31 juillet 2025

Le 49e Régiment d’Infanterie pendant la campagne 1939 -1940

1 er septembre 1939, l’armée allemande envahit la Pologne.

3 septembre  la Grande-Bretagne  et la France déclarent la guerre à l'Allemagne Nazie.

  

Le 49e Régiment d’Infanterie pendant la campagne 1939 -1940

Extraits d'une brochure signé Jean Deyme chef de Bataillon

 

Table des matières

I. Préface du Colonel Hargoaa

II. Mobilisation.

III. Transport aux armées.

IV. En secteur dans la région Epping, Voimunster, Rohrbach, Siersthal.

V. Repos en Alsace.

VI. En secteur dans la région de Climbach-de-Pigeonnier.

VII. Le 49 e Régiment d’Infanterie devient le 49 e régiment d’Infanterie Alpine.

VIII. De Bitche à Ciray-sur-Vezoux

IX. Derniers combats.

X._ Le II/49e R.I.A. du 15 juin au 22 juin

XI. Conclusion.

Photos et cartes

I._Le Lieutenant-Colonel Hargoaa présente le Drapeau au R.I._Bayonne,allées Paulmy,12 septembre 1939

II._ Le Lieutenant-Colonel Hargoaa,commandant le R.I.

A la mémoire de tous les Officiers, Sous-Officiers et Hommes du 49 e Régiment d’Infanterie morts au Champ d’Honneur ou en Captivité

_ Allocution du Colonel Hargoaa

IV._ Prise d’armes du 12 septembre 1939 à Bayonne. Le Drapeau du 49 e Régiment d’Infanterie et la Garde.

V._ Prise d’armes du 1 er mai à Urwiller. Le Général Decharme passe en revue le Régiment d’Infanterie.

VI. _ Prise d’armes du 1 er mai à Urwiller.Le Drapeau du 49 e Régiment d’infanterie et sa garde.

VII. _ Prise d’armes du 1 er mai à Urwiller. Le Général Decharme s’incline devant le Drapeau que lui présente le Colonel Hergoaa

VIII . _ Prise d’armes du 1 er mai à Urwiller. Le Général Decharme donne l’accolade au Lieutenant-Colonel Hergoaa

 

I._MOBILISATION

Le 27 juillet 1919, après bientôt cinq années d’absence, le 49e regagne triomphalement Bayonne. Dans un dimanche lumineux d’été, la cité s’est parée aux couleurs tricolores.

Le défilé commence en présence du Général de Séreville. Les hommes passent sous des arcs de triomphe dans les rues pavoisées et l’enthousiasme se donne libre cours jusqu’à la nuit, musiques militaires alternant avec chants populaires basques.

Bayonne fête la Paix et son régiment retrouvé.

 

Vingt années se sont écoulées ; nous sommes en septembre 1939.Le 49e vient de renaître. De tous les coins du Sud-Ouest, les réservistes rejoignent leur unité, pour défendre, une fois de plus, notre Patrie menacée.

Âgés de 25 à 30 ans, habitués pour la plupart à la rude vie campagnarde, ces fils de l’Ariège, de la Charente, de la Gironde, mais surtout des Landes, des Hautes et des Basses-Pyrénées vont former le noyau actif fourni par le 18e R.I.,le 49 e Régiment d’Infanterie ,sous le commandement du Lieutenant -Colonel Hargoaa.

Pendant huit jours, au cours d’un incessant va-et-vient, les unités perçoivent au Centre, leur lot de mobilisation.

Les 1er,2e,3e Bataillons et la C.H.R sont installés place Saint-André, dans l’ex-Hôpital, la C.R.E. au cinéma Saint-André. La C.D.T., ainsi que le P.C. du Colonel, à l’ancien Lycée des Jeunes Filles, rue des Gouverneurs.

Il serait fastidieux de passer en revue tous les incidents qui émaillèrent ces journées. Toutes les opérations de mobilisation auront lieu, dans l’ensemble, normalement. Mais, hélas, bien des choses manquent.

Le matériel auto est vieux, fatigué. La diversité des marques rendant l’approvisionnement en pièces détachées difficile immobilisera rapidement un grand nombre de camionnettes.

Les chevaux sont en bon état, mais trop légers pour les voitures. Les bataillons partiront sans voiturettes porte-mortiers de 60 et sans canon de 25.

Mais chacun a pris sa tâche à cœur et, malgré les difficultés sans nombre, grâce à l’énergique impulsion de son chef, le Lieutenant-Colonel Hargoaa,le Général Decharme, commandant la 35 D.I. et le Général Delaissey, commandant l’I.D. 35, pourront voir ,le 10 septembre, le régiment au complet en tenue de départ.

Le 12 septembre, sur les allées Paulmy, par une belle matinée d’automne, le Lieutenant-Colonel Hargoaa passe en revue le Régiment et le présente au Drapeau

« Officiers, Sous-Officiers, Caporaux-Chefs, Caporaux et Soldats

Chers Amis,

Hier, dans un ordre du jour très modeste, je vous exprimais les sentiments que j’éprouvais au moment où je prenais le commandement du 49 e Régiment d’Infanterie.

Aujourd’hui, j’ai fait amener devant vous le Drapeau de ce Régiment, qui est votre.

Regardez cet emblème sacré ! Il porte dans ses plis, entre autres noms de Bataille ,ceux de :

Craonne :1917

Montdidier, Courcelles, Laonnais :1918

Vous savez tous que ces mots, dans leur simplicité, représentent d’abnégation, de courage et d’héroïsme déployés par les Anciens Combattants du 49 e R.I.

Aussi, quand retentira tout à l’heure la sonnerie « Au Drapeau », vous ferez, nous ferons tous le serment de nous serrer comme un faisceau autour de lui pour la défense de notre Patrie, de notre Liberté menacées.

Mieux que cela, nous prendrons la résolution de nous montrer impitoyables à l’égard de cet ennemi héréditaire qui, dans l’espace de vingt-cinq ans, et au mépris de toutes les divines et humaines, a semé parmi nous le fléau de la guerre.

Et c’est ainsi, qu’animés d’une froide résolution, nous aurons la victoire totale et complète, celle-là. Il faut que la France vive. Et, en un seul élan, tous les enfants se sont levés et ont répondu : » Elle vivra »

 

« Au Drapeau ! »

Après cette cérémonie, le Drapeau et sa garde viennent se placer devant le Monument aux Morts, à côté du Colonel. En face d’eux, prennent place l’État-major du Régiment et la 10 e Compagnie, commandée par le Capitaine Arbeletche, ancien du 49e R.I. et Président des Anciens Combattants de 1914-1918.

Bayonne est venue en foule saluer son Régiment.

Les Bataillons, en colonne par six, suivis de l’échelon motorisé, passent successivement et font tète droite devant le Drapeau. Des hommes et des femmes ont les yeux mouillés de larmes. C’est un spectacle émouvant qui restera gravé dans les mémoires.

 

II._TRANSPORT AUX ARMÉES

L’heure du départ est proche. Le 14 septembre, à 2 h22,le premier train quitte Bayonne.

Voici, au départ de Bayonne, l’encadrement du Régiment :

E.M. du R.I. :

Lieutenant-Colonel Hargoaa, commandant le Régiment ;

Chef de Bataillon Pauly, chef d’État-major ;

Capitaine de Mendite, adjoint au Colonel ;

Lieutenant Loustau, chargé de liaisons ;

Lieutenant Favard, officier de renseignements ;

Médecin-Capitaine Azema, médecin-chef ;

Lieutenant Cabarbaye, officier des détails

 

Compagnie de C.D.T. :

Capitaine Pambrun, commandant la Compagnie ;

Lieutenant Dougier, aux pionniers ;

Sous-lieutenant Laborde, aux transmissions ;

Sous-Lieutenant Schneider, aux motos ;

 

Compagnie-Régiment d’Engins

Lieutenant Secher, commandant la Compagnie ;

Lieutenant Curutchet ;

Lieutenant Ducos ;

 

Compagnie Hors-Rang

Capitaine Dade-Brenjot, commandant la Compagnie ;

Lieutenant Ribéreau, officier d’approvisionnement ;

Lieutenant Cote, officier de ravitaillement ;

Lieutenant Rebeyrol, officier dépanneur ;

Lieutenant Loustau, dentiste ;

Lieutenant-Vétérinaire Bernard ;

Lieutenant Brunet, pharmacien ;

 

1er Bataillon

Chef de Bataillon Soulier, commandant le Bataillon ;

Capitaine Honta, Adjudant-Major ;

Lieutenant Moras, officier de renseignements ;

1 re Compagnie

Capitaine Blarda ;

Lieutenant Billières ;

Lieutenant de Antonio ;

Sous-Lieutenant Nadal ;

2 e Compagnie

Capitaine Lastrade ;

Lieutenant Danlos ;

Lieutenant Lombard ;

Sous-Lieutenant Stril ;

3 e Compagnie

Capitaine Lahille ;

Lieutenant Monginet ;

Sous-Lieutenant Davenet ;

Sous-Lieutenant Périer ;

C.A.B.I.

Lieutenant Gorel ;

Lieutenant Dachary ;

Lieutenant Despaux ;

Sous-Lieutenant Dutoya ;

 

2e Bataillon

Chef de Bataillon Picard , commandant le Bataillon ;

Lieutenant Picot, Adjudant-Major ;

Lieutenant Dufour, officier de renseignements ;

Médecin-Lieutenant Thévenin ;

3e Bataillon

5e Compagnie

Lieutenant de Brem ;

Lieutenant Vignaud ;

Lieutenant Loustalot ;

Lieutenant Robert ;

6e Compagnie

Capitaine Lambert ;

Lieutenant Sentucq ;

Lieutenant Mihura ;

Sous-Lieutenant Duleau ;

 

7 e Compagnie

Capitaine Lapèze ;

Lieutenant Moulie ;

Sous-Lieutenant de la Bigne ;

Sous-Lieutenant de la Teyssonnière ;

C.A.B. 2e

Lieutenant Fournié ;

Lieutenant Suzanne ;

Lieutenant Barboux ;

Sous-Lieutenant de Stampa ;

 

3 e Bataillon

Capitaine Maurel, commandant le Bataillon ;

Capitaine Dulucq, Adjudant-Major ;

Lieutenant Thibaudat, officier de renseignements ;

Médecin-Lieutenant Sehabiague.

9e Compagnie

Lieutenant Deyme ;

Lieutenant Dachary ;

Lieutenant Aussel ;

Sous-Lieutenant Cazamayou.

10 e Compagnie

Capitaine Arbeletche * ;

Lieutenant Lencou ;

Sous-Lieutenant Commet ;

Sous-Lieutenant Lafay.

*Complément du blog  Donner le nom d'Henri-Arbeletche à une rue de Bayonne  

11 e Compagnie

Capitaine Habarès ;

Lieutenant Dutéou ;

Sous-Lieutenant Bellocq ;

Sous-Lieutenant Lavenue.

 

C.A.B.3

Lieutenant Saint-Martin ;

Lieutenant Oudet ;

Lieutenant Canet ;

Sous-Lieutenant Dupin.

 

Six trains seront nécessaires pour embarquer tous les éléments du Régiment. Voyage long et fatigant, puisqu’il nous faudra trois jours avant d’atteindre notre zone de débarquement.

Nous traversons Bordeaux, Coutras, Périgueux, Limoges, Argenton, Juvisy, Valenton, régulatrice de mouvement, Epernay, Mirecourt et Sarrebourg.

Le débarquement des unités a lieu dans la région de Saverne.

Travail long et pénible en raison du manque d’entraînement des hommes et de la fatigue générale.

Sous une pluie battante, les différents détachements gagnent en suivant la route nationale qui passe au col de Saverne, Danne-les-Quatre-Vents, où ils doivent cantonner.

Après un repos bien gagné, nous pourrons, du 18 septembre au 1 er octobre, faire un peu d’instruction. Il y a beaucoup à faire et le Chef de Corps, matin et soir, vient sur les différents terrains d’exercice, prodiguer à tous de bienveillants conseils.

L’accueil chaleureux des habitants, le cadre enchanteur des belles forets vosgiennes, la douceur de ces dernières belles journées de septembre, pourraient nous faire oublier que nous sommes en guerre si, de temps en temps, le bruit lointain du canon ne nous rappelait à la dure réalité.

Le Colonel procède à quelques nominations et mutations. Le Capitaine Lapèze est nommé Adjoint-Major au 2 e Bataillon en remplacement du Capitaine Picot, qui prend le commandement de la 7 e Compagnie.

 

III En secteur dans la région Epfing-Volmunster, Rohrbach-Siersthal

Extraits

Le 1 er octobre, alors que rien ne permettait d’envisager un changement de la situation, un télégramme arrive : » Le Régiment embarquera en camion avec ses cuisines roulantes, à partir de 19 heures. Le campement partira à 15h.30 ».

Le Chef d’État-major passe vers 14h.30 pour s’assurer que tout sera prêt et préciser que les équipages hippomobiles partiront par la route en fin d’après-midi.

Vers 20 heures, avec un léger retard sur l’horaire, un groupe du Train disposant d’autobus parisiens s’immobilise sur la route de Phalsbourg à Saverne, et, aussitôt, l’embarquement commence. Embarquer en camions, en pleine nuit  sous une pluie battante, un Régiment entier, quinze cuisines roulantes et les attelages, avec du personnel n’ayant jamais fait ce travail, est certes une gageure.

Vers 23 heures, la colonne s’ébranle et roule tous feux éteints à une assez vive allure vers Rohrbach, où les unités arrivent entre 3 et 4 heures.

Le 1 er Bataillon est immédiatement dirigé sur Bettwiller,le 2 e sur Petit-Rederching, le 3e et l’E.M. restent à Rohrbach.

Nous venons de quitter une région pleine de vie ; un spectacle pénible nous attend. Les villages évacués que nous devons occuper ont été saccagés, pillés. Les armoires sont éventrées, le linge a été jeté çà et là dans les pièces. Rien ne peut excuser une pareille conduite. Des ordres formels sont donnés par le Colonel, car le 49 R.I.au feu comme au repos, doit toujours donner l’exemple.

(…)

Dans la nuit du 16 au 17 novembre, le 1/49 et le II/49 sont relevés par deux bataillons de Chasseurs de la 43 e D.I.

Le 17 au soir,le Colonel commandant le 49 e passe le commandement au Colonel de Vanssay,commandant la ½ Brigade de chasseurs.

Dans la nuit du 18 au 19,le III/49 est relevé à son tour.

Le Régiment part au repos ;il l’a bien mérité. Presque toujours sur la brèche depuis le 1 er octobre, Gascons, Basques, Landais, Béarnais, ont justifié pleinement la confiance que le Commandement avait dans le 49 e Régiment d’Infanterie.

Avant de faire cette partie du séjour en ligne du Régiment, il me paraît intéressant de citer un fait qui marque bien la fourberie de la propagande allemande.

Depuis quelques temps, des hauts parleurs, installés à proximité des lignes, nous abreuvent à la tombée de la nuit, de musique française et de discours de propagande.

Un beau matin, quel ne fut pas notre étonnement en apercevant, à une distance de 500 mètres environ de nos premières lignes, de superbes pancartes où l'on pouvait lire « La France aux Français » ; » Évitez la guerre à la doulce France. ».

 Un Sous-Officier de la 1 re Compagnie, en bonnet de police, sans équipement, se dirige calmement vers elles. Il les arrache et les jette à terre. À ce moment, un violent tir de mitraillettes se déclenche, obligeant X… a quitté le terrain.

Quelques instants après, il regagnait, indemne, sa section, chaudement félicité par tous ses camarades.

C'était la suite de ce premier séjour en  secteur, que le Haut Commandement, à la demande du Chef de Corps , autorisera le Régiment à porter le béret basque , cette coiffure régionale dont tout le contingent était si fier..

(...) 

Brochure tirée sur les presses des ateliers Deniaud Frères (Anciens de la 35e D.I.° 100,rue de Belleyme, Bordeaux

Compléments du blog

La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, 2 sept. 1939, p. 2/4

 Officiers interprètes pour le Camp de Gurs

Par suite des opérations de mobilisation, les officiers interprètes d’Espagnol du camp de Gurs ont rejoint leur poste.

Les officiers dégagés d’obligation militaire ou sans affectation désireux d’être employés comme interprètes au camp des miliciens espagnols de Gurs (B.P.) sont invités à adresser d’urgence leur demande à l’état-major de la 18 e région à Bordeaux.

ARRESTATIONS de magistrats communaux et de militants communistes

La Sûreté nationale vient de procéder à l’arrestation de MM.Lanusse, maire communiste du Boucau ; Landaboure, premier adjoint ; Lesgourgues et Garatin, conseillers municipaux du Boucau, ainsi que MM.Albert Castex, adjoint au maire communiste de Tarnos,Laporte premier adjoint au maire d’Anglet ;Lagarde et Courbin, conseillers municipaux d’Anglet.

Tous ont été écroués à la prison de Bayonne.

Les militants communistes Lanusse, fils du maire du Boucau ;Albert Mora, Ducom, Lataste, Cavador, du Boucau, et Péan et Babinot , de Bayonne, ont été également arrêtés et écroués.

 

La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, 4 sept. 1939, p. 2/4

LE FOYER DU SOLDAT

Une indiscrétion nous permet d’annoncer que, sur l’initiative de M.le commandant Boissel, fondateur du Musée Basque, la création d’un « Foyer du soldat » est en voie de réalisation à Bayonne.

 

Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, 4 sept. 1939, p. 3/4

La mobilisation dans l’Empire colonial

Paris, 4 septembre. Le  ministère des Colonies communique : » Il résulte des nouvelles parvenues de diverses parties de notre empire colonial, que la mobilisation s’effectue partout dans un ordre parfait et un grand enthousiasme patriotique.

De nombreux indigènes coloniaux résidant dans la métropole ont demandé à s’engager et se sont adressés à cet effet au ministre des Colonies.

M. Georges Mandel a décidé de constituer, rue Oudinot, un service spécial où ceux-ci pourront trouver des indications et des facilités pour contracter un engagement dans l’armée française pendant la durée de la guerre.

 

Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, 5 sept. 1939, p. 1

 « L’heure est à prendre garde des ennemis de la Patrie «  écrit M.Henri Béraud.

Dans un de ces articles frémissant dont il a le secret,M.Henri Béraud * pose la question :

« On nous dit que l’heure n’est plus aux vaines querelles.Il est vrai.L’heure est à serrer les dents et les poings.Mais l’heure est aussi à prendre garde aux ennemis de la patrie.

Parmi ceux qui nous ont conduits où nous sommes,il y a des coupables et il y a des victimes.Il y a des meneurs,et il y a les menés.Il y a les maquignons,et il y a ceux que l’on vend.Il y a les mauvais bergers et il y a le mauvais bétail.Il y a les techniciens du crime,et il y a ceux qui ne savent pas ce qu’ils font.

Aux dupés,aux ahuris,aux lâches,aux fainéants,aux esclaves,_au troupeau,enfin,pitié et miséricorde !Aux bons et aux braves_car il s’en trouve et beaucoup plus qu’on ne pense._à ces égarés,tendons la main.Que librement ils aillent vers le devoir.Soyez tranquilles :ils sauront bien trouver la route.

Mais les autres,les durs,les vrais de vrais,les nerveux,les autres,tous les autres :délégués à l’émeute,fourriers de la trahison,mutins professionnels,rescapés de caponnières,voyeurs de commissions législatives,trafiquants de secrets militaires,révolutionnaires doubles et agents triples,bolchéviks de sleeping,hitlériens à dominos rouges,agents de liaison de la Wilhelstrasse et du Polit-Buro.

 Contrebandiers de bombes russes au service des légions Condor,qu’allons en faire ?Allons-nous tolérer encore cette racaille d’hommes obscurs,liés par leur serment de haine,et qui,dans cette heure si longtemps attendue de leurs maîtres,s’apprêtent à poignarder notre patrie. ?

 *Henri Béraud (1885-1958) à la Libération sera condamné à mort pour intelligence avec l'ennemi puis gracié .

 Site internet Mémoire des Hommes

 Militaires décédés à Bayonne septembre-octobre 1939



BOY Joseph
Né le 16/7/1908 à Dax (Landes) 
Décédé le 9/9/1939 à Bayonne
Unité :218e régiment d'infanterie (218e RI)
Mention Information non connue
Cote Service historique de la Défense, Caen - AC 21 P 32303 Non consulté

ANGALDE Victorien François
Né le 17/11/1902 à Goès (Basses-Pyrénées)
Décédé le 12/9/1939 à Bayonne
Unité 323e régiment d'infanterie (323e RI)
Mention Non Mort pour la France
Cause du décès: maladie
Cote Service historique de la Défense, Caen - AC 21 P 8043 Non consulté


CARRERE Jean Baptiste
Né le 11/4/1898 à Bardos ( Basses-Pyrénées)
Décédé le 3/10/1939 à Bayonne
Unité 182e régiment régional (182e RR) - 13e compagnie
Mention Non Mort pour la France
Cote Service historique de la Défense, Caen - AC 21 P 38885 Non consulté

LABESCAU Antoine Pierre
Né le 17/1/1907 à Pey (Landes)
Décédé le 5/10/1939 à Bayonne
Unité 9e bataillon de chasseurs pyrénéens (9e BCP)
Mention Non Mort pour la France
Cause du décès des suites de blessures
Cote Service historique de la Défense, Caen - AC 21 P 61200 Non consulté

 
MARTICORENA Hilaire
Né le 25/1/1905 à Urepel ( Basses-Pyrénées),
Mort pour la France le 22/10/1939 à Bayonne
Unité 182e régiment régional (182e RR)
Mention Mort pour la France
Cote Service historique de la Défense, Caen - AC 21 P 87716 Non consulté

Complément du blog: 22 octobre 1939, mort du soldat réserviste Marticoréna Hilaire, près du tunnel Saint-Esprit
"Du fait de problèmes d'audition,le soldat réserviste Hilaire Marticoréna originaire d'Urepel,a été affecté à Bayonne.Dans la nuit du 21 au 22 octobre,il avait pour mission de surveiller la voie ferrée située,avant l'entrée du tunnel Saint-Esprit conduisant à la gare de Bayonne. "

 



BRIAULT Fernand Louis
Né(e) le/en 1894
Décédé le 31/10/1939 à Guéthary Basses-Pyrénées)
Unité service de santé (SS)
Mention Non Mort pour la France
Cote Service historique de la Défense, Caen - AC 21 P 33808 Non consulté

Complément du blog :
Fernand Louis Joseph Briault
Né le 19 août 1884 à Poitiers
Décédé le 31 10 1939 à Guéthary

Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque 3 11 1939

Saint-Jean-de-Luz

NÉCROLOGIE

Nous avons appris, avec une grande tristesse, le décès du docteur Briaultt survenu, mardi soir dans la villa que le défunt possédait à Guéthary. Mobilisé dès le mois de septembre avec le grade de commandant- médecin, nous l’avons vu ,dans les rues de notre ville, au moment où il venait d’être chargé d’organiser un hôpital militaire à Biarritz .Il était en effet un des chirurgiens connus de Paris et sa place était bien choisie à la tête d’une formation destinée à des blessé. Une terrible maladie, aussi imprévue que foudroyante la terrassée en dix jours.
Le docteur Briault était bien connu à Saint-Jean-de-Luz où il venait souvent. Par son mariage avec Mlle Dihigo fille de l’honorable notaire de Mauléon il était en effet le beau-frère de Mme Jacques Dihigo ,née Moussempès ,et veuves du notaire luzien dont le souvenir est demeuré si vif parmi nous.
A Mmes Briault et J.Dihigo ,nous présentons nos respectueuses condoléances.


 

 Sources

Le 49e Régiment d’Infanterie pendant la campagne 1939 -1940
Brochure de Jean Deyme chef de Bataillon
 
RetroNews, le site de presse de la Bibliothèque nationale de France.
 
Site internet Mémoire des Hommes.
 
Un chercheur apparenté à un officier du 49 e R.I. rencontré en salle de lecture du pole d'archives départementales de Bayonne.

 

25 juillet 2025

L'année 1827 dans les Basses-Pyrénées

 

Basses-Pyrénées

1827

Extraits

L’orthographe de l’époque a été respectée.

 

JANVIER

_Décès de M.Basterrèche, négociant et membre de la chambre des Députés. Il avait acquis, par son activité, une fortune considérable dans le commerce. La maison qu’il dirigeait à Bayonne était honorablement connue sur toutes les places de l’Europe.

On aime à se rappeler qu’à une époque funeste, lorsqu’en 1815 la fortune abandonna une seconde fois les Bourbons et la France, il témoigna son attachement à la dynastie légitime par des offres d’un généreux désintéressement.

Nommé député par le département des Basses-Pyrénées en 1820 et 1824, il siégea au centre-gauche de la chambre, et se fit remarquer par des connaissances étendues en matière de finances. Le Roi, à l’époque de son sacre, l’éleva au grade d’officier de la Légion-d’Honneur ;il était de plus membre du Conseil supérieur de commerce.

_Incendie à Salies d’une maison appartenant à M.le baron de Crouzeilhes.

_ La société d’Assurances Mutuelles contre la grêle, est mise en pleine activité dans le département des Basses-Pyrénées. M.Daguerre-d’Ospital est l’agent central de cette compagnie, dont le Directeur ,M.Pelleport-Jaunac, réside à Toulouse.

Dans la journée du 12,il fit un temps véritablement extraordinaire, la pluie, la grêle, la giboulée tombent successivement par torrens, et le tonnerre, accompagné d’éclairs, se fait entendre à plusieurs reprises avec autant de force que dans le mois d’août.

_Ordonnance qui autorise le sieur d’Abel à établir une mine de fer et un moulin à blé à Urdos.

 

FÉVRIER

_Cinq avocats de Tarbes, renvoyés devant la Cour Royale de Pau pour avoir joué la comédie de société ,au profit des Grecs, sont acquittés par toutes les chambres assemblées.

_Passage à Pau de pièces d’artillerie et de caissons qu’on dirige sur Bayonne.

_Le nommé Vignau ,de Nay, condamné à la peine de mort par la cour d’assises des Basses-Pyrénées ,pour avoir noyé deux enfans nouveaux nés qu’on avait chargé de porter à l’hospice, subit le dernier supplice ;ce malheureux, âgé d’une trentaine d’années, continue à montrer une stupide insensibilité, malgré les exhortations de deux vénérables ecclésiastiques qui lui prodiguaient les secours de la religion jusqu’à l’échafaud.

_Depuis bien des années on n’avait pas vu tomber dans nos contrées autant de neige.

_Le nommé Bugnest, de la commune de Coarraze, est condamné à vingt ans de travaux forcés pour avoir tué d’un coup de fusil le propriétaire d’un vignoble, qui avait eu l’imprudence de tirer en l’air pour effrayer ceux qui lui volaient des raisins.

_Arrivée à Pau et à Oloron des troupes Suisses.

_Ordonnance qui convoque le Collège Électoral à Bayonne, pour remplacer M.Basterrèche, décédé.

_Une ordonnance royale du 20 décembre 1826 établit à Toulouse une Ecole gratuite de musique, succursale de l’École Royale de musique et de déclamation de Paris. M.Meisner est déjà depuis quelque temps membre correspondant de cette dernière Ecole où il a envoyé les sujets les plus distingués par la beauté de leur voix.

 

MARS

_Le Ministre des finances autorise la franchise de la correspondance sous-bandes, entre le Préfet et les Juges de Paix des départements. La même franchise est accordée aux Percepteurs-receveurs-municipaux.

_Un gendarme se brule la cervelle à la Place Royale.

_M.Dumège, membre de la société des Antiquaires de France, ayant donné connaissance à l’Académie royale des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres, d’un mémoire de M.Forest, sur l’Archéologie des Basses-Pyrénées, l’Académie a bien voulu l’associer à ses travaux, et l’a nommé à l’unanimité membre correspondant.

_M.Laffitte est nommé député dans l’arrondissement de Bayonne.

AVRIL

_Un habitant de la commune de Lacq est trouvé mort sur la grande route à peu de distance de cette commune. Son domestique, contre qui des soupçons s’élèvent, prend la fuite au moment où il aperçoit la gendarmerie, et lorsqu’il se voit sur le point d’être atteint, ce malheureux se porte un coup de rasoir à la gorge ;on arrive à temps pour le préserver de sa propre fureur et lui donner les soins que réclame son état. Guéri de sa blessure, il est traduit aux assises du 3 e trimestre et condamné à la peine de mort. L’exécution a lieu à Oloron.

_Un événement déplorable jette la consternation dans la commune de Saint-Jean-le-Vieux (arrondissement de Mauléon) ; le dimanche, au moment où le prêtre achevait la messe, une partie de la voute de l’église croule avec la toiture qu’elle soutenait. Plusieurs personnes sont grièvement blessées ; trois jeunes filles surtout paraissent être dans l’état le plus allarmant.

MAI

_Plusieurs communes de l’arrondissement, de Pau sont ravagées par la grêle ;nombre de propriétaires se font assurer contre ce fléau par la société de Toulouse.

_Le marquis de Chavés, le chef de l’insurrection portugaise, arrive à Bayonne avec son épouse.

_On trouve dans le Mémorial Béarnais du 30 de ce mois des pièces honorables qui prouvent la conduite généreuse des habitans de Pau, à l’époque de la révolution ; plusieurs d’entr’eux ,voyant qu’on allait livrer le Parc à la cognée, se réunirent et formèrent une souscription pour acheter et conserver cette foret Royale, qu’ils ont depuis rendue à nos Princes légitimes. M. le duc de Gramont répondit aux actionnaires, à l’occasion de cette donation, par la lettre suivante, qui mérite d’être conservée :

« Messieurs, j’ai reçu votre lettre du 15 janvier 1815 et je me suis empressé de remplir vos intentions auprès du Roi. C’est avec grand plaisir que je lui ai soumis votre délibération par laquelle vous remettez Sa Majesté en possession de l’héritage de ses pères :ce parc encore rempli de souvenirs chers aux Béarnais  est devenu pour eux un objet de culte et de vénération ;et vous en avez donné des marques bien éclatantes en conservant intacte cette enceinte sacrée que la faulx révolutionnaire n’aurait surement pas respectée ;la démarche que vous faites aujourd’hui est le complément de vos procédés, nobles et généreux ;je suis fier d’être votre compatriote, Messieurs, et honoré d’être choisi par vous pour soumettre au Roi votre délibération. Sa Majesté me charge de vous dire qu’elle l’a lue avec la plus grande sensibilité, qu’elle en est excessivement touchée, ainsi que de la manière dont elle est libellée. Le Roi me donne l’ordre de vous faire savoir qu’il accepte le Parc et le foret ; qu’il conserve aux habitans de Pau les mêmes droits dont ils jouissaient sous les Rois ses prédécesseurs, et qu’il ordonnera à l’intendant de ses domaines de tenir le Parc dans le meilleur état.

J’ai l’honneur d’etre,etc.

Signé, le duc de GRAMONT

Paris, le 26 janvier 1815.

 

JUIN

_Passage à Pau du duc de Florida, prince de Partana, ambassadeur en Espagne du roi de Sardaigne.

_Inondations considérables dans tout le Midi.

_Des foires de Pau, Orthez et Morlaàs, cette dernière offre seule des résultats satisfaisans. Les Espagnols, qui n’avaient pas paru dans nos contrées depuis quelques temps, y font des achats.

_Nominations et changements dans les tribunaux du ressort de la Cour Royale.

Plusieurs personnes, des diverses parties du département, sont frappés par la foudre, pour avoir eu l’imprudence de se réfugier pendant l’orage sous les arbres.

_Un homme de l’arrondissement d’Orthez était dans son lit une heure avant jour ;on vient l’appeler d’une manière pressante ;il se lève, parait sur la porte ; on lui tire un coup de fusil à bout portant. Il tombe en jetant un cri ; les voisins accourent ;on lui demande le nom de son meurtrier ;il va le nommer ……. ;il expire. Son neveu contre qui s’élèvent de violens soupçons, est arrêté. Traduit aux assises de Pau, il est condamné à avoir la tète tranchée sur la place publique d’Arzacq ; ville voisine du lieu où s’est commis le crime.

_Un homme se noie en voulant abreuver son cheval près le pont d’Oly, non loin de Pau ; c’est un endroit très-dangereux et que nous croyons devoir signaler comme tel.

_Décès à Lembeye d’une femme de 108 ans, qui était parvenue à une si extrême vieillesse presque sans infirmité.

JUILLET

La société Royale et centrale d’agriculture séant à Paris, accorde une médaille d’argent à M.Mousis, artiste vétérinaire à Oloron, et auteur d’un mémoire qu’il avait soumis à cette société.

Décès de madame de Perpigna, épouse de M.le Maire de la ville de Pau ;douée d’une âme bienfaisante et généreuse, elle puisa dans la plus douce piété le courage de de supporter de longues et horribles soufrances.

_Des symptômes épizootiques se manifestent en même temps sur plusieurs points du département.

_Le général Morillo, comte de Carthagène, passe à Bayonne, se rendant aux eaux de Bagnères avec sa famille.

_Fragment d’un Essai de topographie physique et médicale de Bayonne, publié dans le Mémorial du 30 et feuilles suivantes.

 

AOÛT

_On trouve dans le Mémorial du 5 août une méthode, pour rappeler les noyés à la vie, que M.d’Abadie, domicilié à Toulouse, a vu pratiquer à Londres et qu’il désirerait voir se propager dans le département qui l’a vu naître.

_M.de Fanget, colonel en retraite, chevalier de St-Louis et de la Légion-d’Honneur, est nommé adjudant-commandant du Château d’Henri IV.

_Les grandes chaleurs et une longue absence de pluie unirent beaucoup au maïs. La récolte est diminuée d’un quart par suite de la sécheresse. Froment de mauvaise qualité.

_MM.Dartiguenave frères sont les premiers à établir à Paris la méthode de la Calligraphie, ou l’art d’écrire en huit leçons ; ils obtiennent de grands succès.

_Des échantillons de marbre des Pyrénées, envoyés à l’exposition des produits de l’industrie, attirent long-temps les regards et méritent les suffrages de S.M. qui rappelle que les membres du petit Trianon de Versailles ont été fournis par des carrières de ce pays.

_A la distribution des prix du Collège Royal de Pau, ceux qui ont obtenu le plus de nominations sont :MM.Gachet, de Pau, en rhétorique ; et MM.Bascle-de-Larèze et Rivares, de Pau, en Seconde.

Au séminaire d’Oloron, MM.Peninou,de Pardies ; Esquerre,d’Accous, sont les élèves qui se sont le plus distingués en Rhétorique ;MM.Louis,d’Oloron,et Malaherre,de Bedous, en Seconde.

Le nommé Coustet,de Nousty, demeurant à Morlaàs, est condamné par le tribunal de Pau à un an de prison et 50 fr.d’amende, pour escroquerie en fait de recrutement.

_Divers orages détruisent la totalité des récoltes en vin et en mais dans certaines localités du département.

 

SEPTEMBRE

_Passage à Pau de M.Ravez,qui vient de visiter les eaux thermales des Pyrénées.

_L’église de Serres-Castets devient la proie des flammes ; on attribue cet incendie à l’imprudence.

_La ménagerie royale de Polito, une des plus belles de l’Europe par le nombre et la beauté des animaux, s’arrête quelques jours à Paris.

_Nos établissements thermaux attirent beaucoup de monde ; de grands personnages se sont trouvés réunis aux Eaux-Bonnes ; les Eaux-Chaudes obtiennent aussi et justifient réputation qui s’étendra chaque jour davantage. On y bâtit cette année une chapelle et des maisons qui permettront d’y recevoir convenablement un plus grand nombre d’étrangers de distinction.

 

OCTOBRE

Il résulte des divers tableaux publiés pour la formation du Jury que la liste définitive est ainsi composée :

1re Liste Electorale …………………………………..360

2° Liste des avocats, notaires, médecins, etc 384

3° Liste supplémentaire des plus imposés …….50

                                                    TOTAL, nombre exigé 800

Mgr. L’Evêque de Bayonne passe à Pau et va donner une retraite au séminaire de Bétharram.

Des marchands étrangers viennent déballer dans un café de la ville leurs marchandises et les vendent à l’encan, à très bas prix, le premier jour. Ils attirent ainsi une très grande affluence et vendent beaucoup, mais on ne tarde pas à s’apercevoir qu’ils ne débitent que des rebuts de magasin, et ils partent lorsqu’ils n’ont plus l’espoir de faire des dupes.

Séance très remarquable du Jury médical, présidé par le savant M.Delpech, de la faculté de Montpellier. Sur un grand nombre de candidats qui se présentent, on accorde que cinq diplômes de santé ou de pharmacien ;heureuse sévérité dont il est à désirer que le Jury ne s’écarte jamais à l’avenir. MM Terrier père et Cazenave étaient les médecins de la ville qui faisaient partie de cette réunion mémorable du jury.

_Un jeune enfant de la religion Juive meurt à Pau, à la suite de la circoncision.

_Le Conseil de révision décide que les deux jeunes gens convaincus de s’être mutilés pour se soustraire au service militaire, seront renvoyés dans les Pioniers.

NOVEMBRE

M.Labedens, chirurgien à Pau, sauve une pauvre femme aliénée qui s’était jetée dans le canal, au-dessous de la place Royale.

Rentrée de la Cour Royale, M.Dufau prononce le discours d’usage (voir le Mémorial du 5 novembre)

La Cour entérine des lettres de grâce en faveur d’un négociant qui, condamné à six ans de travaux forcés pour faux en écriture de commerce, voit commuer sa peine en six ans de détention. Le gracié témoigne sa reconnaissance par le cri vive le Roi ! et en entonnant d’une voix forte et sonore le Domine salvum fac qu’on ne lui laisse pas achever.

Une ordonnance porte que la chambre temporaire crée par ordonnance du 17 juillet 1815, et déjà prorogée, continuera à remplir ses fonctions durant la prochaine année judiciaire, sous la présidence de M.Bascle-de-Lagrèze.

_Une estafette, arrivée dans la soirée du 7 à l’hôtel de la préfecture, porte l’ordonnance de dissolution de la Chambre des Députés, et la convocation des collèges

d’arrondissement pour le 17 du mois courant. Ceux de département doivent se réunir le 24.

_M.le comte de Saint-Cricq, ministre d’état, est nommé président du Collège Electoral unique des Basses-Pyrénées.

_M.le vicomte Lainé, pair de France, vient passer quelques jours sur le coteau de Jurançon auprès de M.de Castarède, son compatriote ;il vient pendant ce temps rendre de fréquentes visites à M.l’abbé Jourdan, recteur de l’Académie, qui a la gloire d’avoir formé cet illustre élève.

_Une jeune coureur, né dans les environs d’Auch, donne à Pau des preuves d’une célérité extraordinaire ; dans moins de deux heures il parcourt un espace de six lieues du pays, et après une si longue course qu’il était disposé à recommencer pour une somme de cent francs, son pouls n’était pas agité, à peine une légère sueur couvrait son front.

_Un temps superbe favorise la foire de Saint-Martin. Les Espagnols achètent un assez grand nombre de mulets, mais ils donnent la préférence à ceux qui ne sont âgés que de six mois à un an. Les cheveux et le bétail se vendent à bas prix.

M.le baron de Gayrosse, commandant la garde nationale à cheval de l’arrondissement de Pau, est nommé membre de la légion d’honneur.

_Passage à Pau de M.le duc Decaze et de M.le comte d’Argout, pairs de France.

_Le Collège Électoral du département se réunit le 17 sous la présidence de M. le comte de Saint-Cricq.Le nombre des Électeurs présens est de 170.Le bureau provisoire est confirmé ;il se composait de MM. D’Andurain, ex Sous-Préfet de Mauléon ; Bernède, négociant de Bayonne ;Lamothe-d’Incamps, propriétaire à Oloron ;Lestapis fils de Pau, et Duplàa, Sous-intendant militaire secrétaire.

Après la formation, M.le comte de Saint-Cricq, prononce un discours qui est suivi des cris de vive le Roi !

Dans la séance du 18, le nombre des Électeurs est de 203.MM Saint-Cricq, Dartigaux, Lafitte et de Gestas sont nommés Députés au premier tour.

M.Casimir d’Angosse est nommé cinquième député le lendemain.

Les candidats qui ont ensuite obtenu le plus de voix sont MM.Alexandre de Laborde,le marquis de Candau,de Panat, Sous-préfet de Bayonne :Darripe, directeur de la monnaie.

_Le nommé Castéra, de Garos, est condamné à mort par la Cour d’assises de Pau, pour avoir tué son oncle, pendant la nuit, d’un coup de fusil ;il se pourvoit en cassation.

La Cour condamne, à regret, à la même peine un malheureux convaincu, de son propre aveu, d’avoir fabriqué et mis en circulation des pièces fausses de 50 centimes, pour donner du pain à sa nombreuse famille réduite au plus pressant besoin. Les jurés et la Cour recommandent ce misérable à la clémence Royale.

  

DÉCEMBRE

Ordonnance qui appelle à l’activité 55.000 jeunes soldats de la classe 1816.Le département des Basses-Pyrénées y est compris pour un contingent de 713 hommes 10.000 hommes seulement seront appelés, pour le moment, sous les armes.

_On a remarqué depuis quelque temps que tous les courriers de Bordeaux sont retardés.

_M. Chaix, procureur du Roi à Tarbes, est nommé avocat-général à Grenoble ;il est remplacé par M. d’Antin, substitut du procureur -général à Pau, et ce jeune magistrat, qui emporte tous les regrets, est lui-même remplacé par M.Jubinal procureur du Roi à Lourdes.

Ordonnance qui nomme plusieurs auditeurs :

M.Castaing à Bayonne

M.Lacoste à Orthez

M.Labadie à St-Sever

M.Vergeron à Mont-de-Marsan

MM. Lescun et Cacaret à Tarbes

M.Dutey à Saint-Palais

 


Source :
Annuaire du département des Basses-Pyrénées pour l’An 1828 (année bissextile)
A PAU
De l’imprimerie de Vignancour
IMPRIMEUR DU ROI ET DE LA PREFECTURE
Collection particulière