu nombreuses que leur est exploitation est bruyante;la plupart des accusations sont imprécises,ne donnant ni le lieu,ni la date du prétendu attentat,ce qui ne permet pas l’enquête;de plus elles sont simultanées,ce qui prouve que-comme la plupart des campagnes allemandes-elles tirent leur origine non du fait qu'elles allèguent,mais du mot d'ordre reçu de Berlin.
(C'est d'ailleurs l'avis autorisé de plusieurs bourgmestres rhénans.)
Il arrive même que les soi-disant victimes refusent de porter plainte ou se rétractent.L(affaire n'est pas "classée" pour cela,car,en ce cas,ce sont les autorités allemandes qui se substituent à elles.
Le faible nombre de ces plaintes constitue,malgré tout,une preuve éclatante.
Entre le jour de l'armistice et le 1 er février 1921,sur 227 enquêtes faites,72 plaintes seulement ont été reconnues fondées,5 méritant des sanctions graves,une seule les travaux forcés.Or l'effectif de nos troupes de couleur avait toujours varié entre 20.000 et 35.000 soit une moyenne de 27.500,ce qui met le pourcentage des délits à un peu plus de 3 pour mille hommes et celui des délits graves à 1 pour 5500.
La publicité donnée aux débats,auxquels des journalistes allemands ont toujours été admis,éloigne toute idée d'indulgence.
Quoi qu'il en soit,nos affirmations pourraient sembler insuffisantes,si nos alliés les plus autorisés ne venaient pas les renforcer.
Le sous-secrétaire d’État américain Davis,après avoir reconnu la sévérité des juges français,a stigmatisé dans une note "Le caractère mensonger et calomnieux de la propagande éhontée".
Les autorités américaines en pays rhénans,dit,d'autre part,M.Colby,déclarent "que les prétendues histoires d'atrocités noires n'avaient pas leur origine dans les régions occupées ,mais à Berlin,et semblaient n’être pas autre chose que de la propagande antifrançaise."
Et le chef d'occupation des troupes américaines ,le général Allen,dont nous parlions au début de ces lignes,spécifie dans son rapport:
"L'attitude de certaines classes de femmes allemandes en face des troupes de couleur a été de nature à provoquer des incidents.Par suite d'une situation économique très précaire et pour d'autres raisons,tirent leur origine de la guerre,la prostitution a pris,en Allemagne,un développement anormal et beaucoup de femmes de mœurs légères ont fait des avances aux soldats de couleur,ainsi qu'il ressort de nombreuses lettres d'amour et photographies a eux adressées et classées maintenant dans des dossiers officiels .Il s'est produit plusieurs cas de mariages de femmes allemandes avec des soldats français noirs.....
A Ludwigshafen,lorsque le 7e tirailleurs partit pour Francfort,il a fallu envoyer des patrouilles pour maintenir à distance les femmes allemandes qui envoyaient des baisers aux troupes de couleur à travers les grillages des fenêtres des casernes."
Il déclare,lui aussi,pour conclure,que les accusations,formulées en bloc par la presse allemande,d'atrocités,telles que viols,mutilations,meurtres,etc,sont fausses et n'ont pour but que la propagande politique;que les quelques cas de violences qui se sont produits ont été sévèrement punis par nos autorités militaires,et souhaite,pour sa part,"que tous les corps d'occupation aient toujours la même bonne conduite,modération,courtoisie,que le Français."
Tout autant que l'Amérique,l'Italie avait été vigoureusement travaillée par la propagande allemande,il est donc certain qu'une certaine prévention devait exister,qui n'était pas en notre faveur.
Quoi qu'il en soit,après avoir été amplement documenté par des personnalités compétentes,entre autre le Commandant Cancani et M.Fidel ,délégué du Comité d'assistance aux troupes noires,dont la documentation minutieuses et la dialectique précise sont au -dessus de tous les éloges;après avoir rendu hommage à l'esprit d'égalité de la politique indigène,dont le Parlement est le seul Parlement européen ou siègent des députés et des sénateurs de couleur,le Congrès adopta à l'unanimité un ordre du jour reconnaissant la fausseté des "accusations intéressées par la propagande allemande,en ce qui concerne l'attitude et la situation sanitaire des troupes de couleur" et émit le vœu:
"Que,dans le plus bref délai,sur l'initiative de la compétente Société antiesclavagiste de France ou du Comité d'assistance aux troupes noires,soient réunis,résumés et publiés les résultats définitifs des enquêtes effectuées sur l'emploi des troupes de couleur en Europe,afin d'établir un document définitif et irréfutable,permettant d'éviter la répétition des incidents très graves provoqués par la graduelle et fatale exaspération des haines de races inextinguibles."(1) .
C'est à l'heure actuelle,chose faite:
"La réfutation de la campagne d'accusations contre les troupes françaises de couleur,en territoires rhénans occupés" par M.Camille Fidel,Comité d'assistance aux troupes noires,58 ,rue Saint-Lazare,Paris 1922.
Pas une seule des calomnies ennemies ne saurait tenir contre la netteté d'un tel document.
Ici,la justice nos force à reconnaitre que tous les Allemands n'ont pas trempé dans ce mensonge.Beaucoup,au contraire,ont tenu à ne pas en être cru solidaires.
De hautes personnalités rhénanes ,maire,commissaires de police et autres,ont certifié la bonne tenue de nos Français de couleur ,affirmant,comme nous l'avons dit plus haut,que toutes les plaintes partaient non des provinces occupées,mais de Berlin même,et protestant contre les "exagérations injustes" de la presse allemande,que bien des journaux d'outre-Rhin ont d'ailleurs blâmées.
Le haut clergé catholique rhénan a carrément refusé de s'associer à la campagne calomnieuse.Le "Mannheimer Tageblatt",les "Voelklinger Nachrichten",le "Christliche Pilger",etc,accusent non les noirs,mais les femmes allemandes allemandes qui se "jettent au cou des soldats d'occupation" et reconnaissent que, dans plusieurs localités,il faut défendre contre elles les encirons des casernes.Et la
"Frau in  Stadt"affirme que,ce qu'on a nommé la "honte noire" est,au contraire ,la "honte blanche",la honte des Allemandes!
Maximilien Harden abonde dans le même sens,affirmant dans la "Zukunft" que les noirs n'ont pas besoin de recourir à la violence,ne pouvant suffire à toutes les propositions galantes qui leur sont faites.Il conseille aux "gens trop excités,de se rappeler que la France a souffert sous la domination étrangère,précisément sur le terrain de la violence sexuelle",et il dévoile ,lui aussi,le vrai but de Berlin:faire cesser l'occupation.
Le "Kampf" de Munich,va plus loin encore et voit dans les campagnes contre les noirs une manœuvre pour préparer la revanche.
Les citations de cette nature pourraient se multiplier ainsi que les lettres et témoignages de toutes sortes.Lettres et témoignages de Rhénans récusant les calomnies,reconnaissant loyalement la bonne conduite de nos noirs,disant leur douceur avec les enfants et leur respect de la faiblesse féminine,notamment au service français de la circulation de Francfort,où ils eurent à défendre les femmes allemandes ,même celles qui portaient des enfants dans leur bras,contre la brutalité de leurs concitoyens.
A quoi bon insister davantage ?La cause n'est pas entendue.....du moins par ceux qui veulent bien entendre?Le seul sujet sur lequel nous nous permettons de revenir,c'est notre propre contre-propagande.
Ainsi que le Congrès de Rome l 'a demandé,il était urgent que les documents irréfutables qui ont lavé nos nationaux de couleur des accusations infâmes soient au plus vite réunis.Il sied maintenant de les voir publier dans le monde entier.
En face de notre inaction,de nos lenteurs,la haine allemande se multiplie.Faisons hautement justice de ses calomnies.C'est le seul moyen de conserver l'amitié de nos amis,l'estime de tous ,et d'assurer la paix future,dont les ferments de haine soigneusement entretenus ne tarderont pas à miner la base.
C'est aussi un devoir sacré,un devoir envers ces héroïques calomniés,qui ont tant contribué à la victoire,un devoir,enfin,envers la Patrie elle-même;car si la force,à certaines heures,ne peut être cimentées que par le sang de ses fils ,c'est leur honneur maintenu sans tache qui,plus encore que leur sang et que leur mérite,conserve sa gloire intégrale.


Soldats nés au Sénégal décédés dans les Landes et Basses-Pyrénées 

pendant la Seconde Guerre mondiale


Dicory Bande né en 1917 à Sarigassy
Mort pour la France le 23-11-1940 hôpital complémentaire _hôtel_ continental à Biarritz, 64 
Unité:


Niguecoua
Mort pour la France le 21-03-1941 Bayonne, 64
Cause du décès:


Niguecoua
rue des Gouverneurs,n°8






  1914 à Toubé
Mort pour la France le 17-05-1941 Pau, 64
Unité:Régiment d'artillerie
Cote:


Mamanagou KOUDIABI né en 1918 à Mandega
Mort pour la France le 13-11-1941 Sainte Eulalie, 40 - Landes
:

 
  1914 à Yaudabou
Mort pour la France le 10-12-1941 Bayonne, 64 rue des Gouverneurs,n°7 et 9
Cause du décès:maladie
Unité:



Arlidionna FAE  né en 1914 à Kaolak
Mort pour la France le 20-07-1942 Anglet, 64 ,hôpital militaire du Val Fleuri.Acte de décès N°127
Cause du décès:maladie
Unité:




Ousseynou Baye né en  1907 à Meckle
Mort pour la France le 31-07-1942 à Anglet, 64,hôpital militaire du Val Fleuri.Acte de décès N°135
Cause du décès:
Unité:





Baba Gname né en 1911 à Bokidiave - Cercle Matam  
Mort pour la France le 03-10-1942 à Anglet, 64, hôpital militaire du Val Fleuri.Acte de décès N°171
Cause: du décès:maladie

 
Mort pour la France le 16-03-1941 à  Pau, 64 
Unité:

Labathy Djitte né en 1912 à Bakadadj
Mort pour la France le 27-05-1943 à Anglet, 64,hôpital militaire du Val Fleuri.Acte de décès N°76
Cause du décès:maladie
Unité:




Mort pour la France le 21-06-1943 à Anglet, 64,hôpital militaire du Val Fleuri.Acte de décès N°86






1915 à Ouakadiame
Mort pour la France le 03-09-1943 à Pau, 64
Cause du décès:



1918 à Gnomar
Mort pour la France le 15-05-1944 à Anglet, 64,hôpital militaire du Val Fleuri.Acte de décès N°103
Cause du décès:maladie
Unité:


Gaye Abdou né en 1911 à Tobélou
Mort pour la France le 15-06-1944 à Pau 64-
Cause du décès:maladie

Mousse Gueyeen 1919 à Gaé
Mort pour la France le 09-07-1944 Bayonne, 64 , rue des Gouverneurs,Numéros 7 et 9
Unité:




Décédé(e) le 17-12-1944 à Pau, 64
Mention:Non Mort pour la France 
Cause du décès:maladie
Cote:




Pour en savoir davantage

fichier pdf 10 pages


 
De la rue des Gouverneurs à la crypte du cimetière Saint-Léon de Bayonne

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