08 mai 2017

Arrestation de deux pasteurs français de Barcus

Arrestation de deux pasteurs français de Barcus

1857

Le 11 novembre dernier, dans l’après-midi, deux gardes forestiers espagnols rencontrèrent sur le terrain appelé Lapatia, dépendant de la vallée de Salazar, deux pasteurs français qui gardaient un troupeau de 136 têtes de bétail. D’après l’observation qui leur en fut faite, les pasteurs reconnurent qu’ils se trouvaient sur le territoire Espagnol. Il fut convenu que, pour empêcher la saisie de tout le troupeau, les délinquants en abandonneraient huit têtes pour garantir les suites du délit de violation. Pendant que les gardes faisaient choix des animaux, les pasteurs les surprirent à l’improviste et les obligèrent à se retirer après leur avoir fait subir quelques mauvais traitements.

Aussitôt que l’incident a été signalé à M. le Préfet des Basses- Pyrénées, ce magistrat a donné l’ordre de rechercher les coupables. Ils ont été reconnus appartenir à la commune de Barcus et se nommer Larrasquet et Goytole . Ces deux pasteurs ont été arrêtés et sont détenus actuellement dans les prisons de Pau.

La sévérité déployée par l’autorité dans cette circonstance regrettable servira d’exemple et d’avertissement à nos frontaliers. Dans un moment où le traité du 2 décembre 1856 vient d’être promulgué, où les plénipotentiaires des deux nations s’efforcent de reconnaître et de concilier tous les intérêts, il est de la plus haute importance qu’aucun conflit, aucun désordre ne se manifeste sur la frontière. L’appel fait à l’intelligence, au bon esprit, au patriotisme de nos populations sera certainement entendu.
Situation de la commune de Barcus et de la frontière _Source:Google-Maps

Source: 
Empire français
Département des Basses-Pyrénées
Recueil des actes administratifs
Année 1857
Page 414

05 mai 2017

Discours de José Antonio De Aguirre

 Discours  prononcé par Son Excellence le Président du Gouvernement Basque

 José Antonio De Aguirre aux postes de radio de catalogue

 le 21 décembre 1938

Collection particulière
 

Il y a deux ans… La thèse basque : lumière, doctrine et exemple.

Il y aura déjà deux ans, exactement demain 22 décembre, je prononçais à Bilbao, au micro de Radio Euzkadi, un discours qui fut en substance la présentation du Gouvernement Basque et de son œuvre.
De mon discours, une bonne partie, consacrée à des questions politiques est, à mesure que le temps passe, pleinement confirmée dans toute son extension. Peut-être sont-ce ces paroles qui ont incité le monde à considérer de nouveau le profond problème que constituait la guerre provoquée par les militaires rebelles. La thèse soutenue et la réalité présentée rompaient brutalement avec cette façon simpliste et commode de présenter le problème que l’on interprétait alors comme une lutte entre l’anarchie débordante et l’ordre, entre la civilisation chrétienne occidentale et la barbarie, entre le Christ et Lénine. Assurément, cela ne pouvait venir à l’idée qu’à des esprits légers, pour ne pas les appeler autrement, qui n’avaient pas encore étudié les origines d’une lutte basée sur la rancœur, l'injustice et la superbe.
Il fallait parler clair et ferme. Surgit « le cas basque » comme il fut appelé alors. Grâce à lui se dissipa l’atmosphère chargée et pleine d’ignorance qui régnait alors à ce sujet. Aujourd’hui, on appelle plus « le cas basque » l’épopée que l’Euskadi est en train d’écrire dans cette guerre. On la connaît dans les milieux compétents sous le nom de « thèse basque ». Thèse basque qui renferme une vérité , un enseignement, et qui est  la base ferme d’une position qui, à l’avenir, servira de modèle et de point de départ pour la définition de conduites et d’aptitudes dans le domaine de la philosophie politique.

Avec l’adhésion du peuple et la conscience du devoir.

On a déjà beaucoup écrit sur ce sujet. Il existe des témoignages très abondants. Ce serait un travail certainement inopportun y interminable que de les référer dans ce discours. Il est bien préférable de rappeler et d’approfondir la thèse.
Je veux suivre la ligne de conduite tracée en 1936 en harmonie avec notre histoire qui s’est toujours montrée fidèle à elle-même par la pensée et par la conduite.
Je m’adresse à tous, mais spécialement à mes compatriotes basques, aujourd’hui sous le joug le plus étranger à leur pensée et à leur cœur. Je m’adresse à eux avec l’autorité d’un homme qui peut le faire parce qu’il s’appuie sur l’adhésion enthousiaste de notre peuple, adhésion que ni des barreaux des prisons, ni la persécution acharnée, ni l’exil hors de la Patrie, ni la misère, ni le mépris, ni  l’injustice ne pourront jamais empêcher. Quelle leçon donnerait en ce moment la tyrannie étrangère si on lui  permettait de parler ! Rien que de parler ! Étant en outre ses légitimes représentants d’où que nous nous  adressions à lui, nous savons que nous le faisons en interprétant sa volonté.
Je vous parle donc, comme si je parlais parmi vous, entouré de compatriotes. Ici je les ai devant moi ,vous êtes leur prolongement. Notre communauté spirituelle est parfaite. Même la distance est abolie grâce à l’aide merveilleuse de ces ondes qui nous rapprochent et nous permettent en ce moment d’exprimer nos mutuels désirs et nos espérances prometteuses. Nous allons parler de ce qui nous touche.
Le motif, le même qu’il y a deux ans :les  fête de Noël, avec leur message sublime de paix aux hommes de bonne volonté. L’objet, le même aussi, celui de continuer à rendre compte au peuple, à notre peuple, de toutes nos activités. Ce devoir, bien que nous soyons physiquement séparés, continue à être aussi impérieux qu’il le sera le jour où nous serons de nouveau là-bas. Car ce jour approche, compatriotes. Soyez-en sûrs.

Les conservateurs en armes !Quel mal la République leur avait-elle fait ?

Toute la définition de la lutte, son illégalité initiale, son manque de motifs et son caractère odieux peuvent se concrétiser dans ces paroles que je prononçais il y deux ans et qui paraissent dites pour aujourd’hui et  en particulier pour les jours présents. M’adressant aux classes conservatrices dirigeantes du mouvement  insurrectionnel, je leur avais dit :
« Quel mal vous a fait la République ? Vous avez  conservé vos fortunes, vos affaires. Vous touchiez des honoraires splendides dans vos Conseils d’Administration souvent accaparés par un petit nombre de personnes, et l’on vous a tout  respecté. C’est un catholique qui vous parle, un catholique qui combattit aux Cortès  Constituantes de la République tout ce qui , selon la doctrine chrétienne, était excessif et inacceptable. Ah ! Mais sur les questions sociales, sur les questions économiques, qui sont les seules à vous intéresser, nous donnions notre approbation aux progrès que la justice réclamait. Car nous étions préparés à la générosité et il fallait être préparés à la générosité et il fallait être préparés même au sacrifice. Le bien commun de la doctrine classique doit prévaloir sur le bien privé des individus. Ne vous rappelez pas que tout manquait dans une multitude de foyers ? Aviez-vous le droit de protester ? Avez-vous cru un instant qu’en appelant communisme une juste protestation sociale vous pouviez obtenir un autre résultat que celui d’exaspérer le peuple avide d’un régime social plus humain et plus équitable ?
« Vous viviez bien ; ce n’est que maintenant, en présence du désastre, avec une économie ruinée, une richesse absorbée par les dépenses de la guerre, que vous comprenez combien fut insensée votre conduite ; et malgré cette situation privilégiée, vous vous êtes soulevés, les uns en prenant les armes, les autres en finançant le mouvement, en secondant la rébellion de ceux qui, manquant à la parole donnée, servent un régime caduc, guidés seulement par le désir de commandement, d’oppression et d’orgueil. Et impuissants à réduire le peuple en esclavage, lancés dans une course sans frein ,voyant que les forces que vous aviez soulevées  n’étaient pas capables de vous mener à  la réalisation de vos désirs insensés, vous avez applaudi tragiquement à l’arrivée des  troupes mercenaires africaines, renforcées plus tard de contingents étrangers allemands et italiens, sans qu’il vous importât que votre dignité  traîne dans le ruisseau pourvu que n’importe qui, noir ou blanc, de quelque couleur, de quelque race que ce soit, sauve  votre situation économique, vos privilèges perdus  parce que Dieu a voulu que vous fussiez aveuglés  pour toujours  par votre ambition et votre orgueil ; ces troupes noires infidèles amenées par ces insensés qui ont fait du nom du  Christ un cri de guerre, de ce Christ dont  l’humanité croyante célèbre en ces jours l’avènement  par ce salut   admirable  : « Gloire à Dieu au plus haut  du ciel et paix sur  la terre aux hommes de bonne volonté » Contradiction monstrueuse avec une conduite qui a fait verser tant de sang et causé tant de douleur dans des milliers de familles »
Nous disions ceci il y a deux ans. Avec combien plus de raison nous pouvons le dire aujourd’hui et avec quelle foi nous ratifions ces paroles ! En elles, notre pensée est condensée

Aux compatriotes qui souffrent :notre conduite a triomphé.

C’est à vous que je m’adresse, compatriote qui souffrez. Où que vous vous trouviez, derrière les barreaux des prisons, dans les camps de concentration, épuisés par l’exploitation éhontée que vous subissez dans les usines et dans les mines, à vous qui écoutez ma voix et, aussi, à ceux qui ne l’écoutent pas. Tous vous êtes présents à mon esprit.
« La thèse basque » comme on  appelle aujourd’hui dans le monde entier notre attitude , a acquis la sympathie générale. Ici, et hors d’ici .Notre esprit pratique a répandu son efficacité et son influence. Je peux vous dire aujourd’hui que la politique qu’avait suivie le Gouvernement d’Euzkadi est  suivie ici par le gouvernement de la République. C’est le triomphe d’une conduite.
Tous nos compatriotes travaillent avec foi et enthousiasme dans les postes où leur devoir les conduit, que nous, leurs chefs, nous leur assignons. Tous travaillent pour le  bien de l’Euzkadi et pour la Cause de la République. Et ce travail intelligent en toute sorte des postes reçoit, ici comme à l’étranger, des éloges constants qui arrivent jusqu’à moi sous toutes les formes et même de façon officielle. Les basques ont sû faire honneur à leur réputation de courage, d’amour du travail, de fidélité. Partagez avec moi cette immense satisfaction.

L’Euzkadi dans le monde. On nous aime, on nous admire.

Nous avons quitté l’Euskadi et Santander pour accomplir un douloureux pèlerinage, et les services du Gouvernement Basque ont dirigé l’organisation de notre peuple partout où celui-ci se trouvait, au milieu des naturelles difficultés et de grands sacrifices, que vous comprendrez. Aujourd’hui, les choses ont bien changé. Je sais que de là-bas où vous êtes on s’étonne de la façon dont peuvent vivre tant de milliers d’exilés. Ils vivent bien et ils vivront. Dans notre malheur, que nous supportons avec une bonne humeur et un courage exemplaires, nous avons de grandes consolations. Notre conduite a partout fait respecter notre peuple et l’a fait aimer. On nous a ouvert les portes. On nous aime, compatriotes, on nous aime. ! Nos institutions d’Assistance Sociale sur le sol de de France, en Belgique et en Angleterre, nos magnifiques institutions médico- chirurgicales de La Roseraie où sont soignés les mutilés de guerre, ou nos malades sont soulagé, nos colonies scolaires, nos services sanitaires, et surtout, entendez-moi bien, notre confraternité de race, tout cela aussi nous a valu d’attirer l’attention, tout cela a reçu des éloges, parfois même trop d’éloges, de la grande presse d’Europe et d’Amérique. Et tandis que nous organisons l’exil de notre peuple en adoucissant sa douleur, nos journaux et nos publications de propagande détruisent, à Paris, à Londres et en Amérique, la fable de Franco. Notre art national parait sur les scènes des principales capitales d’Europe et l’Amérique le réclame avec insistance : voilà la preuve donnée au monde que la culture c’est nous qui la représentons, tandis qu’en face il n’y a qu’une barbarie et qu’une rancœur qui ne respecte même pas la vie des peuples.Et si dans les champs de batailles l’Euzkadi continue, aujourd’hui encore, à défendre son renom de loyauté qu’il a scellé de son sang, hors d’ici, hérauts de la justice et du droit, nous dissipons l’hostilité et groupons autour de nous des sympathies innombrables. Les témoignages des ambassadeurs de la République dans les pays étrangers l’ont établi et des personnalités les plus distinguées des milieux politiques républicains l’ont compris. La calomnie et les féroces attaques de l’adversaire nous indiquent que nous avons visé juste. Cette satisfaction aussi, compatriotes, partagez-la avec moi.
Et ici, en Catalogne, dans ce pays noble et cher où nous avons trouvé tant de chaude affection, de même que le reste du territoire de la République qui a généreusement reçu notre peuple, le Gouvernement d’Euzkadi a organisé l’émigration d’une façon qui peut nous remplir d’un légitime orgueil. Refuges, hôpitaux, colonies etc. etc., soit au total presque 200 institutions, recueillent les Basques qui ont tout perdu pour une loyauté qu’ils avaient promise et qu’ils ont prouvée.

La vitalité d’Euskadi : une valeur permanente, un témoignage prodigieux.

L’Euzkadi à une vitalité qui rayonne au dehors. Il est comme notre langue, dans laquelle je vous parlerai tout à l’heure, une valeur permanente et le témoin prodigieux de l’évolution et même la chute de toutes les civilisations de l’Occident. Il dure en se rénovant chaque jour. Et nous, nous sommes comme lui et, plus encore, cette faculté de durée suscite avec une vigueur inattendue les sentiments que l’on croyait endormis, de ces milliers de nos compatriotes qui, au-delà des mers, dans cette Amérique qui les a accueillis, ont aujourd’hui relevé la tête pour regarder vers nous, pour recevoir avec enthousiasme nos représentants. Généreux, ils nous tendent la main et nous donnent notre pain quotidien, qui, dans son sens matériel, ne vaut rien à côté de cette magnifique résurrection de la fraternité de la race basque, qui, née dans un petit territoire, dans un petit peuple, a assez de force pour rayonner au-delà des frontières de notre pays, pour survivre à l’infortune, pour rester éternellement maîtresse de sa maison.

L’exemple basque recueilli par le Gouvernement de la République.

Nous allons parler, maintenant, de quelques choses qui vous intéressent. Cet esprit qui est le nôtre et dans lequel nos sentiments religieux occupent une si grande place, été accueilli, ici, dans le territoire de la République, par le respect et l’affection tous.
Les efforts de notre Manuel de Irujo en faveur de la normalisation de vie religieuse dans le territoire de la République ont   reçu du Président Negrin l’accueil le plus compréhensif. Et dans ce pays où, au début de cette lutte, de condamnables excès ont été commis contre les personnes et les édifices de l’Eglise, aujourd’hui règnent la tolérance et le respect des croyances, appuyés par les autorités et profondément professés par le peuple. Vous savez bien que je vous ai toujours parlé clairement. Je ne rejetterai jamais sur le peuple la faute de tant  d’atrocités qui nous ont fait tant de mal dans la première période révolutionnaire de cette guerre. Peut-être devra-t-on chercher une origine plus reculée à ces faits déplorables. En particulier, cette origine, peut-être la trouverait-on dans les manifestations publiques de ceux-là qui, oubliant la soif de justice sociale  du peuple, donnaient  libre cours à des déclarations d’un sectarisme désuet
Aujourd’hui, le peuple a conquis cela. Il vaut mieux bien imposer les rentes ou destiner les choses de bien commun que de s’amuser à brûler des églises. La première chose est juste, la seconde discrédite sans aucun profit.

Hommage au Saint-Père, défenseur de la dignité humaine

L’église, pas plus que la Foi, n’est coupable des erreurs commises par ceux qui se sont permis de compromettre le Christ contre sa volonté ou de définir avec leur autorité spirituelle des questions que Dieu a laissées à la libre discussion des hommes. Pauvre religion, mise en discussion devant les multitudes ! Pauvre Église, violemment persécutée en Allemagne et à la veille de jours tragiques en Italie. ! Comme on vous cache ces  choses ! Permettez-moi, de cette tribune, à Barcelone, comme Président du Gouvernement Basque, en tant que catholique, remerciant Dieu, aujourd’hui encore, de la Foi qu’il a bien voulu me concéder et dans laquelle je veux mourir, permettez-moi d’adresser à l’Auguste Vieillard du Vatican un salut ému et respectueux pour la défense de la dignité humaine  que par ses paroles et sa conduite il réalise contre les courants  antichrétiens, antihumains et tyranniques  du paganisme fasciste. Ce salut, je sais que tous les hommes de bonne volonté l’adresseront avec moi. D’ici, nous pouvons, nous Basques, parler avec cette clarté et dans la sincérité de notre cœur. C’est aussi en votre nom que j’adresse ce salut, en notre nom à vous, mes compatriotes opprimés ,qui, sans pouvoir exprimer de là où vous êtes ce sentiment, vous associez à mes paroles.

L’échange des prisonniers :la responsabilité de Burgos.

Une autre affaire qui vous intéresse grandement est celle de l’échange des prisonniers. Eh bien, j’ai le devoir de vous dire  que l’attitude du Gouvernement de la République à ce sujet est digne de tout éloge. Accueillant les suggestions de représentants étrangers, il a poussé son esprit d’humanité jusqu’à des limites qui auraient pu difficilement être dépassées par quiconque. Observant fidèlement la parole donnée, il a facilité sans cesse tous les échanges. Ici, il y a une autorité ;tous savent à qui s’adresser , la parole donnée est tenue. Si l’on avait répondu comme elle le méritait à cette conduite, des milliers d’hommes souffre innocemment auraient été libérés. Plus encore : beaucoup d’hommes aurait pu être sauvé des pelotons  d’exécution.
Toute la responsabilité retombe sur Franco.
 Je vous rapporterai seulement une impression que j’ai reçue il a peu de jours de hautes  personnalités qui, parlant de cette question, me dirent :
 « Dans le territoire de Franco on ne sait à qui s’adresser. Il n’y a ni autorité, ni organisation en cette matière. Et c’est ainsi que répond de tous ces actes l’administration de Burgos , qui paraît absolument ne pas exister. »
Tout ceci est rigoureusement exact. Naturellement, la conséquence internationale de ces différentes conduites, c’est que chacun reçoit son dû .

Le Gouvernement Basque prend soin de ce qui appartient aux Basques.

Passant brusquement de ces questions à d’autres ,plus matériels et plus prosaïques, je veux aussi vous apprendre autre chose.
Même les personnes qui là-bas, ont passé leur temps à diffamer et à insulter le Gouvernement Basque ,peuvent avoir la  satisfaction de savoir que les valeurs et les  objets des Basques et des Sociétés  de toutes sortes que le Gouvernement d’Euzkadi a évacués, sont déposés sous bonne garde, rigoureusement classés avec le nom de leurs propriétaires respectifs est administrés par le Gouvernement Basque conformément à l’accord qui fut conclu par lui  avec le Gouvernement de la République. Tel est l’esprit de compréhension qui règne  ici. C’est un détail que nous avons une grande satisfaction à vous faire faire connaître, en attendant le jour où nous pourrons démontrer  notre bonne administration en rendant les titre à leurs légitimes propriétaires, une fois accomplies, naturellement, les décisions que prendra la justice pour chaque cas particulier. En attendant, soyez tranquilles, le Gouvernement Basque veille sur ce qui intéresse les Basques. Il sera donc prudent de ne pas s’aventurer en des opérations risquées et bien moins encore avec des étrangers. Avertissez-en ceux qui ne l’auront  pas entendu et que cela pourrait intéresser.

Ni démagogie ni dictature une démocratie ferme.

Notre indépendance d’esprit et notre position sont si fermes que personne peut-être ne pourra  parler si nettement et avec autant d’autorité que nous.
Nous restons ce que nous avons toujours été. Et c’est grâce à l’esprit qui nous  anime, et avec lui, que nous avons lutté et  que nous continuerons à lutter. Nous, les Basques , nous avons une tradition, la tradition séculaire de la liberté ,et une éducation politique originale qui ne date pas d’aujourd’hui. Notre tradition nous servira de base pour notre marche vers l’avenir. Nous n’avons pas besoin de prendre quoi que ce soit à l’étranger. Nous avons tout chez nous et  depuis des siècles : démocratie sans démagogie _rappelez-vous nos Juntes Générales ;un pouvoir fort, sans les errements des dictatures_ rappelez-vous notre Gouvernement de la Seigneurie_ ; une justice sociale subordonnée au principe du bien commun _rappelez-vous nos lois du Fuero_ ;une égalités des citoyens ,considérés tous comme des aristocrates. Nous voulons l’égalité dans le bien-être, nous ne la voulons pas dans la misère.
Tout ce passé historique, toute cette énergie humaine qui a servi d’exemple et de modèle aux plus grandes démocraties, tout cela me vient à l’esprit pour me rappeler une date historique :le 25 octobre 1839.

Les successeurs des traîtres de 1839.

Dans quelques jours nous entrerons  dans l’année 1939, qui marquera le centenaire de cette date, funeste pour tous les Basques. Une date qui rappellera la trahison de la monarchie espagnole tristement appelée libérale ,qui rappellera la félonie d’Espartero, l’hypocrisie avec laquelle il promit de dégainer  son épée dans le cas où les «Fueros »  ne seraient pas respectées, promesse qui, elle non plus ne fut pas tenue, lorsque nos pères eurent jetés leur épée  sur le sol. Tristes leçons de notre histoire qui ne se produiront plus. Je vous le jure.
Que sont-ils d’autre que les successeurs d’Espartero, ceux qui, là-bas vous oppriment ? Ils brisèrent la paix de nos ancêtres et ont brisé à nouveau notre paix d’aujourd’hui. Contre ceux-là, traîtres d’alors et traîtres d’aujourd’hui, nous devons nous unir, nous les Basques de tous les partis, contre les Espartero et les Maroto. Et par ces Basques de tous les partis j’entends, non seulement nous qui luttons ici pour la défense de la liberté de notre peuple, à laquelle les lois de la République ont ouvert un chemin, mais vous aussi, Basques qui aspirez à recouvrer nos libertés historiques et pour cette raison, vous êtes groupés sous le drapeau trompeur de la rébellion. À vous surtout, Basques de Navarre et d’Alava, c’est à vous que je m’adresse, et à vous qui, en Biscaye et en Guipuzcoa, révérez le drapeau d’une tradition dont on vous cache le véritable caractère, mais qui réclame, elle aussi la restauration de liberté qui nous a été arrachée en 1839.
Tout cela, tout se passé de grandeur, qui est ce qui nous tient le plus à l’âme, toutes ses aspirations, qu’ont-elles de commun avec ce national-syndicalisme improvisé, étrangers, importé et artificiel ? Quelle liberté et quels « Fueros » Basques peuvent comprendre ni octroyer ces hommes qui commencent par vouloir détruire notre âme et finissent par se livrer à l’étranger jusqu’à juste que dans leurs gestes et dans leurs cris ? Ils ne pourront jamais nous comprendre. Ils ne pourront comprendre ni notre âme, ni notre tradition. Vous, vous me comprenez mieux qu’eux, ce qui est notre, c’est ce qui court dans nos veines, ce sont des siècles de notre histoire  de peuple libre, ce sont des institutions qui sont nées pour la défense de nos foyers. Ce qui est leur est froid, est né d’aujourd’hui, est venu de règlements approuvé à Rome ou à Berlin, qui  n’ont rien de commun avec nous. Levez le drapeau de nos libertés, réclamez l’abolition de la loi de 1839,levez  ce drapeau en  union avec tous les cœurs basques, dans cette année décisive !
Buste de José Antonio De Aguirre à Saint-Jean-de-Luz.

Le gouvernement d’Euzkadi saura  accomplir son devoir.

L’âme de notre vieux peuple vibrera comme jamais cette année mémorable, et unira ses fils dans un même cri de triomphe. Je vous le promets. Vous surtout, Basques de Navarre et d’Alava, hommes généreux, qui avez souffert et restez pénétrés de votre idéal. La race vous appelle en cette année 1939 où les pierres mêmes de notre sol se lèveront pour demander  que  soit rétablie la justice, violée il y a cent ans et proclamer l’union de tous les Basques de bonne volonté.
Ce qui est arrivé à nos pères, il y a un  siècle, cela n’arrivera  plus ,cela ne peut plus arriver. Aujourd’hui, il y a un Gouvernement d'Euzkadi, qui  a la pleine conscience de son devoir. Ce devoir il saura l’accomplir, je vous l’assure. Il y a une certaine différence entre les hommes qui oppriment et les hommes de la République. Lorsque nous triompherons, vous pourrez tous parler. Les valeurs spirituelles de notre peuple sont garanties par une conduite, la nôtre, et sont scellées de notre sang. Si vos ennemis, qui sont les nôtres, triomphaient, Il ne serait permis à personne de parler. Quelle différence ! Ici non seulement l’amnistie a été décidée pour ce jour-là , mais  encore les portes sont ouvertes à l’expression la plus large de la volonté populaire. Ceci a été convenu par des personnalités responsables qui représentent des parties et des peuples.

Les intérêts des démocraties européennes.

Que peuvent-ils promettre là-bas ? Pardonnez que je vous aie posé cette question pour la forme, car il est déjà trop tard. Il existe une Armée qui est née du peuple même, de ce peuple qui brisera tous les plans et toutes les illusions que forgeront ces hommes. Il est trop tard, mais de plus, savez-vous où il vous mènent ? Le savez-vous, par hasard ?
Nous allons brièvement examiner la politique internationale.
Les intérêts impériaux de la France et de l’Angleterre opposition avec ceux de vos alliés. Et par conséquent avec les vôtres. Ils coïncident par contre  avec nos intérêts  pour des raisons de régime, d’opportunités et aussi dans ce cas, de justice. Vous avez choisi_je m’adresse ici à vos  oppresseurs, vous le comprendrez_vous avez choisi des amis éphémères comme tous ceux qui basent leur puissance sur la force.
Vous avez changé le cours de la politique internationale de l’Espagne, peut-être sans grande conviction, mais parce que vous y étiez obligés en échange des avions et des canons, nécessaires à la prolongation de ce massacre dont vous êtes coupables. Ce faisant, vous vous êtes livrés à l’étranger. Et plus grande sera l’arrogance Italo-allemande, plus grande sera l’aversion que le monde ressentira pour vous. C’est ce qui arrive déjà, et augmente avec le temps, non seulement en Europe, mais encore dans le monde entier.
Moi, j’ai toujours cru que cette situation devait se produire. Tous ceux qui m’ont écouté le savent bien.
À l’étranger on entend dire partout : « Franco est complètement tombé ,par contre la République se relève. »
C’est naturel. Les intérêts de la République Espagnole coïncident avec ceux de Paris et de Londres et de cette identité naît  nécessairement une politique. Les choses tardent à se produire, mais elles se produisent. Les démocraties de ces peuples , avec une vigilance infatigable et  avec une patience peut-être exagérée, même si elle est compréhensible, ont fait tout ce qui leur a été possible : elles ont attendu et cédé, bravant ainsi l’impopularité et n’ayant en vue  que le bien inestimable de la paix.
Cette politique touche à sa fin et, avec elle, l’arrogance Italo-allemande et celle de son petit serviteur, Franco.
Ne comprenez-vous pas que ces pays savent parfaitement que l’Italie se sert de l’Espagne comme d’une base coloniale future opérations ?
Ne comprenez-vous pas qu’il pense à la possibilité de transporter des troupes au Maroc Espagnol menacé le Maroc Français ?
Ne comprenez-vous pas que le détroit de Gibraltar les intéresse ?
Ne comprenez-vous pas que ces pays ne peuvent rester impassibles devant l’occupation de Majorque ?
Ne comprenez-vous pas que la garantie des Pyrénées et pour la France et l’Angleterre du plus haut  intérêts ?
Croyez-vous peut-être seul instant qu’ils vont  perdre allègrement leurs positions en Méditerranée ?
Et vous, quelles garanties offrez-vous si l’étranger, leur futur adversaire, vous domine, et si votre vie dépend de lui ?
Beaucoup de partisans de Franco le comprennent déjà, et leurs démarches tant soit peu nerveuses auprès des chancelleries ne sont pas sans être connues et commentées.

La belligérance et les dettes de Franco.

Il devait en être ainsi. L’Italie et l’Allemagne le savent bien .C’est pour cela qu’elles demandent le droit de belligérance pour Franco.
Je ne sais si, dans le territoire rebelle, on a parfaitement compris ce que signifierait le droit de belligérance ainsi demandé. Pourquoi le voulez-vous ? Pour bloquer les cotes républicaines ? Mais avec quelle escadre ?Avec la vôtre ?Vous comprendrez que cela n’est pas sérieux. Ah ! Avec celles de l’Italie et de l’Allemagne ?Et  vous, pensez gouverner un peuple que vous livrez à l'étranger ? Permettez-moi de vous le dire clairement : vous arrivez trop tard. Vous arrivez trop tard ; cela ne sera pas permis d’abord par les armes qui dans ce territoire défendent la  justice et la liberté et, en second lieu, parce que l’Europe nous connaît tous et sait  bien ce que chacun de nous représente ; elle comprend bien quelles seraient les conséquences de votre esclavage.
Écoutez-moi bien. Ce droit de belligérance qui à lui tout seul sera jamais suffisant  pour ce blocus si  désiré ne servira qu’à la reconnaissance juridique de vos dettes, à la régularisation de vos emprunts. C’est une des clauses de la reconnaissance. Vous comprendrez que nos envahisseurs, les vôtres, sont pressés de régler les comptes non payés.
Si la guerre finissait aujourd’hui _et ils doivent avoir des raisons de le craindre-quel serait juridiquement le sort de ces dettes, quels titres pourraient présenter vos créanciers, à qui pourraient-ils les présenter, que deviendraient ces dettes contractées par vous dans  cette terrible et  sanglante aventure ?Vous demandez le droit de belligérance et, ce faisant, vous ne faites que vous livrer pieds et poings liés à l’étranger qui veut vous faire signer la reconnaissance de vos dette envers lui, en  vous donnant pour cela une personnalité juridique suffisante. Combien d’attitudes en Europe sont aujourd’hui provoquées par ces considérations matérialistes !.

Il est encore temps de rectifier vos erreurs.

Vous avez violé la justice et le droit, vous avez attaqué le peuple, vous avez fait appel à des mercenaires pour lutter contre vos frères, vous vous êtes livrés à l’Allemagne et à l’Italie, vous avez détruit la paix de milliers de familles, et vous voulez encore signer de votre main l’acte qui consacrerait définitivement votre esclavage, qui, de plus, nous obligerait tous ? Le droit de belligérance que vous sollicitez, c’est cela. Vous êtes en mauvaise posture, pensez le bien. Il est encore temps de réparer vos erreurs  si vous avez  tant soit peu de conscience de votre devoir.
La conscience internationale vous est hostile parce que vous avez mal agi. Votre prestige extérieur diminue chaque jour, de même que la valeur de votre monnaie. Vous vous êtes placés aux cotés de ceux qui menacent tous les jours de déchaîner la guerre. Et celle-ci peut arriver. Que  Dieu ne la veuille  pas !Mais  si elle arrivait, que deviendrez-vous ? Je sais que vous y avez pensé. Je me souviens des derniers jours de Septembre. Vous vouliez alors  vous déclarer neutres. Faites-moi l’honneur de croire que personne n’a pris vos promesses au sérieux.
Mais supposez que les mêmes circonstances se présentent à nouveau et, avec elles, que vous répétiez vos déclarations de Septembre. Qui vous livrera l’armement qui vous serait nécessaire, quand ce ne serait que vous maintenir dans votre position actuelle ? Et si vous entrez dans le conflit général _ou pour mieux dire on vous y fera  entrer-ne comprenez-vous pas que le blocus le plus rigoureux serait la seule conséquence qu’entraînerait votre attitude déraisonnable ?
Ce n’est pas pour rien que les mêmes rares journaux amis qui vous restent en France et en Angleterre, ceux qui pensent comme vous, demandent une médiation. N’avez-vous pas peut-être travaillé vous-même à cette médiation, tout en le cachant au peuple qui verse des torrents de sang ? Pensez-y bien, et vous éviterez que plus de sang encore soit versé.

Pas de vengeance ! Justice et reconstruction .Discipline et foi.

Je reviens à vous, mes chers compatriotes, mais avant de parler dans notre langue nationale, je veux vous dire quelque chose qui soit compris ici et là-bas.
Ils nous ont insultés, ils nous ont calomniés, ils ont dévasté nos foyers, ils ont détruit  Guernica et ils nous ont ensuite calomniés, ils ont tué des milliers de femmes et d’enfants. Ils n’ont pas d’autre argument ni d’autre réponse à notre conduite et à notre œuvre. Eh bien ! Malgré tout cela, je vous dis : Maudit soit celui qui a dans son cœur un désir de vengeance ! Devant Dieu je peux vous affirmer que moi, je ne l’ai pas ; et je veux que, vous, vous ayez ce même sentiment.
Nous devons reconstituer notre peuple, nous tous, avec l’effort de tous. Nous ne le ferons jamais, si notre cœur est encore agité de sursauts de haine. Laissez la justice faire son œuvre.
Entendez notre voix comme vous l’entendiez avant .Vous nous avez  donné trop de preuves que vous avez scellées de vos souffrances et votre sang. Gardez une discipline de fer. Faites-vous un cœur impavide, espérez, gardez votre calme, ne vous impatientez pas : les jours s’approchent où, les foyers reconstitués, les  frères réconciliés, nous entrerons dans la voie de notre grandeur, nous verrons un avenir que nous bâtirons sur l’œuvre éternelle de nos ancêtres. Écoutez-moi bien. Discipline et Foi ! Vous me comprenez.



Buste de José Antonio De Aguirre à Saint-Jean-de-Luz.


Plaque sous le buste  de José Antonio De Aguirre à Saint-Jean-de-Luz.







30 avril 2017

1 er mai 1914:meeting au cinéma Saint-Esprit (Bayonne)

Meeting au cinéma Saint-Esprit


Ville de Bayonne
Commissariat de Police du 2 e arrondissement
Affaire:Premier Mai
Meeting au Cinéma St-Esprit 

Rapport

Le Commissaire de police du 2 e arrondissement à Monsieur le Commissaire Central à Bayonne



J'ai l'honneur de rendre compte que,ce soir à 20 heures 45 les ouvriers dockers se sont réunis en un meeting syndicaliste à la salle du cinéma Saint-Esprit.
De 600 à 800 manifestants étaient présents.Les citoyens Brion,secrétaire de la Bourse du Travail de Bayonne;Elozu docteur en médecine;Bonnard,de l'Union des syndicats de Bordeaux,délégué de la CGT et le sieur Gonzalès sujet espagnol,de Bilbao,ont successivement _mot manquant_la parole et exposé leurs revendications:
1° Encouragement au syndicalisme;
2° Suppression de la loi de 3 ans;
3° Établissement de la journée de huit heures;
4° Création d'une maison du peuple.
Faisant allusion à mon invitation à rouler le drapeau dont les manifestants étaient porteurs cet après-midi,un des orateurs ,le citoyen Elozu,a déclaré que ce drapeau avait été salué par Monsieur le Président de la République française.
Les orateurs ont flétri les incidents de Chicago en 1886 et de Fourmies en 1891 et le meeting a pris fin à vingt deux heures cinquante après une quête au profit de la future maison du peuple.
Aucun incident n'a été à signaler.
Le Cre de police

Archive consultable à Pau, en salle de lecture des Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques,Boulevard Tourasse
Cote :10 M art 12 Travail et Main d’œuvre

Pour aller plus loin 


On trouvera les actes de décès des manifestants tués le 1 er mai 1891 à Fourmies sur le site web des Archives départementales du Nord
Archives en ligne
État civil
FOURMIES / Décès [1889-1893] -Cote 1 Mi EC 249 R 012

Les décès des manifestants tués par la troupe ont été enregistrés le 02 mai

Vue 226/481,huit heures du matin, N°124 ,acte de décès de Segaux Emile ,30 ans 

Vue 227/481 huit heures un quart, N°125 ,acte de décès de Giloteaux Kleber Edmond,19 ans
Vue 227/481 huit heures et demie,N°126 ,acte de décès de Hublet Louise 20 ans
Vue 227/481 huit heures trois quarts,N°127 ,acte de décès de Latour Aimé Émile Camille 46 ans 

Vue 228/481 neuf heures un quart,N°129,acte de décès de Diot Marie 17 ans,
Vue 228/481 dix heures,N°130,acte de décès de Blondeau Émilie 18 ans ,
Vue 228/481deux heures du soir,N°132,acte de décès de Tonnellier Félicie 17 ans,

Vue 229/481  deux heures et demie du soir,N°133,acte de décès de Cornaille Emile 10 ans
Vue 229/481 trois heures du soir,N°134,acte de décès Leroy Charles 21 ans
Vue 229/481 quatre heures du soir,N°135,acte de décès de Pestiaux Gustave 16 ans

Le site internet de la ville de Fourmies -Chronologie 

Articles du blog 


28 avril 2017

Unions entre ouvriers chinois et femmes françaises

Unions entre ouvriers chinois et femmes françaises

 Pau,le 10 octobre 1919


Le Préfet des Basses-Pyrénées,à Messieurs les Maires du département.

J'ai l'honneur d'appeler d'une manière spéciale,votre attention sur la circulaire de M.le Ministre de l'Intérieur,en date du 2 octobre courant,relative aux unions entre ouvriers chinois et femmes françaises,et sur les conséquences regrettables réservées à nos compatriotes du fait de tels mariages.
Je vous prie d'assurer ,en ce qui vous concerne,la stricte exécution des instructions de M.le Ministre.
Le Préfet,
M.Maupoil.

Paris,le 2 octobre 1919

Le Ministre de l'Intérieur,à Messieurs les Préfets.

M.le Ministre de France en Chine a signalé à M.le Ministre des Affaires étrangères,qui m'en fait part,que les unions entre ouvriers chinois et femmes françaises étant de plus en plus fréquentes,il devient nécessaire d'appeler l'attention de nos compatriotes sur les conséquences de tels mariages.
La situation des Françaises épouses d'ouvriers chinois serait acceptable tant que leurs maris,résidant en France,y travailleraient moyennant un salaire égal à celui des ouvriers français.Mais les travailleurs chinois,seront pour la presque totalité,rapatriés en fin de contrat.
Dès lors,la position de leurs femmes étrangères deviendrait très précaire.Au point de vue matériel d'abord,à l'exception des ouvriers spécialistes qui s'assureront une existence relativement aisée,les simples manœuvres retomberont,à leur retour dans le pays natal,à des salaires de quelques dollars par mois.C'est avec ce maigre revenu qu'ils devront assurer la subsistance de leurs femmes,qui seront condamnées,par la force des choses,à végéter dans une misère et au milieu de privations inimaginables,dans un pays dont elles ne connaitront ni la langue,ni les mœurs.
La situation des femmes françaises dans leur nouvelle famille sera des plus délicates.Les Chinois se marient très jeunes et il n'est pas téméraire d'affirmer que bon nombre des ouvriers envoyés en France se trouvaient déjà mariées légitimement avant leur départ de Chine.Pour ceux qui sont dans ce cas,la nouvelle union contractée à l'étranger ne saurait porter atteinte aux droits de la femme légitime chinoise;elle ne sera ,aux yeux de la loi et de la société,qu'une sorte de concubinat.L'épouse française,rentrant en Chine dans la famille de son mari,s'y trouverait séquestrée,ravalée à la position subalterne de deuxième femme,en butte à l'autorité despotique de la femme légitime,sans parler de la tyrannie séculaire dans la famille chinoise,la livrerait sans défense.
Dans ces conditions,j'estime que,non seulement les autorités françaises doivent déconseiller les mariages entre Françaises et Chinois,mais qu'il faut en rendre la célébration à peu près impossible,en exigeant l'accomplissement strict des formalités précisées par le Code civil.En outre,le Ministre de l'Intérieur chinois ayant décidé que tout Chinois désireux de contracter mariage avec une femme européenne devrait demander au préalable à ses père et mère ou au chef de famille un certificat attestant qu'il n'a pas de femme légitime,il convient que ce certificat soit réclamé comme une des justifications nécessaires de la capacité matrimoniale du Chinois.
Vous voudrez bien appeler tout particulièrement l'attention des officiers de l'état civil de votre département sur les observations qui précèdent et les inviter à se conformer très strictement aux prescriptions indiquées dans le dernier paragraphe de la présente circulaire.
Le Ministre de l'Intérieur,
J.PAMS

Source:
Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques
Pole de Bayonne
39 Avenue Duvergier de Hauranne, 64100 Bayonne

Bibliothèque,(pas de prêt )
Cote :BIB BAB 1 art.1920
Actes administratifs de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques
Pages 161 et 162

24 avril 2017

La question Basque dans l'Espagne de Franco

Le 26 avril 1937,la ville de Guernica a été bombardée par l'aviation d'Hitler et de Mussolini.
Dans un ouvrage publié à Paris en 1939,un admirateur de Franco,le vice-amiral Joubert (Duravel 01/03/1875-Vernet les Bains 27/12/1947),écrivait:
" A Guernica (...) un bombardement a eu lieu dont l'importance et les dégâts ont été très exagérés.(...)La seule église incendiée l' a été par les Rouges,qui ont systématiquement détruit la ville avant leur départ,à l'exception du quartier que les Basques ont défendu.Il y a une différence essentielle entre les effets sporadiques d'un bombardement et la destruction méthodique d'une localité maison par maison"
          Page 37.


Synthèse des conférences données du 17 janvier 1938 au 30 janvier 1939

L'Espagne de Franco

Chapitre:La question Basque

La bibliothèque du Musée Basque et de l'histoire de Bayonne dispose d'une édition de 1938 sous la cote P 3393.


La conquête de la Biscaye a servi de prétexte à une des plus perverses campagnes de propagande.
Écartant les innombrables destructions d'églises, et les massacres sauvages de prêtres, de religieuses et  de religieux sans doute oubliés, on s’est efforcé de démontrer que puisque les Basques, les plus catholiques des Espagnols, avaient fait cause commune avec les Rouges, ceux-ci n’étaient vraiment pas les ennemis de la religion; en revanche la haine des nationaux se serait particulièrement acharnée contre les Basques  parce que catholiques.On en déduira que Franco et ses partisans sont aussi dangereux pour les catholiques que les nazis. Ainsi  MM. Mauriac et Maritain(L'Aube,Sept,et temps  présent) préparent les catholiques à accepter la main tendue de Staline et de Thorez.
Où est la vérité ?
Quatre provinces espagnoles sont peuplées de Basques;ce sont la Navarre,et les trois "Vascongadas": Viscaye,Guipuzcoa,Alava.
Ces provinces ont joui autrefois de droits particuliers appelés"fueros"qui constituaient surtout une véritable indépendance économique.
Ces libertés, restreintes en 1839 et 1876, à l’issue des guerres carlistes, en vue d’unifier l’État ont été remplacées en 1878, par un accord économique et administratif qui, modifié plusieurs fois, a trouvé sa dernière expression dans le décret-loi du 15 août 1927.
Le pouvoir législatif appartient aux Cortés espagnoles,substituées aux Juntas et Cortés locales; les quatre provinces conservant une certaine autonomie en matière de fiscalité et d’administration locale ,sous condition d’une contribution annuelle globale fixée à six millions pour la Navarre,à quarante millions pour l’ensemble des Vascongadas. Régime privilégié par rapport aux autres provinces, et qui a fait du Pays basque la région la plus riche de l’Espagne, non sans exciter quelques jalousies.
Les quatre provinces sont foncièrement catholiques. Mais la Navarre est entièrement carliste,c’est-à-dire royaliste et espagnole.Dans les autres provinces, depuis le développement du nationalisme basque,dont l’apôtre a été  à la fin du siècle dernier Sabino de Arana Goïri, la rivalité carlistes et libéraux a fait place à la division entre carlistes et nationalistes, ceux-ci opposant au principe de la patrie de la royauté espagnole celui de la patrie basque restaurée. Cette patrie raciale doit comprendre d’ailleurs toutes les régions de, même française. À ces éléments quatre, les éléments marxistes importants pour et surtout en Biscaye.
Dès l’avènement de la République ,l’attaque législative contre l’Espagne traditionnelle et catholique , la persécution du clergé et les incendies de couvents groupent dans la défense les députés vasco-navarrais.M. Aguirre,le futur président du gouvernement de Bilbao ,figure à côté du comte de Rodezno le chef actuel des requetés.
Les députés catalans de gauche obtiennent le statut d’autonomie de la Catalogne. Le gouvernement d'Azana qui comprend Largo Caballero  et Prieto ,repousse les  revendications des Basques établies par des catholiques.
Après les élections modérées de 1933, les nationalistes se séparent des carlistes.Ils n’obtiennent pas davantage le statut d'autonomie.Carlistes et  nationalistes font bloc contre le Front populaire,qui est battu dans les Vascongadas aux élections de 1936.
Du 17 au 19 juillet, c’est le soulèvement de tous les éléments opposés à la révolution marxiste. Que vont faire les Basques?La logique doit les réunir contre la faucille et le marteau.Il n’en est rien. Les chefs nationalistes de Biscaye se rangent aux côtés du gouvernement de Madrid où vient d’entrer un des leurs. M. Irujo. Ils sont suivis par la Biscaye ,les marxistes et une  partie seulement des nationalistes de Guipuzcoa.. Les autres Basques des Vascongadas, la moitié environ,comprenant d’éminents nationalistes, et la Navarre prennent parti pour Franco.
Que s’est-il passé ? Messieurs, je tiens d’une des plus hautes autorités morales de l'Espagne, que lorsque le mouvement de révolte a commencé, tous les chefs basques des partis catholiques , représentant  la grande majorité du peuple basque,se sont réunis et ont décidé d’appuyer le mouvement "pourvu qu'il  ne fut pas una militarada ». Le secret de la réunion a été trahi. M. Indalecio Prieto,député de Bilbao, membre le plus intelligent du gouvernement de Madrid, se serait précipité à  Bilbao et  aurait promis à M. Aguirre l’autonomie d'Euzkadi,s’il se rangeait du côté du gouvernement.
L’ambition de M. Aguirre, l’éblouissement d'un tel avenir devant des cervelles aussi excitées qu'ignorantes avaient fait le reste.
Ce qu’il faut voir avant tout, c’est que ce n’est pas le peuple basque ni tout le clergé basque qui se sont dressés contre Franco, mais seulement une minorité de l'un et de l'autre,leurrée par des politiciens plus préoccupés de leur avenir personnel ou de celui d’un parti que de la sauvegarde des intérêts les plus essentiels et des traditions les plus  sacrées des hommes de leur race.
Dès septembre 1936, Irun et San Sebastian repris par les requetés, la Junta  nationaliste- marxiste de Bilbao n’a plus de pouvoir que sur la Biscaye :un tiers des provinces basques .C'est alors  que le gouvernement,par une  procédure anticonstitutionnelle, accorde l’autonomie aux trois Vascongadas,, sur lesquelles son autorité ne s’exerce plus.Le geste n’a pas fait de nouvelles recrues,mais il a surexcité  le fanatisme séparatiste.
Messieurs, quand on a lu sur la persécution religieuse en Espagne les précisions fournies par le livre du député catalan Estellrich, le récit des destructions et des  massacres accomplis dans la zone rouge,quand on  a tenu entre les mains des documents irréfutables, recueillis par la commission d’État, sur les atrocités indescriptibles commises dans  les localités libérées depuis;quand on a vu,comme je les ai vues,les églises  systématiquement détruites ou profanées,on reste confondu  de l’alliance monstrueuse entre  certains catholiques et les  marxistes, confondu de l’aberration des dirigeants de  Biscaye prétendant garder leur  l’indépendance politique ,leurs traditions sociales et religieuses à côté d'une Espagne bolchevisée, dominée par un athéisme haineux; et l’on ne peut qu’être navré d'une folie qui a causé  la perte de tant de vies humaines et de tant de dommages à un magnifique pays.
Leur geste a été fait avant l’explosion de fureur qui a suivi le 17 juillet, mais il y avait déjà eu trop de destructions et d’assassinats, une persécution trop caractérisée pour que cette aberration fût excusable.
Au mois de mai, vingt-deux ecclésiastiques basques ont adressé au Pape un document où ils constatent  que ,depuis le 7 octobre 1936 le clergé a reçu l’appui du gouvernement de Bilbao:"Il est cependant vrai,ajoutent-ils, que des attentats furent commis  antérieurement contre des prêtres et des édifices sacrés "

Pendant qu’ils luttaient côte à côte, les marxistes avaient intérêt à ne pas s’aliéner  les catholiques biscayens.Mais j’ai suivi l’axe de marche des troupes blanches de Saint-Sébastien à Bilbao.
A Eibar, au milieu de quartiers dynamités, l’Église paroissiale porte les traces d’un incendie.
À Munguia,sur deux églises ,l’une a été complètement dynamitée,l’autre transformé en dancing.....et quand je dis dancing,c'est par euphémisme.
À Guernica, une église a été incendiée.Ce ne sont pas  les catholiques Basques qui ont détruit leurs églises, ni les avions blancs, sauf pour la paroissiale de Durango.
De Santander à Oviedo, dans la région où les Rouges n'avaient plus à ménager des alliés catholiques ,c’est bien autre chose.Tous les édifices sacrés sont incendiés ou pillés,la basilique de Covadonga saccagée,les mineurs ont scrupuleusement fait sauter les églises de Gijon..
Et ce sont les gens de Franco, qu’une propagande savante a réussi à représenter des bourreaux ,des destructeurs haineux de temples et de cités entières , des massacreurs  de foules affolées.
Un mot sur la question de Durango et de Guernica :
M. Jacques Maritain a écrit : "Les bombes d’avions ont anéanti à Durango les églises, le peuple qui les emplissait,et les prêtres qui célébraient les mystères », parce que,dit-il, « la guerre sainte hait  plus ardemment que l'infidèle les croyants qui ne la suivent pas ».
À propos de Guernica,il a  parlé du " sacrilège d’anéantir entière avec ses églises et ses tabernacles en fauchant à  la mitrailleuse les pauvres qui fuyaient.".
Messieurs, j’ai visité Durango et Guernica,j’ai enquêté sur place _je parle espagnol_auprès de gens simples et non prévenus. Durango n’est nullement détruite. Trois églises été bombardées,dont deux chapelles de couvents qui servaient de caserne aux Rouges,et l’église paroissiale qui, pendant des semaines, avait servi de dépôt à l’intendance avec le hangar  attenant et la place voisine, et qui venait d’être rendue au culte  à l’insu des aviateurs de Franco. Les autres églises sont intactes. J’y ai vu célébrer la messe. L’aviation n'a donc visé que des buts militaires.
À Guernica, centre de rassemblement voisin du front, un bombardement a eu lieu dont du l’importance et les dégâts ont été très exagérés. La casa de los Fueros,l’arbre sacré, l’église principale et le quartier, sacrés pour les Basques,qui les entoure, ont été épargnés. Y a-t-il une meilleure preuve que ce  bombardement n'était pas exécuté en haine du peuple basque ? La seule église incendiée l’a été par les Rouges,qui ont  systématiquement détruit la ville avant leur départ ,à l’exception du quartier que les Basques ont défendu. Il y a une différence essentielle entre les effets sporadiques d'un bombardement  et la destruction méthodique d'une localité maison par maison (1).
(1) Voir la traduction de l’article de M.Douglas Jerrold,dans  la Revue catholique des Idées et des Faits de Bruxelles,du 16 juin 1937. Un projet de reconstruction de Guernica par l’État espagnol  a été récemment approuvé par le général Franco.
Comment de telles légendes ont-elles trouvé crédit auprès d'une foule d’honnêtes gens ? Parce qu’elles ont été propagées par des gens à qui le spectacle des horreurs de la guerre,les souffrances endurées par eux-mêmes ou par ceux qu'ils aimaient ,l’amertume de la déception ont fait perdre sang-froid, tout  jugement,toute mesure. Parce que des écrivains se sont emparés de tels récit sans les contrôler , sur la foi d’une propagande dont des prêtres basques, obsédés de séparatisme, se sont faits les instruments jusqu’auprès du Saint-Siège ,ce qui explique ses hésitations. Parce que cette propagande a réussi à persuader que tout le peuple basque était combattu et opprimé,alors qu’un tiers seulement s’était rangé contre l’Espagne traditionnelle. Parce que la propagande rouge est admirablement faite et ne recule devant aucun mensonge, alors que Franco, qui a d'abord totalement manqué de propagande, paraît avoir encore un peu trop de confiance dans la force intrinsèque de la vérité.
Des propositions de paix très généreuse ont été  faites par Franco avant l’attaque de la ceinture de fer. Aguirre a réclamé davantage et surtout en exiger l'aval par une puissance étrangère. Franco n’a pas admit cette intervention de l’étranger dans les affaires intérieures de l’Espagne ; il ne l’admettra jamais et les Espagnols qui l’entourent pas plus que lui.
L’enlèvement facile de la ceinture de fer, comme la marche rapide de Corconte à Santander, montre, à mon avis, que la plupart des catholiques Basques, après avoir épargné la destruction à leurs villes,n'étaient plus de cœur avec les marxistes qu’ils avaient appris à connaître.
À ceux qui pourraient encore être enclins  à tirer de cette monstrueuse alliance des conclusions favorables l’acceptation de la main tendue,je dirai que ce n’est pas seulement sur le front nord que j’ai constaté l’attaque systématique des églises. J’ai suivi la route entière d’Algésiras à Malaga et à Motril. A Marbella, à Villanueva à Malaga même,comme dans  certains quartiers de Séville,comme au Cerro de les  Angeles, j’ai vu ce qui restait des églises là où les marxistes ont été quelques temps les maîtres.Des souvenirs sans prix, des œuvres d’art magnifique mises en pièces.Partout la manifestation de la même haine, de la même rage de destruction.Inutile, la plupart du temps bien entendu,de chercher les anciens desservants.
Il serait désirable que le clergé de France,si mal informé, si enclin à marcher à la  lumière de l’Aube et de Sept sept, puis du Temps présent (1),vint voir ici le sort que réserverait le triomphe du communisme.

(1) La Croix a gardé jusqu'à ces derniers jours une position dont l'hostilité contre Franco et la sympathie pour ses adversaires n'était pas douteuse,malgré que le Pape eut nettement reconnu le caractère catholique de l’œuvre de Franco et condamné celle des marxistes.Rome vient enfin de la rappeler à la raison.
Mais il s'hypnotise sur une quinzaine de prêtres basques tués au début de la guerre, moins qu'il n'en a été assassiné dans le même temps dans la seule  Biscaye (2)  et un certain nombre arrêtés,mis  en surveillance ou qui se sont exilés, et il oublie les 16 750 ecclésiastiques, sans parler des religieuses,massacrés ou  torturés dans la zone rouge.La liberté est chez les Soviets,n'est ce pas,et  la tyrannie totalitaire chez Franco.

 (2) Voir dans les Cahiers de la Génération Nouvelle,numéro de juillet 1937,les noms de vingt-quatre prêtres assassinés en Biscaye sous le régime séparatiste.


Une propagande jouissant de crédits illimités ne recule devant rien.Elle n'a pas hésité à  attribuer aux Blancs, pendant l’offensive de Santander,des atrocités commises par les Rouges un an auparavant. Elle a réédité  des photographies déjà publiées,en retournant la légende.Il y a si peu de chances pour que les lecteurs découvrent l'imposture !
Les prêtres basques prisonniers ont été traités avec déférence, conformément aux ordres de Franco. On hésite toutefois à renvoyer dans leurs villages ceux qui  les soulèveraient de nouveau parce qu'ils n’ont rien compris.
Je plains profondément les basques qui ont pris parti contre l’Espagne, victime de l'ambition des uns,des illusions des autres;mais une grande confusion vient de ce que des gens abusés par la propagande ont cru,comme M.François Mauriac,devoir identifier le peuple basque et le gouvernement de Bilbao. 
Or, celui-ci n'était ni ne représentait tout le peuple  basque ; il n’a pas hésité à s’appuyer sur les marxistes dont les idées et les programmes étaient en contradiction avec toutes les traditions chrétiennes de ce peuple. La propagande en faveur du gouvernement d’Aguirre a été faite en Angleterre, par des ecclésiastiques que le gouvernement de Valence avait accrédité à Bilbao. Il est à remarquer qu’il tous de confession non catholique.À l’antipathie britannique contre toute dictature, n’est-il pas à craindre que se soit superposé chez les pasteurs anglicans quelque hostilité contre la "popery"de l’Espagne traditionaliste ?
Messieurs, ce n’est pas aux catholiques basques que je reprocherai l'affreux massacre des otages dans les prisons de Bilbao. Il est une preuve de plus de la monstrueuse alliance entre catholiques et marxistes. Le gouvernement de Burgos,, n’a jamais massacré d'otages.
Quant aux prétendues exécutions en masse de prisonniers, j’ai pu vérifier dans les Asturies, alors qu’il y en avait eu soixante mille,les méthodes du commandement nationaliste. Plus d’un tiers des prisonniers étaient immédiatement libérés au vu de leurs papiers. Un autre groupe considérable, en attendant des documents d’identification, était employé à relever les ruines ; les suspects ou les criminels  constituaient un troisième groupe, réservé pour jugement des tribunaux réguliers. Il n’y a qu’une très faible proportion de condamnations à mort. Aucune n’est exécutée sans confirmation de la sentence à Burgos et Franco en gracie  la moitié.
Les tribunaux populaires de la zone rouge  ont d’autres procédés d’épuration. On m'en a cité qui, ne comprenant pas un seul juge espagnol, n’entendait pas la langue des accusés. Cela nous garantit l’impartialité de ses jugements.
Depuis la campagne des Asturies il a été fait bien d’autres prisonniers ; il y en a aujourd’hui plus de deux cent soixante mille chez les Nationaux, et ils sont autrement traités que dans la zone rouge, car le mot d’ordre est la réconciliation et non  la vengeance.
Je n’insiste pas davantage. Il a pu se produire, au début des hostilités, de trop vives représailles.Des actes isolés peuvent encore parfois rompre le frein de la discipline. Mais l’ordre qui règne chez Franco, certifié par des témoins de bonne foi, et que chacun aurait pu vérifier si les autorités françaises n’avaient longtemps interdit la visite de l’Espagne nationaliste, l’organisation réalisée là-bas de la paix intérieure et de la justice suffiraient à démontrer l’inanité des calomnies  qui dissimulent la Vérité derrière un rideau de haine..
Aujourd’hui, le tourisme est organisé en Espagnole nationale; des centaines de pèlerins français ont été reçus cet été avec la plus grande sympathie, et ont témoigné à leur  retour de ce qu’ils avaient vu.
Messieurs, le drame basque est une  chose navrante, d’autant plus navrante que si les dirigeants biscayens sont, à mon avis, inexcusables, beaucoup de leurs ressortissants les ont suivis de bonne foi. La guerre les a terriblement éprouvés.Mais s’ils ont souffert, si certains d’entre eux souffrent encore, par suite du refus obstiné d’accepter le retour dans une Biscaye incorporée à l’Espagne,les exagérations et les mensonges  propagande qui exploite leurs sentiments et s'efforce  même de prolonger leur malheur, ne doivent pas nous faire perdre de vue la réalité, le problème plus grave et plus général de l’Espagne.
Ce qui est caractéristique chez les catholiques vrais ou prétendus qui manifestent leur hostilité à Franco et font le jeu des communistes, c’est le refus systématique de s’informer ailleurs que chez les Gouvernementaux et les Basques  séparatistes, la volonté de passer sous silence bien que font les uns et le mal que font les autres, et de favoriser ainsi une effroyable confusion  entre ceux qui adorent le Christ et les Sans-Dieu qui en brisent les effigies et voudraient en effacer jusqu'au souvenir.


Pour aller plus loin


Un article à lire ou à télécharger:
Guernica : les presses basque et française face au bombardement par Severiano Rojo Hernandez
 
Un livre aux Presses universitaires de Rennes:

Presses universitaires de Rennes

 

Guernica dans la toponymie en France Métropolitaine  

Dans le département des Pyrénées-Atlantiques:
Hendaye,
Pau,
Résidence Guernica à St-Jean-de-Luz

Dans le département de Seine-St-Denis :
Allée Guernica à Saint-Denis

Salles communales à Migennes (89) ,Gisors (27)

Autres livres



20 avril 2017

Où manger près du Pôle d’archives de Bayonne et du Pays basque ?

Le Pôle d’archives de Bayonne et du Pays basque est fermé de 12h30 à 13h30 lundi, mercredi, vendredi.
Où manger sans trop s'éloigner des "archives"? Alain, qui débute dans de fructueuses recherches en salle de lecture du Pôle d’archives, m'a fait découvrir un restaurant ouvert au public de 12 h à 14h sur réservation _Tél 05 59 59 65 05 _
Le Pôle d’archives de Bayonne et du Pays basque se situe au numéro 39 de l'avenue Duvergier de Hauranne.Le restaurant est au 43 de cette même avenue.Il s'agit d'un Établissement et Service d'Aide par le Travail.Un Ésat,est une structure permettant à des  handicapés d'exercer des activités professionnelles.
Vers l'entrée du restaurant ouvert du lundi au vendredi de 12h à 14h sur réservation


ESAR RECUR 43 Avenue Duvergier de Hauranne 64100 Bayonne

 Réservations
esat.recur@pep64.org

05 59 59 65 05  

ESAR RECUR 43 Avenue Duvergier de Hauranne 64100 Bayonne



                                           www.pep64.org
Le Pôle d’archives de Bayonne et du Pays basque

17 avril 2017

Recherche du nommé Chabrier (François)

Police._Recherche du nommé Chabrier (François)

Le nommé Chabrier, François,dit Charles Chevrier, le Grand-Charles, l'Etendard, le Camus,le Bel , né à Condat (Cantal), le 26 mars 1816 , a été condamné par contumace:
Le 4 septembre 1855,à Mende,pour outrages et voies de fait avec effusion de sang,à 10 ans de réclusion;
Le 1 er février 1856,à Rouen,pour banqueroute frauduleuse,à 12 ans de travaux forcés;
Le 30 juin 1856,à Paris,pour avoir contrefait des billets de banque,à 10 fr. d'amende et aux travaux forcés à perpétuité;
Le 5 juin 1858,à Mauriac,pour falsification de passeport,à 5 ans de prison:
Le 1 er mars 1859,à Saint-Flour,pour coups et blessures à un agent de la force publique,avec intention de donner la mort,à la peine de mort.
Cet individu ,qui n'a ni purgé sa contumace ni prescrit aucune des peines sus-énoncées,s'est soustrait jusqu'à présent à toutes les recherches dont il a été l'objet.

Voici son signalement:
Taille 1m78_vouté,épaules larges,_cheveux et sourcils blonds,tirant sur le fauve,_front large,_yeux gris-bleu,_nez long,_bouche moyenne,_menton rond et avancé,_Barbe rougeâtre,_visage long,_joues caves,_teint coloré.

Signes particuliers:
Un signe à chaque joue._l'ongle du pouce de la main droite difforme,_vacciné aux deux bras._Exerce ordinairement le métier de marchand ambulant._Tantôt il se rase;tantôt il porte la barbe.
MM.les Maires sont invités à faire rechercher le nommé Chabrier  dans leurs communes respectives et,en cas d'arrestation,d'en donner immédiatement avis à la Préfecture.
Le Préfet des Basses-Pyrénées,
G.d'Auribeau


Certifié conforme:
Le Secrétaire-général,
d’Étigny

Source:
Empire Français
Département des Basses-Pyrénées
Recueil des actes administratifs
Année 1867
Pages 371 et 372
Collection particulière.

Pour aller plus loin 

Revue d'histoire du XIXe siècle
Lectures,comptes rendus 

Référence papier
Jean-Claude Caron, « Christian Estève, Histoire d’un leveur du Nord Cantal : François Chabrier (1816 - ?) », Revue d'histoire du XIXe siècle, 36 | 2008, 181-182.

Référence électronique
Jean-Claude Caron, « Christian Estève, Histoire d’un leveur du Nord Cantal : François Chabrier (1816 - ?) », Revue d'histoire du XIXe siècle [En ligne], 36 | 2008, mis en ligne le 04 juillet 2008, consulté le 17 avril 2017. URL : http://rh19.revues.org/2862

Christian Estève, Histoire d’un leveur du Nord Cantal : François Chabrier (1816 - ?)
Champs-sur-Tarentaine (Cantal), Éditions C.-E., 2007, 497 p. ISBN : 2-901264-81-6.
32 euros

16 avril 2017

Recherches du nommé Latitinne (Raymond),idiot

Police._Recherches du nommé Latitinne (Raymond),idiot.


Pau,le 16 Décembre 1856

A Messieurs les Maires du Département.

Monsieur le Maire,

Un nommé Latitinne (Raymond),idiot,âgé de 17 ans,de la commune de Claracq,canton de Thèze,a quitté ses parents le 29 mai dernier,et les recherches auxquelles on s'est livré pour le découvrir sont demeurées jusqu'ici sans résultat.
Votre collègue de Claracq réclame l'intervention de l'administration pour découvrir le lieu où se trouve ce jeune homme.
J'ai en conséquence l'honneur de vous prier,Monsieur le Maire,de vouloir bien le faire rechercher avec soin dans votre commune,et dans le cas où il s'y serait retiré,de m'en donner avis immédiatement ou d'en informer ses parents qui s'empresseront de l'aller chercher.
Pour faciliter vos investigations,j'ai fait insérer le signalement du jeune Latitinne à la suite de cette circulaire.
Agréer,Monsieur le Maire,l'assurance de ma considération très distinguée.

Le Préfet des Basses-Pyrénées,
A.LAITY.


SIGNALEMENT.
Âgé de 17 ans,portant un bonnet bleu à la tête,un gilet en drap noir,un paletot gris,un pantalon de drap,une paire de bottes pour chaussure et une cravate noire.

Certifié conforme:
Le Secrétaire-général,
d’Étigny

Source:
Empire Français
Département des Basses-Pyrénées
Recueil des actes administratifs
Année 1856 page 240
Collection particulière.

13 avril 2017

Où l'on trouve la Samaritaine à Bayonne,Dax,Orthez,Peyrehorade ...

Bayonne,Tribunal de Première instance

Audience du 31 mai 1927

Facture dénichée aux puces de Bayonne _vendredi matin ,carreau des halles_
 
Entre le sieur Ernest COGNACQ, agissant au nom et comme gérant de la Société en commandite par actions Ernest cognac et Cie , (Grands Magasins de la Samaritaine), dont le siège social est à Paris 19 rue de la monnaie, demeurant au dit siège, demandeur ayant pour avoué Me Deville, plaidant pour la 1ere  fois  Maître Loeb, avocat à la Cour d’appel de Paris, d’une part ;
Et le sieur Édouard Marie Eugène ROLAIN, demeurant à Bayonne, défendeur ayant pour avoué Me Mettetal, pas d’avocat plaidant d’autre part ;
Attendu que le sieur Ernest Cognacq, agissant au nom et comme gérant de la Société en commandite par actions Ernest Cognacq et Cie (Grands magasins de la Samaritaine) dont le siège est à Paris 19 rue de la monnaie, a assigné le sieur Rolain, pour avoir utilisé indûment l’enseigne, la raison de commerce et la marque de fabrique et de commerce appartenant à la dite Société ;
Attendu que la Société demanderesse exploite à a Paris, depuis 1870 personnellement ou par ses auteurs, un important commerce de nouveautés sous l’enseigne et la raison commerciale « Grands Magasins de la Samaritaine "
Que cet établissement a acquis sous cette enseigne, et cette raison de commerce une réputation très étendue s’appliquant principalement à toute la France ;
Que depuis la même époque, la dite société ou ses auteurs utilisent comme marque de fabrique ou de commerce pour désigner les produits par  elle fabriqués ou vendus, la dénomination « Samaritaine »considérée en elle-même et indépendamment de toute forme distincte ainsi que tout autre dénomination dans lesquelles se trouvent le mot « Samaritaine » telles que la « Samaritaine » « A la  Samaritaine »
Qu’à la date du 25 novembre 1924, elle a déposé  au greffe du Tribunal de commerce de la Seine sous les numéros 228. 905, 228,906, 228.907, trois marques de fabrique et de commerce consistant dans les dénominations « Samaritaine » « A la Samaritaine  » considérées en elles mêmes et indépendamment de toute forme distincte ;
Attendu que le sieur Rolain utilise à Bayonne, à Dax, à Orthez et à Peyrehorade, comme enseigne  de commerce, la dénomination  «  la Samaritaine » ainsi qu’il résulte des procès-verbaux de saisie et descriptions dressés  par Dupin, huissier à Bayonne, le 25 février 1905, par Madray, huissier à Dax et René, huissier à Orthez le 26 février 1925 et par Aguerrebéhère, huissier à Peyrehorade le 4 mars 1925 ;
Attendu que celui qui le premier à utilisé une enseigne est fondé à en interdire l’utilisation partout où cette utilisation est susceptible de causer un préjudice ;
Qu’il n’est pas douteux que la réputation de la Samaritaine de Paris s’étend sur toute la France ainsi qu’il a été dit plus haut et qu’elle est par conséquent fondée à demander qu’il soit fait  défense à Rolain d’utiliser à titre d’enseigne cette même dénomination à Bayonne ,Dax, Orthez   et Peyrehorade ;
Que dans le choix de cette enseigne, Cognacq, fondateur, de la Société a été inspiré par un souvenir historique ;
Qu’au XVIIe siècle, le quartier proche le Pont Neuf était connu sous le nom de quartier de la Samaritaine, à raison d’un monument appelé château d’Eau au pont de la Samaritaine qui servait à alimenter en eau potable le palais du Louvre ;
Que le choix de cette dénomination à Bayonne et dans les autres villes où Rolain a installé des succursales, ne se justifie aucunement et qu’il semble que cette enseigne a été inspirée par le souci de créer dans l’esprit de la clientèle une confusion en laissant supposer que les magasins de Bayonne, Dax, Orthez  et Peyrehorade sont des succursales des Grands Magasins de la Samaritaine, exploités à Paris par la société demanderesse et de bénéficier de la publicité par elle fait ;
Qu’il suffit d’ailleurs que la confusion soit possible pour que la prétention de la Société demanderesse soit fondée ;
Attendu que la dénomination « Samaritaine  » constitue l’élément essentiel des marques de la Société demanderesse ;
Qu’il est constant que dès l’origine, Cognacq fondateur de la Samaritaine à utilisé la dénomination Samaritaine au titre de marque de commerce ;
Attendu qu’il suffit pour qu’il y ait contrefaçon usage et apposition frauduleuse de la marque d’autrui que la dénomination ait été usurpée  à un titre quelconque sans qu’il soit nécessaire qu’elle était apposée sur les produits livrés au public ;
Que notamment l’utilisation d’une marque à titre d’enseigne de raison de commerce, catalogues, prospectus, publicité, constitue l’usage et la position frauduleuse de la marque d’autrui ;
Qu’il résulte des procès-verbaux de saisie descriptive, que Rolain utilise la dénomination «  Samaritaine » à titre d’enseigne et de raison de commerce et qu’il l’appose sur ses papiers de commerce, catalogues, prospectus, publicités ;
Qu’à ces divers  titres il s’est rendu coupable de contrefaçon d’usage et d’apposition frauduleuse de la marque d’autrui ;
Qu’ainsi la demande doit être accueillie ;
Attendu que la société demanderesse a subi un préjudice du fait des agissements reprochés à Rolain et que le tribunal a les éléments nécessaires pour l’évaluer ;
Attendu que la partie qui succombe doit supporter les dépens.
Par ces motifs le Tribunal jugeant publiquement, en matière sommaire et en premier ressort, ouï le Ministère Public qui a déclaré s’en remettre à justice ,
Dit que par un long usage ininterrompu la Société en commandite par actions Ernest Cognacq et Cie (Grands Magasins de la Samaritaine, dont le siège est à Paris, 19, rue de la monnaie, a acquis sur la dénomination « Samaritaine  » et sur toute autre expression contenant le mot caractéristique « Samaritaine   » prise comme enseigne et comme maison de commerce des droits dont elle est fondée à assurer le respect ;
Dit que la dénomination « la Samaritaine » constitue la raison de commerce de la Société demanderesse  qu’elle en a la propriété exclusive ; qu’elle est fondée à interdire l’usage au titre de raison de commerce de la dénomination « la Samaritaine  » ou de tout autre expression dans laquelle se trouverait compris le mot caractéristique la Samaritaine ;
Dit que par l’utilisation de son enseigne et de sa raison de commerce, Rolain a commis à l’encontre de la Société demanderesse un acte de concurrence déloyale ;
Dit que les dénominations « Samaritaine » « la Samaritaine » « A la Samaritaine  » considérées en elles mêmes abstraction  faite de toute forme distinctive, utilisée depuis 1870 par la Société demanderesse déposées comme marque de fabrique et de commerce au greffe de greffe de Commerce de la Seine  sous les numéros 228. 905,228.906,228.907 sont la propriété exclusive de la Société demanderesse ;
Dit que par l’utilisation des marques de la dite société à Bayonne, Dax, Orthez et Peyrehorade Rolain s’est rendu coupable de contrefaçon d’usage et d’apposition frauduleuse  de la marque d’autrui
Fait  défense à Rolain d’avoir à l’avenir continuer ses agissements et d’utiliser pour les besoin de son  commerce à un titre quelconque à Bayonne ,Orthez, Dax, Peyrehorade ou dans tout autre ville, les dénominations « Samaritaine » « la Samaritaine » « A la Samaritaine » ou toutes autres expressions dans lesquelles se trouverait compris le mot caractéristique «  Samaritaine »
Dit en conséquence que dans la quinzaine du présent jugement et sous une astreinte de cinquante francs  par jour de retard, Rolain sera tenu de faire disparaître le mot « Samaritaine » toute enseigne, raison de commerce, marques de commerce, marque  de fabrique, catalogues, publicité, prospectus, papiers de commerce, emballage, et ce, pendant un mois, après lequel passé il sera fait droit ;
Ordonne la publication du présent jugement dans cinq journaux au choix de la Société demanderesse et sans que le coût de chaque insertion puisse dépasser cent cinquante francs.
En outre condamne Rolain à payer à la Société demanderesse, la somme de cinq cents francs  à titre de dommages intérêts et le condamne en tous les dépens qui comprendront les frais d’insertion du jugement ainsi que tous droits et aux besoins doubles droits et amendes d’enregistrement à titre supplémentaire de dommages-intérêts ;
Dit n’y  avoir lieu de prononcer l’exécution provisoire .


Archive consultable :
Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques
Pôle de Bayonne et du Pays Basque
Cote 3U1 article 173 Tribunal de Première instance de Bayonne
Sous cette même cote, on trouvera en audience publique du 28 mars 1927, Demoiselle Chanel demeurant à Paris,31 rue Cambon à propos d'un litige locatif concernant la villa Larralde  à Biarritz.

Collection particulière