samedi 17 janvier 2015

1948:paroles de Marc Légasse,anarchiste basque.

"Aux Légasse du temps passé qui furent,dit-on de terribles négriers,pirates ou flibustiers et dont j'ai hérité - en plus de la fortune ainsi acquise qui me permet d'éditer ce livre- ce pavillon noir qui est aussi le drapeau des anarchistes."

Brochure de 35 pages  éditée en 1948





La forme actuelle du monde:la société moderne,semble avoir été conçue par des crétins en état d'ébriété,au cours d'une réunion de candidats au "Délirium Tremens".
Nous traversons une époque où la folie a atteint -espérons-le du moins-son intensité maximum.
Les Commissaires de police volent et font une concurrence acharnée aux malheureux voleurs qui risquent dès lors de se voir réduits à la mendicité.
Un ouvrier double en deux heures d'un travail facile et au fond relativement peu dangereux-le marché noir- le salaire de son mois de travail officiel.
On ne jongle plus avec les milliards,mais ceux-ci giclent par tous les coins comme d'un réservoir transformé en passoire.
Tout est à vendre.
Les hommes d’État conduisent l'autobus de la nation,les yeux non pas fixés sur la route,ni sur le niveau d'huile ou d'essence de leur tableau de bord mais sur les passagers pour connaître leur opinion.Si ceux-ci se mettent d'accord pour faire un détour,le chauffeur ne regarde ni la route ni s'il a de l'essence ,mais il fonce à toute allure à travers champs comme un cinglé empaniqué par l'électeur.
Une effroyable guerre a éclaté pour que la Pologne ne soit pas allemande;conclusion :elle est russe.Et la dure bataille dite de Libération se termine par l'asservissement de la terre entière à deux puissances qui se haïssent et se préparent en toute hâte à une prochaine guerre qu'on nous assure la dernière.
L'individu est piétiné,bafoué,ridiculisé,anéanti.
Et au milieu de ce chaos,tout le monde s'en fout éperdument.Les uns se ruinent en se tordant de rire,les autres pleurent et votent M.R.P.
La justice,littéralement débordée,condamne des tas de gens qui ne s'en portent pas plus mal et sont reçus partout comme par devant.Il n'y a plus ni sanctions,ni injures qui portent.Il n'y a plus une once d'honneur sur toute la planète.
Et dans le grenier à provisions presque vidé la divine bombe atomique attend de résoudre définitivement la question du Ravitaillement.

Même aux Allemands et aux Japonnais plusieurs fois criminels de guerre,on reconnaît le droit de former une nation indépendante et l'article 1 er de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen dit:
"Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits."
Déduction:Les Basques ne sont pas des hommes.

Il y a des gens qui s'étonnent de ce que nous préférions rester Basques,plutôt que de devenir français -c'est à dire des fils (adoptifs) de la nation "la plus spirituelle" de la terre.
Demandez à certains contrebandiers s'ils préfèrent vivre dans leur chaumière montagnarde,libres,ou être valets de chambre à l’Hôtel du Palais.....
...Et puis partez vite !

A ceux qui disent :"Mais comment n’être pas écouétés de votre pays en voyant comme le peuple basque se laisse de plus en plus docilement franciser ?"Il faut répondre :"Il en a été de même pour bien des Italiens ou des Allemands,lorsqu'ils virent leur peuple porter Mussolini et Hitler au pouvoir et se vautrer dans la plus révoltante inhumanité.
Pourtant ils ont continué à croire en leur pays.
Une génération ne représente pas tout un peuple.Elle passe, tandis que d'autres en montant,la poussent au tombeau.
La génération des hommes de 40 et 60 ans est la plus lamentable qu'aient donnée les Basques du Nord des Pyrénées.Mais ces êtres moralement pourris ,finiront bien un jour par pourrir physiquement dans la terre basque accueillante.Et alors la génération des jeunes actuels sera à même de prouver si les espoirs qu'on met en elle sont justifiés.
En vérité ce sont les générations Ybarnegayisées qui ont provoqué la rebasquisation de notre jeunesse.Le fumier fait toujours pousser plus drue la récolte!

L'idée de nation chez les Basques est très différente de celle qui a cours chez les autres peuples.En fait la notion abstraite de patrie en tant que telle,avec tout ce qu'elle peut comporter de désir de grandeur,d'acquisition de gloire:n'existe pas chez nous.
Parler de la grandeur et de la gloire d'Euzkadi pour les politiciens professionnels du nationalisme basque une grossière erreur.Le peuple basque ne saurait se laisser prendre à ce grossier appas comme un vulgaire anglais.
"Happy and glorius"- "Heureux et glorieux é ,chante l'Anglais debout.Le Basque chante sa liberté et elle seule.
Pourquoi le Basque ignore-t-il son histoire et pourquoi n'a t-il jamais cru bon d'inscrire les faits,les gloires ou les deuils de son passé ? parce qu'en fait cela ne l’intéressait pas plus que le passé lointain d'une société anonyme n'intéresse un nouveau membre d'un conseil d’administration.
Par contre,ce même basque tiendra rigoureusement mémoire des textes écrits ou non écrits qui garantissent sa liberté,qui assure le plein épanouissement de son individualité ,car finalement tout se ramène là,pour lui,comme pour le nouvel administrateur,les statuts de la société et les jetons de présence.

L’État est une chose qui a toujours fait rire le Basque.
Quoi de plus drôle qu'un douanier,un gendarme,un percepteur,un contrôleur ,un instituteur.....tous ces rouages inconscients qui reçoivent leurs ordres d'un endroit que nous ne voyons pas,pour des raisons  que nous ne connaissons pas et qui ne servent à rien.

Depuis l'enfance où à coups de règles et à renforts de punitions,l'instituteur s'est efforcé de tuer en lui la langue basque et de lui infliger le Français ou l'Espagnol et dont il sort basque de langue,écorchant le Français,massacrant l'Espagnol -jusqu'à la veille de la mort où devenu vieux paysan il s'efforce de tourner les lois étrangères et transmettre son bien selon la coutume,le Basque passera sa vie à jouer l’État.

Sur les vingt-quatre heures que compte une journée,le Basque en consacre huit à dormir et seize à tromper l’État.

Les nationalistes français ou espagnols,en voulant franciser ou espagnoliser le pays basque,ont obligé le Basque à se faire nationaliste pour le rebasquiser.
C'est le principe du vaccin.On s'inocule l'idiotie pour pouvoir la combattre.

Mais gare au vaccin qui sous prétexte de combattre une maladie,ferait sauter le thermomètre et tuerait le patient aussi sûrement que le microbe naturel.
Pris à haute dose,les contre-poisons empoisonnent. 

Hyper-chauvinistes basques !Du calme.
Inutile de crier sur les toits que les Basques ont découvert l'Amérique et donné au monde Ignace de Loyola.
La découverte de l'Amérique a  produit:la syphilis et la bombe atomique.
Et  Ignace de Loyola:les jésuites.
Il n'y a vraiment pas de quoi se vanter.

On m'a demandé un jour:"Pourquoi êtes-vous anarchiste ? -J'ai répondu:"Mais parce que c'est plus commode que d’être nationaliste basque." Je le sais par expérience.
Lorsque j'apposais une affiche invitant les Basques à s'abstenir lors d'élections au Parlement français,par politesse,pour ne pas se mêler des affaires d'un peuple auquel nous n'appartenons pas -je fus arrêté,puis condamné à 1.500 francs d'amende,en vertu d'une loi de Napoléon III (sous la IV e République !) contre l’abstention.
Les anarchistes ,eux aussi,avaient par voie d'affiche incité les électeurs à s'abstenir ....et à aller pécher.
Ils n'ont rien eu à payer....même au nom de Napoléon III.
Et dire qu'un prince Bonaparte compte parmi les plus grands bascophiles de tous les temps,tandis que son cousin l'empereur a passé son règne à tuer ou à emprisonner  les anarchistes!...
Encore une histoire de fous !

Souvenir de la Villa Chagrin.
Avez-vous jamais marché,menottes aux mains?C'est tout un art.
C'est un peu,comme si l'on avait une montre-bracelet,mais sans montre et avec laquelle il ne faudrait pas marcher trop vite pour ne pas se blesser ou blesser son compagnon;enfin,il ne faut pas s'enfuir,c'est défendu.
Alors,on comprend pourquoi les boeufs accouplés sous le même joug,ont un air si triste.Ils croient qu'ils marchent menottes aux cornes....et ils ont honte ,les pauvres.


Voter est aussi vain de faire pipi dans un train en marche:autant en emporte le vent.

La politique,c'est du caca remué par des gens sans nez. 

DEUX HISTOIRES

Première histoire:
Lorsque le projet de loi prévoyant l'enseignement du Basque dans les écoles fut récemment soumis aux membres de la Commission de l’Éducation Nationale,l'un deux se faisant l'interprète de l'indignation générale déclara :"Où irions nous si nous votions ce projet pour le Pays Basque;il faudrait dès lors en voter un semblable pour la Bretagne,l'Alsace,les Flandres.....etc....Ce qui serait complètement contraire à nos principes.

Deuxième histoire
Un jour une personne charitable alla trouver les membres d'une bande de voleurs et leur demande de restituer l'argent qu'ils avaient volé à une certaine Madame Durand ainsi réduite à la misère.
Les voleurs protestèrent avec indignation et leur chef s'en faisant l'interprète,déclara :"Où irions-nous,si nous devions rendre l'argent volé à Madame Durand?Il faudrait alors aussi rendre celui que nous avons volé à M.Dupont,au petit Dubois et aux frères Duval .....etc....Mais nous ne serions plus des voleurs.!!!

Que le français ait pu courir le risque de ne pas être admis comme langue diplomatique internationale était un scandale abominable.
Que le basque ne soit pas enseigné dans les écoles du Pays Basque est tout ce qu'il y a de plus naturel.

Le plus grand malheur du peuple basque est de ne pas s’être établi dans les Balkans.En effet à chaque guerre provoquée par quelque tribu balkanique il a le droit comme celle-ci de se faire tuer;mais ensuite il n'a plus que celui de se taire.C'est bien Trieste à constater.

Un malgache a le droit d’être élevé dans sa langue maternelle.
Un nègre du Niger aussi.
Un Basque n'a pas ce droit;et c'est bien fait.Ça lui apprendra à ne pas être anthropophage.

La France est le pays où a été le mieux exprimé et défini le droit des gens et des peuples à la liberté.
Hélas !Il en est comme pour les Citroën....c'est un article réservé à l'exportation.On le trouve rarement dans le commerce intérieur.

Les Français ont toujours été de chauds défenseurs de la "personnalité " des Basques.... de l'autre coté des Pyrénées.

Notre Seigneur avait envoyé les apôtres prêcher l’Évangile à tous les peuples de la terre...dans leurs langues,bien entendu (c'est le miracle de la Pentecôte).
Mais les évêques que le pape nomme en Pays Basque,savent-ils un mot de Basque ?
Curieux pasteurs que leurs troupeaux ne comprennent pas!.

Un proverbe dit que le diable n'est jamais parvenu à parler basque.
On n'en sait rien.On ne l'a pas entendu parler.L’évêque de Bayonne ,oui.Et c'était toujours en français.

Pendant la guerre d'Espagne.

Au chanoine Onaindia
"Moralement ,vous avez raison-dit le cardinal romain au prêtre basque - mais politiquement vous avez tort!Allez-vous en !(sic).
...Et le coq chanta pour la troisième fois.

Casuistique
Notre seigneur a dit "Quiconque s'est élevé par l'épée,périra par l'épée."...Mais il n'a jamais parlé de mitrailleuse.

Le rôle du Vatican dans le monde est parfaitement illustré par celui du missionnaire.
Précédé de l'explorateur qui est,en général mangé,le missionnaire s'installe à son tours,en pays "sauvage".
Si,comme dit Mark Twain,la race indigène a pu supporter ,sans en mourir la Bible,le savon et le caleçon,le militaire ,prêt à mourir héroïquement pour sa patrie mais qui traitent ceux qui l'imitent de "salopards" arrive pour "pacifier" la région.
Comme les habitants de celle -ci n'ont plus envie de changer de patrie que de religion,le militaire fait alors massacrer un quart ou un tiers de ces "salopards".
Une fois convertis et nationalisés,ce sont enfin les marchands qui reçoivent la charge de civiliser les rescapés....à coup d'alcool et de maladie vénérienne.
Mais ,à leur mort,les ex-sauvages ont l'ultime consolation d’être enstérés dans un cimetière chrétien,à l'ombre de la croix.

Évangile!Évangile !
Chiffon de papier des Bethman-Holweig du Vatican !

Certains basques ont toujours lutté farouchement pour préserver leurs traditions ,leurs traditions,leur culture,leur esprit-en un mot leur personnalité -d'une influence trop marquée de la part des Français ou des Espagnols.
Par contre,ils trouvent très naturel que la direction et l'interprétation de leur religion soient devenus ,depuis des siècles,un monopole italien.
Il semble que le destin veuille que par quelque coté le pays basque soit quand même latinisé.

La plus grande erreur du peuple juif est de se croire le peuple élu de Dieu,alors qu'il est clair que ce sont les italiens.
Sans doute l'infaillibilité pontificale est-elle une vertu propre aux mangeurs de macaroni.


Les Basques,en général,ne peuvent tolérer que l'on critique l’Église catholique.
Leur cas ressemble à celui de ces gens qui auraient assuré leurs maisons et leurs biens à une compagnie d'assurances et qui refuseraient de croire que les dirigeants de celle-ci sont des escrocs-par peur de la vérité-de crainte que si un incendie survenant à l'instant dévorait leurs fortunes,ils se soient ruinés sans remède.
Et pourtant ...si ces assurés se décidaient à agir,ne serait-il pas possible en changeant les dirigeants de la compagnie,de faire de celle-ci une vraie société d'assurance ?.
De même,si les chrétiens saisissant par leur robe écarlate,les sacrés cardinaux du sacré collège,leur criaient en les secouant :"Où est le Christ ?".-Si lors de ces fastueuses intronisations où s'engloutissent tant de millions,sous l’œil brillant de fièvre de milliers de pauvres Romains affamés,les chrétiens armés de cordes entraient à St-Pierre ne pourraient-ils,eux aussi,"chasser les marchands du Temple"?

Il est faux de prétendre que l’Église catholique n'a rien fait pour le peuple basque.Certes elle a toujours tendu à espagnoliser les Basques (c'est à peine si sur 100 évêques de Pampelune on trouve une dizaine de Basques) mais parfois,sans le vouloir.Elle nous a rendu de grands services.Ainsi en est-il du pèlerinage à St-Jacques de Compostelle qui fut pour tant de nos ancêtres une source de richesse.Il suffisait pour ceux-ci-comme vous le savez d'ailleurs par maints récits -de se poster dans un endroit un peu écarté,de préférence quelque gorge obscure des Pyrénées et d'attendre.Lorsque paraissait un brave pèlerin,quelques flèches adroitement lancées suffisaient à effrayer le pieux personnage et dès lors un prélèvement variant entre 50 à 100%  des bagages du voyageur s'opérait à l'amiable.
Les actuels messieurs des Syndicats d'Initiative ou Association d’Hôteliers
sont les vrais héritiers spirituels des embusqués des cols navarrais ,avec cette seule différence que le tir à l'arbalète a été remplacé par "le coup de fusil".

Les hideux panneaux publicitaires qui gâchent irrémédiablement tant de paysages du Pays Basque,heurtent un de nos sens:la vue.Les Touristes choquent nos cinq sens,

Descendez sur une plage en été.La bousculade d'une foule hideuse et bruyante de touristes qui sentent mauvais ne donnent -ils pas envie de vomir:le toucher,la vue,l’ouïe,le goût ,tout est atteint.

La Bassesse Hôtelière inoculée à tout un peuple,voilà ce qu'est le Tourisme.

Le Syndicat d'Initiative:sous-maîtresse de bordel estival.

De deux maux ,il faut choisir le moindre.La suppression du Tourisme engendrerait le suicide économique des habitants du Pays Basque -son maintien,son suicide tout court.
C'est entendu,beaucoup de Basques vivent du Tourisme,mais encore bien plus de Kaskoinak vivent du Tourisme en Pays Basque.

Les bourgeois,dans tous les pays sont les mêmes.Ce sont des animaux assez semblables à l'homme,par la tête,l'estomac et les organes de reproduction,mais qui n'ont pas de cœur.La circulation de l'or qui remplace le sang chez ces mammifères se fait par le chèque.
Aux bourgeois basques,il est arrivé cette histoire:ils font partie d'une famille dont le chef a répudié il y a longtemps ,son épouse,c'est à dire leur mère,pour épouser une dame riche élégante et célèbre,ayant d'innombrables relations et fréquentant le meilleur monde,la haute société.Cette dame s'appelle "France" ou "Espagne".Le bourgeois basque est devenu très fier de sa belle-mère,si fier même,qu'il ne craint pas de la faire passer pour sa propre mère.
Parfois cependant, il arrive que le bourgeois basque rencontre,dans la rue,sa mère et celle-ci s'avance en souriant vers ce passant en qui l'instinct maternel lui a fait connaître un de ces enfants.
Alors vous devriez voir comme le bourgeois enfonce,d'un mouvement brusque,son chapeau sur la tête,change de trottoir ou,rebroussant chemin,s'enfuit à toutes jambes.
D'autres fois,c'est un ami,un peu au courant de l'histoire de la famille,qui demande au bourgeois basque,en lui montrant la vieille dame au triste sourire;Mais ,n'est ce pas votre mère cette dame ? ".
Et le bourgeois basque offusqué ,de répondre avec un haut-le-corps:"Vous plaisantez,je pense....Tenez,voici ma mère" et il montre,dans une Hispano-Suiza éblouissante ,une dame couverte de bijoux et de fourrures,entourés d'amis et qui se rend au concert des Grandes Nations où elle a une des meilleurs loges.

Le capitalisme n'existait pas en Pays Basque,même sous sa forme féodale.Et un Basque capitaliste a toujours quelque chose  de drôle ,comme d'un chrétien qui se serait fait juif.
C'est toujours ou un traître ou un trop artificiel bascophile..

Tous les faux pas,pseudo-habiletés,errements qui ont conduit la cause basque dans l'impasse où elle se trouve sont surtout dus aux capitalistes bilbainos basquisants.
En vérité,il leur est aussi difficile d’être purement et simplement idéalistes qu'au chameau de passer par le trou de l'aiguille ou à un éléphant de danser dans la calle Somera.

C'est surtout au point de vue spirituel que le système capitaliste constitue un mal.
En effet,pratiquement,le libéralisme économique permet à tous de devenir capitaliste et le fait est que la plupart des grosses fortunes de notre temps ont été faites par des gens du peuple.
D où l'ambition unique des hommes devient la possession de l'or,le rêve de tout jeune homme pauvre:faire partie de la société élégante.
Celle-ci,en effet,s'est profondément modifiée en un ou deux siècles et est uniquement devenue une réunion de gens riches.Le titre d’administrateur de Suez vaut tous les titres de duc et ouvre au titulaire les portes de toute société.
D'ailleurs les duc eux-mémés ont donné l'exemple en mariant leur fils ou leurs filles,aux enfants d'un ancien ouvrier devenu millionnaire.
Cette société se renouvelle périodiquement ,les grandes fortunes se défaisant rapidement,à cause des successions,en deux ou trois générations.
La grande affaire est donc de devenir riche,pour vivre dans le luxe et parvenir au haut de l'échelle sociale.
Ce but pourrait être un but intelligent et arriver au haut de l'échelle sociale équivalait à parvenir à un état de liberté et de supériorité.
Mais en réalité,l'esclavage auquel sont soumis l'homme et la femme du monde est ahurissant.Eux aussi deviennent de vrais robots,comme les ouvriers d'usines qui leur fournissent l'argent.Le test suprême pour eux reste l'argent et ils ne fréquentent dès lors que des gens d'argent avec lesquels ils ont en commun,les mêmes habits et les mêmes goûts,sans qu'ils osent essayer de s'écarter un instant de la règle.
Il n'y a là nul de ces choses qui ennoblissent la vie:effort de l'esprit,culte de l'intelligence.
Et voilà qui est lamentablement triste!
Ainsi cette course vers l'or n'aboutit même pas à un élèvement du niveau intellectuel:on devient riche,mais on reste crétin.

Les gens qui pour trouver un remède à la stupidité du capitalisme vont au communisme et ceux qui pour trouver un contre-remède à ce remède vont au fascisme sont aussi fous que ces personnes qui,pour ne pas faire la guerre,se coupent un bras.
Ils perdent la liberté et se condamnent à une vie d'infirme dans une médiocrité perpétuelle,policière et étatiste.

La "Genèse " du progrès

Le premier jour,les hommes créèrent la Machine,

Le second jour,la machine engendra le capitalisme,

Le troisième jour,le capitalisme engendra le communisme,

Le quatrième jour,le communisme engendra le fascisme,

Le cinquième jour,le fascisme engendra la guerre,

Le sixième jour,la guerre engendra la bombe atomique qui tua tous les hommes,

Et le septième jour,la machine se reposa.

Une classe en l'an 1.000 de l'ère quinternaire

Le professeur machine._"A l'ère quaternaire vécurent des espèces de machines qui s'appelaient les hommes.Ils ne mangeaient ni pétrole,ni charbon,ni électricité comme nous et ils étaient si bêtes qu'ils pensaient ....

Tous les élèves,riant._"Ils pensaient hi!hi!hi!mais pourquoi faire ?

Le professeur._"Oui,mes petites machines ils pensaient et ils se disputaient parce que les uns voulaient vivre humainement comme avant et les autres voulaient vivre machinalement comme nous.
Et ils firent tellement de bruit en se disputant à cause de leur stupide pensée que nos ancêtres machines,excédés,les tuèrent tous".


Descartes a dit:"Je pense,donc je suis".
Le civilisé peut dire ."J'ai une carte de pain,une carte de syndiqué et une carte d'électeur ,donc je suis."

Je suis ....seulement quoi?
Voilà .Un boulon ou une vis,selon le sexe.Rien de plus.
-Et content d’être boulon?Satisfaite d’être vis?
-Pas trop!pas trop!J'espère bientôt passer écrou.
-On y est mieux?
-Non ,on s'use moins.Enfin,pourvu qu'il y ait de l'huile dans les rouages.


Conclusion

On me dira:il n'y a pas d'ordre dans ce livre.Les idées se suivent,s’enchevêtrent,les paroles se succèdent sans lien entre elles.C'est le chaos,c'est le désordre.
Non!C'est l'ordre du jaillissement de ma pensée.Pourquoi diable devrais-je ordonner mes idées selon le désir du lecteur?Ce serait sacrifier ma personnalité,la brimer,la torturer ,plier ma fantaisie à une obligation,à une "arche";je ne serais plus,dès lors ,un anarchiste -c'est à dire quelqu'un de naturel.
Un jardin dessiné à la française,avec ses allées bien tracées,ses pelouses rectangulaires,ses massifs géométriques est ordonné,direz-vous.
Et quoi!La foret d'Irati avec ses amoncellements de roches,d'arbres et d’étangs ne l'est-elle pas aussi ?.
Réfléchissez un peu et vous verrez que Paroles d'un anarchiste basque a son ordre.
Peut être l'appellerez-vous désordre.
Tant pis!Ce n'est pas moi qui me casserai la tête,sacrifierai mon individu pour satisfaire votre vision de l'ordre latin.
Vous avez été assez stupide pour demander des idées à un autre que vous-même et à un Basque ....de surcroît.
Apprenez donc,en conclusion,que s'il est vrai que chaque soldat porte dans sa giberne son bâton de maréchal,il est encore plus vrai que tout Basque porte sous son chamar sa dynamite d'anarchiste.


Ouvrages déjà parus

Jacques et Marc Légasse

La question Basque (Paris 1938)
Euskadi ma patrie (Bayonne 1944)
L'ombre d'Axular (Bayonne 1944)

Marc Légasse

Ainsi parlait Nekatua (Bayonne 1945)
La petite sirène au peigne et au miroir d'os (Bayonne 1946)
Les rêveries d'un gréviste de la faim (Bayonne 1947)




Quatrième de couverture



Pour aller plus loin


Musée Basque de Bayonne-Baionako Euskal Museoa
Documents disponibles écrits par Marc Légasse (1918-1997)