lundi 2 avril 2018

Dégats causés par une vache à un avion de la base du Pont Long

Décembre 1943,une vache divague sur la piste de l'aérodrome de Pont-Long,près de Pau.Un avion  qui atterrissait heurte la vache. L'avion qui a subi des dégâts, est inutilisable.Et l'armée allemande propriétaire de l'avion,de réclamer aux autorités française un dédommagement.

Verbindungsstab 732

Pau le 11 janvier 1944

Brouillon archivé d'une traduction d'un texte dactylographié

A Mr le Préfet des Basses-Pyrénées
Mr Grimaud
Pau
Très honoré Mr le Préfet

L'état major du camp d'aviation de Pont Long fait savoir qu'un avion a été endommagé le 18.12.43 du fait qu'une vache sortant d'un troupeau qui broutait à l'ouest du champ,a pu pénétrer sur la piste ,malgré la surveillance du gardien.
Un avion qui atterrissait en ce moment a accroché cette vache.Par ce fait,l'avion a subi de sérieux dégâts et était obligé de faire un atterrissage sur une roue.
Le berger étant trop éloigné du troupeau,ne s'est d'ailleurs aucunement occupé de l'affaire.
La vache qui appartient à Mr Txxxxx à Bourgarber a due être abattue sur place.
D'après constat la négligence du berger est seule responsable du dommage causé à l'avion,vu que la vache a pu librement pénétrer sur la piste.
L'avion a été endommagé de sorte qu'il est inutilisable pour le service,il a été démonté complètement.
Le dommage est évalué à 15.000 RM_300.00frs_ et le centre d'aviation Pont Long demande l'indemnisation .
Je prie également de bien vouloir confirmer le bien fondé de la demande.
Avec l'expression de ma haute considération.
Le commandant
Nom illisible
Capitaine


Gendarmerie Nationale

Cejourd'hui vingt neuf janvier mil neuf cent quarante quatre

Nous soussignés LARRIEU,louis adjudant
                         LADARRE,Joseph
                         et POSE,Albert
gendarmes à pied à la résidence de Lescar,département des Basses-Pyrénées, revêtus de notre uniforme et conformément aux ordres de nos chefs,en patrouille dans les communes de Bougarber et Beyrie,et effectuant une enquête ordonnée par Mr le Préfet des Basses-Pyrénées,en date du 20 janvier 1944,à nous transmise par notre Cdt de Section sous le N° 854 ,relative à un accident causé par une vache appartenant à Mr T de Bougarber,à un avion de la Base du Pont Long,avons reçu les déclarations suivantes:
Je me nomme Txxxxxxx Louis,36 ans ,cultivateur demeurant à Bougarber (Basses-Pyrénées)
"Dans l'après-midi du 18 décembre 1943,j'ai envoyé mon domestique garder le bétail,c'est à dire 14 bêtes de bovins dans les Landes du Pont Long.
Je paie pour cela le pacage chaque année.
Le meme soir mon domestique Mr Lxxxxx Jean agé de 70 ans ,m'a dit qu'une de mes vaches ,agée de 18 mois race garonnaise,s'était égarée et avait été heurtée  soit disant par un avion allemand au moment de l'atterrissage.Cette bête ne se trouvait pas parmi le troupeau.
Je suis parti le soir même avec mon voisin Cxxxx à la recherche de cet animal,mais en vain.
Le lendemain,j'ai repris mes recherches toujours avec Mr Cxxxxx et je me suis présenté à la Base du Pont Long,où je n'ai pu recueillir aucun renseignement,sur la destination donnée à la vache,ni sur l'accident de cet avion.
D'après les dires de mon domestique,l'accident se serait produit sur le chemin d'Uzain à Lescar,au lieu "Wright".
Par suite,j'ai appris que la vache en question avait été abattue à la base du Pont Long,mais que la viande aurait été reconnu impropre à la consommation.Je suis assuré contre les accidents,occasionnés au tiers,à la compagnie "La Paix",ayant son siège social à Paris,4850 ,rue de la Victoire 9me,pour la somme de 100.000 francs,suivant Police N°1.285.177 en date du 16 avril 1934.
Pour ma part,j'estime le préjudice qui m'est causé à la somme de 4.000 francs.
Lecture faite persiste:signe:Txxxxx


Je me nomme Lxxxxx Jean,66 ans,domestique chez Mr Txxxx à Bougarber (B.P)
Le 18 décembre 1943,dans l'après- midi,je gardais le bétail dans les landes du Pont Long,quartier "Wright". Vers 15 heures,je me suis aperçu qu'il me manquait une vache.M'étant mis à la recherche de cette dernière,j'ai trouvé cet animal à coté du chemin d'Uzein à Lescar blessé,les deux jambes postérieures coupées.
Des cultivateurs que je connais qui chargeaient de la tuie à proximité m'ont dit qu'un avion avait heurté cette vache.Je n'ai pas vu l'accident se produire,car je me trouvais à un kilomètre environ du lieu où j'ai trouvé la vache blessée.
En rentrant à la maison,j'ai informé mon patron de cet accident.Je ne puis vous donner aucun nom de témoin.Je n'ai pas vu d'avion sur les lieux de l'accident.
Lecture faite persiste et signe:Lxxxxxxx

Nous mentionnons que Mr Txxxxx,nous présente une Police d'assurance garantissant les dégâts occasionnés à des tiers,avec les indications désignées sur sa déclaration.
Deux expéditions:la 1 ere à Mr le Préfet des Basses-Pyrénées à Pau,la 2 eme aux archives.


8 février 1944

Le Préfet des Basses-Pyrénées

à Monsieur le Commandant de l’État-major de liaison 732

Pau

Objet;Dégâts causés à un avion allemand par une vache

Monsieur le Commandant de l’État Major

En réponse à la lettre citée en référence et après avoir prescrit une enquête j'ai l'honneur de vous communiquer les premiers renseignements que j'ai pu obtenir au sujet de cette affaire.
Il est confirmé que cet accident  semble bien avoir été causé par une vache appartenant à M.Txxxxxx de Bougarber.
Toutefois,d'après les dépositions obtenues il ressortirait que :
1°-le berger ne jouit pas de toutes ses facultés mentales;
2°-que le fils du propriétaire actuellement responsable de l'exploitation puisque que son père est prisonnier de guerre en Allemagne serait atteint de surdité et ne peut assurer qu'imparfaitement la direction de son exploitation;
3°-que la mère dudit jeune homme serait malade et ne s'occuperait pas de l'exploitation.
Étant donné ces motifs inhérents d'une part à l'état actuel des choses et d'autre part aux conséquences  que cela entraine pour cette famille,il y aurait lieu d'envisager cette affaire ,si ce n'est avec bienveillance,tout au moins en tenant compte des circonstances énumérées ci-dessus,car ce foyer vit uniquement de son travail et n'a pratiquement pas ou peu de moyens.
Toutefois,il paraitrait qu'il y aurait une assurance contre les accidents susceptible de garantir éventuellement une partie du dommage ,mais le fait reste à vérifier.S'il en était ainsi,peut être cette garantie  pourrait elle suffire d'indemniser le préjudice.
En vous demandant de vouloir bien examiner cette affaire avec la plus grande bienveillance possible,je vous prie d'agréer Monsieur le Commandant l'assurance de ma haute considération.

Source:
Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques,site de Pau
85 W Art.173 Réquisitions allemandes
Affaire Txxxxxx