dimanche 1 mars 2020

Quelques bouts rimés de Carlito Oyarzun

Quelques bouts rimés de Carlito Oyarzun présentés par Peillic

Renouveau...

Tout poète qui se respecte
doit un jour chanter le printemps..

Croyez que c'est bien involontairement que je viens de "commettre" ces deux versiculets.Je ne vais donc pas plus loin sur ce rythme,parce que ce ne serait pas de jeu:les vers,c'est pour l'autre page...
Donc,Carlito paie son tribut à la tradition,et il il le fait,ce qui ne gâte rien,au contraire,"à la manière bayonnaise".
Car ce n'est pas un printemps quelconque qu'il chante,un printemps passe-partout,mais celui qu'il voit s'épanouir sous ses yeux et sous ses pas lorsqu'il parcourt du "Petit Paradis" à la rue Victor-Hugo,son quotidien et matinal itinéraire.
Que de générations de Bayonnais ont guetté,comme lui,l'éclosion des premières pâquerettes dans l'herbe du camp  Saint-Léon!Combien ont arboré,pour voir passer la procession traditionnelle,le pantalon de coutil et le chapeau-canotier?...
Tout se perd,"tout que s'esperreque",dit notre vieux gascon!Pantalons blancs et chapeaux de paille ne sont plus_au moins sous cette forme_qu'un souvenir déjà lointain et Messire Printemps est,depuis quelques années,plus volontiers tardif que précoce.
Faisons-lui risette quand mème et n'essayons pas_moins que jamais_de nous dérober à la joie du renouveau! 

Printemps précoce

Je crois que sous notre planète
Rien ne va plus comme autrefois,
L'hiver est doux,bien que parfois
Le vent d'Ouest souffle en tempête.

Pas de gel en rase campagne,
Pas de neige sur les hauteurs;
Les jolis prunnus sont en fleurs
Tout près de la porte d'Espagne,

Les jonquilles et les narcisses
Éclosent du soir au matin;
Dans chaque parc,chaque jardin,
Les mimosas ont la jaunisse.

Tous les jours,je foule l'herbette
De notre vieux camp Saint-Léon,
Et dans ce ravissant vallon,
Je vois s'ouvrir la pâquerette.

"Bonjour,adorable fleurette,
"Sans te faire attendre longtemps,
"En ce trop précoce printemps;
" Tu veux bien me faire risette,

"Durant les longs jours de froidure,
"Au temps jadis je remarquais
"Que jusqu'en Avril tu manquais
"Sue le grand tapis de verdure

"Tu revenais tout juste à Pâques,
"Avec la nouvelle saison,
"Et tu faisais sur le gazon 
Disparaitre tous les cloaques..."

Pour notre fête patronale,
Je suis certain que nous verrons
Les jeunes gens qui danseront
Par une chaleur tropicale

Ils devront ,pour que tout bien aille,
Selon la coutume d'antan,
Arborer le pantalon blanc
Ainsi que le chapeau de paille.

20 février 1934.